‹ Choix de lettres inédites écritesChapitre 18 sur 55 · BRULART A ROSE · texte numérisé non relu

BRULART A ROSE

Il demande à être envoyé a Laval.

Perpignan, le i«r mars 165P.

Monsieur ,

L'un des plus grands bonheurs que je pouvais avoir dans ma disgrâce, c'était d'être honoré de votre bienveillance. J'en ai aussi ressenti de si puissants effets par la continuation des bons offices que vous me rendez auprès de Son Eminence, que je ne doute point que je ne vous doive déjà l'adoucissement qui commence de paraître en ma faveur. Et comme je n'ai pas moins à cœur de vous en témoigner ma gratitude que de voir la fin de ma mauvaise fortune , je ne saurais aussi désirer mon rétablissement que je ne fasse en même temps des vœux de me pouvoir acquitter d'une partie des obligations que je vous ai.

J'espère, Monsieur, que Son Eminence me fera la grâce de changer mon exil de Perpignan, et de me renvoyer à Laval, au pays du Maine , qui est encore plus éloigné de Dijon que le Roussillon , et je vous supplie de m'être favorable dans la poursuite de cette grâce à laquelle je ne penserais point si je croyais qu'elle fût en quelque façon nuisible aux affaires du Roi. Je vous demande encore instamment celle de croire que vous ne sauriez obliger personne qui vous soit avec plus de ressentiment que je suis, Monsieur, votre etc.

BRULART

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