‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 35 sur 131 · DE L YONNE A BRULART · texte numérisé non relu

DE L YONNE A BRULART

Politique de Louis XIV dans cette afbire.

Paris, le Î6 jiiia 1693.

Monsieur ,

J'ai reçu los deux dépêches dont il vous a plu me favoriser sur la contestation qui nous arrive avec les Comtois à l'occasion du travail que les Pères Jésuites, comme seigneurs de Pourlans, ont entrepris poiu* l'élargissement du fossé Jacoà, Et, quoique vous deviez apprendre les sentiments du Roi par la voie ordinaire de M. de La Vrillière , je me ilatte qu'il ne trouvera pas mauvais qu'après vous avoir tiès humblement remercié de la part qu'il vous a plu m'en donner, je prenne encore la liberté de vous dire que, si le Parlement de Dole ne se lût point avisé de parler avec tant de hauteur dans sa réplique, qui n'est proprement qu'une menace de se faire lui-même la raison qu'on lui refuserait. Sa Majesté eût sans doute approuvé qu'on eût dit sous main aux Jésuites de cesser leur travail. Mais elle n'a pas estimé à propos d'accoutumer MM. les Espagnols à traiter avec elle de cette manière, et outre qu'elle sera bien aise de voir par quels moyens ils se prendront de se faire à eux-mêmes cette raison, elle a encore eu un autre but, qui est que M. l'archevêque d'Embrun n'a pu venir à bout, en dix-huit mois de temps, de faire nommer des commissaires pour régler les différends que nous avons en divers endroits pour les limites des deux Bourgognes, parce que les Franc-Comtois jouissent, pendant que les sujets du Roi sont dans la souffrance. Sa Majesté a cru qu'en soutenant ce nouvel incident , le Conseil de Madrid sera obligé de députer des commissaires qui puissent bientôt travailler avec ceux du Roi à régler les deux affaires. Cependant, je demeure.

Monsieur, votre etc.

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