‹ Choix de lettres inédites écritesChapitre 45 sur 55 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

LA VRILLIÈRE A BRULART

Ordres donnés par suite des menaces du Roi touchant la lettre du Parlement

de Dole.

Paris, le 26 juin 1663.

Monsieur ,

Les lettres qu'il vous a plu de m'écrire des 17 et 20 de ce mois, avec les papiers qui les accompagnaient , m'apprennent principalement les plaintes qui ont été portées par le Parlement de Dole à votre Compagnie et les réponses qu'elle y a faites , dont ayant informé le Roi , il m'a commandé de vous faire savoir que, trouvant beaucoup à redire aux longueurs que les Espagnols apportent pour nommer des commissaires et lui donner satisfaction sur le règlement des limites des deux pays, et encore plus au procédé des Comtois en cette occasion par les menaces qu'ils font de se faire raison eux-mêmes; par toutes ces considérations et par les autres que vous représentez sur le sujet du travail des Pères Jésuites, Sa Majesté désire qu'ils le continuent et qu'on leur en procure la liberté ; en sorte que lesdits Comtoh aient plutôt lieu de demander au Roi la justice qu'ils prétendent et qu'ils peuvent espérer de sa bonté en se comportant comme ils doivent , que Sa Majesté de les rechercher de pareille

chose Je suis toujours etc.

LA VRILLIÈRE

BRULART A MIGHOTEY.

Nouvelle réponse du Parlement de Dijon au Parlement de Dole , conforme aux ordres de Louis XIV.

Dijon, le 3 juillet 1663.

Monsieur,

M'étant engagé envers M. Brossia de faire savoir à Messieurs de votre Parlement les intentions du Roi sur les deux lettres que votre Compagnie nous a écrites touchant le travail qui se fait à Pourlans, je me donne l'honneur de vous dire que Sa Majesté trouvant beaucoup de lenteur, de la part du Conseil d'Espagne, à lui donner satisfaction sur le règlement des limites des deux pays, et beaucoup plus à redire à la dernière lettre de votre Corps, elle désire, par ces considérations et par les raisons que les Pères Jésuites ont déduites en présence de M. de Montagnac sur le fond de l'affaire , que ces Pères continuent le travail qu'ils ont commencé. Cet ordre, Monsieur, ne vous doit pas empêcher de demander au Roi la justice que vous prétendez et que vous pouvez espérer de sa bonté. Je vous prie en mon particulier d'être persuadé de l'estime que j'ai pour votre personne, et que je suis, Monsieur, votre etc.

BRULART

MICHOTEY A BRULART.

Réponse à la précédente.

Dole, le 4 juillet 1663.

Monsieur ,

A l'entrée de Messieurs de notre Compagnie au Conseil de ce matin, je leur ai fait voir la lettre dont il vous a plu m 'honorer en date du 3 du courant, par laquelle vous avez agréé de me

faire connaître les intentions de Sa Majesté Très Chrétienne, touchant le travail qui se fait à Pourlans. L'affaire est de telle nature, qu'elle nous oblige à recourir à Sa Majesté en la personne de Son Excellence M. le marquis de Cavacene. Cependant, je vous rends grâces très humbles de vos civilités et vous supplie de croire que je suis avec respect, Monsieur, votre etc.

A. MICHOTEY.

LE ROI A BRULART

Lettre particulière et autographe sur le même sujet.

Paris, le 3 juillet 1663.

Monsieur Brulart ,

J'ai recula lettre que vous m'avez écrite, avec l'original de celle du Parlement de Dole et la copie de la réponse que votre Compagnie lui a faite. Mais comme le sieur de La Vrillière, à qui j'ai donné mes ordres là-dessus, vous fera savoir mes intentions, la présente ne sera que pour me remettre à ses dépêches et pour vous assurer seulement de la continuation de ma bienveillance, de laquelle , attendant l'occasion de vous donner des marques, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur Brulart , en sa sainte garde.

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