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et Pascal avaient l'esprit bouché pour les vers * ; tant pis pour eux : je les regarde comme des hommes bien formés d'ailleurs, mais qui auraient le malheur de manquer d'un des cinq sens.
Je sais qu'on s'est étonné, et qu'on m'a même fait l'iionneur de me haïr, de ce qu'ayant commencé par la poésie, je m'étais ensuite attaché à l'histoire, et que je finissais par la philosophie. Mais, s'il vous plaît, que faisais-je au collège, quand vous aviez la bonté de former mon esprit ? Que me faisiez-vous lire et apprendre par cœur à moi et aux autres? des poètes, des historiens, des philosophes. 11 est plaisant qu'on n'ose pas exiger de nous dans le monde ce qu'on a exigé dans le collège, et qu'on n'ose pas attendre d'un esprit fait les mêmes choses auxquelles on exerça son enfance.
Je sais fort bien, et je sens encore mieux, que l'esprit de l'homme est très borné; mais c'est par cette raison-là même qu'il faut tâcher d'étendre les frontières de ce petit /État, en combattant contre l'oisiveté et l'ignorance natul, relie avec laquelle nous sommes nés. Je n'irai pas un jour faire le plan d'une tragédie et des expériences de physique; scd omnia teinpus habent-, et, quand j'ai passé trois mois dans les épines des mathématiques, je suis fort aise de retrouver des fleurs.
Je trouve même fort mauvais que le P. Gastel ait dit, dans un extrait des Éléments de Newton '^, que je passais du
1. Il y a de l'excès dans cette expression. Malebranche et Pascal ont été simplement des détracteurs de l'imagination, le premier dans son livre de la Recherche de la vérité, le second dans divers passages des Pensées. Quant aux attaques de Pascal contre « la bcaLité poétique » suivant l'opinion commune, elles montrent que
Pascal dédaignait les faux brillants, non la véritable poésie. Cf.
Pensées (Éd. Havct, art. vu, § 25).