‹ Choix de lettresChapitre 86 sur 494 · Voy. p. 07, note · texte numérisé non relu

Voy. p. 07, note

i. Voy. la elt.'-e22.

■^2 VOLTAIRE

bien peu de reconnaissance à Paris*; et déjà enflé du succès d'une tragédie qu'il n'a jamais achevée, il m'écrivit de Rouen, après six mois d'oubli, un petit billet en lignes diagonales, où il me disait qu'il ferait bientôt jouer sa pièce -, (il qu'il me rendrait l'argent que je lui avais, disait-il, prêté. Je dissimulai ce trait d'ingratitude et d'impertinence; et, toujours prêt à pardonner à la jeunesse, quand elle a de l'esprit, je le fis entrer chez Mme la marquise du Chàtelet, malgré l'exclusion du maître de la maison^, malgré le défaut qu'il a dans les yeux et dans la langue*, et malgré la profonde ignorance dont il est, A peine a-t-il été établi dans la maison, qu'oubliant qu'il était précepteur et aux gages de Mme du Chàtelet, oubliant le profond respect qu'il doit à son nom et à son sexe, il lui écrivit un jour une letlre, d'une terre voisine où il était allé de son chef et fort mal à pi-opos. La lettre finissait ainsi : « L'ennui de Cirey est de tous les ennuis le plus grand », sans signer, sans mettre un mot de convenance. Les personnes chez qui il écrivit cette lettre s, et auxquelles il eut l'iiiipudeiuo delà montrer, dirent à Mme la marquise du Chàtelet qu'il le fallait chasser honteusement. Je fis suspendre l'arrêt, et je lui épargnai même les reproches. On ne lui parla de rien, et il continua de se conduire comme ferait un ami chez son ami, croy-^nt que c'était là le bel air, parlant toujours du cher Cideville, dn pauvre Cideville, et pas une fois de M. de

1. Quoique Voltaire eût fait de nouvelles tentative? pour le placer chez Mme de Fr ntaine-Marlel, puis chez Mme rte Bernières.

2. Sésosh-is. binant avait d'abord mis sur ' e chantier une tragédie de Sabiniis, qu'il abandonna sur l'avis de Voltaire.

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