‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 18 sur 80 · XXVII. il n'est donc pas croyable que les · texte numérisé non relu

XXVII. il n'est donc pas croyable que les

apôtres aient ou ignoré ou caché quelque

diose de la doctrine qu'ils étaient chargés de

prêcher: niais peul-èlre que les É[;Uses ne Tauroot pas entendue; car il n'est point de chicanes auxquelles nous ne soyons exposés de la

part des hérétiques. 11 est certain, disent-ils,

que les Églises ont été reprises par l'apôtre.

• 0 Galates insensés! s'écrie- t-ilj qui vous a

donc aveuglés?... Vous couriez si bien, qui

YOQS a arrêtés^ ?') Et dès le début de Tépitre :

«Je m'étonne que vous ayez abandonné sitôt

celui qui vous a appelés à sa grâce pour suivre

flo autre Évangile ^.d II écrit aux Corinthiens ,

«qu'ils sont encore charnels^; que c'est pour

cela qu'il ne leur donne que du lait, et qu'ils ne

sont pas en état de prendre une nourriture

solide; qu'ils se flattent de savoir quelque

» Malth., 15. - « Gai., 3, 5. -*• » Ib,, 5. * I. Cor., 3,8.

chose, tandis qu'ils ne savent pas même comment il faut savoir. »

Nous convenons que ces Églises ont élé reprises ; mais n'y a-t-il pas lieu dé présumer qu'elles se sont corrigées ? D'aiflcurs, nous les voyons aujourd'hui unies de communion avec les Églises dont l'apôtre loue la foi, la science et la conduite, et pour lesquelles il rend grâces à Dieu.

XXVni. Supposons, si vous voulez, qiie toutes les Églises se soient trompées ; que l'apôtre lui-même se soit trompé en leur rendant témoignage ; que le Saint-Esprit n'ait eu soin d'instruire de la vérité aucune des Églises, lui que Jésus-Christ aVait envoyé, avait demandé â son Père pour éfre le docteur dé fa vérité ; supposons que fe ministre de Dieu , le vicaire de Jésiis- Christ, ait oublié totalement les fonctions qu'il avait â remplir, laissant les Églises croire et entendre toute autre chose que ce qu'il avait enseigné lui-mérfie par l'organe des apôtres : est- il vraisemblable qilé tant et de si nombreuses Églises ^e soieât réunies pour la même erreur ? Où doit ^e rencontrer une diversité prodigieuse, la parfaite uniformité ne saurait régner ; l'erreur aurait nécessairement varié. Non, ce qui se trouvé 16 même parmi un très-grand nombre n'est poidt erreur, mais tradition. Qui osera fatire remonféf Terreur à la source de là tradition ?

^IX. Mais de quelque part que Vienne l'erreur, elle à donc régné jusqu'.]^ ce qu'elle ait été détruite par l'hérésie. La vérité attendait donô (]ue les marcionites et les vaféntiniehft vinssent la délivrer! Cependant on prêchait mal, on croyait mal, tant de milliers de ittHliers étaient mal baptisés, tant d'œiivreâ de fbi mal faites, tant de prodiges mal opérés, ta6t de dons surnaturels mal conférés, tant de sacerdoces et de ministres mal exercés, tant de martyrs enfin mal couronnés. Et si ce n'était ni mal ni en vain** comment donc pouvait-i( y avoir une religion, un culte de Dieti, avaiît que Dieu fût connu des chrétiens, avdnt qU'ûti eût trouvé le Christ ? Comment l'hérésie eltlsîtait-elle avant la véritable doctrine, puisqu'en toutes choses la vérité précède l'image, Toiiibre suit le corps? Mais quelle absurdité de pré-^ tendre que Thérésie est antérieure à la véritable doctrine, qui nous a annoncé qu'il y aurait

TERTULLIEN

des hérésies, et qui nous avertit de les éviter !

Ostà rËglise, dépositaire de cette doctrine, qu'il est dit, ou plutôt c'est cette doctrine même qui dit à TÉf^lise : «Si un ang^e vient du ciel vous annoncer un autre Évan{;ilc que celui que je vous ai annoncé, qu'il soit anathème '.»

XXX. Où était alors Marcion, ce pilote du Pont-Euxin, ce stoïcien zélé? Où était Valentin le platonicien? Car il est constant qu'ils vivaient il n'y a pas longtemps sous Antoqin, et qu'ils professèrent la doctrine catholique dans l'Église romaine sous le pontificat de saint Êleuthère, jusqu'à ce que leur caractère inquiet et leurs opinions, qui séduisaient les fidèles, les firent chasser de FÉglise par deux fois l'un et l'autre, et Marcion même avec deux cents sesterces qu'il avait apportés. Depuis ce moment ils répandirent plus que jamais le venin de leurs hérésies. Enfin Marcion ayant abjuré ses erreurs, on consentit à lui donner la paix, sous la condition qu'il accepta de ramener à l'Église ceux qu'il lui avait enlevés ; mais la mort ne lui en laissa pas le temps.

Il fallait, nous le répétons, qu'il y eût des hérésies. Ce n'est pas à dire pour cela que l'hérésie soit un bien, comme s'il ne fallait pas qu'il y eût aussi du mal. Eh! «n'a-t-il pas fallu que Notre -Seigneur fût trahi? Cependant malheur au traître'^.» Qu'on n'essaie donc pas dé justifier par là l'hérésie.

Pour en venir à Apelle, il est encore plus moderne que Marcion, qui fut son maître. Ayant eu commerce avec une femme, au mépris de la continence marcionienne, et ne pouvant pas soutenir les regards de son saint maître, il s'enfuit à Alexandrie. De retour quelques années après, sans s'être corrigé, à cela près qu'il n'était plus marcionite, il se laissa séduire par une autre femme. C'est cette Philumène, dont nous avons déjà parlé, qui devint ensuite une infâme prostituée : elle l'obséda à un tel point qu'il écrivit sous sa dictée des révélations. Il y a encore des gens qui se souviennent d'avoir vu ces personnages : nous voyoas même à présent leurs disciples et leurs successeurs ; de sorte qu'il n'est pas possible d'eu imposer sur le temps où ils ont vécu. D'ailleurs, comme dit Notre-Seignenr, ils se

< Gai., 1. — * Luc, 24 ; Matth., 26.

font assez connaître par leurs œuvres : puisque Marcion a séparé le Nouveau Testament de l'Ancien, il est postérieur à ce qu*il a sépiré, et qui était par conséquent uni avant la aépiration, comme avant celui qui Ta faite.

De même Valentin, qui ne se contente pas d'interpréter singulièrement les Écritures^ mait qui prétend les corriger, sous prétexte qu'elles étaient autrefois corrompues, reconnatt donc par là qu'elles existaient avant lui.

Je ne nomme que ceux-ci, comme les plus insignes faussaires. Quant à un certain Nig^dius, à Hermogène et à tant d*autres,dont l'oecupation unique est de pervertir, qu'ib produisent les titres de leur mission. S'ils prêchent un autre dieu que le nôtre, comment peuyenlils se servir contre celui-ci de son nom et de ses Écritures? si c'est le même, pourquoi le prêchent-ils autrement ? Qu'ils prouvent doue qu'ils sont de nouveaux apôtres; que Jésus- Christ est descendu une seconde fois sur la terre; qu'il a de nouveau enseigné; que de nouveau il a été crucifié, est mort et ressuscité; que de plus, il leur a communiqué le pouFoir d'opérer les mêmes prodiges que lui-roèine : c'est à ces traits que nous reconnaissons les vrais apôtres de Jésus -Christ. Mais je ne dois pas taire les prodiges de ces nouveaux apôtres, malheureux imitateurs des apôtres de Jésus- Christ : ceux-ci rendaient la vie aux morts, et les autres donnent la mort aux vivans.

XXXI. Revenons à ce principe que la vérité a existé dès le commencement, et que Terreur n'est venue qu'après. Dieu sème d'abord le bon grain , et le diable , son ennemi , vient ensuite y mêler l'ivraie*. Cette parabole désigne manifestement des doctrines opposées. La parole de Dieu, dans le même chapitre, est appelée semence. Il suffit donc de faire attention à Tordre des temps pour conclure que ce qui a été enseigné le premier est vrai et divin, et que ce qui a été ajouté depuis est faux et étranger. Voilà ce qui confondra à jamais toutes les hérésies modernes, dont aucune ne saurait se répondre à elle-même d'avoir la vérité de son côté.

XXXII. Au reste si quelques-unes de ces sectes osent se dire contemporaines des apôtres

> Matth., 13 ; Marc., 4.

DES PRESCRIPTIONS

pour paraître en venir, faites-nous donc voir, leor répoodrons-noas, Torigine de vos Églises, Tordre d la succession de vos évèques, en sorte que TOUS remontiez jusqu'aui apôtres , ou jusi|n*i Fan de ces hommes apostoliques qui ont persévéré jusqu'à la fin dans la communion des apAtres; car c'est ainsi que les Églises vraimcnC apostoliques justifient qu'elles le sont. MnaîrËglîse deSmyme montre Polycarpe que Ican loi a donné pour évèque, l'Église de Rome GKoMOt ordonné par Pierre. Toutes nous montrent de même ceux que les apôtres ont établis leurs évéques , et par le canal de qui elles ont reçu la semence de la doctrine apostolique. Que ks hérétiques inventent dn moins quelque diose de semblable. Après tant de blasphèmes Imt leur est permis; mais ils auront beau invater, ilsiie gagneront rien : car leur doctrine, nnNTOchée de celle des apôtres, prouve assez pir son opposition qu'elle n'a pour auteur ni m apôtre ni un homme apostolique. Les apôtres n'ont pii être opposés les uns aui autres ans leur enseignement ; les hommes aposto- Sqnes n'ont pu l'être aux apôtres, si vous aceptez ceux qui les ont abandonnés. Oui, fie les hérétiques montrent la conformité de leur doctrine à la doctrine apostolique ; c'est le d<fi que leur font ces Églises trop modernes iNnr avoir pu être fondées par les apôtres et ptr leurs successeurs immédiats, ou qui même s'établ'issent tous les jours; mais comme elles professent la même foi, elles n'en sont pas moins regardées comme apostoliques, à cause delà consanguinité de la doctrine.

Toutes les hérésies sont donc sommées par nos Églises de justifier par leur doctrine ou par leur origine qu'elles sont apostoliques, comme elles le prétendent ; mais elles ne sauraient justifier ce qui n'est point. La difFérence de leur doctrine démontre au contraire qu'elles oe sont rien moins qu'apostoliques : c'est pourquoi aucune Église apostolique ne les reçoit à h paix et à la communion. Je vais à présent passer en revue leur doctrine, qui remonte au temps des apôtres, puisque les apôtres l'avaient découverte et anathématisée. Pourront -elles échapper à leur condamnation, après qu'elles seront convaincues on. d'avoir existé dès lors, ou du moins de sortir des hérésies qui existaient dès lors?

( XXXIII. Paul , dans sa première épitre aux Corinthiens , condamne les hérétiques qui nient ou révoquent en doute la résurrection : c'était Terreur des saducéens, adoptée en partie par Marcion, Apelle, Yalentin, et les autres qui rejettent la résurrection des corps. Dans l'épitre aux Galates, il s'élève contre les observateurs et les partisans de la circoncision et de la loi : c'est Thérésie d'Ébion. Instruisant Timothée, il censure ceux qui défendent le mariage : Marcion et son disciple Apelle le défendent.

Il reprend aussi les sectaires qui soutiennent que la résurrection est déjà faite ; les valentiniens l'assurent par rapport à eux. Lorsqu'il parle de généalogies sans fin, on reconnaît aussitôt Yalentin : suivant lui , un je ne sais quel Éon, à qui il donne un nom bizarre et même plusieurs noms, engendre de «sa grâce le sens et la vérité ;» le sens et la vérité produisent «le verbe et la vie,» qui engendrent «rhomme et TÉglise. » Voilà la première huitaine d'Ëons , dont naquirent dix autres Ëons, et enfin douze, appelés des noms les plus singuliers, pour compléter la fable des trente ions. L'apôtre, blâmant ceux qui rendent un culte aux élémens, désigne Hermogène, qui imagine une matière éternelle, qu'il met en parallèle avec le Dieu éternel , et qu'il fait la mère et la déesse des élémens : il n'est pas étonnant après cela qu'il lui rende aussi un culte.

Jean, dans l'Apocalypse ^ menace ceux qui mangent des viandes offertes aux idoles, et qui s'abandonnent à l'impureté: il y a actuellement encore d'autres nicolaïtes, qu'on appelle caïniens. Et dans ses épîtres il traite d'aniechrist quiconque nie que Jésus se soit incarné^ et ne le reconnaît pas pour le Fils de Dieu. Marcion soutient la première erreur, Ébion la seconde. L'apôtre Pierre regardait comme uoe espèce d'idolâtrie, et condamna dans Simon la magie qui rend un culte aux anges.

XXXIV. Voilà , ce me semble , les différentes sortes de fausses doctrines qui étaient déjà connues du temps des apôtres, comme les apôtres eux-mêmes nous rapprennent. Cependant , parmi tant de sectes perverses , il n'en

* Apoc, 2. — * I. Jean., 2, 1; U. Ib.

TEri.TULLlEJS.

est pas une qui ait osé s'altaqucr au Dieu créateur de Tunivers. Personne n'avait osé soupçonner même un autre Dieu : c'était plutôt sur le Fils que sur le Père qu'on se permettait des doutes; jusqu'à ce que Murcion, outre le Créateur, imagina un autre Dieu, qui est le bon principe ; jusqu'à ce qu'Apelle soutint que le Créateur était un ange du souverain Dieu, d'une substance ign^c , le Dieu de la loi et des Juifs ; jusqu'à ce que Valentin sema , pour ainsi dire, ses Éons, et fît naître le Dieu créateur de la substance défectueuse d'un d'entre eux.

C'est à eux , et à eux seuls qu'ont été révélés les mystères de la Divinité. Le diable, ce superbe rival de Dieu , les a éclairés au point que, contre la parole du Sauveur, il a rendu les disciples plus savans que le maître dans ces sciences empoisonnées. Que les bérésies choisissent donc les temps auxquels elles voudront rapporter leur origine; il n'importe, puisque jamais elles ne prouveront qu'elles viennent de la vérité. D'abord celles dont les apôtres n'ont point parlé n'étaient pas de leur temps, autrepient ils n'eussent pas manqué d'en faire mention, pour les condamner; et celles qui étaient de leur temps, ils les ont en effet condamnées. Soit que les hérésies àe nos jpurs soient les mêmes pour le fond, mais seulement plus polies et plus raffinées, elles se voient dès les temps apostoliques frappées d'^nathème; soit qu'elles n'aient fait qu'emprunter quelques dogmes de ces anciennes sectes, dès qu'elles partagent leur doctrine, elles doivent aussi partager leur condamnation.

Quant aux hérésies qui n*auraient rien de commun avec celles qui ont été déjà proscrites, leur nouveauté seule fait leur condamnation. C'est ici qu'a lieu l'argument invincible de prescription. Dès que les apôtres n'en ont point j);arlé, elles sont indubitablement Gausses, et du nombre des erreurs que les apôtres oqt prédites.

XXXV. Par cet argument nous écartons, nous confondons toutes les hérésies, soit postérieures 3UX apôtres, soit contemporaines même des apôtres , dès là qu'elles ne s'accordent pas avec la doctrine des apôtres, dès là que les apôtres les ont désignées et condamnées , ou nommément , ou autrement ; qu'elles répondent enfin, qu'elles opposent aussi la

prescription à notre doctrine. Si elles nient que notre doctrine soi( la véritable, qu'elles le prouvent comme nous l'avons prouvé de h leur ; qu'elles nous apprennent donc où il fiinl chercher la vérité, puisqu'il est constant iju^^le ne se trouve pas chez elles.

Notre doctrine est la plus ancienne de toutes; elle est donc la véritable : la vérité est la première ])artout. Les apôtres, loin de condamner notre doctrine , la soutiennent ; carne la goi|damnant point, après avoir condamné CovtfB doctrine étrangère, ils témoignent asse^ qulb la soutiennent, p^rce qu'ils la regardent commp leur propre doctrine.

XXXM. Mais voulez -vous satisbire aD(e louable curiosité qui a pour objet le salot? Parcourez les Égli.ses apostoliques, où pr^ideat encore et daps les mêmes places les ebaires des apôtres, où, lorsque vous entendrez la lecture de leurs lettres originales, vous croirez les voir eux-mêmes, entendre le son de leur voix. Êtesvous près de l'Acbaîe, vous avez Gorinthe ; dje la Macédoine , vous avez Pbilippes et Thessilonique. Passez-vous eu Asie, vous avezÉptajfese; êtes-vous sur les frontières de l'Italie , vous ^\ez Rome, à l'autorité de qui nous sommfes aussi à portée de recourir. Heureuse ^lise, dans le sein de qui les apôtres ont répanijii et leur doctrine et leur sang! où Pierre est crucifié comme son maître, où Paul est counmDé comme Jean-Baptiste, d'où Jeaq l'évangéUste sorti de l'huile bouillante sain et sauf est |*el^gué dans une Ile.

Voyons donc ce qu'a appris et ce qu>nseigue Rome, et en quoi elle communique particulièrement avec les Églises d'Afrique. Elle croit en un seul Dieu créateur de l'univers, en Jésus- Christ son Fils né de la Vierge Marie; elle coqfesse te résurrection de la chair : elle reçoit avec la loi et les prophètes les Évangiles et les lettres des apôtres. Voilà les sources où elle puise sa foi : elle fait renaître ses enfans dans l'eau ; elle les revêt du Saint-Esprit ; elle Icjs nourrit de l'eucharistie, les exhorte au martyre, et rejette quiconque ne prqfesse pas cette doctrine. C'est cette doctrine, je ne dis plus qui nous annonçait des hérésies |)our les temps k venir, mais de qui ellies sont sorties ; il est vrai que du moment qu'elles se sont élevées contre elle, elles ne lui appartiennent plus. Du poyau

DES PPESCBIPTIONS.

d'an fruit doux et nécessaire, de Tolive. des grains de la flgue la plus exquise, viennent des plantes (rompeuses et stériles, des oliviers et des figuiers sauvages. De même les hérésies, «pHN^ue nées dans notre fond, npus sont absolument étrangères : la semence de la vérité a dégénéré chez elles, et le mensonge en a fait Gpoime autant de plantes sauvages.

XSXyU* S'il est certain que la vérité ne peut

se tToqTcr que du côté de ceux qui suivent re-

N^Jn^cmen^ la règle de foi donnée à TËglise

pr les apôtres, aux apôtre» par Jés^s -Christ,

\ J^Nis- Christ par Dieu même , nous sommes

JODC fond^ % SQutepir que )es hérétiques ne

Mrçi^t )^9 éjLre adnois à disputer sur les $cri-

{jPtty puisque nous prouvons, sans le secours

dtt Ëcritiires, qu'ils sont ab^lumcn( étrangers

lax Ccriliires ; car ils ne sauraient étr^ chrétiens

db 11 qmIIs soqt hérétiques, t\ qu'ils ne lien-

Bont pas 4e Jésu^-Christ ce qu'ils ont choisi de

leur autorité privée et comme hérétiques. Or,

n'étant pas chrétiens , jls o*oat ^ucun droit aux

^tures des clirétjeus.

Qui èt^es-voMsPpeut leqr dire l'Église. Pepuis fun^ et d'où êtes- vous venais ? Que faitesnm cly.ez moi n'étant paç des mjpôs? A quel ti(r|B, ]M||rcion, coupez -vous nia fiprétP Qui vpps a permis, Valeàtiq, de détourner mes ca- Wi? Qui vous autorise, Apellp, % é))ranler mes bornes? Gomment osez -vous semer et vivre Ici à discrélioq? Cest mon bien. Je suis eo possession depuis loQglemps,je suis en jN)8sessiop la première; je descend^ des anciens possesseurs, et je prouve ma descendance par des titres authentiques ; je suis héritière des spùtres, et je jouis conformément aux dispositions de leur testament, aux charges du ddéicomipis, au sériaient que j'ai prêté. Pour vous, ils vous ont renonces et déshérités comme jÉU*angers et comme ennemis. Mais pourquoi les hérétiques sont-yls étrangers et içonemis des apôtres? parce que la doctrine que cliacun d'eiix a inventée ou adoptée suivant son ca- ^çe es^ direjcterpept opposée à la doctrine des ipôtres.

X]^\ ni. Mais où Ion remarque cette opposition doit se prouver sans doute raltération des Écritures. Ceux qui ont formé le projet de changer renseignement se sont vus forcés d'en changer aussi les sources. Eh ! comment

introduire ui)e npuvelle doctrine sans avoir de quoi la fonder !

Mais comme la corf*uption de la doctrine supposait déjà celle des livres dépositaires de la doctrine, nous ne pouvions non plus la cpnserver pure et saine sans conserver ces livres dans toute leur intégrité. Nos Écritures auraienl-ellesdonc contenu quelque chose qui nous fût contraire? Aurions -nous eu besoin, pour nous en débarrasser^ pour établir des systèmes qti'elles renversaient , de changer, de tronquer, d'interpoler? Ce que nouç sommes, les Écritures le ^nt, et dès leur origine. Nous sommes chrétiens par elles, avant qu'il y eût rien qui nous fût contraire , avant que vous eussiez pii les altérer.

Toute altération a pour principe la haine et l'envie, nécessairement postérieures et étrangères \ l'objet altéré. Ainsi un homme sensé ne pourra jamais se persuader que, nous qui sommes nés avec les Écritures, nous les ayons corrompues plutôt que leurs ennemis, qui sont venus après elles. L'un en effet a corrompu le texte, l'autre le sens. Et bien que Valentin semble recevoir TAncien Testament tout entier, dans le fond il p'est pas moins ennemi de la vérité que Marçion ; il est plus artificieux. Marcion, le for % la main au lieu de crayon, a mis en pièces toutes les Écritures pour donner du poids à son système. Valentin a eu l'air de les épargner, et de chercher moins à les accommoder à ses erreurs qu'à concilier ses erreurs avec elles ; et cependant il a plus interpolé que Marcion, en ôtant à tous les mots leur énergie et leur signification naturelle, pour leur donner des sens forcés, et en imaginant tous ces êtres invisibles et fantastiques.

XXXIX. Ce sont là les esprits pervers avec qui nous avons à combattre, que nous devons par conséquent connaître : ils sont nécessaires à la foi pour faire le discernement des élus et des réprouvés. C'est pour cette raison qu'ils ont tant de talent et de facilité pour imaginer et construire l'édifice de leurs hérésies. Au reste il n'y a rien là d'étonnant et de singulier; puisque nous voyons qu'on lire des livres profanes à peu près le même parti qu'ils tirent de nos Écritures. Ne vient-on pas de trouver dans la fable de Virgile une autre fable, en adaptant le sujet aux vers, les vers au sujet? Osidius

Géta n'a-t-il pas emprunté de Virgile sa tragédie de Médée (out entière ? J'ai un parent qui s'est amusé à chercher dans le même pnëte l'exphcaiiondu tableau deCébès^ LesCenions dTIomère ne sont autre chose que des poèmes composés de vers d'Homère pris de différens endroits qu'on a su réunir en un corps.

Les Écritures divines offrent un champ bien plus vaste pour toutes sortes de sujets. Aussi je ne crains pas d'avancer que c'est par une permission particulière de Dieu qu'elles ont été composées de manière que les hérétiques pussent y trouver la matière de toutes leurs erreurs. Nous y lisons qu'il fqut qu'il y ait des hérésies; et il ne peut y avoir d'hérésies sans les Écritures.

XL. Si l'on demande qui inspire les héré- .siarques , je répondrai que c'est le diable, dont l'office est de dérober aux hommes la vérité, et qui prend à tâche dlmiler dans 1rs mystères des faux dieux les saintes cérémonies de la relig;ion chrétienne. Il plonge aussi dans l'eau ses adorateurs, et leur fait accroire qu'ils trouveront dans ce bain Fexpiation de leurs crimes. Il marque au front les soldats de Mithra lorsqu'on les initie, il célèbre l'oblation du pain, il offre une image de la résurrection, et présente à la fois la couronne et le glaive; il défend au souverain pontife les secondes noces; il a même ses vierges.

Au reste, si nous examinons les superstitions que Numa a instituées , les fonctions des prêtres, leurs ornemens, leurs privilèges, les cérémonies, les vases , et généralement tout ce qui est nécessaire pour les sacrifices, ce qui regarde les expiations et les vœui, nous ne pourrons douter que le diable n'ait voulu copier les rites de la loi mosaïque. Or celui qui a affecté d'appliquer au culte des idoles tout ce que nous pratiquons dans la célébration de nos mystères n'a pas manqué de faire aussi servir nos livres .saints à établir une doctrine sacrilège et ennemie de la nôtre; il a pour cela altéré et le sens, et les termes, et les figures. Il est donc certain que c'est le diable qui a inspiré tous les hérésiarques , et que l'hérésie ne diffère pas au fond de l'idolâtrie, puisqu'elles ont le même auteur,

ÏERTULLIEN.

qui les a formées toutes les deux sur le même dessein.

Si toutes les hérésies ne supposent pas un Dieu ennemi du Créateur, du moins elles représentent celui-ci tout autre qu'il n'est. Or tout mensonge, toute fausseté qui a pour objet la Divinité, est une espèce d'idolâtrie.

XLI. Je ne dois pas omettre de décrire ici la conduite des hérétiques , combien elle est frivole, terrestre, humaine, sans gravité, sans autorité , sans disciplice , parfaitement assortie â leur foi. On ne sait qui est catéchumène, qui est fidèle. Ils entrent, ils écoulent, ils prient pêle-mêle, et même avec des païens sll s'en présente. Ils ne se font pas scrupule de donner les choses saintes aux chiens, et de semer des perles (fausses à la vérité) devant des pourceaux ^ Le renversement de toute discipline ils rappellent simplicité, droiture; et notre attachement â la discipline, ils le traitent d^aHectatîon. Ils donnent la paix â tout le monde îndifHremment. Opposés les uns aux autres dans leur croyance, tout leur est égal, pourvu qu'on se réunisse pour triompher de la vérité. Tous sont enflés d'orgueil, tous promettent la science. Les catéchumènes sont parfaits avant que d*ètre instruits. Et leurs femmes que ne se permettent-elles pas? Elles osent dogmatiser, disputer, exorciser, promettre des gnérisons, peatêtre baptiser.

Leurs ordinations se font au hasard, par caprice et sans suite. Tantôt ils élèvent des néophytes , tantôt des hommes engagés dans le siècle, tantôt même nos apostats, pour s'attacher par Tambition ceux qu'ils ne peuvent retenir par la vérité. Nulle part on n'avance, comme dans le camp des rebelles, où la rébellion tient lieu de mérite. Aussi ont-ils atûoard'hui un évêque , et demain un autre : celui qui est diacre aujourd'hui sera demain lecteur, le prêtre redeviendra laïque ; car ils chargent les laïques des fonctions sacerdotales.

XLn. Que pourrais-je dire de leur prédication ? ils n'ont point à cœur de convertir les païens, mais de pervertir les nôtres. Ils mettent leur gloire â renverser ceux qui sont debout , au lieu de relever ceux qui sont tombés. Je ne m'en étonne pas ; ils ne peuvent s'élever

^ Philosophe de Thèbes en Béotic, à qui on a attribué un ouvrage intitulé : le Tableau de la vie Immaine,

' Mallb., 7.

DES PRESCRIPTIONS

}Att

que sur les débris de la vérité :

pourquoi ils s^effbrcrnt de foire écrouler Église pour bâiir la leur. Oiez-leur la loi (felbise, les prophètes, le Dieu créateur, et leur fermez la bouche; ils n'entendent rien 1 édifier, lear unique talent est de détruire : ce ite que dans cette vue qu1ls sont flatteurs, Inoblcs et soumis.

Da rctte ils ne connaissent pas le respect nème pour leurs prélats; et c'est par celte nitoa qa*il n'f a guère de schismes parmi eux. On ne les remarque (loint; mais leur union ■éme est un schisme perpétuel ; sans cesse ils tarient, ils s'écartent de leurs propres règles; ihicoo toame à sa fantaisie la doctrine qu'on U a enseignée, comme celui de qui il fa reçue Trait inventée à sa fantaisie. L'hérésie dans Ks progrès ne dément point sa nature et son iri|iiie. Les valentiniens et les marcionites ont Mut de droit d'innover à leur gré dans la re- IpsQ que Valentin et Marcion. Toutes les kMiiu, si on les examine à fond , s'éloignent es bien des points des sentimens de leurs autan- La plupart des hérétiques n'ont pas ■êoe d*Ëglises : ils sont errans et vagabonds, nos mère, sans foi, sans feu ni lieu.

XUn. Ils sont encore décriés par le commerce quils ont avec les magiciens, les char- Inios, les astrologues, les philosophes, tous pos d'une curiosité effrénée. Ils n'oublient JUDsis ces paroles : «Cherchez et vous trouverez.» Par leurs mœurs on peut juger de leur Ai. Ils assurent qu'on ne doit pas craindre Keo : aussi vivent-ils avec la plus grande licence.

Mais où est-ce qu'on ne craint pas Dieu, sinon où il n*est point ? Où Dieu n'est point , la ^lé n'est pas non plus ; et où la vérité n'est pas, on doit voir de telles sectes. Où est Dieu aa contraire, là se trouve la crainte de Dieu, qoi est le commencement de la sagesse ; où est la crainte de Dieu se trouvent Thonnéte gravité, l'exactitude scrupuleuse, le soin vigilant, k choix éclairé, la communication réfléchie, Télévation méritée, la soumission religieuse, le service fidèle, la modestie en public, une église unie et Dieu partout.

XUV. Cette ferme et vertueuse discipline est une dernière preuve de la vérité de notre croyance. On demeurera inviolablcment atta-

ché à cette croyance si Ton se souvient du jugement futur, où nous comparaîtrons tous au pied du tribunal de Jésus-Christ pour y rendre compte de tout et en particulier de notre foi.

Que répondrez -vous alors, vous qui aurez souillé par le commerce adultère de l'hérésie cette foi vierge que Jésus -Christ vous avait confiée? Direz-vous, pour vous excuser, que ni lui ni ses apôtres n'avaient annoncé ces doctrines perverses pour les derniers temps, et ne vous avaient ordonné de les fuir et de les détester * ? Reconnaissez de bonne fcii que vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-mêmes, et nullement à ceux qui vous avaient prévenus si longtemps auparavant.

Mais vous ne manquerez pas de prétextes pour relever l'autorité des docteurs de l'hérésie. Ils avaient donné, direz-vous, les plus éclatantes preuves de leur mission ; ils avaient guéri les malades, ressuscité les morts, prédit l'avenir ; en sorte qu'on ne pouvait douter que ce ne fussent de vrais apôtres : comme s'il n'était pas écrit qu'il viendrait plusieurs séducteurs, qui seraient des prodiges, pour prouver une doctrine fausse et pernicieuse.

Apparemment que vous obtiendrez grâce ^ , tandis que ceux qui se seront souvenus des oracles du Seigneur et de ses apôtres, et qui auront persévéré dans la foi orthodoxe, courront risque de leur salut.

J'avais annoncé, il est vrai, leur dira le Seigneur, qu'il viendrait des maîtres du mensonge, en mon nom , au nom de mes prophètes et de mes apôtres. J^avais ordonné à mes disciples de répéter les mêmes prédictions. J'avais confié à mes apôtres mon Évangile et le symbole de la foi. Mais comme vous refusiez de croire , il m'a plu ensuite d'y faire des changemens. J'avais promis la résurrection de la chair, mais j'ai craint de ne pouvoir pas accomplir ma pro messe. J'avais montré que j'étais né d'une Vierge, mais j ai rougi d'une pareille naissance. J'avais assuré que le Créateur du monde était mon Père , mais un meilleur Père m'a adopté. Je vous avais défendu de prêter l'oreille aux hérétiques, mais j'étais moi-même dans Terreur.

» 1. Tira., 4; II. Tira., 3. — • MaUh., H.

TERTUI^LIEN.

VqîI^ les absurdité3 que sont forc.és de dévorer peux qpi s'écartent de 1^ règle, et qui ne sqnt point en garde contre le danger de perdre la foi.

Nous venons de donner des armes pour combattre généralement toutes les bérç^îes. Nops le^r avoq^ opposé des prescriptîopf cer-

taines , fondées , îpvinçibl^ , qui 1^ eiDf ront à jamais d'être relies f^ ^ispqftsr .9! Écritures. Daris h suite^ si Dieu pcHis en grâce, nous répgndrons i qi|elqqe$ h^r^ pailiciilicr. Que la pai^ et U gr^çe 4!^ I Seigneur Jésus -Ghnsl; spient ay.eç çei) liront c^i d^ns |a foi de la y^ntabje rf 1

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