BRULART A LOUVOIS
Compte renda de U même affaire.
La Borde, le 25 octobre 1669.
Monsieur,
Ce Parlement ne devant rentrer qu'après la Saint-Martin, on ne pourra pourvoir plus tôt qu'en ce temps-là sur la procédure criminelle contre ce Comtois qui a mal parlé du Roi. Je n'ai pas laissé, Monsieur, de l'envoyer au président qui est de semaine à la Chambre des vacations. Après en avoir pris la lecture, j'ai remarqué que dans l'extrait qu'on vous eu a fait et que vous m'avez aussi envoyé, on a observé qu'il n'y a qu'un témoin, des quatre dont Tinformation est composée, qui dit que l'accusé était plein de vin ; mais j'ai pris garde qu'il y en avait encore un qui dépose que, se retirant à la fin de la querelle dans laquelle ce Comtois avait tenu ce discours injurieux, il le laissa dormant sur la table. Je vous supplie, Monsieur, d'y faire réflexion et de me faire la grâce de m'apprendre ce que vous croyez qu'on pourrait ordonner qui fût juste et agréable tout ensemble, et je m'y emploierai comme je le dois pour les choses qui me viennent de vous et par vous, étant avec toute l'estime et tout le respect possible, Monsieur, votre etc.
BRULART
CCCZZZYII
BRULART A GHATEAUNEUF.
RnregiBireineoi et publication de pliisiean éditg sur les 6naoces et la justice , en présence de MM. Bonchu et d^Amanxé, commissaires du Roi; le Parlement a obéi sans root dire; paroles amères prononcées à cette occasion.
Dijon, 1« ll^léoembre 1669.
Monsieur ,
Ayaut reçu ces deiniers jours, par MM. d'Amauzé et Bouchu, une lettre du cachot contresignée de vous, par laquelle Sa Majesté me faisait savoir qu'elle leur avait donné ordre d*eutrer en ce Parlement et d'y faire enregistrer en leur présence plusieurs édits, je me donne Thonneur de vous rendre compte de ce qui s'est passé en exécution de ses volontés. Ces Messieurs me vinrent trouver l'avant-veille , me firent voir tous ces édits et réglèreut avec moi toutes choses afm d'appoitcr plus de diligence à satisfaire à ce qui était désiré de nous. Je les leur rendis faciles autant que je pus, si bien que lundi dernier, étant venus à la Grand 'Chambre, je fis sur-le-champ assembler toutes les autres Chambres. M. d'Amanzé fit d'abord un petit compliment a la Compagnie; M. Bouchu parla plus longtemps, et moi je répondis à tous deux ensemble. Après cela on lut leur commission, la lettre du cachet adressée au Parlement et enfin quelque chose du commencement et de la fin de chaque édit. J'avais fait trouver à l'assemblée les gens du Roi qui aussitôt requirent l'enregistrement et la publication. Je fis opiner ensuite, et tout d'une voix il fut dit, du consentement de ces Messieurs les Commissaires, que du très exprès commandement du lloi porté par eux ils seraient tous (enregistrés, et que ceux qu'il nous était mandé de publier seraient lus à l'audience. Aussitôt après je la fus tenir et ou pubUa ceux-là de même en leur présence, de sorte que tout fut concerté avec eux jusqu'aux moindi'cs choses. Notre intendant en dit de certaines dans son discours qui ne furent pas fort
agréables à la Compagnie. Pour moi je ne répondis que dans des termes de soumission et d*obéissance, mais qui marquèrent que leur présence n'y contribuait en rien; personne ne croit qu'on y puisse trouver à redire. Cependant je ne laisse pas de vous envoyer ma réponse mot à mot, afin que si on en écrit vous puissiez être assuré si on mandera la vérité. Je ne puis m Imaginer que ces Messieurs m'ayant dit plusieurs fois depuis qu'ils étaient très contents et que tout s'était très bien passé , ils se plaignent de quoi que ce soit. Mais comme ce sont deux hommes de qui nous nous défions tous, et moi plus que personne, j'ai pris la liberté de vous informer de ceci. Je vous supplie très humblement de m'y rendre justice, et vos offices si j'en ai besoin. Je crois que ce que je fais n'e«st qu'une précaution qui sera inutile; mais la confiance que j'ai dans votre bonté me fait espérer que vous le souffrirez. C'est dont je vous supplie de tout mon cœur et de croire que je suis avec respect etc.
BRULART