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<lirr^. Ji* vousiliîmande la gràre île croîn» que jf* f^uia avec un rt»s-
îïoct «^xtrOmi», Monsieur, votre ete.
BRULAHT.
P.'S. -- Monsieur, je viens d'être averti, depuis eette lettre êeTile, que les panants de Bourée doivent l'aire si^ifier une pnse à partie à M. Legouz , fondée sur des prétextes qui n'ont rien de véritable. Je n'ose vous en dire davantage que la chose ne soit plus assurée, bien qu'on me Tait apprise avec beaucoup de circonstances. Mais je ne manquerai pas de vous informer de tout ce qui se passera en cela comme dans tout le reste , croyant même que si la chose arrive, il sera nécessaire d'avoir des ordres que j'aurai Hionneur de vous proposer sur ce que je croirai qu'il y aura à faire, et il sera d'autant plus nécessaire d'y pourvoir, qu'on ne manquera pas de prétendre que tous les parents de M. Legouz, qui sont en très grand nombre, devront se récuser, ce qui ne se pourrait faire qu'avec préjudice à raffnii*e et illusion à la justice.
Vous serez peut-être bien aise, Monsieur, de voir l'information faite î\ Gîteaux par le commissaire au Parlement qui y alla d'abord, et je joins à cette pièce une copie du rapport des médecins touchant la noix empoisonnée, lequel j'ai trouvé dans la procédure des religieux de Citeaux.
<:hatkai:neuf a hrulart.
SuilP de \à même aflaire; le Roi ordonne de faire arrêter les religieux La Mare
el Payelle, soupçonnés de complicité.
S«iiit-(>ennaiu-cu-Lave, le âo niârs ir»71.
Monsieur ,
Je reçus, il y a deux ou trois jours, les deux lettres qu'il vous a plu m'écrh'c du 15 de ce mois, accompagnées d'une copie de l'information faite à Citeaux par M. Bretagne contre le moine
Bourén, do sa déposition à frère Nicolas Cotheiiot étant dans la prison , et du certificat des médecins sur la reconnaissance de la noix confite dont il s'est ti*ouvé saisi. Ces deux dernières pièces étant très fortes pour la conviction, je n'ai pas manqué d'en donner compte au Roi et de tout ce qui regarde les religieux La Mare et Payolle. Comme Ton ne peut douter qu'ils sont complices dudit Bouréc, et qu'apparemment par leur moyen l'on en pourra découvrir d'autres, Sa Majesté, suivant votre sentiment, a estimé à propos de les faire arrêter prisonniers et mener dans les prisons de Dijon pour y être interrogés et confrontés audit Bouréc par les commissaires à ce députés, et procédé ainsi qu'il appartiendra. Pour cet effet, Monsieur, jai expédié les ordres, savoir : à un exempt de la prévôté de l'Hôtel pour se transporter dans l'abbaye du Landais, y prendre ledit Payelle et l'amener à Dijon, et pour le regai*d de La Mare, j'adresse les ordres à M. de Bezons, intendant en Languedoc, afin qu'il envoie une personne capable, fidèle et affectionnée, pour les exécuter en la ville d'Avignon et pi*endre ledit La Mare dans le collège des Bt^nardins. Et parce qu'il sera nécessaire du visa de M. le vice-légat. Sa Majesté lui écrit pour robliger de donner les ordres qu'il conviendra pour faire mettre, entre les mains de celui qui lui rendra la lettre, ledit T^ Mare pour en faire la conduite à Dijon ; ce que sans doute le vice-légat accomplira d'autant plus tôt qu'il est important qu'il soit fait une punition exemplaire du crime dudit Bourée et une exacte recherche de ses complices. Cependant, pour ce qui est de la menace que font les parents dudit Bourée de faire signifier une prise à partie à M. Legouz, il ne s'en doit pas mettre en pehie; si cela anive il vous plaira de nous en donner avis et de
ce qu'il faudra faire pour y remédier Je suis parfaitement.
Monsieur, votre etc.
CHATEAUNEUF
CCCLIY
BRULART A CHATEAUiNEUF.
Suite de la mènie afbire; les premiers interrogatoires sont reodus en partie; déréglemeots et complicité supposés dans Tabbaye des religieuses de Molaise; considérations majeures pour ne pas trop étendre les poursuites , et poor presser le jugement de Bonrée; TAbbé de Clteaiix s*eiforce d'anéantir les preuves; raocaté demande vainement ï être renvoyé devant un conseiller d^église, comme à cboisir poor confesseur un moine de Clteaux.
Dijou, le 22 num 1671.
Monsieur ,
J'eus Thonneur de vous envoyer le 15 dé ce mois une pièce considérable pour commencer à connaître les complices du crime de Georges Bonrée, et de vous mander que, dans le doute si Sa Majesté ne prendrait point pensée de faire arrêter ceux qui y sont nonmiés, avant que la chose fût plus connue, je ne ferais pas paraître l'original de cette pièce, qu'il ne vous eût plu de me donner des ordres. Cependant, ayant depuis envoyé à Clteaux la lettre du cachet et celle de M. T Abbé pour en retirer le reste des procédures faites par les religieux contre cet accusé, on en rapporta hier les premier et second interrogatoh*es avec deux feuilles de tablettes sur lesquelles il a écrit à une religieuse de Molaise , la veille qu'il fut arrêté , les choses que vous verrez dans la copie que je jomdrai à cette lettre, lesquelles il a reconnues être écrites de sa main, dans les interrogatoires que je vous envoie. Comme vous remarquerez mieux. Monsieur, que je ne vous le pourrais dire le mal qu'il y a à Molaise, je ne vous dirai rien davantage à cet égard, sinon qu'avant que d'y rion fair^* j'attendrai les ordres qu'il vous plaira me donner sur cela , mi sachant pas si 8a Majesté voudra qu'on entame ootlo nouvelle affaire, à cause des suites qu'elle peut avoir et qu'elle ne regarde apparemment que le libertinage de cette maison. Mais je dois encore vous donner avis que comme ce dernier procès serait joint nécessairement à celui de l'empoisonnement de Clteaux, parce qu'on n'en *
connaît pas encore bien clairement la cause qu'on ne peut imputer toutefois ou qu'à l'appréhension qu'à eue Bouréede la visite qu'allait faire son abbé à Molaiso, ou qu'à un complot formé dans son abbaye pour se défaire de lui pai* d'autres motifs, et qu'on ne doute pas d'ailleurs qu'il ne se trouve des séculiers de diverses conditions mêlés dans les dérèglements de Molaise , il y aura cet inconvénient, si ces deux affaires sont poussées en même temps, qu'à peine on pourra trouver assez de juges dans ce Parlement à cause des parents des hommes et des femmes qui seront accusés. Au reste. Monsieur, nous avons trouvé l'apothicaire qui a vendu le poison à Bourée avec d'autres drogues, sous prétexte de traiter un cheval du farcin. Ce fut au mois de novembre dernier qu'il fit cet achat, dont le vendeur ne peut être puni à cause des précautions qu'il prit auparavant. Mais le prisonnier se défend si mal surtout cela, et la procédure en ce qui le regarde est si avancée et est à présent si convaincante de son crime, que son procès sera bientôt en état d'être mis sur le bureau. Toutefois, sur cela j'ai encore besoin de savoir la volonté du Roi; car si Sa Majesté veut qu'on instruise celui des complices avant que de juger celui de Bourée, il y aura de la longueur dans le châtiment de ce misérable , puisqu'on n'a pas encore décrété contre les deux nommés dans sa déclaration. Mais comme il n'y a rien à espérer de lui que dans la question ou à la mort, je ne sais pas, Monsieur, si Sa Majesté ne trouverait point bon que, sans attendre davantage, on se préparât à rapporter ce procès dès qu'on le pourra. Les Chambres changent à Pâques, et M. Legouz, qui est à cette heure l'ancien commissaire, servira alors à la Tournelle. Il faudra donc, au lieu de M. Bretagne qui ira avec sa liste aux Enquêtes, prendre un commissaire des conseillers des Enquêtes qui monteront à la Grand'- Chambre, et il sera nécessaire que celui-là s'instruise et fasse son extrait du procès, ce qu'il ne^peut faire présentement n'étant pas achevé d'instruire , de sorte que cela retardera quelques jours le rapport. Cependant M. l'Avocat général , pour avoir révélation des complices , fera publier ces fêtes à Citeaux un
nMnitoire. D faut att*fndre qoe c«U soit fah pour bien ^ssmmr en teiDp« qu'on poiiiTA finir l'affaire à l'éfcard de Boiiré«*. La pfi^ à partie qa'on m'avait dit devoir être «isiiifiée à M. lywMu. ne l'a point été; mai« on m'a eoufîrmé que le dt'S^in en avait été pri^ et qoe depui« il avait été chaulé en rplnj de loi faire âraifier d^ la part de Honrèe une rédole evoeatoire du procès fondée «er U» parentés de M. TAbbé deXiteaux au Parlement. Le «ereent même qui a été ctiargé de cette cédule la avoué à M. Leconz et je ne doute pa< qu'on ne «e serve de ee moyen, du moins à l'extrêmité, quoique trè» inutile. Cet abbé, bien loin d'être partie, ne contribue psm seulement à nous faire donner la moindre lumière : il sait le« compliee< par la bouche de^ accusés même et les drconstance^ dn complot : quelque5-nn.« de «es parente en savent aussi quelque chose, mais il a fermé la bouche à tons : de sortf* que Fi par avance vous jugez. Monsieur, à propos d>nToyer un arrêt |iour faire passer outre au jufirement, nonobstant toute <;édul«' évocatoire qui pourrait être siiniifiée à cause de cette parenté, il pourra être utile dans son temps, mais il serait, ce me semble, à propo« que la chose ne fût pas sue. L'accusé eM Kardé dans le Château de cette ville par le sieur Demonticourt avec autant d'exactitude et de fidélité qu'au^^-un prisonnier d'Etat Tait ('U' (h' wÀvc; (•.•mp<. 11 demanda hier. j»our la second»* l'oi>, un conseil et que son procès fut instruit par nn conseiller d*Eîrli«^ conjointein*^nt avec les autres commissaires : tout cela lui fut rrfiisé, mai« non pas un c'onfesseur, dont il témoiirnc à présoiU iir 5 j,!!:^ <in\i'ii*v depuis qu'il <*e«t attaché à vouloir un rcli- ^eux de Clleaux. Non- avoii«' ordonné que pendant la vacation qui ^nnimeiK»' aujourd'hui et sera de trois semaines, il sera procédé à l'insti-uction du procès, nonob<tant toutes opposition^, appellations, prises à paiiie et évocations, et sans préjudice d'irelies: <*t j'ai commis en la place de M. Bretai^ne, qui ncnt de partir pour aller en commission , un conseiller de la Tounielle pour travailler à l'instruction conjointement avec M. Legouz. Je ne «rois pas que nous ayons besoin de faire une épreuve de la noix confite empoisonnée trouvée sur le prisonnier lors de sa
capture, parce que le poison qui est dedans a été reconnu par le chirurgien et Tapotliicaire de Citeaux qui viennent de le lui soutenir à la confrontation, et il ne reste qu'à faire faire la même reconnaissance par les deux médecins qui Tout déjà faite dans la procédure de Citeaux et à les lui confronter. Je renvoyai hier à cette abbaye pour la troisième fois, afin d*avoir les interrogatoires faits au lieu de Gilly par Dom Sousselier à Taccusé, et j'ai écrit au sous-prieur que je remettais à vous informer de leur obéissance à la volonté du Roi lorsqu'ils l'auraient entièrement exécutée. C'est, Monsieur, vous beaucoup fatiguer de vous faire hre tant de choses; mais j'obéis à l'ordre que vous m'avez donné de vous en rendre un compte exact. Cependant je trouve force gens qui me grondent de deçà par pure jalousie de l'honneur que le Roi a fait à la Grand'Chambre de vouloir qu'elle connût do cette affaire. Ce sont là les vices ordinaires de nos provinciaux, à qui je ne crois devoir répondre que par une plus grande application à ce que je dois. Je suis, avec tous les respects possibles, Monsieur, votre etc.
BRULART
P,-S. — Enfermant ce paquet l'huissier que j'avais envoyé à Gteaux vient de me rappoi'ter réponse que les interrogatoires que je demande ont été remis par lui à M. de Citeaux; il lui écrit une lettre pour les renvoyer ici, et je prends, Monsieur, la liberté de la joindre à ce paquet pour la lui faire rendre plus promptenicnl si vous le jupfoz agréable.
If.^TT-i:
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V^D^bej £ r- ri:. r-ïT > Si ir"j3 '^j'iT UmU^ iiïi-ic^ i kzzi:z' 'jce.
A l'égard de savoir si le procès des complices de Bourée doit être instruit avant qu'on juge ce criminel, Sa Majesté se remet, Monsieur, à votre prudence ordinaire d'en user en cette occasion comme vous l'estimerez le plus convenable. Mais il y a lieu de croire que lesdits complices seront pris par delà et remis dans vos prisons avant que votre Compagnie se rassemble et que le nouveau commissaire que vous avez joint à M. Legouz soit parfaitement instruit do l'affaire.
Et enfin, quant à la cédule évocatoire que vous appéhendez qu'on ne vous signifie sur les parentés de M. de Citeaux , vous jugez bien vous-même que cette demande serait ridicule, puisque , conformément à l'article 2 de la nouvelle ordonnance , au titre XXIV, Des récusations des juges, on ne peut évoquer que du chef de l'accusé ou de Taccusateur, et que tant s'en faut que ledit sieur abbé soit son accusateur; qu'au contraire, ayant lui-même fait instance à Sa Majesté pour la grâce de ce misérable, elle m'ordonna de lui dire de sa part qu'elle n'en voulait point accorder pour une action aussi noire que celle-là. C'est pour cette raison que Ton estime qu'il serait inutile de vous envoyer l'arrêt que vous demandez pour vous ordonner de passer outre au jugement de ce procès. Au surplus vous prendrez, s'il vous plaît, la peine de continuer à m'informer de ce qui se passera dans la suite de cette affaire, et me ferez la justice d'être persuadé que je suis véritablement. Monsieur, votre etc.
CHATEAUNEUF
P,'S, — Depuis ma lettre écrite j'ai su que le placet que j'avais donné par ordre du Roi à M. Colbert touchant les appointements que vous demandiez avait été répondu favorablement ; mais comme je ne sais point ce que vous prétendez tous les ans et combien il vous est dû d'années, vous m'en enverrez s'il vous platt un mémoire au plus tôt, afin que j'essaie de vous faire avoir toute la satisfaction que vous pouvez désirer.
BRULAHT A CHATEAUNEUF,
Suite de U même affaire; od soupçonne que déjà le précédent Abbé de Cileauz serait mort empoisonné; Brulart propose de faire joindre cet incident an principal; le • conseiller Legous insiste pour que Boorée soit jugé sans retard; les parents de celui-ci s*agitent au sein du Parlement pour gagner du temps.
u Borde, le 2S avril 1671.
Monsieur,
Dans la retraite que je suis venu chercher ici , à la veille de Touverture de nos Etats et de l'entrée de M. le Duc à Dijon , à qui je dois porter la parole à la tête de tout le Parlement, ee qui ne s'est jamais fait que pour le premier prince du sang, j'ai reçu la lettre que me vient d'envoyer M. I^gouz par un homme exprès et je la joindrai à celle-ci pour vous informer mieux des chose? dont il juge que je me dois donner ITiomieur de vous écrire. Vous verrez, Monsieur, l'opinion qu'il a aussi bien que M. Maillard, qui est à présent rapporteur avec lui, qu'on peut espérer quelques lumières touchant les bruits qui ont couru que Dom Loppin, dernier abbé élu de Clteaux, était mort de poison; le refus qu'a fait un témoin, qu'il croit être homme d'esprit, de déposer de ce qu'il en sait, qu'il croit être considérable, sur le fondement que nous n'avons pas le pouvoir de connaître de cette affaire, tant parce que l'arrêt du Conseil qui nous a renvoyé celle de Georfçes Bourée n'en contient rien, qu'à cause que la mort de dom Loppin est arrivée hors do notre ressort; et les moyens qu'il propose pour faire parler ce témoin et pour pénétrer ensuite la vérité de ce qui regarde cette mort, ce qui me parait n'être guère moins important que le procès principal qui nous occupe, n semble qu'on pourrait dire que ce serait au juge royal du ressort de la maison de Vertu en Champagne, où Dom Loppin est mort, d'en connaître. Mais , comme il paraît s'en présenter quelques lumières qui ne viennent qu'en travaillant au procès de Bourée, je crois qu'il n'y aurait rien que dans l'ordre de don-
lier un arrêt au Conseil pour nous attribuer la connaissance de rettp nouvelle affaire comme incidente à la nôtre. Il servii'ait pour examiner ce témoin sur ce qu'il en sait, et de même les autres qui pourraient venir ensuite du monitoire qu'on a publié à Citeaux, et qu'on publie à cette heure en divers autres lieux; et si nous n'apprenions rien dans notre procédure contre Bourée de ce qui regarde cette mort, nous laisserions là cette affaire.
Vous verrez encore, Monsieur, que M. Legouz m'écrit pour vous proposer une lettre du cachet adressée à la Grand'Chambre et à la Toumelle , portant ordre de procéder au jugement de l'affaire de Bourée, incontinent qu'elle sera instruite à son égard, sans la retarder à cause de ses complices. Sa raison est que les parents de ce religieux se remuent beaucoup pour la faire traîner en longueur, et que, sans cet ordre/ils pourront avoir assez de crédit au Parlement pour la prolonger sous ce prétexte et gagner par ce moyen la levée. Comme j'estime toujours que Taccusé parlera à la question et qu'on ne peut venir là qu'en jugeant le procès, je crois aussi qu'il est important de le faire le plus tôt qu'on pourra. Ce n'est donc que pour une plus grande précaution que je vous propose cet ordre que je ne ferais pas même paraître, sinon en cas de besoin. Dans Tattente où j'étais qu'on aurait fait quelque capture à Avignon ou en Berry, on n'a point encore interrogé Bourée sur la déclaration qu'il a faite contre les religieux La Mare et Payelle, parce que nous voulions les lui confronter d'abord. Cependant vous verrez que M. Legouz m'écrit que h' prisonnier prévient et dit déjà avant <{u'on lui en pai'le que le contenu dans sa déclaration n'est pas véritable, et qu'il ne l'a faite que par l'espérance de la liberté.
Il sait que nous avons la procédure de Citeaux et que sa décla* ration en fait pai*tie, ce qui m'ôte tout soupçon qu'il ait pu recevoir quelques avis dans sa prison, où il me parait que le sieur Demonticourt s'acquitte toujours très bien de son devoir. Mais vous voyez par là, Monsieur, qu'il n'y a pas beaucoup à espérer de lumière des réponses que fera l'accusé lorsqu'il sera intei^ i*ogé sur cette déclaration. Les commissaires, qui ont su il y a
quelques jours qu'il la roulait révoquer, me dirent à mon départ qu'ils croyaient ne le devoir point interroger li-dessns , et ils croient que cela ne fera que d'embarrasser ; mais ils pensent qu'O faut me le laisser pour l'interrogatoire sur la sellette. Je suis de leur avis, puisque nous ne tenons ni Payelle ni La Mam, et je n'y vois pas d'inconvénient , sinon que les juges favorables à Bourée, s'il y en a, pourront dire qu'il faut instruire cette procédure avant que de le juger; à quoi toutefois l'ordre proposé cidessus poiurait remédier. Le Parlement cesse pendant quinze jours à la Pentecôte, savoir huit devant et huit après. Quoiqu'on travaille sans perdre aucun temps, il reste encore des témoins à entendre, car on ne les connaît pas, et ils ne viennent que les uns après les autres; de sorte que, quelque diligence qu'on fasse, je ne vois pas que ce procès soit prêt à mettre sur le bureau avant la fin du mois prochain. Nous avons accordé par arrêt au prisonnier de l'encre et du papier pour écrire ce qui concernerait sa justification seulement , et l'exempt, à qui on le fournit pour le lui donner, me dit qu'il fait de grands mémoires et que c'est principalement contre M. l'Abbé de Giteaux, qu'il répute être sa partie secrète. Il a quelques parents conseillers , servant à présent à la Graud'Chambre , que je vois résolus de se retirer lorsqu'on parlera de ce procès. Ceux de l'accusé tiennent le même langage que lui contre M. l'Abbé. S'il se signifie quelque cédule évocatoire , j'aurai Thonneur de vous en envoyer aussitôt la copie, et de vous mander mou sentiment, puisque vous me l'ordonnez de la sorte. Il ne me reste qu'à vous supplier de me renvoyei' cette lettre de M. Legouz après que vous l'aurez vue; qu'à vous souhaiter un voyage heureux, et qu'à vous demander la grâce de croire que je suis de tout mon cœur, Monsieur, votre etc.
BRULART
BRULARÏ A CHATEAUNEUF.
Suite de la roéme affaire; arrêt du coDseil et lettres du Roi pour presser le jngemeDt de Bourée; Brulart demande qu'on en modifie certain terme; il fait la même demande touchant les lettres qui défendent an Parlement de continuer l'information à Molaise; relations criminelles de Bonrêe avec une religieuse de cette al>ba|e.
Dijon, le S4 juin 1671.
Monsieur ,
Je reçus il y a deux jours, avec la lettre qu'il vous a plu m'étTire le 12 de ce mois, l'arrêt du Conseil qui renvoie à ce Parlement le procès criminel du moine Bourée, nonobstant sa cédule évocatoire ; de sorte qu'on ne perdra aucun temps à le mettre sur le bureau, incontinent que l'instruction sera parachevée, ce qui tiendra encore huit ou dix jours au plus MM. les Commissaires. Mais comme il est bon de se pn'^cautionner contre les difficultés qui pourraient retarder le jugement, et que je prévois que les lettres du cachet du 7 du mois dernier que je vous renvoie donneraient, si on s'en servait, de la peine à quelques-uns des juges qui se croiraient notés, et même à toute la Compagnie, à cause du mot de cabales qui se trouve dans ces lettres, bien que ce terme se doive, ce me semble, appliquer seulement aux parents et complices de l'accusé, je vous supplie. Monsieur, d'avoir la l)onté de vouloir commander Texpédition d'autres lettres où seulement le mot de cabales soit changé en celui de chicanes.
J'ai eu l'honneur aussi de vous mander ci-devant qu'on voyait dans cette ailaire beaucoup de désordres dans l'abbaye de Molaise et que je ne doutais pas que le Parlement ne se portât à en prendre connaissance, ce qui serait fâcheux pour tout Tordre. Il vous a plu. Monsieur, de me mander siu* cela, par votre lettre du 26 mai, que Sa Majesté trouvait bon que le Parlement s'abstint de connaître de l'affaire particulière de cette maison, parce qu'il ne s'agit apparemment que de libertinage et dérèglements dont
M. de Clteaux a droit de connaître, et sur quoi Tou ne voulait point toucher à ce qui était de sa juridiction. Mais ne pouvant faire voir cette lettre, qui contient beaucoup d'autres choses qui ne doivent pas être vues, il est très à propos qu'en cela qui est très important, la volonté du Roi, pour être mieux exécutée, soit connue par une lettre du cachet adressée à moi. Et comme il y a du soupçon que quelque religieuse de mauvaise vie est complice de l'empoisonnement, je ne sais si vous ne croires pas raisonnable d'apporter ce tempérame;it dans Tordre du Roi : Pourvu que le libertinage ne soit pas mêlé avec la complicité de retnpoisonnement. Je ne vous dis pas cela sans raison. La religieuse qu'aimait Bourée s'est sauvée depuis peu de son couvent par les fenêtres ; elle y exerçait la pharmacie, Bourée y demeurait lorsqu'il acheta le poison, et elle avait du moins autant de sujet que lui de craindre la visite de M. de Clteaux à Molaise, puisqu'il est prouvé qu'elle fit un enfant trois ou quatre mois avant l'empoisonnement et que le poison fut acheté environ dans ce temps-là. J'exécuterai avec ponctuaUté ce qu'il vous plaira me mander, ne témoignerai rien des ordres que lorsqu'il sera temps et ne m'en servirai pas même s'il n'en est besoin. Je suis toujours avec respect, Monsieur, votre etc.