CCCXXXVIII
BRULART A LA VRILLIÈRE
Aifaire d*uo nommé Lahaye, prévena de crime d^Etat; violent conflit entre le maire et le Parlement touchant les poarsnites.
Dijon, le 16 novembre 1670.
MoNsiEm ,
U y a deux ou trois jours que le maire de cette ville, interrogeant dans la prison une femme de mauvaise réputation, accusée par M. Simony, qui a été secrétaire de M. d'Epemon et qui est à présent conseiller au Parlement de Metz, de lui avoir volé dans sa maison, pendant qu'elle était à sa charge, quelques
hardes dont elle s'est trouvée saisie, cette femme déclara dans ses réponses qu'elle n'était persécutée parlai, que parce qu'elle avait ouï dire à un nommé Lahaye, pendant qu'il était à son service en qualité de valet de chambre , il y a deux ou trois mois, que ce Lahayé avait dessein d'attenter à la personne de Sa Majesté, et qti'èlle lui avait ouï tenir ces discours en présence de trois personnes. Le maire eu même temps a décrété et fait arrêter ce garçon , qui est né à Paris d'un père hollandais et d'une mère de Bar, en Lorraine , qui a demeuré quelque temps au Comté de Bourgogne, où il était clerc an greffe du Parlement de Dole lors de la prise de cette ville-là, mais qui a été encore plus longtemps avant et depuis en celle-ci, où il a servi en trois maisons , de laquais, de valet de chambre et de clerc chez un avocat. Ce même juge a ensuite informé et ouï ces témoins. Cette affabe étant venue à ma connaissance par le bruit public, je le mandai hier pour m'en rendre compte, et c'est par lui-même que j'ai su ce que je me donne l'honneur de vous écrire. Après quoi, il me dit qu'il en avait écrit à la Cour. Je lui demandai pourquoi il l'avait fait sans me donner avis de cette affaire , s'il ne savait pas qu'il était de son devoir de m'avertir, comme son supérieur, de tout ce qui regardait le service du Roi, et qu'il était incompétent de faire une procédure criminelle pour un crime de lèsemajesté; mais je n'en eus aucune bonne réponse. Le même jour il y eut arrêt sur la requête du Procureur général, portant que la procédure serait apportée au greffe e( que le prisonnier serait transféré à la conciergerie du Palais, avec défense au maire de continuer l'instruction; mais il n'a voulu obéir à rien, ainsi que vous le verrez par les réponses du geôlier, du greffier et par la sieime. Je crus qu'en pai*ticulier j'amais bien le crédit sur ce simple juge pédané de me faire représenter l'information pour la voir un moment, afin de pouvoir vous rendre compte de ce qu'elle contient ; mais il a répondu à mon secrétaire qu'il ne pouvait s'en dessaisir ni me la faire voir. Au fond, cette affaire n'est rien selon toutes les apparences, car cet accusé est ici en réputation de garçon sage et posé, et les maîtres chez qui il a
servi, qui le sont extrêmement, en parlent de cette sorte. Il a même fait une condition du côté d'Auxerre depuis le temps qu'on dit qu'il a tenu ces discours criminels, et eu est revenu sans aller à Paris^ d'où il était assez près. Mais l'opinion commune est que cette accusation, qui est assez vague et dénuée de toutes circonstances, a été faite par un complot entre cette femme prisonnière et les témoins, qui tous demeuraient alors avec lui dans la maison dudit sieur Simony, de chez qui ils le voulaient faire sortir à l'aide, ajoute-t-on, de la dame sa femme qui, vivant comme une vraie folle et démoniaque avec son mari, avait pendant son absence reçu tout ce bagage dans sa maison, et tant de déplaisir de ce qu'à son retour il la mit dehors et du procès criminel qu'il avait fait pour vol à la prisonnière, que la femme, pour nuire à son mari et pour favoriser la coupable, a non seulement déclaré en faveur de celle-ci qu'elle lui avait donné toutes les choses qu'elle est accusée d'avoir volées, mais encore a été participante de ce complot par lequel ils ont prétendu perdre ce valet et en même temps embarrasser ledit sieur Simony par le soupçon qu'on pourrait avoir qu'il aurait su ces discours et qu'il serait en peine de se justifier de n'en avoir rien déclaré. Mais quant à la forme, le Parlement a sujet de se plaindre de ce premier juge, qui a péché envers lui par son entreprise et par le manque d'obéissance et de respect. En mon particulier je m'en plains aussi, mais pour tout cliâtiment je ne vous supplie, Monsieur, que d'y faire pourvoir d'une manière qui lui apprenne le respect qu'il doit A ma charge; que sa principale fonction est dans l'obéissance, et que c'est à moi qu'il doit s'adresser dans les affaires où le service du Roi sera intéressé, pour ensuite y faire pourvoir et en avertir Sa Majesté , suivant que je le jugerai à propos, et enfin, qu'il n'a pu refuser de m'apporter ou de m'envoyer l'information contre cet accusé pour la voir. Si je ne suis soutenu un peu fortement envers ces sortes déjuges, il n'y aura que désordre et que confusiou, toute ma relation au Roi, au lieu d'être utile à son service étant autorisée, ne sera plus bonne à rien , et tout ce que je forai pour le faire obéir dans ma fonc-
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servir de notre autorité pour chercher la vt'^rité de ce crime et pour en faire ensuite, s'il est prouvé, un châtiment qui donne de hi terreur aux plus désespérés. De sorte. Monseigneur, que je ne doute pas que, dès demain, on ne se serve de toute voie pour tirer le prisonnier des prisons de la Maison de ville pour le transiérer en la conciergerie du Palais, et qu'on ne pourvoie contre la désobéissance de ce maire, à qui je serai toutefois d'avis qu'on épargne la prison, s'il continue à ne vouloir pas rendre la procédure dont nous avons besoin, bien qu'elle ne doive tenir lieu que de simples mémoires pour en faire une nouvelle. Mais Votre Altesse sera encore surprise quand je lui marquerai qu'il m'a refusé de me faire voir l'information dont je voulais seulement savoir la teneur pour donner dans cette affaire les ordres nécessaires pour en informer la Cour. Enfin , on ne se connaît plus en tout ceci, et, s'il y arrivait du désordre dans le dépérisseuient des preuves , ce maire, qui seul en serait coupable, n'aurait pas assez de vie pour en répondre. Je ne doute pas, Monseigneur, que Votre Altesse ne pourvoie de son c^té incessamment à le faire rentrer dans son devoh», afin que rien ne retarde la diligen(»e que nous devons apporter à l'éclaircissement et à la punition de ce crime, et j'espère aussi de sa bonté qu'elle lui fera connaître toutes les fautes qu'il a faites envers moi qu'il devait bien plutôt consulter que notre intendant , avec qui il a pris tous ses conseils depuis qu'il a pris le parti, blâmé de tous ses amis, de refuser opiniâtrement de ne nous pas reconnaître, malgré toutes les ordonnances et celle môme qui vient de nous être envoyée pour la procédure criminelle qui nous met en droit de le châtier. J'ai cru devoir rendre un compte particulier à Votre Altesse de ce détail, âquoi j'ajoute que je suis avec tous les respects imaginable.s. Monseigneur, de Votre Altesse, le etc.
BRULART
— lia —
cette affaire depuis celui que je joignis à ma lettre de dimanche. Je me donne l'honneur de vous, les envoyer afin que vous voyiez la suite de l'affaire, et on y a mis des copies au bas des réponses du maire , afin que Sa Majesté soit informée de la conduite qu'il a tenue dans ce qui la regarde, et qu'elle y puisse pourvoir ellemême comme il lui plaira, ou nous faire savoir ses intentions. Je suis avec un respect extrême, Monsieur, votre etc.
BRIILART.
CCCZLI
BRULART AU PRINCE DE CONDÉ
Continualioo du même sujet; Taffaire parait chanf^er de caractère par le soupçon
d*aD complot ourdi pour perdre Taccusé.
Dijon, le 21 uovembre 1670.
Monseigneur,
Le maire de cette ville s'est reconnu en quelque chose, mais c'a été plutôt par la crainte du châtiment et des suites qui regardaient sa personne que par le respect qu'il devait à la justice souveraine, à qui il ne pouvait rendre une obéissance trop promptfy dans une affaire qui n'a pas de moindre titre que de conspiration et de crime de lèse-majesté an premier chef. Enfin, il a remis les clefs du cachot; mais Votre Altesse verra qu'il l'a fait avec injure pour le Parlement, qui, ne voulant présentement s'appliquer qu'à travailler à l'affaire de Sa Majesté, a sursis de pourvoir sur ce qui le rejçarde. Il n'a pu même se résoudre à venir au Palais déclarer ce qu'il savait des circonstances de ce crime, et il a fallu, sur le prétexte de son incommodité, envoyer chez lui deux commissaires recevoir sa déclaration. Présentement que tout cela est fait , on travaille à l'information, et il y a déjà quelques témoins d'ouïs. Mais les ciiose.<;
paraissent déjà s'embarrasser, et il y a quelque lieu de soupçonner un complot. Si cela est, la femme de M. Simony pourrait être de la partie, car elle haïssait fort cet accusé ; elle avait des attaches avec la femme qui Ta dénoncé et qui ne le haïssait pas moins; elle a été avertie par elle des paroles dès le lendemain qu'elles ont été dites dans sa maison; elle a menacé ce garçon de le perdre ; eUe n'a rien déclai*é toutefois de son crime. Cependant cette dénonciation ne se fait que deux mois après la chose arrivée, et dans le temps que ledit sieur Simony fait faire le procès criminel à cette femme, de qui la sienne prend le parti ouvertement contre lui. Dans peu de jours nous en saui^ons davantage , et l'interrogatoire qui ne se fera qu'après l'information pourra donner des lumières de la vérité contre les témoins ou contre l'accusé, qui a pour lui cet avantage d'avoir demeuré ici plusieiu's aimées chez trois personnes très sages, savoir : chez M. Gautier, grand-vicaire , puis chez M. Simony, et enfin chez le sieur Vaiot, avocat, où il a été arrêté ; tous lesquels en étaieut très contents et n'ont rien vu en lui de répréhensible. Cependant ceux qui ont travaillé à la procédure du maire nous ont déclaré que trois témoins ont déposé fortement devant liii qu'ils ont ouï dire à cet accusé qu'il voulait aller à Paris exécuter son damnable dessein, et que, s'il y périssait où était haché, les Comtois prieraient Dieu pour lui, qui était ruiné de la prise du Comté et réduit à servir, au lieu que sans cela il serait greffier au Parlement de Dole où il était élevé alors. Il faut donc suspendre son sentiment; mais ce qui est de meilleur, c'est que, si la chose est vraie, ce crime ne passera pas la personne de l'accusé, qui aura parlé par son seul désespoir, sans que personne apparemment ait eu part dans son dessein ni dans son transport. C'est, Monseigneur, pour rendre compte de tout à Votre Altesse que je me donne l'honneur de lui écrire toutes ces choses dont M. de Thésut pourra l'informer désormais d'autant plus exactement que M. de Thésut-Ragis, qui était second commissaire, est devenu le premier et avec lui M. Fleutelot; M. Legouz, qui était l'ancien, ayant été obligé de se déporter sur ce que le premier
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d*iin complot entre les témoins, que le maire a laissés longtemps ensemble dans une môme prison , conférant entre eux jour et nuit, ou a des peines non pareilles à découvrir à cette heure parfaitement la vérité. Il y a d'autres choses encore en quoi il a péché considérablement; mais celles-là sont moins coimues. Je dois vous dire, Monseigneur, que Taigreur que la Compagnie a témoigné avoir contre lui de la réponse qu*il a faite et signée, de laquelle j'ai eu l'honneur d'envoyer copie à Votre Altesse, ne diminue point par le temps, et qu'au contraire beaucoup de gens se soulèvent et parlent déjà fort haut contre moi de ce qu'on n'y a pas pourvu. Cela ne va toutefois qu'à quelque amende on à une interdiction de sa charge de conseiller honoraire, dont il n'a jamais fait de fonction, ou à quelque réprimande, ou, au plus, à joindre deux de ces peines ensemble. Par malheur pour moi il m'a vu une fols seul, et on m'accuse depuis ce temps-là d'abandonner les intérêts et l'honneur de la Compagnie. Je voudrais bien que tout demeurât là jusqu'à ce qu'il eût plu à Votre Altesse de lui demander ses sentiments, et que par des satiafactions volontaires il essayât d'éviter celles que la Compagnie pourra tirer de lui forcément par un arrêt. Mais il n'y a guère d'apparence que je puisse empêcher tout ce temps-là qu'on y pourvoie, et si on savait même que je cherche à adoucir les choses dans cette occasion, il ne faut pas douter qu'on ne m*en sût mauvais gré. Vous savez, Monseigneur, ce que c'est qu'une Compagnie qui se sent blessée; qu'elle est encore plus sensible à rinjure qui lui est faite par un de ses membres, et combien il est difficile de la contenir dans cet état. Le maire, de son côté, ne l'aide pas : il a beaucoup de repentir, mais il pourrait le faire connaître par quelque requête qui adoucit les esprits. Je le lui ferai dire par un de ses amis , et témoignerai toute ma vie à Votre Altesse le désir que j'ai de lui plaire et de lui faire connaître que c'est avec une très grande vérité et chaleur que je suis. Monseigneur, votre etc.
BRULART
CCCXLIII
CHATEAUNEUF A BRULART
Réponse à deux lettres qui reodeot compte de cette sffiûre; le Roi veot être informé de ses résultats, et qu'on punisse l'accusé oh ses dénonciateurs.
Pari», le 3 décembre 167o.
Monsieur,
J'ai reçu les lettres qu'il vous a plu m*écrire les âl et 26 du mois dernier, la première accompagnée des arrêts du Parlement rendus sur Taffaire du nommé Lahaye , et la seconde de l'information et audition de douze témoins, dont ayant pris une lecture fort exacte je vous avoue que les choses y sont fort embarrassées i5t qu'il est bien difficile d'y asseoir un bon jugement. Néanmoins, j'ai pris soin de donner compte au Roi de tout, mais particulièrement de ce qui est le plus essentiel et plus considérable qui regarde sa personne sacrée. Sur quoi Sa Majesté a témoigné être fort satisfaite de voir l'application que vous et MM. les Commissaires apportez pour avoir un véritable éclaircissement de l'accusation faite contre ledit Lahaye, et de lui rendre l)Oime justice , soit pour le punir s'il est coupable, sinon ses accusateurs. Et comme Sa Majesté se promet que les juges feront leur devoir, et qu'après l'arrêt du Conseil d'Etat que je vous ai envoyé elle n'a rieu i\ y ajouter, l'on attendra ce qui arrivera de cette affaire, que le Roi veut être traitée dans le cours ordinaire de la justice, en observant tout ce qui sera nécessaire pour l'exemple et le châtiment de ceux qui l'auront méiité. Et en attendant. Monsieur, il suffira que vous ayez agréable de m'envoyer un fidèle extrait des interrogatoires et de tout ce qui se fera dans cette procédure, pour que je puisse en tenir
Sa Mîijesté bien informée Ce que ne doutant pas que vous
n'arromplissicz l)ien volontiers, je n'ai qu'à vous assurer que
je ne manquerai de faire valoir vos services, et de vous témoigner parles miens en tontes occasions que je suis parfaitement. Monsieur, votre etc.
CHATEAUNEUF
CCCXLIT
BRULART A CHATEAUNEUF
Suite de la même affaire; lei dénoDciateure se rétractent et sont poorsaivti
à leur toar.
Dijon, le 3 décembre 1670.
Monsieur ,
Grâces à Dieu, nous ne sommes plus dans Tembarras et dans l'obscurité où nous étions touchant ce crime de lèse-majesté dont le nommé Lahaye était accusé; Thabileté et l'application du premier de nos commissaires ont tiré la vérité dos ténèbres. Enfin, les deux principaux témoins se sont rétractés dans le récolement , et ont déclaré n'avoir point entendu proférer à Lahaye les paroles et les menaces qu'ils avaient déclaré et déposé lui avoir ouï dire ; ils l'ont même soutenu dans la confrontation à la nommée Vauvilliers, femme de Dumont, laquelle ils ont chargée de leur avoir fait déclarer et déposer ce qu'ils ont dit contre lui; de sorte que ces trois témoins tenant lieu à présent d'accusés, noas décrétâmes hier contre eux, qu'on commença aussitôt d'interroger. Vous verrez mieux les choses par les extraits que je vous envoie que je ne pourrais vous les rapporter ; mais pour vous informer d'un détail qui n'y peut être, je me donnerai. Monsieur, l'honneur de vous dire qu'André Terrot, qui est celui des deux témoins qui s'est rétracté le premier , a été exhorté à le faire par l'espérance qu'il a eu d'une grâce pareille à celles que les commissaires lui dirent que le Roi avait faite dans l'affaire de Gourboyer à un témoin qui, après avoir dé-
posé faux, avait dit la vérité et tout découvert. Et comme nous venons d'éprouver que ces sortes d'exemples sont d'un grand sccx)urs à la justice dans les crimes supposés, j'ai cru vous devoir remarquer que celui-là a extrêmement contribué à nous mettre dans le chemin oit nous sommes, afin que Sa Majesté avise si, pourun plus grand bien, elle voudra lui faire grâce. Mais parce que ce Lahaye , quoique innocent du crime dont il était accusé, ne laisse pas d'avoir dit quelque chose de très mal à propos, suivant que vous le verrez par ces extraits, je vous supplie de voir si Sa Majesté n'aura point d'ordre à me faire donner sur cela. Je suis de tout mon cœur. Monsieur, votre etc.
BRULART
CCCXLT BRULART AU PRINCE DE CONDÉ
Compte-renda de rarrèt qui met fio à cette procédore; TOte iBOiiTé des jages
sur la peine à appliquer aux frax témoins.
Dijon, lo 19 janvier 1671.
J'envoie à Votre Altesse, suivant qu'elle me Ta commandé, le dispositif de l'arrêt que nous rendîmes avant-hier dans le procès du crime de lèse-majesté dont le nommé Lahaye était le principal accusé. La seule diiiiculté considérable qu'on ait trouvée en le jugeant a été sur la peine des faux témoins. Des douze juges il y en a eu quatre à la mort contre l'un et cinq contre l'autre. Ceux-là fondaient leur avis sur ce qu*il se trouvait tant de malice i-t des circonstances si criminelles dans leurs dépositions, qu'on pouvait dire qu'ils ne devaient pas être traités seulement cx)mme faux témoins, mais comme principaux auteurs de la supposition qu'ils avaient confirmée, l'un trois fois, l'autre quatre, dans leurs déclarations et dépositions avant que de faire leur
rétractation, et enfin qu'on ne devait donner trop d'exemple de la sévérité des lois contre les faux témoins, pour assurer llionneur et la fortune des honnêtes gens, exposés plus que les autres à périr par la malice et par l'adresse des calomniateurs. Ceux do l'avis de leur sauver la vie disaient qu'il fallait donner quelque chose à leur âge, qui n'est à chacun que de vingt ans, et à la faiblesse de leur esprit , qui n'avait pu résister aux intimidations et aux mauvais artifices de la calomniatrice; qu'ils s'étaient rétractés avant le récolement; que la nouvelle ordonnance n'établit pas de peine contre les témoins qui se rétractent avant cet acte, 'et qu'il serait dangereux de punir des faux témoins du dernier supplice lorsque leur rétractation est volontaire et qu'elle vient avant que l'afiaire soit éclaircie, parce que autrement aucun ne se rétracterait jamais ; de sorte que par leur obstination les innocents seraient encore plus exposés. Le Roi, qui avait été informé du nom de celui qui s'était rétracté le premier, m'avait adressé un ordre de faire surseoir à l'égard de celui-là à l'exécution de l'an^êt de mort ou de galères qui pourrait être rendu contre lui ; mais personne n'en avait ici connaissance, et il ne m'était pas permis de le faire paraître avant la prononciation de l'arrêt. Au reste, cette misérable femme a avoué son crime à la mort et sur l'échelle seulement. J'aurai encore l'honneur de vous dire. Monseigneur, que dans ses réponses sur la sellette, elle dit qu'elle avait averti le maire de cette ville de tous les discours dont elle accusait Lahaye plusieurs jours avant qu'elle fit sa déclaration au syndic, et que le maire s'en moqua. Je ne la pressai pas là-dessus, ne croyant pas à propos d'embarrasser davantage M. Gatin dans une affaire qui devait entièrement finir ce jour-là par la punition des coupables.
J'attends avec bien de l'impatience la matinée de vendredi prochain pour entendre l'éloge qui se fera de Monseigneur le Duc , en présentant ses provisions du gouvernement de cette province. Mais je ne puis assez dire à Votre Altesse quelle est ma joie de la savoir guérie de sa goutte, ni asseï l'assurer combien je suis. Monseigneur, votre etc.
BRULART
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dra que cette affaire soit poussée et que je vous rende un compte exact de tout ce qui s'y passera ; mais si Sa Majesté a cette volonté, il serait très à propos qu'il lui plût d'envoyer un ordre à Tabbé de faire remettre le prisonnier entre les mains des huissiers du Parlement, parce qu'on ne doute pas que sans cet ordre on ne le refuse. Je ne vous enverrai pas l'information que vous ne me fassiez l'honneur de me mander que je vous l'envoie; mais s'il y a des complices , ce n'est pas là qu'on en trouvera la preuve. Il s'y voit seulement que le prisonnier craignait la visite que M. de Giteaux allait faire à Molaise le jour qu'il fut empoisonné. C'est une maison de filles, où on dit que Bourée menait une mauvaise vie. Je vous envoie seulement trois pièces pour vous faire connaître le titre de cet affaire et le désistement du sous-prieur. Vous ne trouverez dans le rapport des médecins que treize empoisonnés ; mais l'Abbé, son secrétaire, sou aumônier et son valet de chambre qui les assistaient, ne sont pas compris dans ce nombre, parce qu'ils étaient alors malades à Molaise et traités par des médecins de Ghalon. Je vous fais mes remerclments très humbles de la grâce que M. de La Vrillière m'a faite de dire au Roi que j'ai eu l'honneiu* de vous écrire pour mes appointements. Je vous supplie d'être persuadé de la reconnaissance que j'en ai, et de croire qu'on ne peut être avec plus de zèle et de respect que je le suis, Afonsieur, votre etc.
BRULART
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à propos de faire connaître sa volonté à TAbbé, qui est présentement à Paris. Je ne sais pas, Monsieur, si on aura mis dans l'arrêt que le rapporteur sera pris à la Grand'Chambre, ou du moins qu'il y en ait deux, dont Tancien y serve ; mais je vous supplie de trouver bon que je vous remarque cela comme une chose nécessaii*e. Je ne doute pas que Tarrêt ne paraisse un peu extraordinaire ici, où nous n'avons pas encore vu deux Chambres s'assembler pour juger une affaire; mais on ne laissera pas que de s'y conformer. La chose eût paru phis selon nos formes de renvoyer l'affaire à la seule Grand'Ghambre, ne la voulant pas laisser à la Toumelle. Je vous demande la grâce de croire qne je suis avec beaucoup de respect. Monsieur, votre etc.
BRULART
CCCLZVIII
BRULART A CHATEAUNEUF
Suite du même sujet; arrivée d'un exempt de la prévôté avec une lettre da Roi; Bonrée lui est livré; saisie d*une noix empoisonnée; lettre da cachet qni renvoie Taflaire an Parlement; les moines refusent de remettre la procédure commencée.
Dijon, le 3 mars 1671.
Monsieur ,
J'eus l'honneur de voas donner avis, le 1" de ce mois, de Tarrivéc de M. Demonticourt , exempt de la prévôté, en cette ville le même jour. Il en repartit le lendemain, accompagné de toute la maréchaussée , pour se rendre à Giteaux où , ayant rendu la lettre du Roi à quelques religieux , il les obligea d'assembler le chapitre au son de la cloche pour en faire l'ouverture. Une demi-heure après ils obéirent d'assez bonne grâce et lui remirent Georges Bourée. Il tira aussi d'eux ce que le prévôt de Ghalon avait trouvé de plus important sur sa personne et particulièrement une noix confite qu'on dit être empoisonnée. D ren-
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dil le prisonnier à la conciergerie et remit le reste entre les mains des conmiissaires. En tont cela il ne se peut pins de bonne conduite qne cet exempt en a tenu, ni daTantage de diligence et d'exactitude.
Je présentai dès le lundi, i de ce mois , à la Grand'Chambre et à la Toumelle assemblées la lettre du cachet et l'arrêt qui leur renvoie conjointement la connaissance du crime dont ce prisonnier est accusé, afin d'en ordonner Tenregistrement et l'exécution. U se passa là quelque chose d'assez désagrêabii* dont je ne vous importune pas, puisque le succès a enfin été tel qu'il fallait. M. le président Joly qui préside à la Toumelle en usa très bien. Je nommai M. Legouz pour être l'ancien commissaire, en quoi il réussira d'autant mieux que j'espère que M. Bretagne , son cadet , à qui j'ai fort représenté l'importance qu'il y a de travailler de concert avec lui et moi, en usera avec zèle. Ds ont interrogé aujourd'hui le prisonnier pour la première fois pendant sept heures. Toutes ses réponses n'ont été que des dénégations des choses les mieux prouvées; je ne m'étonne pas toutefois qu'il parle de cette sorte au sortir de Qteaux, où il a été près d'un mois. On continuera demain le second interrogîitoire, et on donnera ensuite arrêt pour procéder au récolement et à la confrontation. Cependant nous ne pouvons avoir connaissance des complices que par le prisonnier, qu'on gard»* par cette raison avec des précautions particulières. M. IWbbé de Clteaux a emmené avec lui à Paris les cinq principaux témoins ouïs contre Bourée ; je vous en envoie la liste , afin qu'il vous plaise de lui commander de les faii-e venir ici le plus tôt qu'il se pourra pour les récoler et confronter. Outre cela, nous avons besoin de la procédure qui a été faite à Clteaux contre lui par les religieux ; mais nous ne la retirerons d'eux, qui continuent à nous la refuser et qui ont fait le même refus à l'exempt que j'y avais employé, que par un ordre particulier qu'il serait bon de faire accompagner de celui de l'Abbé pour aller plus vite. J'attendrai les vôtres avant que de vous envoyer des extraits de notre procédure à mesure qu'elle s'avancera, ne sachant pas si
vous voudrez la voir, et ferai toute ma vie mou possible pour me
rendre difçne de llionneur de vos bouues grâces et de la bonne
opinion que vous voulez prendre de moi qui suis parfaitement,
Monsieur, votre etc."
BRULART
BRULART A GHATEAUNEUF.
Suite de la même affiûre; aveu faits secrètement par Bourée à Tabbé de ClteaDx; des moines veulent le délivrer de force ; précautions extraordinaires prises pour empêcher sa délivrance ou son empoisonnement.
Dijon, le 6 mars 1671.
Monsieur ,
Le moiue Bourée a été aussi opiniâtre dans ses seconds interrogatoires que dans les premiers, â ne vouloir pas déclarer ses complices ni même avouer son crime. Mais le bruit augmente tous les jours que l'empoisonnement dont ou Taccuse n'est que l'exécution du complot fait entre plusieurs de ses confrères et lui contre la vie de leur abbé. Je suis obligé. Monsieur, de me donner l'honneur de vous faire savoir sur cela une chose qui est assez importante pour être dite au Roi, c'est que l'Abbé, un soir, après que tout le monde fut couché, étant descendu dans la prison de Clteaux auprès de Bourée, celui-ci lui avoua qu'il l'avait empoisonné, lui nomma ceux par le conseil de qui il l'avait fait, lui confessa qu'il avait abusé d'une religieuse de Molaise et qu'elle avait fait un enfant ; mais que ce n'était pas ce dernier crime qui l'avait porté à l'empoisonner. J'ai été assuré en même tempe que M. l'Abbé l'avait fait interroger le lendemain sur toutes ces choses parles commissaires qu'il lui avait donnés pour lui faire son procès, mais qu'il les avait alors toutes déniées ; cependant qu'il avait déclaré que plusieurs religieux , qu'il nomma , avaient dit qu'il fallait empoisonner l'Abbé, et que cela avait été rédigé par écrit; de sorte qu'il est très important d'avoir la procédure faîte par les religieux. Mais je crois , Monsieur que si le Roi faisait
demander à cet abbé tout ce que je viens d'avoir l'honneur de vous dire, il n'oserait le dénier, et si cet abbé se pouvait résoudre à le dire en justice ce serait une grande avance pour obliger le prisonnier à donner tous les éclaircissements contre les complices. Cependant, par une bonté paternelle , il a déjà éloigné quelques-uns de ces religieux qu'on croit être complices. U est certain que les quatre ou cinq religieux qui gardaient Bourée à Clteaux eurent de grandes frayeurs que tous les anciens religieux, au nombre de plus de quarante, ne l'enlevassent de force, et que les choses allèrent si avant que ces quatre ou cinq , qui sont les amis de M. de Clteaux, furent obligés de se précautionner contre les autres par du secours étranger qu'ils prirent et qu'ils ont tenu pour la sûreté du prisonnier et pour la leur jm»pre, jusqu'à ce que l'exempt ait été le maître de la personne de Bom'ée. Au reste , Monsieur, depuis que ce prisonnier est ici on me donne de continuelles alarmes touchant sa personne. Je l'ai fait garder par cette raison avec des précautions extraordinaires, jusqiies à avoir fait toujours tenir des archers enfermés avec lui sans communication au dedans ni au dehors. Mais cela n'a pas empêché qu*on ne m'ait averti de divers endroits qu'il se tramait quelque chose pour l'enlever ou pour l'empoisonner avant qu'il eût nommé ses complices. On m'avertit même hier qu'on devait le sauver la nuit dernière , de concert avec le geôlier qui m*est fort suspect par bien des raisons ; ce qui fut cause qu'il fut transféré le même jour de la conciergerie dans les prisons ordinaires de la ville. Mais comme on m'apporta presqu'en même temps l'original d'un billet, dont je joindrai ici la copie, contenant un pareil avis, mais très pressant, donné à un parent de M. de Clteaux , je crus ne pouvoir prendre une plus grande sûreté que d'inviter l'exempt et les deux archers que vous avez envoyés ici de demeurer dans la prison même pour garder ce prisonnier, jusqu'à ce qu'il ait plu à Sa Majesté d'y pourvoir. Il serait très sûrement au cliâteau de cette ville ; mais il faut des ordres pour l'y faire recevoir et pour l'y faire garder soigneusement. L'exempt à qui je me confie plus qu'en personne de deçà, où je ne
sais sur qui m'assurer dans Tincertitude où je suis touchant les complices, a accepté cet emploi, de sorte que je ne crois pas qu'U y ait à présent rien à craindre sur les avis qu'on m'a donnés. M. Legouz, premier commissaire de l'affaire, au zèle et à l'adresse de qui rien n'échappe , a été averti de son côté comme moi des mauvais desseins qu'on a sur ce prisonnier. Tout c^la veut dire que bien des gens prennent part à la chose et donnent de grands soupçons que l'accusé ne manque pas de personnes qui craignent qu'il ne parle; mais on n'en est encore qu'aux simples conjectures. Cependant comme l'affaire, quoi qu'il arrive, tirera apparemment en longueur, puisque les principaux témoins sont à la suite de M. de Glteaux , je vous supplie de faire pourvoir le plus tôt qu'il se pourra à une plus grande sûreté pour le lieu et pour la garde du prisonnier, et en même temps au paiement de l'exempt et des archers du séjour qu'il* font ici. Le Parlement n'a aucun fonds pour ces sortes d'affaires dont les frais sont extraordinaires. Tous ceux de ce procès sont naturellement à la charge de l'abbaye; mais quant à ceux des gens que le Roi a envoyés, ce n'est pas à moi d'en décider. Je vous supplie de croire que je suis de tout mon cœur, Monsieur,
votre etc.
BRULART
BILLET AiNONYME
ÉCRIT AD CONSEILLER RIGOLEY, PARENT DE L^ABBÉ DE CtTEALlL, ET REMIS AU PREMIER PRÉSIDENT PAR LEDIT RIGOLEY.
Annexe à la lettre précédente.
Monsieur ,
Je suis assez votre ami, mais pas à un point de vous dire ce que je vous écris. Ce n'est pas que je doute de votre probité; mais vous pourriez être forcé de me nommer au cas que vous vous
serviez de cet avis. Il u'y a rien de plus assuré que des personnes très puissantes entreprennent de sauver le criminel ou de l'empoisonner, et le poison est tout prêt. Il y a deux mille pistoles toutes prêtes, en cas qu'il se sauve, pour donner à ceux qui se retireront avec lui, et Ton doit faire ce coup, d'une façon ou d*aatre , avant qu'il ait accusé ses complices, tant de Clteaux que d'ailleurs. C'est à vous à faire tel usage de ceci que vous le jugerez à propos , et il m'a paru que l'on veut faire tomber le soupçon de ce projet sur des personnes qui n'y pensent pas. Je vous dirai un jour mon npm ; je ne puis pas vous faire rendre ce billet plus tôt, et j'appréhende que vous ne le receviez trop tard. Ce jeudi 5.
CHATEAUNEUF A BRULART
Répooie aux trois lettres précédentes; par ordre du Roi, Bourée lera transléfé u cbftteau de Dijon , et les procédures faites par l'abbaye defront être remisH m Parlement.
VersaiUtt, le 11 mars 1671.
Monsieur,
Les lettres qu'il vous a plu m'écrire des !•% 3 et 6 de ce mois m'ont été rendues. Je n'ai pas manqué d'en faire lecture au Roi et du billet qui accompaguait la dernière, afm d'informer parliculièremeiil Sa Majesté de tout ce qui s'est passé touchant le prisonnier Bourée depuis l'arrivée par-delà du sieur Demouticourt. Sur quoi le Roi a trouvé bon de douner les ordres par vous proposés , tant pour traduire ledit Bourée dans le château de Dijon et y être gardé par l'exempt , que pour tirer de dom Nicolas Cothenot religieux, les procédures qu'il a faites dans l'abbaye de Cîteaux contre ledit prisonnier, et les faire remettre au greflfe criminel du Parlement, ainsi que vous verrez par lesdits ordres que je vous envoie, accompagnés de celui de M. de Coteaux pour obliger ledit Cothenot de satisfaire sans difficulté à l'intention de Sa Majesté, de la part de laquelle ayant ordonné
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audit sieur Abbé d'envoyer les cinq pei'sonne.s nommées dans votre billet, il m'a assuré y avoir déjà pourvu à l'égard du cuisinier ; que pour les autres il les ferait partir incessamment, à rexception de son secrétaire dont il avait besoin et ne pouvait s*en passer. Et pour cet effet ayant tait supplier Sa Majesté de le lui laisser, elle lui a accordé sa demande ; mais à condition toutefois que, si ledit secrétaire était nécessaire pour avoir des preuves suffisantes, ledit sieur abbé l'enverra à la première nouvelle que vous nous en donnerez. Cependant, Monsieur, je n'ai pas été surpris que ledit Bourée déniât toutes choses pour éviter, s'il pouvait, le châtiment qu'il a mérité ; mais l'on se promet que MM. les juges s'aquitteront si bien de leur devoir que l'on aura non seulement satisfaction de la bonne justice qu'ils rendront, mais encore qu'elle servira d'exemple au public. Il vous plaira. Monsieur, de m'envoyer de temps en temps un extrait fidèle de i\e qui se passera de considérable pour en donner compte au Roi par ordre duquel il sera pourvu au paiement dudit exempt et de ses archers à leur retour, ainsi que l'on en est demeuré d'accord avant leur dépai*t Je n'ai autre chose à vous dire, Monsieur,
que je suis votre etc.
CHATEAUNEUF
BHULAKT A CHATEAUNEUF.
Suite de la même aflaire ; les religieux conaeateoi à remettre leur procédure , à la réserve des iolerrogatoires; envoi au Roi de deux feuilles écrites par une religieuse de Molaise; la poursuite prend des proportions considérables; l'Abbé disperse les plus compromis de ses religieux en différents couvents; on menace de récuser le conseiller Legoux, Tnn des commissaires.
Dijon, le IS mai» 1671.
Monsieur,
Ayant eu avis, il y a quelques jours , que les religieux de Cîteaux qui étaient saisis des procédures faites par Dom Cothenot
Tom 11. *
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PftjeBe, aaâ euapRçdus <etti^ dfcLmtM». p^stUnl q«e M. de CKeaox dlnaîL 0€ ahbe. qu »<< c«tam»i^nt la Ti^rité de la chose par Ta^ev i|ae In <» a £aîi le cospablt^ . suÎTanI que j*ai déjà en lliQimear de to«^ ie aiander. a d'abord ekoûmê ces deox religieas sous d'aoties prétexta, et a envoTê La Mare à ÀTÛnioii, où fl doit être à pcêscmi «tios le coUêçe des Bemardms dcmt fl est recteur, et FayeSe ^^ Berrr daife> TabbaT.* des Landab, où oo m'aMare qull est arrire. Cette ahbaje e$t. à c»' qaon m'a (fit, à une lieoe ou deux d'Arçr et de Boxan^ib. Cependant on ne perdra point de temps à avancer 1 Instraetion du procès durant les trob semaines de notre TacatÂoe de Pâques qui commence à à la semaine sainte. Les témoin^ que M. de €lt»>aux a envoyée sont déjà réeolés et confrontés, et je crois qu'on pourra se passer de son secrétaire ; mais je pense qull faudra publier un monitoire à ces lètes de Psâques dans Qteaux où sera le jubilé, et ailleurs. L'on a aussi confronté à Bourée le prérôt et les archers de Chalon qui trouvèrent dans sa po^"ht\ lors de sa capture , la noix prétendue empoisonnée, qulb ont tous reconnu être la même; il ne reste qu'à eu faire les preuves. Enfin, on avancera autant quH se pourra llnstruction de son procès : mais il ne se peut que celle qui resraudera les complices ne consume du temps. Votre diligence et vos soins pour toutes choses me sont un bel exemple dont je profiterai dans ce que j'aurai à faire, .\ussit6t que votre lettre du fl I de ce mois et tous les ordres qui y étaient joints m'ont été rendus, le prisonnier a été transféré au Château * de cette ville où il sera en sûreté ^ et la prudente pK^caution que vous avez apportée de faire commettre à sa uarde dans la place le sieur Demonticourt et ses deux archers esl du moins aussi utile que le reste. Je ne puis vous dire assex de bien de cet exempt, ni vous louer trop son assiduité, sa discrétion et son adresse. Je ne crois pas, Monsieur, qu'il puisse vous écrire par ce courrier ; mais conmie son séjour ici sera plus long qu'il ne pensait et qu'il fournit à la dépense de ce qui regarde la nourriture et la personne du prisonnier, il aurait besoin de quoique argent avant son retour, dont le temps ne se peut encore