A M. LE MARQUIS DE CIIAUVELIN
Aux Délices, 28 mai (1761).
Voilà Votre Excellence associée à la conjuration*. Si quelque curieux ouvre ce gros paquet, il croira, à ce grand mot, qu'il s'agit d'une affaire bien terrible.
Et quand il apprendra que M. le duc de Praslin est un des principaux conjurés, il ne doutera pas que vous n'alliez mettre le feu en Italie. Mais, après tout, il n'y a que moi de méchant homme dans tout ceci, en y comprenant mes méchants vers.
Pour vous mettre bien au fait du plan des conjurés, il faut que je vous dise ce que vous savez peut-être déjà aussi bien que moi. M. de Praslin, qui veut s'amuser, et qui en a besoin, et M. et Mme d'Argental, ont fait serment qu'on ne saurait point le nom de l'auteur; vous ferez, s'il vous plaît, le même serment avec madame l'ambassadrice. U est bon de l'accoutumer aux grandes affaires.