‹ Choix de lettres inédites écritesChapitre 47 sur 55 · CCXXXIII · texte numérisé non relu

CCXXXIII

BRULA FIT AU PRINCE DE CONDÉ

Réponse à la précédente.

Dijon, le 11 juillet 1663.

Monseigneur,

J'ai reçu la lettre dont il a plu à Votre Altesse me favoriser, en réponse de celle que j'avais eu l'honneur de lui écrire sur les plaintes des Comtois. Sa Majesté m'a aussi fait l'honneur de me faire savoir ses intentions dont j'ai donné connaissance à Messieurs de Dole qui ne parlent plus avec menaces, et aussitôt j'ai mis ordre qu'on recommence à travailler. Mais , Monseigneur, plusieurs personnes m'ont dit qu'on fait courir un bruit que Votre Altesse aurait désiré que c'eût été le Parlement qui lui eût donné lui-même cet avis, et non pas moi qui l'ai fait de sa part. Je la supplie très humblement de m'ordonner comme il lui plaît que j'en use à l'avenir, n'ayant point d'autre désir que de lui plaire dans la fonction de ma charge et de me conformer à ses volontés , puisque j'ai protesté d'être toute ma vie , Monseigneur,

votre etc.

BRULA RT

LE PRINCE DE CONDÉ A BRULART

II se plaint que le Parlement en Corps, au lieu de son Premier Président, ne lui ait ait pas donné l'avis touchant l'affaire des Pères Jésuites avec les Comtois.

Paris, le 17 juillet 1663.

Monsieur ,

J'ai été bien aise d'apprendre, par votre lettre du 11 de ce mois, ce que vous m'avez écrit de l'état de l'affaire des Pères Jésuites, et que ces Messieurs de Dole commencent à en user avec plus

de modération. Je ne sais qui vous a pu dire que j'eusse trouvé mauvais que vous m'en eussiez écrit, car, étant de vos amis au point que je le suis, je tiendrai toujours fort chères les occasions qui me feront recevoir de vos nouvelles. Mais, à la vérité, dans une affaire comme celle-là, qui ne regarde pas moins le Gouverneur qu'elle peut regarder le Parlement, je m'étonne que Messieurs de votre Compagnie ne m'en aient pas écrit; vous savez que sur toutes les affaires qui sont arrivées dans la province, j'ai été bien aise, non seulement que vous m'en écrivissiez, mais même que vous m'y donnassiez vos avis , et vous ne m'avez vu guère hésiter à les suivre, comme j'ai fait presque en toutes choses. Celle-ci est d'une nature différente de celles qui se sont présentées jusqu'à présent ; comme elle est d'éclat et qu'elle regarde les étrangers , il me semble que la Compagnie pouvait bien m'en écrire en Corps , d'autant plus que c'est à elle que Messieurs du Parlement de Dole s'étaient adressés, et non pas seulement à vous. Je désirerais donc à l'avenir, qu'en pareille rencontre le Parlement voulût m 'écrire de ces sortes de choseslà et ne se contentât pas que vous m'en écrivissiez de sa part. Je crois que rien ne peut vous empêcher de me donner cette satisfaction et qu'au contraire vous contribuerez à faire prendre à Messieurs de votre Compagnie telle résolution là-dessus que je pourrais souhaiter, s'ils n'y étaient pas aussi disposés que je crois que vous les y trouverez....

LOUIS DE BOURBON

BRULART A LA VRILLIÈRE

Affaire des Ursulines d'Auxonne; le Roi désire que le Parlement cesse

d'en connaître.

Dijon, le 25 juillet 1663.

Monsieur ,

Ce n'est que pour vous dire quej'aifait entendre au Parlement que Sa Majesté n'ayant trouvé aucune marque de possession dans les procès-verbaux qui lui ont été envoyés par MM. les Commissaires, par elle députés pour examiner sur les lieux la prétendue possession des Ursulines d'Auxonne, et ayant ensuite estimé devoir éloigner de ladite ville toutes les personnes prétendues possédées , lesquelles seront envoyées dans tels autres lieux que jugera à propos M. Bouchu, Sa Majesté désire que la Compagnie ne prenne plus connaissance, en quelque sorte et manière que ce soit, de cette affaire. Depuis l'avis que je lui ai donné de ses intentions , M. le président Fyot m'a dit que la Tournelle, qui est la Chambre où cette affaire a été traitée jusqu'ici, aurait jugé à propos d'en écrire à M. le Chancelier pour lui faire connaître plusieurs choses en cela, dont elle se plaint, et je me remets à vous, à qui je crois qu'elle en écrira pareillement, après lui avoir dit que l'ordre voulait aussi qu'on s'y adressât. Il y a une fille qui est prisonnière depuis deux ans pour la même affaire, et l'on est assez empêché sur ce qu'on en doit faire. Voilà, Monsieur, le compte que je vous devais ensuite de votre dernière lettre du 20 de ce mois , et voici les assurances que je vous donne d'être éternellement, Monsieur, votre etc.

BRULARÏ AU PRINCE DE CONDÉ

Grève des procureurs causée par la conversion de leurs charges en offices; mesures prises par le Parlement.

Dijon, le 31 juillet 1663.

Monseigneur,

M'étant entremis, depuis la mort de M. Berbis, pour accommoder l'affaire de son fils avec le sieur Moreau , le père de celui-ci m'a fait entendre qu'il avait eu l'honneur de parler à Votre Altesse de cette querelle , mais qu'il serait bien aise qu'elle fût terminée. Je n'ai pas voulu néanmoins, Monseigneur, passer outre ni en parler davantage, qu'il n'ait plu à Votre Altesse de me faire connaître si elle le trouverait bon.

Les procureurs du Parlement ont quitté l'exercice de leurs charges, ensuite d'un arrêt signifié à un substitut, portant « que tous officiers, même matriculaires , seront tenus de prendre des provisions du Roi dans deux mois , à peine de deux cents livres d'amende. » Nous leur avons ordonné de le continuer, et aujourd'hui nous en avons condamné quatre à l'amende, faute de s'être trouvés à l'audience. Si ce désordre continue , il y faudra pourvoir plus sévèrement , pour empêcher la cessation du Parlement, qui, depuis hier seulement qu'il paraît, est presque sans requêtes. Voilà, Monseigneur, tout ce qu'il y a ici de nouveau. Il ne l'est pas de protester à Votre Altesse que je serai toute ma vie, avec respect, Monseigneur, de Votre Altesse, le etc.

BRULART

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