M. da Chàtelet voulait d'un
abbé; or Linant avait déjà renoncé au petit collet.
i. Il bégayait et avait la \ue basse.
5. C'était sans doute chez Mme de La Neuville, à qui Linant s'avisa de faire une déclaration galante, d'ailleurs fort mal accueillie.
Cideville, à qui il doit autant de respect que de reconnaissance et d'amitié.
Mme du Chàlelet, indignée, a toujours voulu vous écrire et le chasser. J'ai apaisé sa colère, en lui représentant que ' c'était un jeune homme (il a pourtant vingt-sept ans passés) qui n'avait que de l'esprit et point d'usage du monde; que d'ailleurs il était né sage; qu'enfin, si elle n'avait pas besoin de lui, il avait besoin d'elle; au'il mourrait de faim ailleurs, grâce à sa paresse et à son ignorance; qu'il fallait essayer de le corriger au lieu de le punir; qu'à la vérité il ne rendrait jamais dans une maison aucun de ces petits services par où l'on plaît à tout le monde, et dont la faiblesse de sa vue et la pesanteur de sa machine* le rendent incapable: mais qu'il savait assez de latin pour l'apprendre, au moins conjointement avec son fils 2, • qu'il lui apprendrait à penser, ce qui vaut mieux que du latin, et que je me chargeais de lui faire sentir la décence et les devoirs de son état.
C'est dans ces circonstances, mon tendre et judicieux ami, qu'il m'a demandé de faire entrer sa sœur dans la maison. Il est vrai que, depuis quelque temps, il se tient plus à sa place ; mais il n'a pas encore effacé ses péchés. J'ai ouï dire d'ailleurs que sa sœur était encore plus fière que lui. J'ai vu de ses lettres; elle écrit comme une servante. Si avec cela elle pense en reine, je ne vois pas ce qu'on pourra faire d'elle 5.
Après toutes ces représentations, souffrez que je vous dise que vous êtes d'autant plus obligé d'avertir Linant d'être modeste, humble et serviable, que ce sont vos bontés qui l'ont gâté. Vous lui avez fait croire qu'il était né pour