BRULART AUX MÊMES
11 leur annonce la grâce de tous les proscrits et se plaint des retards du Parlement à lui envoyer des instructions pour la suppression de la Chambre de Bresse.
Toulouse, le 29 novembre 1659.
Messieurs ,
C'est pour vous dire que je me suis rendu en cette ville suivant que j'eus l'honneur de vous l'écrire de Saint-Jean-de-Luz le 10 du courant , et qu'après avoir agi en l'un et l'autre lieu comme je devais pour Messieurs les exilés et prisonniers, leur liberté, sans réserve d'aucun, m'a été promise. J'espère les expéditions pour la poste prochaine et travaille toujours autant que je peux pour la suppression de la Chambre de Bresse ; mais n'ayant mémoire , instruction ni aucune nouvelle de la Compagnie sur cette affaire , et n'étant aucunement informé de ses sentiments là- dessus, quoiqu'il y ait plus de six semaines que je les aie demandés, je ne saurais que vous assurer de mon déplaisir de voir la favorable disposition de la Cour pour nous sur le point de devenir inutile par votre silence. Ce que je peux faire est d'agir toujours et de tenir les choses en état , afin que , si dans le peu de temps qui me reste à demeurer ici je reçois de vos nouvelles, je suive mes premières brisées pour exécuter les volontés de la Compagnie avec plus de promptitude et de succès. Croyez -moi, s'il vous plaît, en vos particuliers, Messieurs, votre etc.
BRULART
BRULART AU CARDINAL
Il demande que la liberté de ses confrères leur soit accordée avant la sienne, et sollicite la suppression de la Chambre de Bresse.
Toulouse, le 1er décembre 1659.
Monseigneur ,
Ne pouvant trouver l'occasion de remercier de vive voix Votre Eminence de l'ordre qu'elle a donné d'expédier mon rétablissement, je me sers d'un autre moyen pour lui en rendre mes très humbles grâces ; et comme j'ai su d'elle-même qu'elle voulait aussi procurer la liberté à mes confrères , je la supplie de me tant obliger que de la leur vouloir avancer, et de me renvoyer ensuite recouvrer ma santé dans l'exercice de ma charge.
Quant à ce qui est du Parlement de Dijon, je dirai seulement à Votre Eminence qu'il sera toujours dans la souffrance tant que la Bresse sera démembrée, et que je la prie, en cas qu'elle ait le dessein de la jamais rétablir, de juger s'il n'est point plus à propos de lui faire cette grâce présentement que de la remettre à un autre temps. Il ne me reste, Monseigneur, que de supplier Votre Eminence de qui je tiens tout, de m'accorder que je fasse la révérence au Roi par son moyen et de croire que personne n'est tant que je suis, Monseigneur, de Votre Eminence, le etc.
BRULART