C'est-à-dire de barbare et de tyrannique
4. Ouvrage satirique. On appe- i lait régiment de la calotte, au y dix-septième et au dix-huitième siècle, une réunion de calotins (c'est-à-dire de fous, soi-disant), qui se livraient à la satire sur tous objets, sans excepter la politique.
5. Pierre Bayle, né en 1647, mort en 1706, professa la philosophie à Rotterdam et .s'y fit de nombreux ennemis, notamment Jurieu, parmi les protestants ses coreligionnaires, par l'indépendance qui régnait dans ses leçons, et surtout par la publication de son Dictionnaire historique et critiqîte(l69Tj,ï'o\i\rage le plus libre que le dix-septième siècle ait produit à l'usage du grand public.
celui qui fait tant d'honneur à sa patrie n'y soit pas de coi> trebande.
Vous me dites que les magistrats qui régissent la douane de la littérature* se plaignent qu'il y a trop de livres. C'est comme si le prévôt des marchands ^ se plaignait qu'il y eût à Paris trop de denrées : en achète qui veut. Une immense bibliothèque ressemble à la ville de Paris, dans laquelle il y a près de huit cent mille hommes : vous ne vivez pas avec tout ce chaos : vous y choisissez quelque société et vous en changez. On traite les Uvres de même; on prend quelque* amis dans la foule. Il y aura sept ou huit mille controversistes, quinze ou seize mille romans, que vous ne lirez point; une foule de feuilles périodiques que vous jetterez au feu après les avoir lues. L'homme de goût ne lit que le bon, mais l'homme d'État permet le bon et le mauvais^.
Les pensées des hommes sont devenues un objet important de commerce. Les libraires hollandais gagnent un mil- i yy lion par an, parce que les Français ont eu de l'esprit*. Un roman^^ médiocre est, je le sais bien, parmi les livres ce qu'est dans le monde un sot qui veut avoir de l'imagination. On s'en moque, mais on le souffre. Ce roman fait vivre et l'auteur qui l'a composé, et le libraire qui le débite, elle fondeur, et l'imprimeur, et le papetier, et le colporteur, et le marchand de mauvais vin à qui tous ceux-là portent leur argent. L'ouvrage amuse encore deux ou trois heures quelques femmes
Cayle est le précurseur de Voltaire et de la philosophie du dix-huitième siècle : Voltaire plaide donc ici i)7'0 dorno sua.