XV
ter contre la Cour se consumaient en de stériles efforts pour contrarier les meilleures pensées du Monarque, qui dut juger dès ce moment qu'il ne pourrait rien entreprendre d'utile que sans ces Compagnies et malgré elles. Le sentiment public était venu en aide à ces embarras et semblait en favoriser l'issue. Si l'on avait su gré aux Parlements de leur opposition à certains abus dans les finances de l'Etat, les entraves qu'ils avaient apportées aux réformes les plus sages avaient aussi refroidi leurs partisans et détourné d'eux l'opinion. Louis XIV, qui n'avait pas oublié les troubles de sa minorité, entretenus par la coalition des Cours souveraines, résista à la pensée d'en finir avec ces Corps rebelles. Fatigué de leurs luttes nombreuses, il aima mieux les maîtriser que de les anéantir, dans l'espoir de les rattacher à sa fortune par un respect mêlé de crainte. Tout le secret de sa politique tendit d'abord à ce but, qui sauvait les anciennes formes de la monarchie sans ôter à l'autorité royale la force nécessaire à ses desseins. Cette politique, qui avait réussi près des Etats, fut repoussée par le Parlement avec hauteur. Ses
résistances redoublèrent et entraînèrent à son tour la rovauté
au-delà des bornes qu'elle s'était imposées. De sa part une guerre acharnée va remplacer des résolutions violentes que la prudence a fait repousser. La ruse et la déception, substituées à une attaque ouverte, viendront miner sans distinction tout ce qui restera de libertés en Bourgogne, et chacune d'elles périra dans des atteintes sans bonne foi.
Ainsi voit-on se succéder les pouvoirs clandestins conférés à l'Intendant de cette province pour absorber peu à peu les attributions des Etats, des communes et du Parlement; les abus d'autorité qui font que cet officier du Prince est investi du
droit de prononcer jusqu'à des condamnations capitales pour punir des crimes contre l'autorité ; les évocations générales qui, pour protéger les personnes contre les vengeances du Parlement, le dépouillent de sa juridiction la plus naturelle; les prétentions des commandants militaires, en fait de préséance, pour humilier ce Corps si jaloux des honneurs publics; des violences faites à ses membres, quand ils osent se plaindre ou résister : le tout mêlé à quelques actes de déférence , comme pour montrer que la Couronne n'a pas renoncé à toute justice; et ainsi d'une foule de malversations, forfaitures ou abus de pouvoir, où l'on verra la province traitée en pays conquis par des commis insolents « qui se livrent, ainsi que l'écrit Brulart à Colbert, à toutes sortes de pilleries et de brigandages. »
Sans faire cesser ces désordres, l'année 1673 avait servi de trêve aux luttes du Parlement contre la Cour. Elle devint aussi pour cette Compagnie, dans l'enregistrement forcé de l'édit sur les droits des francs-fiefs, le dernier terme des anciennes résistances. Depuis cette époque, l'apaisement des esprits, cette gloire qui brille en toute chose sous un Prince qui a sauvé la France de sa ruine , a pénétré de l'opinion dans la conduite des Cours souveraines. La déclaration du Roi du 24 février de la même année, qui enlève à ces Corps le droit de remontrances, achève cet ouvrage. Le Parlement de Paris fait entendre une protestation inattendue. Celui de Dijon reste muet avec tous les autres, condamnés depuis treize ans au silence, et dont jusque-Là il avait refusé d'imiter l'exemple. Ainsi, et de toutes parts, dans ces hautes régions de la j ustice, le calme a succédé à l'orage, calme trompeur quand le volcan contenu ne demandera qu'à éclater. Alors les lettres de Brulart, rem-
plies d'idées différentes, placent l'obéissance envers le Prince au premier rang des devoirs d'une Compagnie fatiguée plutôt que soumise; le Roi s'apaise à son tour, les Ministres changent de langage, et le droit de révision des arrêts de Franche- Comté semble être envers ce Corps, moins la récompense de son adhésion, que d'une fidélité suspecte qui est acceptée faute de mieux. Cependant, malgré ces apparences de paix, l'impatience n'en reste pas moins au fond des cœurs; l'agitation continue sans éclater, le Parlement murmure sans se plaindre, et Brulart regrette son ancienne fierté. Ses harangues aux rentrées de la Saint-Martin deviennent le reflet de cette situation qui semble amoindrir ou dénaturer son caractère. En un mot c'est une trêve pendant laquelle, en réparant ses forces, chacun se prépare à des luttes nouvelles. Or, ce temps sera celui où la fortune du Monarque venant à changer, on pourra traverser ses desseins par des résistances qui seront cette fois sans péril (1).
Ce n'est pas qu'à travers ces phases différentes la puissance royale n'eût cherché à s'attacher ce Parlement par des offres ou par la faveur. Les offres, il les repoussa ; la faveur, il la sacrifia au désir de conserver intacte une indépendance qui faisait sa force, de même que ses soins scrupuleux dans l'administration de la justice avaient fait sa gloire à toutes les époques. Les Etats de la province, au contraire, donnèrent
(1) Louis XiV meurt au mois de septembre 1715. Cette Compagnie n'attend pas ce moment suprême qui va changer la face des choses : à son lit de mort, et le 19 août de la même année, elle devance le Parlement de Paris, attaque l'Institut des Jésuites, proclame l'illégalité de l'impôt, et adresse des remontrances touchant la levée de la capitation et du dixième. (Registres secrets.)
plus d'une fois l'exemple de ce que peut la séduction sur un Corps qui se renouvelle. Le don gratuit accordé au Roi par la générosité des trois ordres, à chaque triennalité, était devenu sous Louis XIV un pâle reflet des anciennes libertés de la province réduite à en discuter le chiffre. La correspondance de Condé avec Colbert fait connaître à quels moyens le vainqueur de Rocroy ne craignit pas de recourir pour l'obtenir d'une province ruinée. Toutefois, le succès qu'il faillait assurer à nos armes fut le plus sûr garant de ses efforts, comme il fut le plus digne de son nom. C'est ainsi qu'aux Etats de 16G2, il excitait le patriotisme bourguignon en opposant aux doléances des Elus, que le Roi était obligé de payer des troupes nombreuses pour conserver ses conquêtes, entretenir ses alliances et assurer l'incorporation de la Lorraine à la France (1).
Dans des conjonctures moins glorieuses et où le but ne pouvait faire excuser les moyens, on voit aussi qu'à côté des Elus du clergé et de la noblesse, dont l'empressement à y soucrire n'était qu'une affaire d'étiquette, les députés du tiers état, qui seul supportait l'impôt , n'avaient pas toujours dédaigné les présents du ministère. Condé écrivant à Colbert après le vote du don gratuit par les mêmes Etats, lui demande l'autorisation de distribuer ces récompenses, suivant l'usage, ajoutet-il, qui en a été pratiqué de tout temps; et il n'est pas jusqu'à un fonctionnaire d'un ordre élevé qui n'ose réclamer du même ministre l'exécution de la promesse qu'il en a reçue.
(i) Par un traité fait à Montmartre le 6 février de la même année, et qui n'eut d'autre avantage pour les princes Lorrains sinon qu'ils succéderaient à la couronne à défaut de la maison de Bourbon. Le prince Charles, neveu du dernier duc, protesta contre cet acte et passa en Allemagne où il se joignit aux ennemis de la France,
Au milieu de ces défaillances dans les mœurs politiques, se montre à la fois en Bourgogne la haine de l'homme . public qui représente à la tête de l'administration l'autorité royale. Colbert interroge l'Intendant sur l'aptitude, le caractère et la conduite de chacun des membres du Parlement. Bouchu envoie ce travail, pièce des plus curieuses, où la calomnie s'attache à défigurer les portraits dans le but de flatter, sur des desseins entrevus, un Ministre qui ne s'y laissera pas tromper. Un tel acte dans lequel la passion se montre ainsi à découvert, et qui se répéta en môme temps dans les autres ressorts, apprendra au lecteur avec quelle réserve il faut accepter les reproches adressés par Bouchu à la Cour dans ses démêlés avec le Parlement. Mais la conduite d'une Compagnie doit être jugée par d'autres témoignages que celui d'un ennemi ; de même que celle du Parlement, pendant cettepériode de son histoire, ne peut l'être sainement que par ses œuvres.
Cette haine d'un homme contre une Compagnie entière devient encore plus violente de sa part vis-à-vis du chef de cette Compagnie, après des rivalités de famille qui les désunissaient depuis de longues années. La mission de Bouchu en Bourgogne de fonder le pouvoir administratif sur la ruine des prétentions parlementaires, n'était pas de nature à lui faire désirer la paix qui lui fut offerte par Brularl, et qu'il rejeta avec dédain. On verra avec quel empressement cet Intendant enlève peu • à peu au Parlement le droit, qu'il possédait, de s'immiscer dans les affaires publiques, pendant que ce Corps se défend contre des attaques dont la bonne foi est bannie. Ici deux hommes d'un mérite inégal personnifient cette lutte pleine
d'enseignements : l'un obéissant «au Parlement, dont il exprime les passions les moins dissimulées; l'autre obéissant au Roi, dont il exagère les ordres et fait maudire l'autorité. Chez Brulart, c'est la sagesse présidant aux grands desseins comme aux grandes actions; chez Bouchu, au contraire, c'est la haine d'un homme infidèle à sa race, qui veut faire oublier à la royauté, en la servant sans mesure, les troubles de la Fronde dont son père avait été le moteur en Bourgogne , et qui ne cessèrent que par sa mort (1).
La perception des tailles sur des populations ruinées par les besoins de la guerre et de la politique alimente cet antagonisme où la violence l'emporte constamment sur le droit. De la part de l'intendant ou de ceux qui agissent en son nom, des voies de fait, des séquestrations et des saisies sur des malheureux taiilables à merci et miséricorde ; de la part du Parlement, au contraire, une protection sollicitée par eux de son autorité et dont on lui fait un crime, comme s'il voulait, de lui-même, ressaisir, à titre de Cour des aides, sa juridiction en matière d'impôts, désormais réunie à l'administration de la province; dans les élections des villes, les maires nommés par le peuple, arrêtés et traînés en prison, tandis que les candidats présentés par Bouchu sont installés solennellement après que le scrutin a proclamé leur défaite ; le Parlement intervenant pour faire respecter la loi, au risque de voir briser son œuvre par le grand Conseil, et Brûlait conjurant en vain par sa prudence des conflits qui n'aboutissent qu'à fomenter de nouveaux troubles dont le Gouvernement lui de-
(i) Voir notre Histoire du Varlemejit de Bourgogne, t. II, chap. ix.
mandera compte; ainsi la vraie connaissance de l'histoire, la politique du temps, les passions de Corps, les règles du Gouvernement personnel, une société qui ne ressemble en rien à la nôtre, des maximes qui ne sont plus de saison, des caractères qu'on ne retrouverait plus au sein d'une civilisation vieillie : telle est l'image que présente l'ensemble d'une correspondance qui ne saurait être bien comprise qu'en la rapprochant des événements auxquels elle se rapporte, et qui en augmentent l'intérêt par l'étude des hommes et du temps où ils vécurent.
Par elle on voit ainsi se succéder, dans une revue qui ressemble plutôt à un tableau vivant, les plus grands personnages du XVIIe siècle, tels que Louis XIV, Condé, Mazarin, Louvofs, Colbert, Le Tellier, La Vrillière, Chateauneuf, le surintendant Fouquet, Pontchartrain et Brulart lui-même, l'âme de ces lettres qui sont le plus souvent son ouvrage. L'histoire de la France dans ses conquêtes, celle de la législation dans ses réformes, de l'administration dans ses vues, des finances dans leur économie, de la religion dans ses épreuves, de la royauté dans son éclat comme à son déclin, et d'une province dans sa ruine, sont les sujets auxquels toute cette correspondance se rapporte. Puis s'y reflètent en abondance nos souvenirs municipaux les plus intimes et les plus variés, soit qu'il s'agisse des privilèges des villes ou de la province, de leurs mœurs ou de ces natures énergiques qu'enfante le patriotisme du foyer héréditaire.
Sous un aspect différent viennent les rivalités des deux Bourgognes, confondues bientôt par la conquête sous un même sceptre. Dans le Comté, les vieilles haines de la sépara-
tion après les désastres de Charles-le-Téméraire , mêlées aux souvenirs irritants de l'invasion de 1636, se ranimant par des infractions, sur les gens de guerre et le libre échange, aux traités de neutralité conclus entre les deux provinces. Des menaces contre Louis XIV qui ressemblent à des complots, et des usurpations de territoire qui entretiennent entre deux peuples voisins l'agitation et les représailles; le Roi de France intervenant dans ce conflit qui semble favoriser des desseins dont sa politique a le secret. Enfin un projet d'alliance de cette province avec les Suisses sous le nom du Roi d'Espagne, peu de temps avant la première conquête qui en sera faite. Dans le Duché, l'esprit public excité en présence des mesures acerbes d'un Gouvernement qui veut l'asservir. Les Elus demandant, malgré l'opposition du Parlement, la liquidation des dettes des communes; une telle mesure combattue par la révolte, et Condé, au milieu,, de cette lutte, prêchant l'obéissance au Roi avec un zèle qui fera oublier ses ardeurs de la Fronde. Plus tard, la Compagnie des Indes fondée par des prêts d'argent auxquels tous les membres du Parlement sont invités à souscrire par des lettres de Louis XIV qui ressemblent à des menaces. La religion elle-même attaquée par l'hérésie, mais protégée par des mesures inhumaines, et dont des ministres tels que Mazarin etColbert prennent soin de se justifier d'avance. La révocation de l'édit de Nantes enregistrée de plein gré, après que cet édit l'avait été de force par la même Compagnie. Des désordres dans le clergé, aujourd'hui si pur (1). Des défaillances
(i) Les désordres dans le clergé et les monastères à cette époque sont devenus du domaine de l'histoire à laquelle ils se rattachent par
dans la magistrature, que la politique a détournée de sa mission. Des luttes du Parlement avec la Chambre de ville, son antagoniste à toutes les époques. Au dehors enfin, la Bourgogne sans défense, émue de l'approche annoncée du duc de Lorraine, pendant que nos armées triomphent à l'étranger d'un ennemi redoutable. Toutes ces choses, et une foule d'actes oubliés de nos jours, animent cette vaste scène de l'histoire, en l'éclairant de lumières qu'on ne rencontrerait pas dans les chroniques.
Ainsi assistons -nous, malgré la distance des temps, au récit des faits aussi sûrement que s'ils se passaient sous nos yeux, puisqu'ils nous sont racontés par ceux qui y prirent la plus grande part. Déjà la Correspondance administrative sous Louis XIV, publiée en 1851 par les soins de l'Etat, avait montré tout ce que renferment en richesses de semblables documents échappés à la destruction. La coïncidence d'événements relatés dans un recueil contemporain, et contenant les rapports journaliers d'un magistrat célèbre avec les princes et les ministres du grand règne, nous a donc paru mériter les honneurs d'une publication à ajouter à celles dont le Gouvernement avait pris l'initiative. La peine que nous avons prise de compulser ces lettres et d'en comparer le témoignage avec l'histoire, serait déjà récompensée parle plaisir que leurétude nous a fait éprouver, en même temps que nous y avons trouvé la justification de nos précédents travaux. Le public y verra, de plus, des éclaircissements précieux sur les mœurs de
plus d'un côté important. La vérité catholique triompha de c>s causes de ruine, de même qu'elle l'avait fait en tous temps de la violence des persécutions et des hérésies.
l'époque où elles furent écrites, et sur le caractère de laquelle la critique n'est pas épuisée.
Puis avec le fond des actes qui forme leur principal mérite, il ne sera pas moins curieux de considérer, dans ce commerce non interrompu d'hommes d'Etat avec le chef d'une Cour souveraine, à quel degré de perfection était parvenue déjà la science des affaires. Le style de ces lettres est simple et élevé ; c'est-à-dire la pensée du moment exprimée par des hommes qui voient juste, de haut et promptement les choses. La raison d'Etat s'y découvre , plutôt qu'elle ne s'y montre à découvert. Ce qui plaît surtout, c'est le naturel ou le bon sens écrit, comme le plus sûr moyen de convaincre. La négligence en fait parfois le charme, de même que la recherche en détruirait l'effet. Ecrivant pour le besoin des affaires, les auteurs se gardent de ces airs étudiés qui déparent une correspondance, en la privant de ce premier mouvement qui en est l'âme. On y trouve la sévérité qui sied aux choses graves, relevée par des traits qui mettent en saillie les torts de conduite et de caractère. La politique, l'administration, la philosophie, la critique, les anecdotes, s'y entremêlent sans confusion et délassent le lecteur en variant les sujets. Enfin, la distance des # hommes entre eux s'y efface sous les formes d'une politesse exquise qui, même dans le reproche, n'abandonne jamais celui qui l'adresse et console celui qui en est le sujet. Quelques lettres d'autres personnages adressées à Colbert sur des matières analogues, mises en regard de celles de Brulart, font voir de plus près à quel degré déjà ce magistrat et les ministres de Louis XIV avaient, par leurs exemples, su purifier la langue et le goût.
Tel est l'aspect général sous lequel il faut encore considérer ce recueil, qui fournit un des exemples les plus curieux de la révolution du style épistolaire à cette grande époque. Rien n'y est plus solide que le jugement, de plus net que la conclusion , de plus ferme que la volonté du maître, qui commande sous des dehors qui n'abusent pas et rendent l'obéissance plus sûre. J'admire la noble simplicité de Gondé, l'habileté de Mazarin, le coup-d'œil de Colbert, le génie de Louvois, la rigidité de Le Tellier, l'aptitude des deux La Vrillière , la supériorité d'esprit de Pontchartrain, loué par Saint-Simon lui-même , et l'élévation de Brulart, grand même dans les petites choses, pourvu que son intérêt ne soit point en jeu. La ruse n'y est point employée, ainsi qu'on pourrait le croire, et le respect de la vérité en est un moyen de succès que ne remplacerait pas le mensonge, qui indigne celui auquel il s'adresse et déshonore celui qui y a recours. Mais la réserve y conserve aussi ses droits, la politique son empire, le secret d'Etat son importance, la déférence elle-même sa propre dignité dans des lettres, modèles de tact ou de ce qu'il faut dire et taire dans le maniement des grandes affaires.
Peut-être pourrait-on faire à Brulart le reproche d'avoir, à l'égard de supérieurs en naissance ou en autorité, poussé la déférence jusqu'à l'adulation dans un style où les formules de soumission surabondent. Mais il ne faut pas oublier que c'est au Roi qu'il écrit dans la personne de ses Ministres, et qu'ici le Magistrat se confond avec l'homme qui représente, par ses devoirs envers elle, l'autorité royale à la tête du Parlement. Qu'on lise ses lettres avec soin et l'on demeurera convaincu que tout en changeant de langage, il