La lettre de la veille est rela
tive à la même affaire, dontvoioi les circonstances essentielles. — Au cours d'une dispute entre Voltaire et Desfontaines, provoquée par un article de ce dernier sur le livre des Éléments de Newton, il venait de paraître contre Voltaire un libelle de la plus grande violence, intitulé la Voltairomanie, dans lequel il élait fait appel au témoignage de Thieriot. Que ce libelle fût de Desfontaines, c'est ce qui n'était douteuï
dois vous laisser rien ignorer, et un ami a bien des droits. Croyez-moi, mon cher Tliieriot, croyez-moi, je vous aime et je ne vous trompe point. Mme du Chàtelet ne peut qu'être irritée tant que vous ne réparerez point, par des choses qui partent du cœur, la politique, l'inutile, l'outrageante lettre que je vous ai renvoyée par son ordre*. Tout ce que vous m'avez écrit du 14 pour mal justifier cette lettre ostensible, et ce long et injurieux silence qui l'avait suivie, l'a indignée bien davantage; on n'écrit qu'à ses ennemis de ces lettres ostensibles où l'on craint de s'expliquer, où l'on parle à demi, où l'on élude, où l'on est froid.
Examinez vous-même la chose, je vous en conjure, et voyez combien il est indécent que vous paraissiez faire le politique avec Mme du Chàtelet, quand elle vous écrit simplement et avec amitié. Vous me mettez en presse 2; vous me réduisez à la nécessité de combattre ici pour vous contre ses ressentiments. Elle croit que vous me trahissez; il faut que je lui jure le contraire. Elle se fâche, ses amis prennent son parti; tout cela me rend malade, et un mot de vous eût prévenu tous ces combats.
Est-il possible, enco^^. une fois, que quand nous avons ici
pour personne. Or dans les outrages que Voltaire et Desfontaines se jetaient à la tête l'un de l'autre, Thieriot, qui les avait mis autrefois en rapport, était nécessairement invoqué comme arbitre par les deux parties. Thieriot, qui n'était point brave, et qui avait quelques raisons de redouter pour lui-îiiême le liel du terrible abbé, s'était laissé circonvenir par lui, et avait démenti sournoisement ses allé;,'ations antérieures, que Voltaiie avait publiées. 11 s'agissait dune pour Voltaire de con-
traindre Thieriot à répéter d'une façon catégorique ce qu'il avait dit contre Des ton laines, et à réfuter ainsi la Voltairomanie.
\. Mme du Chàtelet, qui prenait fait et cause pour Voltaire avec une extrême énergie, avait de son côté sommé Thieriot de s'expliquer nettement : Thieriot lui avait répondu le 31 décembre 173S par cette lettre os/e?2stft/e qui ne tranchait rien, et que Mme du Chàtelet considérait comme une nouvelle insulte à l'amitié.