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Voy. lettre

4. Un des jésuites expulsés à qui Voltaire donnait l'hospitalité

5. 11 ne S'agissait encore que d'évoquer l'affaire au conseil du

1. Ambassadeur de France à Turin, fils de l'ancien garde des sceaux et ministre des atfaires étrangères sous l'administration du cardinal de FIcury. Le marquis de Chauvelin, ami du comte d'Argenlal, était l'un des confidents habituels de Voltaire en matière de théâtre.

est bien une aulre preuve de la deslinée. La veuve Calas était mourante auprès de Toulouse*, elle était bien loin de venir demander justice à Paris-. Elle disait : « Si le fanatisme a roué mon mari dans la province, on me brûlera dans la capitale ». Son fils vient me trouver au milieu de mes neiges. Quel rapport, je vous prie, d'une roue de Toulouse à ma retraite ! Enfin nous venons à bout de forcer cette femme infortunée à faire le voyage, et, malgré tous les obstacles imaginables, nous sommes sur le point de réussir : et contre qui? contre un parlement entier ; et dans quel temps? Repassez, je vous prie, dans votre esprit tout ce que vous avez fait et tout ce que vous avez vu; examinez si ce qui n'était pas vraisemblable n'est pas toujours précisément ce qui est arrivé, et jugez s'il ne faut pas croire au destin, comme les Turcs. Qui aurait dit, il y a cinq ans, que le roi de Prusse résisterait aux trois quarts de l'Europe ', et que vous seriez trop heureux de céder le Canada aux Anglais*?

Vous n'aurez rien de moi, monsieur, pour le mois de février ; mais, à la fin de mars, je vous demanderai votre attention sur quelque chose de fort sérieux s.

Je me mets aux pieds de vos deux très aimables Excellences; Mme Denis et mes deux petits", qui demeurent toujours avec moi, joignent leurs sentiments aux miens, et notre petit château espère toujours avoir l'honneur de vous héberger quand vous prendrez le chemin de la France.

Voltaire Vaveu^le.

i. Près de Montauban.

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