‹ Choix de lettresChapitre 88 sur 494 · Linant était un lourdaud · texte numérisé non relu

Linant était un lourdaud

2. C'est Mme du Cliatelet qui Instruisait à la fois l'élève et le précepteur

3. Les insolences de Mlle Linant la firent en effet chasser, ainsi que son frère qui avait pris fait et cause pour elle (décem hre 1 7ÔG) .

VOLTAIRE

être un Corneille, et il a pensé que, pour avoir broché à peine en trois ans quatre malheureux actes d'un monstre qu'il appelait tragédie, il devait avoir la considération de l'auteur du Cid. Il s'est regardé comme un homme de lettres et comme un homme de bonne compagnie, égal à tout le monde. Vos louanges et vos amitiés ont été un poison doux qui lui a tourné la tète. 11 m'a haï, parce que je lui ai parlé franc. Méritez à votre tour qu'il vous haïsse, ou il est perdu. Je lui ai déjà dit qu'il était impertinent qu'il parlât de son cher et de son pauvre Cideville, et deFormont, à qui il a des obligations*. Je lui ai fait sentir tous ses devoirs; je lui ai dit qu'il faut savoir le latin, apprendre à écrire, et savoir l'orthographe, avant de faire une pièce de théâtre, et qu'il doit se regarder comme un homme qui a son esprit à cultiver et sa fortune à faire. Enfin, depuis quinze jours, il a pris des allures convenables. Le voilà en bon train; encouragez-le à la persévérance; un mot de votre main fera plus que tous mes avis.

En voilà l)eaucoup pour un malade; la tête me tourne; j'enrage. Voilà quatre feuilles d'écrites sans avoir parlé de vous. Adieu; mille amitiés au philosophe Forment et au tendre du Bourg-Theroulde.

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