DE L YONNE A BRULART
Politique de Louis XIV dans cette affaire.
Paris, le 26 juin 1063.
Monsieur ,
J'ai reçu les deux dépêches dont il vous a plu me favoriser sur la contestation qui nous arrive avec les Comtois à l'occasion du travail que les Pères Jésuites, comme seigneurs de Pourlans, ont entrepris pour l'élargissement du fossé Jacob. Et, quoique vous deviez apprendre les sentiments du Roi par la voie ordinaire de M. de La Vrillière , je me flatte qu'il ne trouvera pas mauvais qu'après vous avoir très humblement remercié de la part qu'il vous a plu m'en donner, je prenne encore la liberté de vous dire que, si le Parlement de Dole ne se fût point avisé de parler avec tant de hauteur dans sa réplique , qui n'est proprement qu'une menace de se faire lui-même la raison qu'on lui refuserait, Sa Majesté eût sans doute approuvé qu'on eût dit sous main aux Jésuites de cesser leur travail. Mais elle n'a pas estimé à propos d'accoutumer MM. les Espagnols à traiter avec elle de cette manière, et outre qu'elle sera bien aise de voir par quels moyens ils se prendront de se faire à eux-mêmes cette raison, elle a encore eu un autre but , qui est que M. l'archevêque d'Embrun n'a pu venir à bout, en dix-huit mois de temps, de faire nommer des commissaires pour régler les différends que nous avons en divers endroits pour les limites des deux Bourgognes, parce que les Franc-Comtois jouissent, pendant que les sujets du Roi sont dans la souffrance. Sa Majesté a cru qu'en soutenant ce nouvel incident , le Conseil de Madrid sera obligé de députer des commissaires qui puissent bientôt travailler avec ceux du Roi à régler les deux affaires. Cependant, je demeure,
Monsieur, votre etc.