‹ Choix de lettresChapitre 9 sur 494 · Didier, Librairie académique · texte numérisé non relu

Didier, Librairie académique

ET SUR SA CORRESPOiNDAiNCE. xxxix

dans ce recueil, figuraient déjà dans ceux de nos devanciers. Si vaste que soit la correspondance de Voltaire, il y a cent lettres environ qui sont de plein droit classiques, et que nous ne pouvions omettre. Dans cette élite sont nccessaircnient comprises les lettres qui traitent de grands sujets de littérature, qui sont des monuments de la critique au dix-huitième siècle, et qui jettent une vive lumière, soit sur le théâtre de Voltaire, soit sur d'autres ouvrages importants, tels que le Siècle de Louis XIV ou la Ilenriade. M. Msard aui-ait voulu que les lettres de ce genre fussent l'objet d'un recueil à part : nous n'avons pas cru devoir iioud restreindre ainsi, ni même donner aux lettres littéraires une place prépondérante. Il s'agit en effet d'apprendre à nos él ives, non seulement l'art de la critique, mais encore et surtout de les former au talent du style sur les sujets les plus divers et plus spécialement encore sur les matières d'imagination et de sentiment. Aussi avons-nous cité de préférence, parmi les lettres anciennement connues ou plus récemment découvertes, celles où Voltaire se livre le plus complètement, où la note personnelle, où la sincérité d'accent éclatent davantage, celles, pour tout dire,J où le caractère épistolaire est le plus sensible. On en trouvera quelques-unes d'un autre genre, mais à titre de brillantes exceptions.

En résumé, ces deux cents lettres permettront à nos jeunes lecteurs de se faire une idée assez complète du personnage, idée un peu trop avantageuse peut-être, car nous avons dû" choisir le meilleur et laisser résolument de côté les lettres qui ne sont pas en même temps des actes honorables. S'il faut mettre des ombres au portrait, nous nous sommes efforcé de le faire, dans cette notice, avec la réserve qui convient quand on s'adresse à des jeunes gens, et dont il faut toujours leur donner l'exemple à l'égai'd des grands esprits. Ces scrupules qui, sur Voltaire, donnent lieu à des cas de conscience parfois délicats, nous ont engagé à faire les coupures convenables, aussi courtes que possible et toujours loyalement indiquées : quand ces coupures auraient été trop importantes, nous avons mieux aimé renoncer à la lettre elle-même que de la mutiler; l'embarras du choix restait encoi'e assez grand dans l'excellent.

Tel que nous l'offrons à nos élèves, tel que nous le soumettons au jugement de nos collègues, nous espérons que ce volume pouri'a contribuer à rendre classique, par son meilleur ouvrage, un éci'ivain qui certes n'entrera jamais de plain-pied dans

ïL NOTICE SUR VOLTAIRE ET SUR SA CORRESPONDANCE.

l'école, qui cependant possède au plus haut degré certaines qualités éminentes de l'esprit français, indispensables à toute bonne discipline littéraire, et qui peut-être ne révèle pas les parties les plus intéressantes de son talent dans ce Charles XII et ce Siècle de Louis XIV, seuls admis jusqu'en ces derniers temps à l'honneur d'être étudiés en classe, sous les yeux du n)aître et sous la féconde influence de sa parole.

VOLTAIRE

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