‹ Choix de lettres inédites écritesChapitre 36 sur 55 · CAILLET A COLBERT · texte numérisé non relu

CAILLET A COLBERT

Même sujet; il demande la récompense de ses soins pour assurer l'obtention

du vote.

Dijon, le 18 juiu 1662.

Vous apprendrez , par la dépêche que vous fait M. le Prince, de quelle manière l'affaire du don gratuit de cette province a été menée, et comme elle a enfin réussi au contentement du Roi. Je ne me vanterai pas, Monsieur, d'avoir ménagé l'esprit de quel-

ques députés à qui, par ordre de Son Altesse Sérénissime, j'ai parlé plusieurs fois , car tout le succès est dû à ses soins , les ayant tournés avec tant de prudence et tant d'adresse, qu'elle les a fait venir au point que Sa Majesté désirait. Mais, Monsieur, vous me permettrez de vous dire que si vous avez dessein de m'obliger, comme je n'en doute pas, puisque vous m'avez fait l'honneur de me le promettre, en voici une occasion très favorable en faisant connaître à Sa Majesté qu'on n'a peut-être pas été inutile pour son service en cette rencontre. Vous savez, Monsieur, que la grâce que je demande n'est pas hors de raison, puisqu'elle a été accordée à tous mes prédécesseurs , et qu'il y en a à qui elle est faite qui n'ont pas plus que moi les occasions de servir Sa Majesté , et qui ne le font peut-être pas non plus avec plus d^effet ni avec tant de zèle. Je vous demande pardon,, Monsieur, si je vous suis importun. Je m'en serais bien donné de garde si je me fusse aperçu que vous l'eussiez trouvé mauvais ; mais, au contraire, vous m'avez témoigné avec tant de bonté vouloir prendre soin de mes intérêts et les vouloir appuyer auprès du Roi, qu'il ne pas trouver étrange si j'en use si librement. Achevez donc, Monsieur, l'ouvrage que vous avez ébauché, et faites -moi la grâce de croire qu'on ne peut être avec plus de respect que je suis, Monsieur, votre etc.

CA1LLET.

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