‹ Choix de lettresChapitre 292 sur 494 · Epist.,1,9, V · texte numérisé non relu

Epist.,1,9, V

. 2. C'est l'ouvrage intitulé Satiricon ou Satura, c'est-à-dire, chez les Romains, mêlé de prose et de vers. Ce roman passe en effet pour èlre de T. Petronius ArJjiter, qui

fut consul sous Néron, et dont Tacite a raconté la morl {Annal..

XVI, 19). Voy. G. Boissier, Un roman de mœurs sous Néron, dans l'Opposition sous les Césars, page 21'J et suiv. (2* édition).

nous disions autrefois forclos^; ce mot très expressif n'est demeuré qu'au barreau. Les affres de la mort, les angoisses ) d'un cœur navré, n'ont point été remplacées*.

Nous avons renoncé à des expressions absolument nécessaires, dont les Anglais se sont heureusement enrichis. Une rue, un chemin sans issue, s'exprimait si bien par non-passe, impasse, que les Anglais ont imité ! et nous sommes réduits au mot bas et impertinent de cul-de-sac, qui revient si souvent, et qui déshonore la langue française 5.

Je ne finirais point sur cet article, si je voulais surtout entrer ici dans le détail des phrases heureuses que nous avions prises des Italiens, et que nous avons abandonnées. Ce n'est pas d'ailleurs que notre langue ne soit abondante et énergique; mais elle pourrait l'être bien davantage. Ce qui nous a ôté une partie de nos richesses, c'est cette multitude délivres frivoles, dans lesquels on ne trouve que que le style de la conversation, et un vain ramas de phrases usées et d'expressions impropres. C'est cette malheureuse abondance qui nous appauvrit.

Je passe à un article plus important, qui me détermine à commenter jusqu'à Pertharite^.C est que dans ces ruines on trouve des trésors cachés. Qui croirait, par exemple, que le germe de Pyrrhus et d'Andromaque est dans Per~ tharite; qui croirait que Racine en ait pris les sentiments, les vers même î Rien n'est pourtant plus vrai, rien n'est plus palpable. Un Grimoald, dans Corneille, menace une

Page 1