‹ Choix de lettresChapitre 413 sur 494 · Le quai d'Orsay · texte numérisé non relu

Le quai d'Orsay

ge Danclii,

VOLTAIRE

lient en partie de votre exposition au nord. N'avez-vous jamais remarqué que tous ceux qui habitent sur le quai des Orfèvres ont la face rubiconde et un embonpoint de chanoine, et que ceux qui demeurent à quatre toises derrière eux, sur le quai des Morfondus*, ont presque tous des visages d'excommuniés.

C'est assez parler du vent du nord, que je déteste et qui me tue.

Vous avez sans doute vu Hamlel - : les ombres vont devenir à la mode; j'ai ouvert modestement la carrière, on va y courir à bride abattue; domandavo acqua, non tempcsta^. J'ai voulu animer un peu le théâtre en y mettant plus d'action*, et tout actuellement est action et pantomime; il n'y a rien de si sacré dont on n'abuse. Nous allons tomber en tout dans l'outré et dans le gigantesque; adieu les beaux vers, adieu les sentiments du cœur, adieu tout. La musique ne sera bientôt plus qu'un charivari itahen, et les pièces de théâtre ne seront plus que des tours de passe-passe. On a voulu tout perfectionner, et tout a dégénéré : je dégénère aussi tout comme un autre. J'ai pourtant envoyé à mon ami La Borde le petit changement que je vous avais envoyé pour Pandore^, un peu enjolivé. Je vous avoue que j'aime beaucoup cette Pandore,

Page 1