L'ARCHEVÊQUE DE BESANÇON A BRULART
Il demande au Parlement son aasistance dans la visite qa"û veut entreprendre de différents lieux de son diocèse faisant partie de son ressort.
Salins, le 19 mai \6M.
Monsieur,
Ayant d<^jà travaillé quelque temps à la visite générale de mon diocèse , et pris aussi résolution de visiter les lieux de France qui en dépendent, j*ai voulu, avant que de rien entreprendre à ce sujet, en demander en tout respect l'agrément à Sa Majesté Très-Clirétienne, à laquelle il a plu de donner les ordres nécessaires pour cela, selon que vous le verrez par celui qui a été donné ensuite par Son Altesse Monseigneur le prince de Gondé. Mais comme je n'ai jamais eu l'intention de rien faire à ce regard sans en avoir donné avis à Messieurs de votre Parlement et leur avoir demandé leur assistance pour une si bonne œuvre, je viens m'adresser à votre personne, Monsieur, et vous supplier très humblement de me vouloir procurer ce bien, sous l'assurance que je lui donne que je ferai tout ce qu'il me sera possible pour m'acquitter de ce devoir à la plus grande gloire de Dieu, à l'avantage spiiituel des peuples, et de plus encore à la satisfaction de Sa Majesté et à celle de voti*e Corps. Je veux donc attendre cette faveur de votre [àété, vous protestant, Monsieur, que si je pouvais m'en revanchcr en quelque occasion de votre service, je témoip:nerai avec passion que je suis. Monsieur, votre etc.
t ANTOINE-PIERRE, archevèqite de Besançon.
BRULA RT A L'ARCHF.VÉQUE DE BESANÇON.
Réponse à la précédente.
Dijon, le îî mai 1664.
Monsieur,
Je contribuerai avec beaucoup de plaisir et de joie à ce qui regardera votre satisfaction, et je ne doute pas que le Parlement n'y concoure aussi très volontiers, persuadé comme il Test de votre mérite et de vos grandes qualités. Mais, afin qu'il puisse vous assister de son autorité en ce qui regardera votre visite, il ne serait que mieux de lui faire connaître l'intention du Roi, comme il est accoutumé ; ce que vous pouvez facilement obtenir de Sa Majesté, après l'agrément que vous me faites l'honneur de me dire que vous en avez déjà eu. Je me tiendrais en mon particulier, Monsieur, très heureux si cette rencontre ou quelqu'autre que ce soit me fournissait le moyen de vous faire connaître que je suis très véritablement, Monsieur, votre etc.
BRULA RT
BRULART A LA VRILLIÈRE
n dénonce on projet de ligue défenBive entre la Franche-Comté et la Suisse^ sons le nom do Roi d*Espagne, de manière k rester ignorée de la France.
Dijon, le 9 janvier 16(|7.
Monsieur ,
Le bruit ayant couru ici du dessein des Comtois de faire
un traité avec les Suisses pour tirer d'eux un secours considérable, en cas qu'ils fussent attaqués par le Roi, j'en ai demandé
des nouvelles àTofficial de rarchevêque de Besançon, qui m'a dit que dans l'assemblée des Etats qui viennent de se tenir en Comté, où il avait assisté, il avait été résolu de négocier une ligue défensive avec les Suisses ; que le prétexte a été pris sur ce que les Comtois avaient avec eux une ancienne confédération que les Suisses interprétaient comme une simple médiation, pour rendre seulement des offices mutuels en faveur de ceux qui seraient attaqués ; mais gue les Comtois voulant faire expliquer la chose d'une manière qui leur serait plus utile, ils avaient dans ces derniers Etats député, du consentement du Roi d'Espagne, auprès des Suisses pour faire la ligue défensive et régler le nombre d'hommes dont ils se secourraient les uns les autres en cas de besoin. Les Comtois en offrent autant aux Suisses que le plus puissant des cantons en doit fournir, et leur demandent dès à présent de faire instance auprès du Roi, en leur nom, sans que les Comtois paraissent, pour une neutralité entre la France et le Comté, en cas de rupture entre les deux couronnes. Je ne sais pas. Monsieur, si Sa Majesté est avertie de ces desseins, qui ne tendent qu'à prendre des précautions contre ceux qu'elle pourrait former, suivant que cet officier me l'a dit lui même ouvertement; mais j'ai cru qu'il était de mon devoir aussi bien que de mon zèle pour son service de vous donner connaissance de ce que j'en sais, et je me prévaus encore avec plaisir de cette occasion pour vous renouveler l'assurance que je suis, etc.
BRULART
LA VRILLIÈRE A BRULART
Réponse à la précédente.
Saint-Gemiaiii-eii-Laye , le 18 janvier 1667.
Monsieur ,
Je n'ai pas manqué de donner connaissance à Sa Majesté
des avis que vous m'avez communiqués de ce qui s'est passé entre les Suisses et les Comtois, ce qui a été considéré agréablement comme un efifet de votre zèle, bien que la chose eut été déjà mcmdée à la Cour. Vous me ferez plaisir, Monsieur, de continuer à me faire part de ce que vous saurez de considérable; et justice de me croire toujours. Monsieur, votre etc.
LA VRILUÈRE.