‹ Choix de lettres inédites, écrites (volume 2)Chapitre 5 sur 131 · VII · texte numérisé non relu

VII

BHULART AU CARDINAL.

Sur le même sujet.

Uijuii, le 4 juin 1657.

MONS£IGN£UH ,

Deux maîtres des Comptes de cette vill(» , nommés Millicre et PoufQer, prenant le nom des Etats bien que désavoués d'eux, ayant été assez hardis pour faire entrer plusieurs troupes en cette province sous leur seule ^attache, quoiqu'en l'absence de M. le gouverneur et des lieutenants de Roi je les doive donner sans difficulté, le Parlement a jugé que cet attentat, qui regarde l'autorité du Roi , était si dangereux et d'une si périlleuse conséquence qu'il lui en fallait donner incessamment avis. Et comme le commandement en ce qui concerne les armes me regarde «m ce même cas d'absence et que je dois veiller à la sûreté de ce pays, comme j'ai fait depuis que je suis reçu, il m'a renvoyé l'afifaire pour réprimer l'entreprise de ces deux pai-ticuliers et maintenir l'autorité de la chai'ge de Premier Président. Mais, Monseigneur, comme je la tiens de Votie Eminence pour m'y conduire suivant ses volontés , et que hî bien du service du Roi ne peut souffrir que cette province demeure abandonnée à la discrétion de deux personnes privées et sans pouvoir, au préjudice du droit que j'ai de veiller à la sûreté publique, je vous supplie. Monseigneur, de pourvoir par votre autorité à ce qu'en conservant les avantages de ma charge ce pays ne soit plus exposé à la merci de ceux qui pourraient avoir de mauvaises intentions contre le Roi , et d'avoir la bonté de me faire savoir si, en cas de pareilles entreprises. Votre Eminence ne trouvera pas bon que j'emploie le pouvoir que me donne ma charge pour faire obéir le Roi dans les armes, sans souffrir qu'aucune personne entn»preuue d'en user comme ces deux maîtres des Comptes ont fait, qui ne doivent pas demeurer sans quelque

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suis contraint d'attendre encore de les présenter, dans l'espérance qu'un peu de retardement pourra ramener les esprits.

Je n'ai pas douté , Monsieur, que vous ne condamnassiez l'entreprise des sieurs Millière et Pouffier. Je croyais casser leurs attaches suivant le droit que vous me faites Thonneur de me mander que j'en ai par ma charge ; mais ayant aussitôt appris que M. d'Epernon était arrivé en ce temps-là dans le commencement du gouvernement, je crus ne devoir pas faire signifier mon ordonnance , puisque sa présence fait cesser mon pouvoir pour ce regard. Cependant n'étant pas juste que cette témérité, que ces particuliers mêmes condamnent présentement, demeure sans quelque répréhension publique et que le silence de la Cour ne laisse pas douter s'ils ont commis un attentat à l'autorité du Uoi, je crois, Monsieur, que vous trouverez bon d'en faire expédier un arrêt, et que , pour cet eflfet, je mette dans mon paquet quelques pièces pour y pourvoir comme il vous plaira. J'ai eu l'honneur d'écrire à Votre Eminence dont je n'ai pas encore eu réponse ; mais répondant à une précédente lettre par laquelle je me plaignais de ce que M. d'Epernon donnait des ordres pour cette province , bien qu'il fût hors de son gouvernement , elle m'a mandé que mes raisons étaient bien fondées , que même il était du service de Sa Majesté que l'on ne blessât point en cela les privilèges de ma charge et qu'on empêcherait à l'avenir que M. d'Epernon n'envoyât point d'ordres dans 1<» gouvernement quand il on sera éloigné. Ce sont les termes de la lettre. Je ne doute pas que mondit seigneur le Cardinal ne trouve encore plus mauvaise l'entreprise de ces paiiiculiers et qu'il ne sache réprimer leurs attentats par un arrêt ou par quelque lettre de cachet. J'attendrai là-dessus vos ordres pour les recevoir comme la loi que j'aurai à suivre.

M. d'Epernon me vient d'envoyer dire qu'il ne pouvait souffrir que M. le comte de Tavannes , qui a deux procès au Parlement de cinquante mille écus en état de juger, vînt à Dijon tandis qu'il y serait, et que c'était pour le lui faire savoir. J'ai été très étonné de cette manière nouvelle de bannir les hommes,

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BRUL.\RT

BRUL\KT .\r CARDINAL.

Même sajel toochaDl le comte de Tivanoes.

llijua, le t4 juin 1657.

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