AP0L
jfqaoi vous uaileii-vous? Que Janus se fiche; fiH me tourne quel visage il voudra, que vous pporte? C'est pour cela que ces esprits pcricn vous opt suggéré de nous faire sacrifier four les jours des empereurs. Vous vous croyez ibUgés de nous y contraiudre, et nous le sommci de courir risque de la vie. >
Nom vQilA doue arrivés au crime de lèse-majesté liumûne; mais celle majesté est pour Tou ptas auguste que la divine. Vous craiipiex, vous respectez plus lempercur que Jubiler dus rOlympe : vous avez raison sans doute, si vpus ne Tiguorez pas, puisque lederpicr des ^iv^uis est préférable à quelque mort que ee soit; mais ce o*est point là le motif qui vqus fait agir. Vous avez plus d'égard pour la pmêuu des empereurs, parce que vous Tavez «NM les yeux, et vous êtes véritablement coupaUei eDven la Divinité de lui préférer une mJiMi humaine. Aussi vous parjureriei^vous pbuAt eu jurant par tous vos dieui que par icgûoie seul de César.
XXIX. Il faut d abord s assurer que ceux & fH vous sacrifiez peuvent rendre la saqté aux inperairs ou A quoique autre homme. Si cela m, traitez -nous en criminels; mais si ces es- Hits méchans, anges ou démons, sont capa- Vfs i$ foire quelque bien; si condamnés, si irrdis eux-mêmes sans ressource, ils justifient tt ib sauvent les autres; si des morts (vous l^vci ce qui en est) garantissent les vivans, nlis ccNpmeiic^t donc par garantir leurs sta- Im et leurs temples , qui ne sauraient se passer |m gardes que leur donne Tempcpeur. Et ces UaiBCs, ces temples, la matière n en est -elle ^ tirée des mines ei des carrières de 1 empernpp? Les leniplcs ne dépendent-ils pas abso- JSMsnt de lui ? Plusieurs dieux ont éprouvé sa caltre; d'autres se sont ressentis de sa magnifif«ici et de sa faveur. Or ceu^^ qui sont au INWvoir de lenupereur, qui tiennent tout de hi, cooiment seront-ils les arbitres de sa destinée? Commept leur devra-t^l sa conservalion, taqdis qu'eux-mêmes ils lui sont redeva- Uffidetaleur?
Voilà donc pourquoi nous sommes criminels de lèse-majesté; parce que nous n abaissons pis les empereurs au-deasous de ce qui leur est lioais ; parce que nous ne nous jouons pas du nlot des empereurs , en les plaçant dans des
KTIQUE. 2f
mains de plomb. Pour vous, vous iles religieux envers les empereurs , parce que vous cherchez leur salut où il n est point , que vous le deman* dez à ceux qui ne sauraient raccorder; tandis que vous ne pensez point à celui de qui il dépend uniquement, et que vous faites une cruelle guerre aux chrétiens, qui seuls savent comment il faut le demauder et par conséquent peuvent seuls Jobtenir.
XXX. Car nous invoquons pour le salut des empereurs le Dieu éternel, le vrai Dieu, le Dieu vivant , que les empereurs souhaitent sç rendre favorable , plutôt que tous les dieux ensemble. Peuvent -ils ignorer que c*est de luiqullsont reçu et Tempire et la vie ; qu'il n'y a pas d'autre Dieu que lui ; qu'ils sont en sa puissance; qu'ils sont immédiatement après lui, avant tous les dieux ? Ils sont au-dessus de tous les hommes vivans , à plus forte raison donc au-dessus de ces dieux morts. Ils connaissent les bornes de leur pouvoir : ils sentent qu'ils ne peuvent rien contre celui par qui ils peuvent tout. Que l'empereur déclare la guerre au ciel ; qu'il le traîne captif attaché à son char de triomphe; qu'il mette des sentinelles dans le ciel ; qu'il rende le ciel tributaire ; extravagantes chimères! Il n'est grand qu'autant qu il reconnaît son maître dans le Dieu du ciel. L'auteur du ciel et de toulos les créatures est aussi le sien; c est par lui qu'il est empereur, et qu'a vaut d'être empereur il est homme; il lifut sa couronne du Dieu dont il tient la vie. Les yeux levés au ciel, les mains étendues, parce qu'elles sent pures; la tète nue, parce que nous n'avons à rougir de rien; sans ministre qui nous enseigne des Rirmulesde prii'res, parce que c'est le cœur qui prie, nous demandons pour les empereurs une longue vie, un règne tranquille, la sûreté dans leurs palais, la valeur dans les troupes, la fidélité dans le sénat, la vertu dans le peuple, la [)aix dans tout le mande; enfin tout ce qu^un homme, tout ce qu'un empereur peut désirer.
Je ne puis demander tout cela qu'à celui de qui je suis assuré de l'obtenir ; il est le seul qui puisse l'accorder, et je suis le seul qui puisse 1 obtenir, comme son serviteur el son adorateur , prêt à être immolé pour sa loi. Je lui offre la plus précieuse victime qu'il m'a demandée lui-même, la prière, qui vient d'un corps chaste, d'une Ame innocente, et du Saint-
TERTCLLIEN.
Esprit. Je ne lai offrirai pas quelques grains f conséquent que la durée de Tempire r
d'un vil encens, ou d'autres parfums d*Arabîe, des gouttes de vin, du sang d'un bœuf languissant qui d^iire la mort, beaucoup moins encore une conscience infecte. Je suis toujours étonné de voir les prêtres les plus corrompus faire le choix des victimes , et qu'on examine plutôt les entrailles des animaux que les cœurs des sacrificateurs.
Tandis que nous prions de la sorte, déchireznous, si vous voulez avec des ongles de fer; attachez-nous à des cmix , jetez-nous dans les flammes, tirez le glaive contre nous, exposeznous aux bètes : le chrétien qui prie est dUpasé à tout souffrir. Pour vous , magistrats zélés , hàtez-vous d'arracher la vie à drs hommes qui remploient à prier pour l'empereur. La vérité, la fidélité à Dieu, voilà donc nos crimes.
XXXI. Mais nous sommes des Batteurs dont le but est d'échapper au supplice à la faveur de rimposture. En vérité, cet artifice nous réussit à merveille. Sans doute vous croyez, et vous nous laissez prouver tout ce que nous voulons. Si cependant vous êtes persuadés que nous ne prenons aucun intérêt à la vie des empereurs, ouvrez nos livres, qui sont la parole de Dieu même : nous ne les cachons à personne, et différentes circonstances les ont fait passer dans les mains des étrangers ; vous verrez qu'il nous est ordonné de prier, par un excès de charité , pour nos ennemis, de souhaiter du bien à nos persécuteurs. Or qui sont les plus grands ennemis, les plus ardens persécuteurs des chrétien.s, sinon ceux dont ils sont accusés d'offenser la majesté? De plus nous lisons en termes exprès dans les saintes Écritures : «Priez pour les rois et pour toutes les puissances, afin q le vous jouissiez d'une paix parfaite. » En effet Tempire ne peut être ébi^nlé que tous ses membres ne le soient: et nous-mêmes, quoique regardés «Dmme étrangers, nous nous trtiuvons nécessairement enveloppés dans ses malheurs.
XXXII. D'ailleurs nous sommes obligés, par une raison particulière, de prier pour les empereurs et pour Tempire romain : c'est que nous savons que la fin du monde, avec les calamités affreuses dont elle menace tout le monde « est suspendue par le cours de l'empire romain. En demandant à Dieu que celte horrible calas*
trophe soit retardtie , noua dciuaudom par i croirt) un dieu*
soit prolongée.
Si nous ne jurons point par le génie dt pereurs, nous jurons par leur vie, plus ai que tous les génies, qui ne sont que d mons. Nous respectons dans les emperei jugrmens de Dieu , qui les a établis poui verner les peuples. Nous savons qu'ils n'i pouvoir que celui que Dieu leur a donné, demandons la conservation de ce que Dli même a voulu ; et c'est là pour nous un serment. Quant aux génies, nous les conji pour les chasser du corps des hommes n'avons garde de jurer par eux vpour le férer un honneur qui n'appartient qu'à
XXXIII. Mais pourquoi parler davants nos sentimens religieux pour l'empereur vons- nouft ne pas les avoir pour celui que Dieu a placé sur le trône, et qu'à ce titr sommes fondés à regarder spécialement c notre empereur ? Je puis aussi plus qu'ui contribuer à sa conservation, non-seul parce que je la demande à celui qui pet corder, et que je suis ce qull f^ut êtn l'obtenir; mais encore parce qu'en abais majesté au-dessous de Dieu, et de Diei je dispose Dieu par là à lui être favora n'égalerai point l'empereur à Dieu , je n pellerai point dieu , et parce que je ne s; mentir, et parce que je le respecte tro| me moquer de lui, et parce que lui-mé voudra point s'entendre appeler dieu , pt est homme, et que le devoir ainsi que 1' de rhomme est de se reconnaître inféi Dieu. Cest bien assez pour lui d'avoir I d'empereur, titre auguste qu'il tient de Qui l'appelle dieu , nie qu'il soit emper ne peut être empereur sans être un h l/>rs même qu'il est porté sur ce pompet de triomphe, on a soin de Tavertir qi homme ; quelqu'un est placé derrière le lui dire : • Regarde derrière toi , et souvi que lu es homme.» Rien de si flaiteui propre à lui donner la plus hante idée gloire, que cette précaution qu'on juge saire, de le fiiire ressouvenir de ce qu'i aérait moins grand si on l'appelait diea qu il sentirait que c'est une fausseté. Il c plus grand quand ou l'avertit de ne
APOLOGÉTIQUE
IXXlV. Le ibndaleur de votre empire , Aule, ne souffrait pas quon le nommât sei- : Ce n^m en effet appartient à la Divinité. cooseDS jpendant à donner à l'empereur le de Seigneur, pourvu que ce ne soit pas le même sens que je le donne à Dieu. Je Wt lois 4MNnt Tesdave de Tempereur ; je n ai inpfemmC qu'un Seigneur, le Dieu tout-puis- |m et éternel, qui est également le Seigneur le Tcmpcrtor. D*ailleurs comment le père de Il fÊirie en serait-il encore le seigneur ? Un ÏHi qui respire la douceur et Tamour n'est-il pm préfifrable à celui qui n annonce que la
rHance? Aussi les chefs de famille en sontippelés les pères plutôt que les seigneurs. I Le nom de dieu convient encore bien moins ircopereur. Ce n*est qu*à la plus honteuse et à kplos funeste flatterie qu*il appartient de le lui Ihct. Tandi» que vous avez un empereur, lo-TOos saluer empereur quelqu'un de ses pifiM ? Par ce sanglant outrage vous attireriez Ûlliblcment la vengeance de lempereur sur 1«rf léCe, peut-être même sur celui que vous ariez nommé empereur. Rendez à Dieu le Oke qui lui est dû, si vous voulez ménager à ftopereur sa protection ; cessez de reconnaître ■ autre dieu ; cessez d'appeler dieu celui qui [lepcnl se passer du secours de Dieu. Si cette kme el sacrilège adulalion ne rougit pas de loo imposture , qu'elle en redoute les suites: vuos-niême ne maudissez-vous pas quiconque appelle Tempereur dieu avant son apolhéoe?
XXXV. Les chrétiens sont donc les ennemis le rÉiat , parce qu'ils rendent à Tempcreur des boeoeurs qui ne sont ni vains, ni faux, ni sa- Eriléges: parce que faisant profession de la véritable religion , ils célèbrent les jours de féie le Tempereur par les seutimens de leurs cœurs, Cl non parla débauche? Grande preuve de zèle CB effet , d allumer des feux et de tendre des I ts dans les rues, d'y faire des grands festins , de danger Rome en taverne, de répandre le vin pvtout, de courir en troupes pour insulter et commeltre toute sorte de désordres! La joie publique ne s'annonce-t-ellc donc que par la boute publique? Ce qui serait indécent un autre jour, devient-il décent dans les jours consacrés
prince? Ceux qui observent les lois par res-
ils piété ? Une occasion de dissolution passerat-elle pour une fête religieuse ?
Nous sommes bien coupables sans doute : nous acquittons les vœux pour les empereurs sans cesser d'être sobres , chastes et modestes. Dans ces jours de joie nous ne couvrons pas nos portes de lauriers; nous n'allumons pas des lampes en plein midi : rien cependant n'est plus honnête alors que de donner à sa maison l'air d'un lieu de prostitution.
Il est à propas maintenant de mettre dans tout son jour la sincérité de vos démonstrations pour la seconde majesté, qu'on nous accuse d'offenser par un second sacrilège, lorsque nous refusons de célébrer avec vous les fêtes des empereurs d'une manière également opposée à la bienséance, à la modestie et à la pudeur. Il faut voir si ceux qui nous refusent le nom de romains, qui nous traitent d'ennemis des empereurs , ne sont pas plus criminels que nous. J'interroge donc les Romains; je demande à cette immense multitude, qui remplit vos sept collines, si jamais dans son langai;e romain elle épargne les empereurs : le Tibre et les écoles des gladiateurs peuvent en rendre témoignage. Si la nature n'eût couvert les cœurs que d'une manière transparente, on y verrait l'objet de leurs vœux secrets, les images de nouveaux princes qui se succéderaient sans cesse pour faire des largesses et des distributions au peuple. Oui, voilà les vœux secrets de ces Romains, dans le temps même qu'on les entend crier: « 0 Jupiter ! retranche de nos années |)our les donner à l'empereur ! U Un chrétien ne sait point tenir ce langage ; il ne sait point non plus souhaiter un nouvel empereur.
Le peuple, dites-vous, est toujours peuple : fort bien ; mais cependant ce sont là des Romains, et nos plus grands ennemis. I^s autres ordres de TÉtat, selon le rang (|u*ils y tiennent, sont sans doute d'une fidélité à l'épreuve ; jamais il ne s'est trouvé de factieux dans le sénat, dans l'ordre équestre, dans les camps, dans le palais. D'où sont donc sortis les Gassius , les Nigers, les Albinus; ceux qui assassinent leur prince entre deux bosquets de laurier ; ceux qui s'exercent dans les gymnases, pour les étrangler habilement; ceux qui forcent le palais
peci pour le prince , les violeront-ils à cause de
hd ? La licence et le dérèglement s'appelleront- | * De nostris annis Ubi Jupiter au^eat anooi.
TERTULLIEN
à main armée, plus audacieux que les Sigerius el les Parthenius ^ ? Si je ne me trompe , tous ces gens-là étaient Romains, c'est-à-dire nieraient pas chrétiens. Tous, jusqu'au moment où leur rébellion a éclaté, sacriflaient pour le salut dé Tempereur, juraient par son génie, et surtout ne manquaient pas de donner aui chrétiens le nom d'ennemis publics.
Les complices ou les partisans des dernières factions qu'on découvre tons les jours, restes échappés d'un parti, dont les parricides chefs viennent d'élre moissonnés, n'omaient-ils pas leurs portes des branches de laurier les plus fraîches et les plus touffues ? N'avaient-lls pas dans leurs vestibules les plus brillantes illuminations ? Ne remplissaient-ils pas la place de lits superbes ; non d la vérité dans Tinlention de prendre part à la joie publique, mais pour former leurs vœux particuliers dans une fêle tout à fait étrangère, pour faire en quelque sorte dans le secret Tinauguratiotl de celui à qui ils destinaient le trône ?
Ceux qui consultent les astrologues, les aruspices, les augures, les magiciens, sur la vie des empereurs, n'ont pas moins d^empressèment à s'acquitter de ces devoirs religieux. Pour les chrétiens, jamais ils n'ont recours à des sciences inventées par les anges rebelles et maudits de Dieu. Et d'où peut venir cette curiosité de s'informer des jours des empereurs, si on ne trame rien contré eux ; si du moiris on ne souhaite et on n'attend pas leur hiort ? car on ne tire pas l'horoscope de ses miittrèS pdr le même motif qu'on tire celui des personnes qu'on aime : là curiosité du sang et de familié est bien différente de celle dd l'esclavage.
XXXVI. S'il est donc certain que ceux qlie vous appeliez Romains, et qui passaient pour tels, sotit Convaincus d'être les ennemis de i'ettipiré , ne pourrait-il pas se faire aussi que ceux qui passeiit pour ennemis, et à qui vous refusez te tiorh de Romains, fussent effectivement romains, et rien moins qu'ennemis Pi'ton, la fidélité et le dévoilement dus aux empereurs ne consistent pas dans de vaines démonstrations, sous le masque desquelles la trahison sait si bien se cacher. Ils consistent dans les senlimeiis que iiôùs sommes obligés d'avoir pour
* yomê de ceux qui tuèrent l'empereur Domitien.
tous les hommes, comme pour les empereurs ; car ce n'est pas aux empereurs seuls que nous devons vouloir du bien. Nous faisons le biéti sans acception de personnes, parce qoe é*csf pour nous-mêmes que nous le foison^, âans attendre ni louange ni récompense d*aiiCUh homme. Notre rémunéi^ateur est Dieu seul, qiii nous fait une loi de cet amour universel pour tous indistinctement. Nous sommes les mêiileà pour les empereurs que pour tous ceux avec qiii nous avons quelque rapport. Il nous est également défendu de vouloir du mal à qui que Ce soit, d>n faire, d'en dire, d'eii peiiseir même. Ce qui ne nous est pas permis contre Tempèrcur ne l'est contre personne : ce qui ne l'est contre personne l'cf^t peut-être encore moins contre celui que Dieu a fait si grand.
XXXVII. Si , comme noiis l'avons dit, it nous est ordonné d'aimer nos ennemis, qui poiirrions-nous haïr ? S'il nous est défendu de nous venger de ceux qui nous offensent, pour lie pas nous rendre aussi coupables qu'eux, qui nous sera-t-il permis d'offenser?
Vous-mêmes, je Vous en fiais juges, éombieii de fois exercez-vous des cruautés contre lès chrétiens, ou dé votre propre mouvement, ou pour obéir aux lois ! Combien de fois le peuple, saris attendre vos ordres, ne nous âccable-t-U pas de pierres, et ne met-il pas le feu à nos matsons ? Dans la fureur des bacchanales On n^dpargne pas même les morts : oui, Tàsile dé ta mort est violé. Du fond des tombeaux où th reposent, on arrache les cadavres descbrétiénS| quoique méconnaissables, quoique d^à corrompus, pour leur insulter et les mettre ed pièces. Cependant avez- vous remal*qué qiie nous ayons jamais cherché à iioûs venger de cet acharnement qui nous poursuit aii delà du tombeau? Une seule nuit avec quelques flambeaux, c'en serait assez s'il nous était permis de rendre le mal pour lé mal : mais à Dieu né plaise qu'une religion divine ait recours â des moyens humains pour se venger, ou qu'elle se laisse abattre par les épreuves ! Si au lieu dé nous venger sourdement, nous voulions agir eri ennemis déclarés, nous ne manquerions ni dé forces ni de troupes. Les Maures, tes Marcbmans, les Parihes même, qUelque nation '(\né ce soit, renfermée après lotit dans ses iirililëSy est-éllc plus nombreiile qii'uné nalidil qui n'en
APOLOft
lires que Funivers ? Nous ne sommes que % et nous remplissons tout, vos villes, vos fos châteaux ^ vos bourgadts^vos conseils, imps, vos tribus, vos décuries, le palais, lat , le forum : nous ne vous laissons que amples.
serionsHious pas bien propres à la ffuerre^ ■^ à forces inégales, nous qui nous laissons si volontiers, si ce n*était une de nos mes : quli vaut mieui soufFrir la mort que donner? Sans même prendre les armes, nous révolter, nous pourrions vous comî simplement en nous séparant de vous ; celte multitude d'hommes vout e(it quittés se retirer dans quelque Contrée éloignée, te de tant de citoyens de tout état aurait l votre gouvernement) et vous eût assez : vous auriez été effhiyés de votre solidu silence, de réionnement du monde, irait paru comme mort ; vous auriez cherqui commander; il vous serait resté plus émis que de citoyens. A présent , la mul- ', des chrétiens fait que vos ennemis pam en petit nombre.
r|ui vous délivrerait de ces ennemis cachés, funestes à vos âmes qu'à vos corps, je dire des démons que nous chassons sans ^t et sans récompense ^ il suffirait, pour vengeance , de vous laisser à la merci de prits immondes. Et vous , sans nous tenir le dun service de cette importance, sans hir que loin de vous être nuisibles, nous K)mmes nécessaires ^ vous nous traitez en iiis : nous sommes à la vérité ennemis 'es, mais ennemis de Terreur, et nulledu genre humain.
XVIII. 11 fallait donc traiter avec douceur,cl e du moins au rang des foclions permises, «ligion â qui on ne peut rien reprocher de ce craint des factions justement proscrites. s a proscrites, si je ne me trompe, pour oquillité publique, pour emf>ècher que la le fût déchirée par des partis opposés : ce lirait troublé les assemblées du peuple et nat, les harangues et les spectacles, surdans un temps où Ion vend jusquaux ices qu'on commet.
ur nous qui ne brûlons point de la pasle la gloire et des honneurs, nous n'avons ntérét de former des cabales. Nous ne
ÊTIOUE. â1
nous mêlons jamais des afi^ires publiques : \t monde , voilà notre république. Nous renonçons sans peine à vos spectacles : piehis dd mépris pour tout ce qui s'y passe , nous avons en horreur la superstition qui en est la mèi^. Nous n'avons rien de coinmun avec les extravagances du cirque, avec les obscénités du théâtre^ avec la barbarie de Tarène, avec là frivolité des gymnases. N'a-t-il pas été permis aux épicuriens de se faire de la volupté Tidée qu'il leur a plu ? Vous offensons-nous en adoptant d'autres plaisirs que les vôtres? Et si nous voulions nous sevrer de toute sorte d'amusemens , ce ne serait pas à vous , ce ne serait qu'à nous-mêmes que nous ferions tort. Nous condamnons vos plaisirs, j'en conviens, comme vous-mêmes vous ne pouvez goûter les nôtres.
XXXIX. Je vais montrer maintenant à qtiol s'occupe la faction des chrétiens ; après Tavdlr défendue contre les calomnies , il faut la fiiire connaître. Unis ensemble par les nœuds d'iiûË même foi , d'une même morale , nous ne faisons qu'un corps. Nous nous assemblons poùF prier Dieu ; nous formons une sairtie Codjtirâtion , pour lui faire une violence qui lui est agréable; nous prions pour les empereurs, pour leurs ministres, pour toutes les puissances , pour l'état présent dé ce nmodè, pôûi* la paix , t>our le retardement de là Rii de l'univers. Nous nous assemblons pour lire les Écritures, où nous puisons, selon tes circonstances, les lumières et les avertissemens doût nôiis avons besoin. Cette sainte parole nourrit iiôlre foi, relève notre espérance, affermit hoifé confiance , resserre dé plus en plus là discipline , en en inculquant le précepte.
C'est là que se font tes exhortatiofis et lès corrections, que se prononcent les céhsures au nom de Dieu. Certains que doiis sommes toujours en sa présence, nous jugeons avec grabd poids, et c'est un terrible préjugé pour le jiigement futur, quand quelqu'un a mérité d'être retranché de la communion dès prières, dé nos assembli'es, et de tout ce saint comrnerce.
Des vieillards préj>ident; ils parviennent à cet honneur, non par argent , mais par lé té moignage d'un mérite éprouvé. L'argent n'influe en rien dans les choses de bieù ; et si l'on trouve chez nous une espèce de trésor, nous
n'avons pas 9 rougir d'avoir vendu la religion*
TERTULLIEN
Chacun Fournit tous les mois une somme modique , ou lorsqu^il le veut, s'il le veut et s'il le peut; on n'y oblige personne: rien de plus libre que cette contribution ; c*est un dépôt de piété qu'on ne dissipe point en repas et en débauches ; il n'est employé qu'à nourrir et à enterrer les pauvres , les orphelins sans bien , les domestiques cassés de vieillesse, les malheureux qui ont fait nauFrafje. S'il y a des chrétiens condamnés aux mines, détenus dans les prisons, ou relégués dans les Iles, uniquement pour la cause de Dieu , ils y sont entretenus par la religion qu'ils ont professée.
Il se trouve néanmoins des gens qui nous font un crime de celte charité. «Voyez, disentils , comme ils s'aiment ; » car pour nos censeurs, ils se haïssent tous. «Voyez comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres;» pour eux , ils sont plutôt prêts à s'entr*égorger. Quant au nom de frères que nous nous donnons , ils ne le décrient que parce que chez eux tous les noms de parenté ne sont que des expressions trompeuses d'attachement.
Nous sommes aussi vos frères par le droit de la nature , la mère commune de tous les hommes. Il est vrai que vous êtes de mauvais frères; à peine èles-vous des hommes. De véritables frères sont ceux qui reconnaissent pour père le même Dieu , qui ont reçu le même esprit de sainteté, qui sortis du sein commun de Tignorance, ont vu avec transport luire le jour de la même vérité.
Mais peut-être qu'on ne nous croit pas frères, ou parce que notre nom ne se trouve jamais dans vos tragédies, ou parce que nous vivons en commun et en frères, des mêmes biens qui chez vous divisent tous les jours les frères. Ne faisant tous qu'un cœur et qu'une âme, pourrions-nous avoir de la répugnance à communiquer nos biens? Tout est commun entre nous , hormis nos femmes : nous sommes divisés sur ce seul point qui réunit les autres hommes. Ils font entre eux comme un échange des droits que leur donne le mariage, à l'exemple sans doute de leurs sages , d'un Socrate parmi les Grecs, d'un Gnton parmi les Romains, qui abandonnèrent à leurs amis des femmes qu'ils avaient épousées , pour en avoir des enfants dont ils ne seraient point les pères. Fut-ce malgré elles? on peut en douter. Indi-
gnement prostituées par leurs propres n pouvaient-elles être bien jalouses de la teté conjugale? 0 .«sagesse attique! 0 g romaine! Un philosophe et un censeur doi l'exemple du plus infâme commerce !
Pour les chrétiens, il n'est pas étonnac
s^aimant si tendrement , ils aient des
communs. Vous cherchez à décrier nos
prrs non-seulement comme criminels ,
comme somptueux. C'est apparemment
nous que Diogène disait : « Les Mégariens
gent comme s'ils devaient mourir le lende
et bâtissent comme s'ils étaient immoi
On voit plutôt une paille dans l'œil d';
qu'une poutre dans le sien. L'air est infèc
digestions de tant' de tribus , de curies
décuries. Les salions > ne donnent pas di
pers sans faire d'emprunt. 11 faut de fj
calculs pour arrêter les frais des festi
l'honneur d'Hercule. On choisit les plus li
cuisiniers pour les apaturies % les dionysi
les mystères de l' Attique. La fumée des si
de Si^rapis éveille tous ceux qui sont pr
pour les incendies : et Ion ne parle qi
repas des chrétiens!
Leur nom seul montre quel en est le On les appelle agapes , d'un mot gr< signifie cUaritë. Quoi qu'ils puissent c nous nous croyons bien dédommagés p vantage de faire du bien ; nous souL par là les pauvres; nous ne rassemblom comme vous des parasites qui font gli vendre leur liberté, et de venir à vos s'engraisser au prix de mille avanies traitons les pauvres comme des homn qui la Divinité attache ses regards avec de complaisance.
Vous voyez combien le motif de nos s est honnête : tout ce qui s'y passe y rép est également réglé par des vues de re on n'y souffre ni bassesse ni immodes ne se met à table qu'après avoir fait la [ Dieu. On mange autant qu'on a faim ; comme il convient à des gens qui font sion de chasteté ; on se rassasie comme
* PréIres institués par Numa pour la (;arde cliers 8acré«.
* Apaturies, Fêles Grecques en l'honneur c rentes divinités.
* Fétet de Baccbiu.
APOLOGÉTIQUE
prier Dieu celte même nuit ; on converse , comme sachant que Dieu écoute. Après qu'on s'est lavé les mains, et qu'on a allumé les flambeaux, chacun est invité à chanter les louanges de Dieu qu'il tire des saintes Écritures , ou qui! compose lui-même. On voit par là combien il a bu. Le repas finit comme il a commencé , par la prière. On sort de là , non pour fûre do désordre , pour commettre des insolences et des meurtres , mais avec modestie , avec pudeur : on sort d'une école de vertu , plutôt que d'un souper.
Condamnez , proscrivez nos assemblées , si elles ont quelque rapport avec les assemblées dangereases et criminelles, si on peut leur Faire le même reproche qu'aux Factions ordinaires. Mais nous sommes-nous jamais assemblés pour mire à qui que ce soit? Nous sommes tels assemblée que séparés, tous ensemble que chacon en particulier, n'offensant personne, n'affligeant personne.
XL. Une assemblée de gens de bien , de gens vertueux, pieux et chastes, n'est point une faction , c'est un sénat : le nom de faction convient I ceux qui conspirent contre ces hommes vertueux ; qui demandent à grands cris leur sang ; qui prennent pour prétexte de leur haine, que les chrétiens sont la cause de toutes les calamités publiques. Pitoyable prétexte I Si le Tibre inonde Rome , si le Nil n'inonde point les campagnes, si le ciel est fermé , si la terre tremble, s'il survient une famine, une peste, on entend crier aussitôt : « Les chrétiens aux lions ! » Quoi ! tous les chrétiens aux lions ! Mais dites-moi , je vous prie, avant Tibère, c'est-à-dire avant la naissance de Jésus-Christ , la terre , les villes n'ont-elles pas éprouvé les plus grands malheurs ? L'histoire ne nous apprend-elle pas que Hiérapolis, que les lies de Délos, de Rhode et de Cos, ont été submergées avec plusieurs milliers d'hommes? Platon assure que la mer Atlantique a couvert la plus grande partie du continent de l'Asie ou de l'Afrique. Un tremblement de terre a mis à sec la mer de Gorinthe. La violence des flots a détaché la Lucanie de lltalie, et en a fait l'Ile de Sicile. De tels changemens dans le globe n ont pu arriver sans faire périr quantité d^hommes. Où étaient, je ne dis pas les chrétiens ces contempteurs de vos dieux , où étaient vos dieux eux-mêmes, lorsque le dé-
luge a submergé toute la terre, ou du moins les plaines , comme Platon l'a prétendu ? Les villes où vos dieux sont nés, où ils sont morts, celles même qu*ils ont bâties prouvent assez qu'ils sont postérieurs au déluge : autrement elles ne subsisteraient pas aujourd'hui.
Les essaims des juifs d'où les chrétiens tirent leur origine n'étaient pas encore sortis de l'Egypte, pour aller se fixer dans la Palestine, lorsqu'une pluie de feu consuma sur les frontières les villes et le pays de Sodome et de Gomorrhe. La terre de celte contrée exhale encore une odeur infecte; et si on y voit quelques fruits , ils tombent en cendres dès qu'on y porte la main.
La Tuscie et la Gampanie ne se plaignaient pas des chrétiens , lorsque Vulsinie' fut brûlée par le feu du ciel , et Pompéia * par celui de sa montagne. Personne n'adorait à Rome le vrai Dieu, lorsque Annibal, après la sanglante journée de Gannes, remplissait un boisseau des anneaux des Romains. Tous vos dieux étaient adorés de vous tous, lorsque les Gaulois sénonnais investirent le Gapitole. Pour tout dire en un mot , les villes n'ont jamais essuyé de désastres que les temples ne les aient partagés. Les dieux ne sauraient donc être regardés comme les auteurs des calamités dont ils se sont eux-mêmes ressentis.
La race des mortels n'a cessé d'offenser Dieu, soit en négligeant son culte, en ne cherchant pas cet Être suprême qui s'était laissé entrevoir à eux, soit en se faisant des dieux pour les adorer : et parce qu'ils n'ont pas cherché Tauteur de l'innocence, le juge et le vengeur du crime, ils se sont livrés à toute sorte de vices et de déréglemens. S'ils l'eussent cherché , ils le connaîtraient ; s'ils le connaissaient , ils l'adoreraient : s'ils l'adoraient, ils éprouveraient sa clémence, au lieu d'être en butte à sa colère. Le même Dieu dont les hommes ont ressenti la vengeance avant qu'il y eût des chrétiens, les châtie encore aujourd'hui. Avant qu'ils se fussent forgé des dieux , ils jouissaient de ses bienfaits, sans penser à leur bienfaiteur.Qu'ils apprennent que c'est également de lui que viennent les maux qu'a mérités leur ingratitude.
^ Ville de la Tuftcie ou Éirurie, aujourdliui la Toitcane . * Ville de la Campanie, engloutie par rérupUon du mont Vésuve Tan 80 de J.-C.
TERTULUEN.
Si cependant nous nous rappelons les calamités qui désolèrent autrefois la terre, nous verrons que les hommes sont traités avec moins de ri^eor depuis qu'il y a des chrétiens. De* puis cetleépoque Tinnocence a balancé le crime; la terre a eu des intercesseurs auprès de Dieu. Lorsque les pluies d'hiver et d'été suspendues menacent d'une affreuse stérilité, vous rem* plisses les bains, les cabarets, les lieux de débauche, vous sacrifiez à Ju|>iter, vous avertisses le peuple de demander de Peau nu-pieds; vous cherchez le ciel au Gapitole, vous comptez faire descendre les nuages des vo6tes des temples , tandis que vous outragez Dieu et le ciel. Pour nous, eilénués par le jeûne, purifiés par la continence, sevrés de tous les plaisirs, sous le sac et la cendre, nous désarmons le ciel; et lorsque nous avons arraché le pardon , on remercie Jupiter.
XU. C'est donc vous qui êtes à charge à la terre; c'est vous qui, méprisant Dieu pour adorer des statues, causez tous les malheurs de r£tat. C(St ce Dieu que vous méprisez qui vous fait sentir sa colère, et non point ces prétendus dieux que vous sentez avec tant de zèle. Ce serait de leur part le comble de Tinjustice de punir leurs propres adorateurs à cause des chrétiens, dVnvelopper dans les mêmes désastres des hommes si différent. . Il est aisé, dites-vous, de rétorquer la difficulté contre vous-même. Votre Dieu souffre donc que ses fidèles serviteurs soient punis de nos sacrilèges ?
Apprenez quels sont les desseins de Dieu , et vos objections finiront. Dieu , qui a renvoyé après la fin du monde le jugement étemel de tous les hommes, ne précipite point avant ce terme la séparation , qui sera la suite du jugement. En attendant, il parait traiter de même tous les hommes : il veut que les infidèles partagent les biens de ses serviteurs, et que ses serviteurs aient part aux maux des infidèles: que les uns et les autres épnMivent et sa bonté et sa sévérité. Instruits par lui-même de ses dé^ crets, nous aimons sa bonté , nous craignons sa sévérité. Pour vous, vous méprisez Tune et Taiitre : de là il arrive que tous les maux qui $ont pour vous de véritables punitions ne sont pour nous que des averiissemens. Nous ne nous plaignons point , parceque nsus n'avons d'autre
intérêt dans ce monde que d'en sortir an plus tôt.
D'ailleurs nous savons que ce sont vos anwm qui attirent sur la terre les fléaux d« ciel; tt quoique nous nous en ressentions néeessairnment, faisant partie avee'vous de la mênsf société, nousvoyonsavecjcHeraGCQmpiissemeiil des oracles divins, qui ifFermissent noire toi #i notre espérance. Si au contraire il était vrai qny ceux que vous adorez vous envoyassent iwa ces maux i cause de nous, comn^ent poiirrîffvous adorer encore des dieux, et si ingrats d é ii^ustes, qui devraient vous en garantir et vous combler de faveurs en baîne ^ chrétiens ?
XUL On nous fait on autre reprocha : on dit que nous sommes inutiles au coiaimercette la vie. Oimment cela pourrait*il être ? Noua vl»* vons avec vous ; nous avons la même nourrilera» les mêmes habits, les mêmes meublei» lis mêmes besoins. Nous pe ressemblons pas am brachmane s et aux gymnosopliistes des Indei i nous n'b;ibiions pas les forêts, nous ne fyyens l»as les hommes. Pious nous souveiiooa i|nt nous devons rendre grâces à Dieu , le seigneiu* et le créateur de toutes choses : nous ne rejetoni rien de ce qu'il a fait pour nous , mais noua sommes en garde contre l'excès et contra Tabpa. Nous nous trouvons avec voua t le plaea^ en marché, aux bains, aux boutiques, aui^ bMeh leries, aux foires, dans tous les lieux néceeewei au commerce de la vie. Nous naviguona avee vous, nous portons les armes, nouacolUvona la terre, nous trafiquons, noua exer^weles mêmes arts et pour votre usage. 4e ne cei»* prends pas comment nous vous sommes inulileii tandis que nous vivons avec vous, et de enqne nous gagnons à votre service.
Si je ne fréquente pas vos cérémonies, je ne laisse pas de vivre ces jours-là. Je m prend! pas le bain la nuit pendant les Saturnales* pour ne pas perdre le jour et la nuit. Je le prends I une heure convenable , pour ne pas me glacer le sang : il sera assez temps après ma mort d'être pâle et raide au sortir de Teau. Je ne mange point eu public aux fêtes de Bacchua, A l'exemple des bestiiiires, qui font leur dernier repas ; mais quelque part que je soupe, on flae sert les mêmes mets qu'A vous. Je n*ac|itftte pas de couronnes de fieurs« mais j'achète deaSenie; et que vooa importe comment je m'en aervfi i
APOLOGETIQUE.
Je les aime mieox quand elles ne sont pas liées ensemble , qu'elles ne forment ni couronnes ni bouqueCc Les cooranaes même je les approche du nez : j'en demande pardon à ceux qui ont leur odorat dans les cheveox. Nous n allons pas au spectacles; mais quand j'ai envie de ce qui ly vend, je Facbèle plus voloniiers chez les marchanda. Nous n*acheions pas d'encens , il est jm ; « les Arabess'en plaignent, lesSabéens saieot qae nous achetons des aromates plus dwrs et en plus grande quantité pour ensevelir ks morts que vous n'en perdez i enfumer vos dicfuu
Dn mwM» dites-vous, on ne saurait nier que les reveoos des temples ne diminuent tous les jours. Qui est-ce qui met encore daa<( les troncs ? Cest que nous œ pouvons pas sufiire à donner aox iMMomes et aux dieux, et que nous ne croyons (tevoir donner qu'ji ceux qui demandent. Que Jupiter tende la main, nous lui donnerons. Enfin voitt faites moins d'offrandes dans vos temples que nous ne faisons d'aum6nes dans les mek Et combien le fisc n'A4-il pas â se louer des chrétiens l Car si Ton examine combien les différentes impositions perdent par vos fraudes et Yos fausses déclarations, tandis que nous les psjfvns avec cette même bonne foi qui oc nous permet pas de faire tort à qui que ce soit , on trouvera que le seul article, où vous |)ouvez nous reprocher dVtre inutiles à l'État est bien compensé par tous les autres.
Xiill. 11 faut Tavouer cependant , il y a des gens fondés à se plaindre qu'il n*y a rien k gagner avec les chrétiens. Et qui sonl-ils?Gi*ux qui font un commerce iofàine et leurs vils esclaves; les ravisseurs, les a^^ssins, les empoisonneurs, les magiciens, les aruspices, les devins, les astrologues : on gagne beauioup à oe rien faire gagner à tous ces gens-là. Niais ii\ était vrai que notre secte vous causât quel* (lue préjudice, convenez qu'elle vous en dédommage bien. Comptez- vous pour rien d avoir parmi vous des hommes , je ne dis plus qui clia.Hsent les démons, qui invoquent pour vous le vrai Dieu , mais du moins de qui vous n avez rien à craindre ?
XLIV. Une perte réelle, une perte irréparable pour TËtai, une perte à laquelle personne ne fait attention, c*est celle de tant d*hommes vertueux, irréprochables, qu'on persécute, tiu'on fait
I mourir tous les jours. Je prends à témoin vos registres, vous qui jugf*z tous les jours les prî* sonniers, qui condamnez tant d'hommes cou* pables de toutes sortes de crimes, des assassins. des filous, des sacrilèges , des séducteurs; yea a-t-il un seul d'entre eux qui soit chrétien ?oa parmi ceux qui vous sont déférés comme chré* tiens , s'en trouve-t-ii un seul coupable d'aucuQ de ces crimes? C'est donc des vôtres que re* gorgent les prisons , que s'engraissent toi hèles : c'est de leurs cris que retentisf^nt lea mines , c'est parmi les yùint qu'on ctioisit dea troupeaux de criminels pour servir de speclacie. Nul d'entre eux n'est chrétien, ou il n'est que chrétien ; s'il est coupable de quelque autre crime, non il n'est point chrétien.
XLV. Nous seuls donc, nous seuls sommet innocens ? Qu'y a-t-il là qm doive nous surprendre ? L'innocence est pour nous une o^ cessité , oui une nécessité; nous la connaissons parfaitement, l'ayant apprise de Dieu méint ^ qui est un maître parfait ; lious la gardons fidèlement, comme ordonnée par un juge qu*oil ne peut mépriser. Pour vous ce sont des hommes qui vous l'ont ensiignée , ce sont des hommes qui vous Tout ordonnée. Vous ne pouvez donc ni la connaître comme nous, oicraindrecomme nous de la perdre. Eli 1 peui-oo compter «or les lumièi-es de l'homme pour faire amnatire la vraie vertu, sur son autorité pour la faire pratiquer ! Ses lumières égarent, son autorité est méprisée.
D'ailleurs quelle est la loi la plus sage de celle qui dit : a Vous ne tuerez point, ou de celle qui dit : «Vous ne vous mettrez point efli colère?» Lequel est le plus parfait de condam^ ner l'adultère, ou la simple concupiscence dee yeux; les actions mauvaises, ou jusqu'aux paroles; de défendre de fqire injure à personne, ou de défendre même de repousser l'injure? El remarquez que vus lois ont emprunté ce qu'elles ont de b«m d'une loi plus ancienne , qui est la loi divine. Nous avons parlé plus haut du tempe auquel vécut MoLse.
Mais encore une fois combien toutes les lois humaines sont impuissantes ! Presque toujours on peut leur échapi>er en se cachante la ; passion , comme la nécessité , les brave ; et le I supplice dont elles menacent est d'une si courte i duré^ I du moins on ne peut le prolonger au
TERtULLIEN.
delà de la vie. G*est par cette raison qu'Épicure méprisait tous les tourmens et toutes les douleurs. «Si la douleur est légère, disait-il, elle est par conséquent aisée à supporter ; si elle est violente, elle ne dure pas.]» Pour nous qui devons être jugés par un Dieu qui voit tout , et qui savons que ses punitions sont éternelles , nous sommes les seuls qui embrassons la vraie vertu, et parce que nous la connaissoas parfaitement , et parce que le supplice destiné au crimeest non pas de longue durée, mais éternel. Mous craignons TÊtre souverain que doit craindre celui qui juge des hommes qui le craignent. Nous craignons Dieu , et non le proconsul.
XLVI. Je crois avoir justifié les chrétiens de tous les crimes que leur imputent des accusateurs altérés de leur sang. J'ai tracé sans rien déguiser le tableau de leur religion. L'autorité et fancienneté de nos Écritures, la confession même des démons, voilà mes preuves. Si quelqu'un entreprend de me réfuter, qu'il laisse là Tartiflce du discours ; qu il réponde avec la franchise et la simplicité dont je lui ai donné l'exemple.
Mais rincrédulité convaincue par sa propre expérience de l'excellen-e du christianisme se retranche à dire qu'il n'a rien de divin, que ce n'est qu'une secte de philosophie, comme les auires.« Les philosophes,nous dit^^oUfCnseignent comme vous, font profession comme vous d'innocence, de justice, de patience, de sobriété, de chasteté. » Pourquoi donc, si notre doctrine est la même que la leur, ne nous est-il pas permis de la professer comme à eux? Pourquoi, s'ils sont d'une secte semblable à la nôtre, ne les oblige-t-on pas aux mêmes choses, que nous ne pouvons refuser sans courir risque de la vie? Quel est en effet le philosophe qu'on ait contraint de sacrifier, de jurer par les dieux, d'allumer follement des flambeaux en plein midi?
Tout est permis aux philosophes. Ils détruisent ouvertement le culte de vos dieux , écrivent contre vos superstitions, et vous leur applaudissez : la plupart même se déchaînent contre vos princes, et vous le souffrez; au lieu de les condamner aux bêtes, vous leur décernez des récompenses, vous leur élevez des statues. Vous avez raison de le faire; ils prennent le nom de philosophes et non pas de chrétiens: et lenom de
philosophe ne met pà^ en fuite les démons. Que dis-je? les philosophes placent les démons au second rang après les dieux. «Si mon démon le permet,» disait Socrate. Ce philosophe, qui du moins entrevoyait la vérité, puisqu'il niait qu'il y eût des dieux, ordonna cependant, sur le point de mourir, qu'on sacrifiât un coq à Esculape; sans doute par reconnaissapce pour son père Apollon, dont l'oracle l'avait déclaré le plus sage des hommes. Mais quelle imprudence de vanter la sagesse d'un honune qui ne reconnaissait pas les dieux !
Plus la vérité est odieuse , plus celui qui la professe sans déguisement révolte les esprits. Mais un moyen sûr de plaire à tous ceux qui la persécutent, c'est de l'affaiblir et de l'altérer: c'est ce que font les philosophes qui se vantent d'enseigner la vérité , et qui n'ont d'autre but que la gloire. Les chrétiens au contraire qui ne pensent qu'à leur salut recherchent nécessairement la vérité , et la professent dans toute sa pureté. Les philosophes ne sont donc pas, comme vous le pensez, à comparer aux chrétiens, soit pour la doctrme, soit pour les mœurs.
Thaïes , ce grand physicien, put-il répondre quelque chose de positif à Grésus sur la Divinité, après avoir pris cependant plusieurs délais pour y penser? Chez leschrétiens, le dernier artisan connaît Dieu, le fait connaître aux au** Ires , et satisfait à toutes vos questions sur l'Auteur de l'univers; tandis que Platon nous assure qu'il est bien difficile de le connaître, et encore plus d'en parler devant le peuple. Les philosophes prétendraient-ils nous le disputer pour la chasteté? Je lis dans l'arrêt de mort de Socrate qu'il fut condamné comme corrupteur de la jeunesse : jamais on ne reprochera à un chrétien de violer les lois de la nature. Diogène ne rougissait pas d'assouvir sa passion avec la courtisane Phrjrné ; Speusippe, disciple de Platon , fut tué en commettant un adultère : un chrétien ne connaît que sa femme. Démocrite se crevant les yeux, parce qu'il n'était plus maître de lui-même lorsqu'il voyait une femme, publie assez son incontinence par la punition qu'il s'impose : un chrétien garde ses yeux et ne voit pas les femmes, parce que son cœur est aveugle pour la volupté. Parlerai-je de l'humilité? Je vois Diogène fouler, de ses jMeds
APOLOGETIQUE.
comrols de booe, Forgodl de Platon avec un orgueil plus grand encore : on chrétien ne conoall pas la tiaateur, même avec un pauvre. S'agit-ii de la modération : Pytbagore veut r^^oer sur les Thuriens , Zenon sur les Prié- BÎeDs : on chrétien ne brigue pas même fédilité. Si je viens à l'égalité d*àme, Lycurgue se fit moarir de faim, parce que les Lacédémonicns avaient changé quelque chose à ses lois : nndirélien remercie ceux qui Tont condamné. Si je compare la bonne foi , Anaxagore nie le dépôt qu^ii a reçu de ses hôtes : la bonne foi des chrétiens est vantée par les païens même. Si jecoDMdère la bonté, Aristote fiiit chasser son ami Hermias de la place qu'il occupait : un chrétien n'humiliera point son ennemi; Aristote flatte bassement Alexandre pour le gouverner; Platon, Denys le Tyran pour être admis à sa table ; Aristippe, sous la pourpre et sous le masque de la plus grande austérité, s'abandonne à b débauche ; Hippias est tué lorsqu'il veut opprimer sa patrie : jamais un chrétien ne s'est rien permis contre l'État , même pour venger les chrétiens, quoique traités inhumainement.
On dira peut-être qu'il y a des gens parmi Doos qui s'afFranchissent des règles sévères de notre morale : qu'on ajoute aussi que nous ne les comptons plus au nombre des chrétiens. Mais les philospohes, après tant de crimes et de bassesses, conservent parmi vous le nom et les honneurs de sages.
Et comment pouvez-vous comparer un philosophe avec un chrétien, un disciple de la Grèce avec un disciple du ciel , un homme qui n'est occupé que de la gloire avec celui qui n'a que son salut à cœur, un homme qui parle en sage avec un homme qui vit en sage, un homme qui détruit tout avec un homme qui établit ou maintient tout ? Gomment pouvezvous comparer le partisan et l'adversaire de l'erreur, le corrupteur et le vengeur de la vérité, celui qui l'a dérobée, et celui qui en est le possesseur et le gardien de tout temps ? Qu'y a-t-il de commun entre deux hommes si opposés?
XLVn. L'antiquité de nos livres établie plus haut doit vous disposer à les regarder comme le trésor d'où les sages venus ensuite ont tiré toutes leurs richesses. Si je ne craignais de trop grossir cet ouvrage , il me serait aisé de le
démontrer. Quel est le poète , quel est le sophiste qui n'ait puisé dans les prophètes? C'est dans ces sources sacrées que les philosophes ont essayé d'éteindre leur soif. Cest pour cela qu'on les compare aux chrétiens; c'est même à cette occasion que quelques états les ont chassés, tels que Thèbes, Sparte et Argos. Ces hommes passionnés uniquement pour la gloire et l'éloquence s'efforcèrent d'atteindre à l'élévation de nos Écritures; et lorsqu'ils y trouvaient quelque chose qui pouvait servir à leurs vues, ils se l'appropriaient. Ne les regardant pas comme divines, ils ne se faisaient pas scrupule de les altérer : d ailleurs, ils ne pouvaient avoir l'intelligence de bien des passages voilés même pour les Juifs à qui ces livres appartenaient. Des esprits pointilleux et méprisans ne pouvant goûter ni croire la vérité simple et sans ornement, la corrompirent par le mélange de leurs conjectures. Au lieu d'enseigner le dogme de l'unité de Dieu tel qu'ils l'avaient trouvé , ils disputèrent sur sa nature , sur ses attributs, sur le lieu de sa demeure. Les uns, tels que les platoniciens , croient que Dieu n'a point de corps ; les autres, tels que les stoïciens, soutiennent le contraire. Épicure veut qu'il soit* composé d'atomes, Pythagore de nombres, Heraclite de la matière du feu. Suivant Platon, il a soin de tout, il préside à tout; suivant Épicure, il est toujours dans le repos et dans Tinaclion, il est nul , pour ainsi dire, dans tout ce qui arrive aux hommes. Les stoïciens le supposent hors du monde, qu'il meut comme le potier tourne sa roue : les platoniciens le placent dans le monde même qu'il régit, comme le pilote conduit son vaisseau. Ils ne s'accordent pas plus sur le monde : les uns prétendent qu'il a été fait, les autres qu'il est éternel; les uns assurent qu'il doit finir, les autres qu'il durera toujours. Us ne s'accordent pas plus sur la nature de l'âme, qui, selon ceux-ci, est divine et éter« nelle, selon ceux-là, est mortelle et corruptible. Chacun, en un mot, a changé ou ajouté à sa Fantaisie.
Il ne faut pas s'étonner que les philosophes aient défiguré de la sorte des livres si anciens , puisque des hommes sortant des écoles des philosophes ont corrompu les nouveaux livres des chrétiens, en y interpolant avec leurs opinions particulières des dogmes philosophiques :
TERTULLIEN
tfon seul chemin droit ils ont fait tmt molli- Inde de seniicre déioornéit où Ton $e perd; ce que je dis ici en pa^$,im , de peur qiie le grand nombre dé sectes qui divisent les dirériens ne fottmissent un noavrao prétexte de notfs comparer acnt philosophes, et qu on ne confonde «?ec etks la yériié de notre relip;ion. ' A tous ces corrapf etfrs de TÈvangile, nous opposons rarffiiment invincible de la prescrip* llOfi ; qite la seule rériiable religion est celle qdf , enseignée par Jésos-Ghrist , nous a été tr»0Sffrise par srs disciples, amqoels fous ces tMKaienrs sont postérieurs. Cest dans la vérité même qne, par la suggestion des esprits trompeurs , ilsonf trouvé des matériaui pour élever leurs Sf5ièniesd*enreurs. Ce sont ces esprits qui on! infecté notre salutaire doctrine par un ilHage impur. Ce sont euic qui ont inventé des fables h rimitation de nos dngmes , pour affaiblir la croyance due â la vérité, et se ratltrer â eux-mêmes tout entière, soit eu détournant de croire les chrétiens , par la raison qu'on ne peut pas croire les poètes et les philophes. soit en faisant même croire d'autant plus ceox-^ci , qu'ifs ne sont pas chrétiens.
Ainsi , prêchons-nous le jugement de Dieu , on se moque de nou^ , parce que les poètes et les philoscrphes ont imagTiné aussi des juges dius les enfers. Mena^ns-nous de feut souterrains qui sont destinés à la punition (kt erime, on rit encore plus fcrl, parce qtte la foWe feit couler un fleuve de feu dans le séjour des morts. Parlons-nous du paradis , ce fieu de délices pfiéparé par FHeu même pour les èmes des saints , et sèpsré de notre glol)e par une portion de la zone de feu , nous trouvons que les Champs filysées ae sont emparés de tôud tes esprits. Chr, qui estce qui a pu donner aut poètes et aux philosophes ridée de fictions si semblables à nos my»- ^ères, siumi nos mystères mêfne, d'ailleurs KèauCDiip plus anciens P Nos mystères doivent dMC paraître plus croyables et phts eeriaina y puisqu'on croit même ce qui n'en est que Vombre et Hmnge. Dira-t-on que les poètes et les philosophes sont les créateurs de la tMe 9 il s'éflsulvra doticquetios mystères seront limage de ce qui leur est postérieur, ce qui est contre l'essence des choses : jamais l'ombre n'est avant le corps, ni la copie avant l'original.
XLVIH. Que quelque philosophe rienae
soutenir, comme Laberios le dit suivant les principes de Pyttragore, qu^après la mort le mulet est chaitgé en homme, fa fbmmeen en»* leuvre ; qull emploie tout fart du raî^nne* ment pour le prouver r ne vou5 séduira-CHl pas, ne vous persuadera-t-il paa de voua alMte* nir de la chair des animaux , vous faisant craindre de manger vos ancêtres en mangeant do bceof ? Mais qu'un chrétien vous assure que vous ressusciterez tels que vous étiez, ce ne sera pns assez pour la populace de le charger de coups, elle prendra des pierres pour le lapider. Si cependant H y a quelque ft)nden!ent k Topi» nion du retour des âmes Immaines dam les corps, pourquoi ne reviendraient-efles pas ani^ mer les mêmes corps ? Cest ce qu'on appelle ressusciter, redevenir ce qu'on était. Séparées du corps , elles ne sont plus ce qu'elles avaieùl été; car elles n'6nt pu devenir ce qu'elles né* tsfient pas qu'en cessant d'être ce qu'elles avaient été.
Je perdrais trop de temps, et j'apprêterais trop è rire, si je voulais examiner ici eH quelle sorte de bête chacun devrait être changé ; il vaut mieux continuer notre apologie et h\re remarquer qull est bien plus raisonnable de croire que diaque homme redeviendra ce qnH avait été, que la même ftme anifneni de doB'^ veau le corps , quoique peut-être la figure ae soit pas absohtment ta même. La résurreetiufi est essentielle pour le jugement dernier , oft l'homme doit comparahre le même qull était dans ce monde , pour recevoir de Dieu it récompense ou la punition qu'il sura mérhée. Les corps doivent être rétablis tels qo'Hs svaiêtit été, et parce que les ftmes sont incap^iMeade sentir sans le corps , et parce qu'elles ont mérité dafïs le corps et avec le corps le traitement qu'elles éprouveront en vertu du jugement de Dieu. Mais comment, dites- vous, cette matière réduite en poussière pourra-t'Clle de nouveau former un corps? Homme, jctet les yeux sur vous-même, et vous n'aurez plus de peine à croire. Qu'étiez-vous avant d'être homme ? rien sans doute. Si vous aviez été quelque chOSe, vous vous en souviendriez. Vous n*élie2 rien avant d'être ; vous ne serez plus rien , torsqoe vous aurez cessé d'être. Pom^quoi alors ne recommencerez-vous pas d'être, si celui qui vous a tiré du néant le veut? Qu'y aura-iril de