GLU
BRULART AU PRD^'CE DE CONDÉ
Le présidait des Rdics t'est réspé à pt^o' n taxe.
Monseigneur,
Enfin M. le président des Barres s'est laissé vaincre par la raison, par les prières de ses amis et par les civilités qu'on lui a faites. Il paya lundi matin sa taxe, et, ne restant à payer que quelques sommes qui se feront entre ici et le terme qui m'a été accordé, j'ai cru pouvoir faire publier l'édit, après néanmoins avoir engagé le Parlement à mettre ordre au paiement de ces parties restantes qui montent à plus de cinquante mille livres. Votre Altesse sera, à mon avis , satisfaite de la diligence qui a été apportée jusqu'ici à payer ce que l'on doit, et c'est assurément quelque chose pour un pays pauvre et sans conmierce d'avoir en une seule ville plus de trois cent mille livres , argent comptant, en moins de quinze jours.
Les Elus plus mal conseillés qu'auparavant s'en vont à la Cour
pour traiter, disent-ils, de la crue de trente-cinq sols. Tout cela ne se fait que pour rendre le traité de la suppression de la Conr de Boorg odieux parmi les peuples.
n passa hier, par cette vîUe, un nommé Gomon qui est au Roi. n va par son ordre à Clunj £aire procéder à l'élection d'un abbé; il me dit que Sa Majesté voulait que ce fut M. le cardinal d'Esté. Je supplie très humblement Votre Altesse de me croire entièrement à elle et de conséquent. Monseigneur, de Votre Altesse, le etc.
BRULART
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* BRULART AU PRIxNCE DE CONDÉ.
L'édit de suppression est la et enregistré à Bourg avec écUt; troubles occasionnés dans cette tille par la prétention des Commissaires de la Chambre des Comptes.
Dijon, le 6 jiiilkt~t661.
Monseigneur ,
J'apprends de Bresse que l'édit de suppression y a été lu, publié et enregistré avec éclat par les commissaires du Parlement et qu'il a ensuite été exécuté sans aucune opposition ni difficulté. Il n'est pas de même de la part de MM. des Comptes qui y ont envoyé aussi deux maîtres. Ceux-ci, par une entreprise toute nouvelle, ont voulu aussi entrer dans le présidial et publier ce même édit à l'audience. Les oflSciers du présidial s'y sont opposés et leur ont soutenu qu'ils n'avaient point ce droit-là; qu'ils n'étaient en rien dépendants de la chambre des Comptes, et qu'elle ni ses envoyés ne pouvaient faire aucun acte de justice parmi eux; que jamais ils ne s'étaient vu faire aucune publication de leur part dans l'auditoire du présidial, et que le Parment ayant, pour la sienne, appris à tous les peuples la volonté du Roi, ce n'était pas à MM. des Comptes, qui n'avaient d'auto-
rite que sur les comptables, de retendre sur le public et dans un lieu destiné à Texercice de la juridiction contentieuse dont ils n'ont aucune connaissance. Les maîtres des Comptes n'ont pas laissé que de pousser les choses plus avant et ordonné au concierge de l'auditoire d'ouvrir les portes , au prévôt des maréchaux d'assister à l'ouverture et au syndic de Bourg de prêter main-forte pour l'exécution de leur ordonnance. Ils n'ont point été obéis , n'étant point magistrats ni reconnus de personne ; mais ils essaient de trouver des gens pour en venir à quelque violence. Nos commissaires qui sont sur les lieux s'y conduisent fort sagement et ne se mêlent point dans la querelle, quoique nous y soyons fort intéressés. Ils n'appointeront pas même la requête ci-jointe qu'à toute extrémité, et je les priai fort à leur départ de dissimuler tout ce qui viendrait de MM. des Comptes, ou du moins de ne nous point engager ^ans aucune contestation avec eux, étant important de terminer de concert l'exécution de notre traité. Mais ayant su que cette Compagnielà, qui croit avoir reçu affront, a écrit et envoyé à la Cour, j'ai cru en devoir aussi avertir Votre Altesse et M. le Chancelier afin que, s'il se peut, l'autorité du Roi ou la vôtre arrête ce désordre, sans que nous paraissions y prendre part, et par ce moyen l'union se maintiendra entre les Corps de cette ville, qui ne se peuvent choquer sans attirer de fâcheuses suites pour le général et pour plusieurs particuliers de la province. L'autorité de Votre Altesse peut infiniment pour prévenir le mal dont cette dernière prétention de MM. des Comptes peut être suivie et je suis certain que s Ils imitent aussi exactement le Parlement dans le respect qu'il a pour vous , qu'ils essaient de l'imiter en toute autre chose. Votre Altesse sera, non seulement juge du différend qu'ils ont avec le présidial de Bourg, mais de tous ceux que nous pourrions avoir ensemble. Je la supplie de me commander en cette rencontre tout ce qu'il lui plaira que je fasse et de croire que je suis plus que personne au monde , Monseigneur, votre etc.
BRULART
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LE PRINCE DE CONDÉ A BRCLART
Rèpone aox de«x Ketlret préeédeitet.
rnrtMTMri, le 10 jnHcC IMt.
MONSIECR ,
Je it^pondrai par cette lettre à la vôtre du S!9 juin et à celle da 6 de ce mois. J*ai été bien aise d'apprendre par la première que M. le président des Barres se soit enfin mis à la raison sur le sujet de sa taxe« et que tous ayez assuré le paiement de ce qui restait eiicon^ à recouvrer lors de la puidicationde Tédit, en quoi vous avei fait très prudemment et dont j*ai tout sujet en mon particulier d être satisfait.
L^oii attend les Elus ici, mais leurs remontrances ne seront pas remues ; ils auraient mieux fait d'obéir sans faire une députation. Olle do MM. Perret et de Tbésut a été ici fort agréable et a suffi pour latfaire pour laquelle ils sont venus. Je m étonne , aussi hion que vou<, que MM. le;? Président? se soient avisé si tard de vxniUnr otn^ du nombre, puisqulls étaient présents à la délibération qui on Avait oto prise, ot qu'ils n'en ont rien dit pour lors. Il est vrai quo M. le président Fyot m'en a écrit de la part de ^''s oonfK^n-'s : mais t^-a oto avoc beaucoup de modération.
J'ai vu oo que vows m'avtu écrit sur ce qu'ont fait à Bourg les députes do MM. do la cbambn^ dos rA^mptes. C'est une cbose que je voudrais qui no fût point Arrive?- , f tant plus facbeuse dans ootto ooujo«otun^-ci que dans tout autre temps. Je ne sais pas om\\r<^ quoi oMrt^ i-ci y n^ortra .iu c<»îo de la C:»ur; mais je suis loil d'axis qiîol on lasso paiwîoià tout ce qui se pourra pour emp^Vhor quo oola no s ei.-*hau*i davantace. Vous savej combien il est im)vx;iant qiio xvis romr^cnit^ virent dans l'union : aussi est vo à quoi ;o vous jirio dt* travaiiîoj de votre c6té et faire en ^Mto, jvar Vi^trr pnïdonoo ot par votre adrwîse, que cda n'aille
pas plus avant. C'est ce que je puis désirer de vous en cette rencontre, et que vous me croyiez autant que je suis, Monsieur,
votre etc.
LOUIS DE BOURBON
P.S, — Depuis cette lettre écrite Ton a réglé Taffaire de ces MM. de la chambre des Comptes par-deçà, et la chose a été réglée contre eux. Vos députés qui sont ici vous en manderont le particulier.
Ce 13 juiUet.
BRULART A LA VRILLEÈRE.
Incident sor U députation à envoyer au Roi au sujet de la suppression
de la Chainbre de Bresse.
Dijon, le 13 juillet 1661.
Vous savez assez ce que c'est qu'une Compagnie de quati'Cvingts personnes pour ne pas douter qu'il n'y ait toujours, parmi ce nombre, quelques esprits qui aillent de travers. Mais je ne crois pas que vous en ayez appris quelque chose dans la députation que la nôtre a faite au Roi. Cependant, puisque la chose est venue à votre connaissance, je vous dirai. Monsieur, qu'il y a un mois, que faisant la relation de mon voyage, je dis au Parlement que j'avais remercié le Roi, en son nom, de la grâce qu'il m^avait accordée pour lui de le rétablir dans son ressort; mais que ne l'ayant pas fait comme député, il me semblait qu'il ne serait qu'à propos d'envoyer deux conseillers à Sa Majesté qui le feraient en cette quaUté, après que j'aurais su de vous si elle l'aurait agréable. Il y passa tout d'une voix et j'eus l'honneur de vous en éci^ire, et ayant ensuite reçu une de vOs lettres qui me marquait que le Roi trouverait bon qu'on lui députât, je fis
assembler les Chambres où pareillement, tout d'mie voix et de Tavis de tous les Présidents, il fut arrôté que MM. les oonseillei's Perret et ïhésut iraient, comme députés, rendre des actions de grâce au Roi de la réunion de la Bresse. Néanmoins j'ai été averti que quelque esprit particulier se voulant faire de fête, vous avait témoigné que les Présidents étaient fâchés de n'avoir pas été députés et croit même qu'ils le devaient être. Mais j*ai su en même temps combien obligeamment pour moi vous aviez reçu cet avis. Je vous peux assurer, Monsieiu*, qu'il n'y a eu en cette délibération qu'un seul sentiment, et que ceux qui se plaignent n'en ont pas un qui ait été ditférent des autres. Si la Compagnie avait pu supporter les frais d'une grande députation, j'aurais travaillé en sorte de la faire faire solennelle, et il est aisé, à considérer mon intérêt, de juger que je devais souhaiter qu'elle se fit avec éclat, puisqu'elle était pour remercier d'une atfaire où j'avais contribué. Mais n'ayant aucuns deniers pour subvenir à ces frais extraordinaires, et personne ne voulant l'accepter sans rien prétendre , comme je l'ai fait durant onze mois que vous m'avez vu à la Cour où j'ai mangé quarante mille livres de mon bien, pour les autres, sans espérance de remboursement, il a bien fallu se réduire au même nombre qu'on députe ordinairement au Roi, dont je ne doute pas qu'il ne se satisfasse. Je vous proteste d'avoir toujours un parfait ressentiment de la bonté que vous avez eue pour moi en cette rencontre et de vous faire avouer qu'on ne saurait être plus que je suis. Monsieur, votre etc.
BRULART
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