Voy. lettre
5. Le dictionnaire universel des con;iaissanccs humaines, dont llidcrol cl d'Aleiubeit avaient ccmmeccc la publicatioa l'aunée précédente.
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vivent ensemble avec lui*! Dire à un homme les choses les plus tendres, et écrire contre lui des brochures ! et quelles brochures ! Arracher un homme à sa patrie par les promesses les plus sacrées, et le maltraiter avec la malice la plus noire! que de contrastes! Et c'est là l'homme qui m'écrivait tant de choses philosophiques, et que j'ai cru philosophe ! et je l'ai appelé le Salomon du Nord!
Vous vous souvenez de cette belle lettre ^ qui ne vous a jamais rassurée. Vous êtes philosophe, disait-il; je le suis de même. Ma foi, Sire, nous ne le sommes ni l'un ni l'autre.
Ma chère enfant, je ne me croirai tel que quand je serai avec mes pénates et avec vous. L'embarras est de sortir d'ici. Vous savez ce que je vous ai mandé dans ma lettre du 1" novembre. Je ne peux demander de congé qu'en considération de ma santé. Il n'y a pas moyen de dire: « Je vais à Plombières au mois de décembre ».
Il y a ici une espèce de ministre du saint Évangile, nommé Pérard^, né comme moi en France; il demandait permission d'aller à Paris pour ses affaires ; le roi lui fit répondre qu'il connaissait mieux ses affaires que lui-même, et qu'il n'avait nul besoin d'aller à Paris.
Ma chère enfant, quand je considère un peu en détail tout ce qui se passe ici, je finis par conclure que cela n'est pas vrai, que cela est impossible, qu'on se trompe, que la chose est arrivée à Syracuse, il y a quelque trois mille ans*.
1. Allusion à sa dispute avec Maupertuis, dans laquelle le roi de Prusse avait pris l'ait et cause pour le président de son Acadcinie. Frédéric venait de publier, avec un aigle, un sceptre et une couronne sur le titre, la Lettre d'un acadcmicien de Berlin à un académicien de Paris, eu ré-
ponse aux attaques de Voltaire contre Maupertuis.