C'est-à-dire à répandre ie p. 70, note
goût d'un comique bas et trivial. | 4. Voy. p. 23, note t.
98 VOLTAIRE
quitter une profession ingrate, que vous ne devriez m'encourager à ni'exposer encore sur la scène. J'ajouterai à tout ce que je viens de vous dire qu'il est impossible de bien travailler dans le découragement où je suis. 11 faut une ivresse d'amour-propre et d'enthousiasme : c'est un vin que j'ai envié et que je n'ai plus envie de boire. Vous seule seriez capable de m'enivrer encore ; mais si vous avez toujours le saint zèle de faire des prosélytes, vous trouverez dans Paris des esprits plus propres que moi à celte vocation, plus jeunes, plus hardis, et qui auront plus de talent. Séduisante Thalie, laissez-moi ma tranquillité! Je vous serai toujours aussi attaché que si je devais à vos soins le succès de deux pièces par an. Ne me tentez point, ne rallumez point un feu que je veux éteindre ; n'abusez point de votre pouvoir. Votre lettre m'a presque fait imaginer un plan de tragédie ; une seconde lettre m'en ferait faire les vers*. Laissez-moi ma raison, je vous en prie. Hélas ! j'en ai si peu! Adieu ; les petits chiens noirs vous font mille compliments ; l'un s'appelle Zamore, l'autre Alzire^. Quels noms ! tout parle ici de tragédie.
On ne peut vous être plus tendrement dévoué que je le suis. V.
Mme la marquise du Châtelet vous fait mille compliments. Comptez encore une fois, mademoiselle, sur mon tendre dévouement et sur ma reconnaissance.
1. Voilà le cri du cœur. Le déeouragement de Voltaire n'est qu'un dépit amoureux.