‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 4 sur 131 · I.a Borde, limai 1AS · texte numérisé non relu

I.a Borde, limai 1AS

MONSIEIR ,

Wnant cVappreudrc? qu'il passa hier ([uelquos troupes pai* Boaune et que vous les avez reçues et leur avez fait fournir étape, bien que l'on ne vous ait présenté aucune attache de moi et sans que vous m*en ayez aucuuement averti , je vous ai fait ces ligues pour vous mander de m'expliquer quelle a été votre conduite en cette rencontre , et de m 'envoyer copie de Tordre que le commandant vous a communiqué et de sa prétendue attache , s'il vous eu a fait voir une ; comme encore de m 'informer de la route qu'elles tiennent , quelles elles sont et le nom de celui qui les commande. Je suis obligé de répondre au Roi de ce qui se passe dans le ressort du Parlement , et je ne puis m 'empêcher de vous témoigner que je suis surpris que , sachant M. d'Epemon hors du gouvernement, M. d'Amanzé hors de sa lieutenance et moi dans la province et si près de vous , je n'aie eu néanmoins aucune de vos nouvelles sur ce

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«*:> Uîï- ll.lllk^ ii:'.k|tr(*> I l'ail i-^fv taïuilnv «ii -.»i« mi d't*jit*e <ui Bitiir^iigDe , b-^ «TUî .-,»u\ 4ii hr''hi<f. R.Kvv.'M.' N.— r/Mi. ii..m: <ii. f. tRÏt httrhiiiey, Bntwet,

attache de Jui , du 23 avril dernier, qui peut avoir été supposée aussi bien que Tordre que le commandant a fait voir. Ceux qui commandent dans les provinces doivent examiner si l'ordre qu'on leur représente est véritable et si les troupes qui veulent passer sont celles qui l'ont obtenu ; autrement il arriverait que parla facilité de supposer des ordres et des attaches, les ennemis du Roi pourraient entrer dans le royaume, et c'est pour cette raison qu'il faut être présent daus le pays pour entrer en la connaissance de ces choses et pour veiller exactement à ce qui s'y passe. Je sais, Monseigneur, que M. d'Epernon y doit arriver dans peu de temps; mais, comme il fait quelquefois des voyages et que pendant son absence et celle d'un des lieutenants qai sont sous lui, il peut arriver des choses préjudiciables au service de Sa Majesté en ce qui concerne le gouvernement, dont ma charge en ce cas me rendi'ait responsable, j*ai dû, pour y satisfaire et pour me décharger du blàtne que j'encourrais justement s'il arrivait quelque chose dont Votre Eminence se pût plaindre, l'avertir de celle que je viens de lui dire et la supplier de me faire savoir comme elle trouve bon que j'en use en pareille rencontre. Je ne considère point en ceci l'atteinte que M. d'Epernon donne à ma charge, qu'il a faite dès Paris, depuis que j'en ai pris possession, parce que la tenant de Votre Eminence et m'ayant fait la grâce de me promettre sa protection, eUe saura bien m'y maintenir. Mais je parle pour le service du Roi, qui en reçoit dommage et qui ne peut souffrir qu'une province soit abandonnée comme elle l'est présentement par l'absence du gouverneur et de tous les lieutenants de Roi et principalement par la connaissance qu'on affecte de m'ôter de tout ce qui s'y passe. Je n'ai en cela. Monseigneur, qu'à suivre la loi qu'il plaira à Votre Eminence me donner, et n'aurai en toute ma vie autre pensée que de lui faire connaître par le plus juste et par le plus fidèle de tous les attachements qu'elle n'a jamais accpiis une personne qui lui soit si fortement dévouée.

BRULART

LE CARDINAL A BRULART

Réponse i la précédente.

la F^rt*, l«> 8 juin 16^7.

MONSIEin ,

J'ai vu lîi lettre que vous avez pns la peiue de mVcrire sur les sujets que vous avez de vous plaindre qu'on ne s'adresse pas îV vous pour les ordres qu'il y a à donner dans la pro\ince, en l'absenee du gouverneur et du lieutenant de Roi. Je crois qu'elles sont fort bien fondées et même qu'il est du service de Sa Majesté que l'on ne blesse point en cela les privilèges de votre charge. On empêchera donc à l'avenir que M. d'Epernon n'envoie point d'ordres dans le gouvernement quand il en sera éloigné , et comme je vous suis obligé de vous être adressé pour cela directement à moi, je prendrai soin aussi qu'on ne fasse rien qui vous soit préjudiciable et je vous témoignerai en tontes l'encontres que je sui** avec beaucoup d'estime et d'attVctîon, Monsieur, votre etc.

Le Cardinal MAZARIN.

RRl'LART A LA VRILLIÈRE.

Tsurpations des syndics sur Tautorité du Premier Président. •— Entreprise de deux maîtres des Comptes, membres de la chambre des Elus, sur les droits du même comme commandant d'armes

Dijon, le ^ juin 16^7,

Monsieur ,

Les grandes obhgations dont je vous suis redevable m'obligent à une reconnaissance étemelle et à vous assurer que je suis si rempli de ce sentiment qu'il ne sortira jamais de mon àme.

J*ai cru me devoir étaWr auparavant que de parler de mes r^ements. Ce Pariement-ci a tellement mÎ5 rautoritê dans les conseillers depuis trois ans. qu'on peut dire que celle du Roi en souffre extrêmement et sans comparaison plus que ma change. Us se sont attribué le droit de se rapporter tout ce qui Tient de la part de Sa Miyestê par leurs syndics, sans que j'aie, ni les présidents en mon absence, la liberté de commettre des anciens plus sages et plus clairvoyants que ne sont des jeunes, et par là. Monsieur, ils se rendent maîtres des affaires si absolument , quïls n'en passent plus qu'avec des peines extraordinaires et après un nombre infini de jussions. Si cet usage subsiste , quoiqu'introduit contre l'institution du syndicat, qui n'est que pour l'économie du dedans du Palais, on ne me doit imputer aucun retardement dans les affaires du Roi. Et s'il désire réformer cet abus , je crois que pour le faire avec ordre et moins de bruit , il faudrait une lettre du Roi au Parlement pour lui ordonner d'envoyer des mémoires et les raisons qu'il a d'en user ainsi, et, après y avoir satisfait , on sera obligé de déférer à Tarrét qui interviendra. Je suis obligé de vous avertir du mal et du remède ol que je ne peux pas beaucoup pour le senice du Roi si ma charge n'est réglée comme celle des autres Premiers Présidents et si ce Parlement , qui a des règlements si particuliers et faits par lui, contre ce qui se .pratique dans le reste du royaume, u'est remis au même état que les autres Compagnies, ou du moins à l'instar de telle de France qu'on voudra cboisir.

J'ai donné des ordres aux gens de guerre depuis ma réception; mais deux maîtres des Comptes qui entrent en la chambre des Elus ont été assez hardis que de domicr deux attaches depuis huit jours, quand leur corps même ne le prétend pas. Le Parlement a jugé que cette entreprise était dangereuse et qu'il était périlleux de souffrir que des personnes privées fissent entrer des gens de guerre dans la province. Us ont donc arrêté qu'il en serait donné avis au Roi , et cependant que pour réprimer l'entreprise des siem's MiUièrc et Pouliier, maîtres des Comptes, et pour maintenir l'autorité de ma charge de Premier Président,

il y serait par moi pourvu. Je satisfais ici au premier point, Monsieur, eu vous avertissant de cet attentat , et en donne aussi avis à M. Le Tellier, à cause que c'est un fait de guerre, croyant que vous l'aurez agréable. Pour ce que je peux faire en attendant, c'est de casser les attaches qui ont été données, avec défense d'en donner à l'avenir et aux villes de les reconnaître, crainte qu'il n'arrive un plus grand désordre. Je me réglerai toute ma vie sur vos volontés et je ferai toujours capital d'être, Monsieur, votre, etc.

BRULART

LA VRILLIÈRE A BRULART

Réponse ï la précédente; droits da Premier Président reconuos.

La Fère, le 17 juin 1657.

Monsieur ,

J'ai reçu la lettre qu'il vous a plu m'éorirc du 3 de ce mois, touchant l'usurpation faite par les conseillers sur l'autorité et la charge des présidents. Je suis hien fâché de la continuation de tous ces dififérends , (jui , sans doute , apporteront heaucoup de désordres dans la Compagnie et du préjudice aux affaires du Uoi ; mais, comme c'est une affaire de justice qui doit être réglée par M. le Chancelier, je ne puis, étant absent de lui, y faire apporter présentement le remède que vous désirez, et j'estime qu'il est à propos ou que vous lui en écrivieîs pour prendre ses avis et ses sentiments, ou que vous attendiez que je sois à Paris pour lui en communiquer et lui faire résoudre ce qui sera nécessaire en cette occasion. Cependant pour ce qui regarde l'entreprise des sieurs Millière et Poulfier, maîtres des Comptes, comme elle est fort injuste et qu'il n'appartient qu'à vous seul, en absence du gouverneur et du lieutenant général , de donner les ordres dans le bailliage de Dijon , vous avez eu raison de

casser lenrs attaches et de cooserrer le ranç qui roii< e»l dà dans la proTÎnce. et je toos assui^r, MoDsitur. que je favivriseni vos îutêrêts en cette occasion et en tontes antres et von> ferai connaître que je sois {Mufaîtement . Monsîenr. votre, etc.

LA ViULUÈRE.

BRULAKT A LE TELUER.

Sv k mise tajtl,

Mo5si£i:b .

Etant oblii^ de vous rendre compte de ce qui se passe en cette province en ce qui concerne les armes, je rae sers de celte occasion pour vous renouveler l'assurance de la continuation de mes respects et pour vous dire ensuite que les régiments dt^ cavalerie de Mgr le duc d'Orléans et de Toiras, dix compainiies d*infaiit»*riç du n"*inment de Guise t*t doux cenU^ hommes suisses de la compagnie franche du capitaine d'Astry, ont passé depuis quinze joui's piir cette province pour s'en aller sur la frontîèn^ de Picanlie. Deux cents chevaux pour remonter le régiment d<» Mercœur ont aussi passé pour s'en aller en Provence. Je leur ai donné mes attaches et ils ont traversé ce pays en bon oindre et «ans grandes plaintes.

Depuis, deux maiti*es des Comptes, qui sont députés de leur Compagnie tous les trois ans pour entrer en la chambi*e des Elus, ont été assez hardis pour donner des attaches à une compagnie de Duras et à cinq compagnies du régiment de limousin , et de les faire passer par cette province , moi étant dans la capitale et donnant les ordres aux troupes en vertu du droit que m'en donne ma chai'gc en l'absence du gouverneur et des lieu-

tenants de Hoi chacun en leur dépaitement , dont je suis en possession coinme tous mes prédécesseurs. Cet attentat regarde l'autorité et le service du Roi , qui ne peuvent souf&ir que des pjuiiculicrs so rendent maîtres d'une province en y faisant entrer des lîcns de fîuerrcî à leur gré, sans avoir vu même ses ordres, «•t que les personnes sur la fidélité et la charge de qui il s'en ivjwse n'en aient aucune connaissance. Si cette enti'eprisc eût été sue de moi assez à temps, je ne doute pas que vous n'eussiez tixiuvé bon que j'eusse fait ma charge et de conséquent des défenses à ces troupes d'entrer dans la province sans mes attaches, et, en cas qu'elles y eussent déjà été, que je leur eusse aussi ordomiéde me représenter Tordre du Roi. Mais n'ayant été averti de cet attentat qu'aprcs leur passage, j'ai cru le devoir faire savoir au Parlement qui, les chambres assemblées, l'ayant hier jugé de très i;rande importance, arrêta qu'il en serait donné avis au Koi. et cependant (juo je pourvoirais seul sur l'entreprise de ces particuhers. Je satisfais. Monsieur, s'il vous plaît, à leur délibération et à mon devoir par ces lignes , et après vous avoir réptrtê la chose comme je viens de faire . je vous supplie de me faire savoir la volonté de Sa Majesté. Je crois qu'une lettre de I achet adressèt» à moi |H)ur approuver les attaches que j'ai donnée > , et une auti-e à ces deux pai-ticuliers nommés Millière et Pouili»^r, maîtres des Comptes, qui les blâmerait de leurs entreprises et leur ferait défense d'en fiiire de pareilles , pourvoirait à l avenii à de semblables dèsoi-divs et nous empêcherait d'être »'ipo^>**> â la volonté de toute sorti» de personnes qui pourraient comuîe ce- deux hommes. <'il n'y était remédié, disposer :-* toute la province et la livi-er quand ils voudraient à un pil- Vt::».' iortiùn. auquel, manque d'autorité sur les lieux, on ne [^•.■'imùt app«>rter r^^niiîHie. Je me conduirai eu ceci comme en :.>^:r* Aiiçr»^ cho-^e suivant lordn* que vous me donnerez de la pfcAj': Ci R«->L ou en le vutn* particulier et je serai toute ma \\e 4T'V -z- >:.sp*x5 extrême. Moiisi'»ur. votrt* etc.

BRILVHT.

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