‹ Choix de lettresChapitre 409 sur 494 · L'ÈpiIre à Boileau, ou iloa · texte numérisé non relu

L'ÈpiIre à Boileau, ou iloa

leataineiit^

VOLTAIRE

ment étant malade, mais je l'ai égayé selon ma coutume : on meurt comme on a vécu.

Si votre grand'maman* est chez vous quand vous recevrez ce paquet, je voudrais que vous pussiez vous le faire lire ensemble ; c'est une de mes dernières volontés. J'ai beaucoup de foi à son goût pour- tout ce que vous m'avez dit d'elle, et je n'en ai pas moins à son esprit, par quelques-unes de ses lettres que j'ai vues, soit entre les mains de mon gendre Dupuits^, soit dans celles de Guillemet'*, typographe en la ville de Lyon.

Il m'est revenu de toute part qu'elle a un cœur cliarmant. Tout cela, joint ensemble, fait une grand'maman fort rare. Malgré le penchant qu'ont les gens de mon âge à préférer toujours le passé au présent, j'avoue que de mon temps il n'y avait point de grand'maman de cette trempe. Je me souviens que son mari me mandait, il y a huit ans, qu'il avait une très aimable femme, et que cela contribuait beaucoup à son bonheur ^ Ce sont de petites confidences dont je ne me vanterais pas à d'autres qu'à vous. Jugez si je ne dois pas prier Dieu pour son mari dans mes codicilles. Il fera de grandes choses, si on lui laisse ses coudées franches 6; mais je ne les verrai pas, car je ne

t. La duchess» de Choiseul ; voy. p. 377, note 1.

Page 1