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Les proccdés que l'art enseigne

i. Mme Denis était l'aînée des nièces de Vollairc, fille de sa sœur, Mme llignol, el veuve, de-

puis 17i4. Voltaire s'en était fait une véritable fille d'adoplion ; mais il avait en vain tente de l'entraîner à Berlin. — Sur le voyage et le séjour de Voltaire en Prusse, voy. Notice, p. six.

S. Voy. p. Ul, note G.

G. Le marquis de Thibouville, né en 1710, mort en 1777, était un

sauvée ne me paraît point faite pour les jeunes et belles dames qui viennent' parer vos premières loges*. Je crois que notre élève Lekain^ jouerait très bien; mais la conjuration de Catiiina n'est bonne que pour messieurs de l'Université, qui ont leur Cicéron dans la tète, et peu de galanterie dans le cœur. Contentons-nous de l'avoir vu jouer, à Paris, sur le tliéàtre de mon grenier, devant de graves professeurs, des moines, et des jurisconsultes ^. D'ailleurs il faudrait que je fusse à Paris pour arranger tout ce sénat romain; et, si j'étais là, l'envie y serait aussi avec ses sifflets.

Le Calilina de Crébillon a eu une vingtaine de représentations, dites-vous; c'est précisément par cette raison que le mien n'en aurait guère. Votre parterre aime la nouveauté. On irait deux ou trois fois pour comparer et pour juger, et puis on serait las de Cicéron et de sa république romaine. Les vers bien faits ne sont guère sentis par le parterre. Mon enfant, croyez-moi, il s'en faut bien que le gOLit soit général chez notre nation; il y a toujours un petit

militaire, homme de lettres dans ses loisirs, ami de d'Argenlal et, par lui, de Voltaire. 11 a composé (les tragédies et des comédies d'amateur; mais surtout il excellait comme acteur de salon ; il avait joué le rôle de Calil na lors des représentations données chez Voltaire (voy. p. 167, note 2); c'est un souvenir que Voltaire aimait à lui rapjieler, en le saluant du nom de Baron, le grand acteur de la troupe de Molière.

1. Aussi Voltaire retarda-t-ilde doux années encore cette représentation publique.

2. Lekain, célèbre tragédien, né en 172S, mort en 1778. C'est

Voltaire qui avait le premier reconnu son talent (vny. p. 142, note 4). Lekain débuta le 17 septembie ll'M à la Comédie française. Assez mal doué physiquement, d'une taille courte cl d'une voix sourde, il se mit au premier rang des acteurs par la perfection de son art : on lui doit la réforme du costume, dans lequel il introduisit la vérité historique. Voltaire aimait à l'appeler Uoscius.

5. D'Alembert, Diderot, Slarmonlel, l'abbé Raynal, l'abbé dOlivct, l'abbé de Voisenon, le P. de La Tour, le président llénault, etc.

VOLTAIRE

reste de barbarie que le beau siècle de Louis XIV n'a pu déraciner. On a souffert les vers énigmatiques et visigolhs du Catilina de Crébillon. Ils sont siffles aujourd'hui, oui; mais au théâtre ils ont passé. Les jours d'une premièie représentation sont de vraies assemblées de peuple; on ne sait jamais si on couronnera son homme ou si on le lapidera.

Dites au marquis d'Adhémar* que je pense efficacement à lui et à ses desseins; il aura bientôt de mes nouvelles. J'ai oubhé de vous dire que, quand je pris congé de Mme de Pompadour à Compiègne, elle me chargea de présenter ses respects au roi de Prusse. On ne peut donner une commission plus agréable et avec plus de grâce; elle y mit toute la modestie, et des si f osais, et des pardons au roi de Prusse, de prendre cette hberté. Il faut apparemment que je me sois mal acquitté de ma commission. Je croyais, en homme tout plein de la cour de France, que le compHment serait bien reçu; il me répondit sèchement : Je ne la connais pas. Ce n'est pas ici le pays du Lignon-. Je n'en mande pas moins à Mme de Pompadour que Mars a reçu, comme il le devait, les comphraents de Vénus ^.

Mme la margrave de Baireuth est ici ; tout est en fêtes. On croirait presque, aux apparences, qu'on n'est ici que pour se réjouir.

1. Fils d'un officier de la cour de Lorraine; Voltaire lui fit en effet donner une charge auprès de la margrave de Laireulh, sœur de Frédéric.

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