‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 19 sur 80 · TRAITÉ DU BAPTÊME · texte numérisé non relu

TRAITÉ DU BAPTÊME

I. Heureui sacrement que celui de qotre b^ptèmç! quel efFet ne produit-il pas? il efface la tache de nos péchés passés , il nous rend cnfjans de Dieu , et nous ouvre rentrée à la vie étemelle. Un traité sur cette matière ne sera pas sans doute inutile, spit pour instruire nos catéchumènes, soit pour convaincre ces fidèles indolens qqi, se copteqtant siipplement de croire, sans se mettre en peine de considérer ce que rÉcriture et la tradition npus enseignent, q^ljgent par cette ignorance affectée d'apprendre les fondemens sur quoi la foi qu'ils professent est appiiyée. Il est arrivé depuis peu qu'une fSemme, op plutôt une vipère des plus venimeuses de la secte hérétique de^ calniens, a séduit par sa mauvaise doctrine un assez grand nombre de personnes. Elle attaque surtout le i)aptème^ jen quoi elle ^agit selon son naturel et spn caractère. Vipères, aspics et 9utres sembla p\€^ serpens fuient ordinairement Teau , et ne c)ie)rchent que les lieux secs et arides. Pour .Qous qui sommes comme des poissons conduits P9f Jésus-Chris^ notre cbef, nous paissons dans feau , et pous ne pouvons autrement conserver notre vie qu'en demeurant dans cette eau. Mais Qui|itille,ce serpent horriblement monstrueux, qui n'avait pas même le droit d'enseigner, a su trouvejr un moyen infaillible de faire périr ces poissons, en les mettant hors de l'eau.

II. Voye;; , je vous prie , qijielle est l'adresse de$ esprits pejrvers, et combien elle est puissante pour ébranler la foi ou pour empêcher de la recevoir dans toute sa plénitude ! Ils sapent cette vertu par ses fondemens , en tâchant de

détruire ce qqi en foit cpmme le çaractèi sentiel. Rien ne leur pai^tt plus étrançe j\ incroyable, que d^ voir d'une part 1^ q^ très simple dont Dieu veut se servir dai oiivrages divins, et 4e l'autre les magni effets qu'il y attache. Tel est notre bap tout y parait simple, nul appareil , nulle pi nulle magnificence. Ainsi parce qii'un h est simplement plongé dans l'eau et )ay^ le temps qu'on proponce quelque peq < rôles, on veut d'autant moins se perspa4i cet homnie puisse par cjs moyen obtenir étemelle , qu'il ne parait sortir de ce h plus pur ni plus net. Parmi les idoliti contraire, il parait peut-être quelque çh* mieux concerté : appareil , ponipe^ 4^| voilà ce qui frappe et qui inspire du resi de lia vénération pour leurs mystères el les fêtes de leurs idoles. Malheureuse in< lité , qui refuse de reconnaître en Dieu m priétés principales , savoir, la siqiplicit^ puissance! Quoi, répon(|ra quelqu'un, i pas, étrange qu'avec un peu d*eau la mprt être détruite? Et p'est pour cela mêipi faut d'autant plus le croire queTeffet e\ merveilleux; jcar quels doivent être les < ges fie Dieu, que des ouvrages au-dess toute fconception ? Poumons, nogs \es rons ; niais c^est parce que nou^ cvojof esprits forts les admirent aussi, niai; croire. Ils regardent les choses simples c des choses inutiles, et les magnifiqpes /: impossibles. jSi vou^ êtes dans celte fausi uion , l'oracle divin suffit pour vous détrc

DU BAPTÊME

a choûi .de^' homiiies\siioples selon le Mode, pour conFondre la sagesse du monde ^ : » tf «ce qui est très difficile aux hommes est très fanle ft Dieu '. d En efFet, si Dieu est très-sage ft lits-puîssant , comme tout le monde en conlînit, il doit avoir employé pour la matière de m ouvrages ce qui nous semble ppposé à la sagesseetà la puissance, c'est-à-dire ce qui nous parait folie ou impossibilité. Jamais Les choses PC paraissent avec plus d'éclat que quand elles sont opposées à leurs contraires.

Ifl. Quelque impression que doive faire sur BOUS ce divin oracle, qui doit être pour nous Bn principe invincible , examinons cependant piflsau long s*il est ridicule ou impossible que lliomroesoit régénéré defeau. Pour être moins nrpriftque cette matière ait pu être élevée à me si haute dignité , il est bon de considérer ni élément jusque dans son origine. Elle est BQJHe cette origine, elle est illustre dès le corn- BCDcauept du monde; car Teau est un de ces élëmcDS, lequel avant que Tunivers eût reçu lonte sa |ieifectipn demeurait comnie caché ixn la puissance de Dieu. « Au commencement, fit l*çcnture sainte^ Dieu créa le ciel et la terre, b terre était invisible et sans ornement; les Itetbres éiaieot sur Tablme, et fesprit de Dieu élail porté sur les eaux 3.» Voilà d'abord, ô llQiDmes! de quoi révérer la substance de Teau par Tancienneté de son usage, et de quoi respecter ensuite sa dignité; elle était le siège de Fespiît divin et plus privilégiée alors que les aotres élémens. Tout n'était qu'un chaos affreux; les étoile^ ne rendaient point encore de lumière; tout était informe; la mer était lugubre, la terre sans ornement, les cieux sans beauté. L'eau, Ja seule eau toujours matière parfaite, toujours excellente, toujours pure, un-ait de trône à l'esprit de Dieu. Ajoutez que quand Dieu fit ensujte l'arrangemjpnt des différentes parties de rgnivers, il le fit parle moyen des eaux; car pour suspendre au milieu dp mpnde le firm^ament, U sépara les eaux (Tav/cc les eaux^. Pour suspendre |a terre, il fit une seml>lable séparation, f ^ QiQpde étant enfiq arrangé dans toutes ses parties par la disposition de ses divejs él^mcns , comme il devait être habité, ce fut au^ eaux en pren^.ier lieu

' i. Cor. — » Matth., 19. — • Gcd., 1. -- * Prov., «.

qu'il commanda de produire des ùmes vivantes ^ G'fst donc l'eau qui la première produisit ce qui a vie, afin qu'on ne soit pas surpris que dans le baptême l'eau puisse donner la vie éternelle à notre âme. Dans la formation même de l'homme, Dieu employa l'eau pour achever ce sublime ouvrage. La terre est à la vérité la matière dont l'homme fut fait; mais cette terre n'eût pas été assez disposée pour cet ouvrage . si elle n'avait été humide et détrempée. C'est le limon qui , oyant été tempéré de l'humide et du sec dès le quatrième jour de la création du monde, fut egiployé par le Créateur pour former l'homme.

S'il était nécessaire de descendre dans un plus long détail des principales prérogatives de l'eau , que ne pourrais-je pas dire de sa vertu et de sa fécondité? Quels bienfaits, quelle fertilité, quels secours le monde n'en reçoit-il pas? Mais je craindriais qu'on ne m'accusât de faire plutôt un panégyrique de l'eau que d*expliquer la matière du baptême. Cependant par là je montrerais plus sensiblement que si Dieu fait servir l'eau à tant de choses et à tant d'ouvrages , il n'est pas hors de vraisemblance qu'il Tait aussi employée dans les sacremens pour nous procurer une vie surnaturelle qui durera éternellement dans les cieux.

IV. Il suffit d'avoir rap|)orté ce que nous venons de dire pour y découvrir comme une espèce de préjugé en faveur du baptême^ et un signe qui en était la figure dès le comniencement du monde. L'esprit de Dieu , qui était porté sur les eaux , nous indiquait alors qu'il procurerait une régénération spirituelle aux baptisés; car ce qui est saint ne pouvait être porté que sur un.e chose sainte; ou bien ce qui portait /empruntait la sanctification de ce qui était porté. Et comme toute inatlère inférieure participe aux qualité^ de c.elle qui est de^us , de même la substance corporelle participe à la vertu de la substance spirituelle, d'autant plqs que celle-ci peut aisément, à causfede sa subtilité, pénétrer et animer celle-là. Ainsi (a ;^ture des eaux , sanctifiée par l'Esprit saiqi.t^ a reçu )e pou voir de sancjLifier l'homme dans le sacrjeinent .

Qujelqu'un me dira , es.t-ce que nojU9 j^ommes aujourd'hui baptisés dans ces niêmes e^m qui

» Gen , 2

ÏERTlILLlEiN.

furent au commencement du monde ? Je réponds : elles ne sont pas à la vérité entièrement les mêmes, elles y ont néanmoins le même rapport que plusieurs espèces ont à un seul genre; or les attributs du genre conviennent aux espèces. Aussi est-il égal d'être baptisé dans la mer ou dans un étang; dans un fleuve ou dans une fontaine; dans un lac ou dans un bassin. Il n y a sur ce point nulle différence entre ceux que Jean a baptisés dans le Jourdain et ceux que Pierre a baptisés dans le Tibre. L'eunuque que le diacre Philippe baptisa de Teau qui se rencontra par hasard en chemin ^ n'en acquit ni plus ni moins de grâce. Toute sorte d'eau a donc, par son ancienne prérogative d'avoir porté le Saint-Esprit , le pouvoir et la disposition à devenir le sacrement de la sanctification, au même temps que Dieu est invoqué pour cet effet ; car aussitôt le Saint- Esprit descend, et s'arrêlant sur les eaux , les sanctifie par sa présence; les eaux ainsi sanctifiées deviennent, pour ainsi parler, empreintes d'une vertu de sanctifier elles-mêmes. D'ailleurs elles ont un rapport spécial aux desseins de Dieu dans l'action du baptême. Nous sommes souillés par nos péchés comme par autant de honteuses taches : les eaux sont propres à purifier. Mais comme les péchés ne paraissent pas sur la chair, car personne ne porte à Textérieur la marque de Tidolàtrie, de l'adultère, delà fraude, ils impriment leur tache dans Vàme, qui est la principale cause du péché. C'est l'esprit qui commande, et la chair ne fait qu'obéir. Cependant la faute est commune à tous les deux: à l'esprit, parce qu'il commande, et à la chair, parce qu'elle obéit. Ainsi les eaux ayant reçu pour ainsi dire une vertu médicinale par la descente de l'esprit du Seigneur, l'àme y est lavée par le moyen du corps, et la chair y est purifiée par le moyen de l'esprit.

V. Les gentils eux-mêmes, tout éloignés qu'ils sont de la connaissance des choses spirituelles, attribuent à leurs idoles un pouvoir également efficace , quoiqu'ils se trompent dans l'usage des eaux vides de toute vertu. Ils ont coutume d'initier par une espèce de baptême leurs néophytes à certains mystères de la déesse Isis, ou du dieu Mitbra. Ils honorent

» Act., 8.

même leurs dieux par des ablutions soteoiiellei qu'ils font de leurs simulacres. De plus, s^agit- \ il de faire des luslrations expiatoires, voM j voyez leurs prêtres porter de l'eau de toalet parts : bourgades, maisons, temples, villei entières , tout est arrosé. Il est certain enooit ^ qu'aux jeux ApoUinaires et Éleusiniens, ceux qui les célèbrent se font plonger dans Teaa; cérémonie qu'ils se croient obligés de pratiquer pour être régénérés et pour obtenir rimpuiûté de leurs crimes. De même parmi les aDciena^a quelqu'un s'était souillé d'un homicide, il net* [ toyait cette tache par une eau lustrale. Si ces aveugles gentils sont persuadés que Teau par sa vertu naturelle peut effacer leurs crimei, combien scra-t-il plus vrai de dire qu'elle peaC produire le même effet par l'autorité d'an Diea qui est le créateur des élémens et de lootei leurs propriétés ? S'ils croient que la religioa donne à l'eau une vertu salutaire, quelle pies sainte religion que celle qui honore le Dieu vivivantP Le connaître, ce vrai Dieu, c^esten même temps connaître les artifices du démoiii toujours prêt à contrefaire les ouvrages de Dieu. En effet , il a un baptême qu'il fait recevoir aux siens. Mais quel rapport? c^est Timpiir qui purifie, c'est l'esclave qui affranchit, c*eil le condamné qui absout. N'est-ce pas détruire son propre ouvrage .que d'efRacer des péchés que lui-même il inspire? Tout ce que je viens d'expliquer n'est que pour convaincre œu qui, rejetant la lumière de la foi , nient que Dieu puisse faire des choses dont ils attribuent néanmoins le pouvoir au rival de Dieu.

N'est-ce pas aussi une opinion vulgaire, sans recourir même à aucun sacrement, quil y a des esprits immondes répandus sur les eaux? comme si c'était pour imiter la manifere dont l'esprit divin était porté sur elles au commencement du monde. C'est ce que Ton raconte de tant de sombres fontaines, de ruisseaux affreux, de piscines dans les bains, de cuves dans les maisons, de puits, de citernes, que l'on assure engloutir ou étouffer les hommes, sans doute par la force du malin esprit; car on appelle suffoqués, lymphatiques, hydrophobes, ceux ou que les eaux ont tait mourir, ou qu'elles ont rendus furieux et hypocondriaques. Pourquoi rapportons -nous ces choses? afin qu'il paraisse moins incroyable que

DU BAPTÊME

hagt da Seigneur préside aux eaux et qu'il les J|ile pour le salut des hommes, puisque le iTaU ange se sa*t du même élément pour perte. SHl parait étrange que fange intervienne à cet effet admirable des eaux , l'exemple de œ qui arrivait autrefois suffit pour lever toat scrupule. Un ange descendait du ciel et remuait Teau de la pisciue probatique qu'on appelait en bébreu bei/isaîdeK Les malades attendaient celte agitation pour recouvrer leur santé; le premier qui descendait dans ces eaux ainsi agitées éuit infoilliblement guéri. Ce ranède corporel était une figure du remède ipiritnel que nous recevons, comme il arrive ana ordinairement que les choses matérielles Doos élèvent à la connaissance des choses spirituelles.

La grftce de Dieu s'étant répandue ensuite ptas abondamment sur les hommes, les eaux sot leçn une plus grande vertu et fange un plus grand pouvoir. Ce qui guérissait autrefois les corps guérit aujourd'hui les âmes; ce qui procurait une santé temporelle nous procure le salot étemel; et ce qui autrefois ne délivrait qu'un seul homme chaque année en délivre iqoDfd^hui une infinité en effaçant le péché; cardans le baptême la coulpeest remise, et la peine Test aussi. CTest ainsi que Thomme rentre dans Pamitié de Dieu, en devenant semblable à ce premier homme qui fut autrefois créé I limage de Dieu. L'image se rapporte à Torigioal , qui regarde rélernité. C'est alors que l'homme recouvre cet esprit saint qu'il avait reçu au commencement par le souffle de Dieu , nuis qu'il p'.Tdit ensuite par sa désobéissance. Je ne veux pas dire que les eaux nous donnent le Saint-Esprit, mais l'eau à laquelle fange préside, nous purifiant de nos crimes, nous prépare à le recevoir cet Esprit saint. Noos avons eucore de ceci une figure qui avait précédé le baptême- sacrement. Car comme Jean fut le précurseur du Seigneur en lui préparant ses voies, de même l'ange préposé au baptême dirige les voies au Saint-Esprit par le moyen de Teau qui lave et qui efface le péché : mais avec la profession de foi que nous bisons, et qui est scellée du sceau du Père et du Fils et du Saint-Esprit , que nous prenons

' Joao., 5.

tous trois à témoin ^ Car si un témoignage est établi sur la parole de trois témoins , combien plus notre espérance est-elle solidement établie sur le nombre des trois personnes divines, puisque nous avons ainsi pour garans de notre salut les mêmes qui sont les cautions de notre foi ? Notre profession de foi et la promesse du salut étant donc engagées sur les trois divines personnes qui en répondent, il faut nécessairement qu*on fasse mention de TÉglisc ; car \h où se trouvent le Père, le Fils et le Saint-Esprit , là se trouve aussi TËglise, qui est le corps mystique des trois personnes divines.

Vf. Au sortir du bain salutaire on fait sur nous une onction sainte, suivant fancienne cérémonie où l'onavait coutume de prendre de rhuile renfermée dans une fiolç pour en oindre ceux que Ton consacrait au sacerdoce. Cest ainsi qu*Aaron fut sacré par son frère IMoîse^. C*est de même aussi que Jésus est appeléChrist, du mot chrême, qui marque Y onction par laquelle Dieu le Père fa rempli de son esprit saint; suivant ce qui est rapporté dans les Actes : «Ils se sont véritablement assemblés en cette ville contre votre saint Fils, que vous avez oint "^.n Ainsi Tonction que nous recevons se fait à la vérité sur la chair; mais son effet se répand dans Tàme. De même faction du baptême est extérieure , puisqu'il n'y a que le corps qui soit plongé dans Teau : mais Teffet en est tout spirituel, puisque nous sommes purifiés de nos péchés.

VII. Après cela on nous impose les mains en invoquant et attirant sur nous le Saint-Esprit par la prière qui accompagne cette sainte cérémonie.Nous avons une figure aulhenlique de ceci dans TAncien Testament. Le patriarche Jacob ayant fait venir deux de ses petits-fils, Ëphrem et Manassès, tous deux enfans de Joseph, les bénit en mettant et croisant ses mains sur leurs télés ^. On peut dire qu'en croisant ain.si ses mains, il représenta par avance la forme de Jésus- Christ en croix : ce fut comme un présage de la bénédiction que nous devons recevoir ensuite par Jésus-Christ.

VIII. (rest donc alors que TEspril très-saint descend volontiers du sein du Père sur les corps ainsi purifiés et bénis : il se repose sur les

« Mallh., 18. — • Levit, 8. — • Act, 4. — * Gcd-, 48.

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eaux du baptême, comme s'il reconnaissait son ancien trône. Il descendit de même sur notre Seigneur sous la figure d'une colombe ^ Il voulait nous faire ainsi connaître son caractère par la simplicité et Tinnocence de cet oiseati aimable et doux : car on assure que les colombes n^'ont point de fiel. C'est pour cela que Jésus- Christ dit à ses discipicfs : «Soyez simples comme les colombes^.» Ainsi aprèè le déluge, qui lava les Iniquités des hommes, la colombe , sortie de Farche^ et revenue ensuite avec une blanche d'olivier, atmonça la paix au monde en faisant entendre que la colère de Dieu était apaisée (on sait que parmi les gentils ^olivier est aussi le symbole de la paix); de même aussitôt que notre terre , c'est-à-dire notre corps terrestre a été lavé de ses anciens péchés dans (es eaux salutaires du baptême^ le Saint-Esprit, cette céleste colombe, vole sur nous eu nous apportant ta paix de tJieu. Elle descend du ciel, comme elle sortit jadis de Tarcfae, qui était la figore de FÉglis^. Mais le monde s'est souillé ensuite de noilveaux crimes, et c'est pour cela qu'il doit être purifié de nouveau par le feu , aussi bien que Thomme, qui retombe dans de nouveaux péchés après son baptême. Ce que je dis ici en passant , les pécheurs doivent Fécoutér comme iin avis salutaire que jeteur donûe. tX. Voyez donc combien d'avantages du côté de la nature, combien de privilèges du côté de la {;râce, combien de cérémonies sofenùelles, combien de témoignages et de figures ont annonté de toiut temps le sacrement et (a vertu admirable de Feau. En premier lieu lorsque le peuple d'Israël sortit de la captivité d'Egypte, comment évita-t-il les poursuites de Pharaon^ ? Ce fut en traversant les eaux de là mer Rouge : niais lés mêmes eaux engloutirent ce roi avec toute éôn afmée. Quelle figure plus manifeste du iâcremént dé baptême ? l..es nations sont dédtrée^ de Fesclavage dû siècle ; et le démon, têt aûcien t^n, perd son orgueilleux pouvoir daùtf les eaux. Efi secôAd lieu Fcaù , d^amère qd^elle était, redevient douce dés que Moïse la tdticttè àVeè une! branche de bois^ Le bois de cette branche feprésentait la croix , à laquelle JéSus-ChrIst a été attaché pour convertir, par Êi vmu divine , en des édux satiitairfes des

« Mâltlk, 3. — > Mauh., 1(X— « GeB.,8. -* ' Em4, 14. ^ Exod., 15.

eaux autrefois insipides et empoisonnées eaux salutaires sont les eaux du baptême, étaient encores figurées par Féau que Moi miraculeusement sortir de la pierre, et qu compaguait (e peuple dIsraèP. Or, si pierre était Jésus -Christ, il est hors de c que les eaux du baptême sont bénies en J Christ 2.

Pour nous confirmer davantage dans i du baptême , considérons eYicore Festime ciale que Dieu et son f^ils tbht de Feati. Il ble que cet élément accompagne toujoui sus-Christ. D'abord il est baptisé lui-c dans les eaux du Jourdain^. Les preiûiers ( qu'il fait de son souverain pouvoir, cW qu'il change Feau en vin aux noces de C Lorsqu'il enseigne les peuples, il Uivite ceux qui ont soif à venir boire de cefti étemelte,qui n'est autre que lui^. Autre { déclare qu'un verre d'eau donné pour Fa de lui est une œu\re de charité qui né point sans récompense^. Il se délasse aux du puits de Jacob ?; il marche sur les ea traverse souvent le lac de Génézareth ; il de Feau dans un bassin pour laver les pie ses disciples^. Enfin, le témoignage du ba| persévère jusqu'à (a passion. Lorsque Homme-Dieu est condamné à la mort, intervient à cette condamnation , et quand t^ilate se lave les mains en abandoi Jésus-Christ à la furéùr des Jui^^. ÈnAh , qu'il est blessé après sa mort, il tort dé Fc son côté.

X. Jusqu'ici nous avons parié, autan notre capacité médiocre Fa pu permetti tout ce qui peut servit' de fondement à la teté du baptême. Je vais maiiltenant pours le moins mal que je pourrai ^ ce qui reste pliquer touchant la nature de ce sacré Voici d'abord des questions à quoi il fa pondre. La première fut proposée par h gneur lui-même aux pharisiens, à Foc< du baptême que Jean prêchait ^^ Le baplê Jean, leur dcmanda-t-il, était-il célest terrestre ? Ils n'eurent garde de rien répô ils étaient embarrassés , parce qu'ils ne laient pas croire ce qu'il fallait. Pour

» Num., 20. — • I. Cor., 10.

» Maiih.. 3 — * Joan , 2.— =* Joan., 7.— «Mtl

' Joan., 4— • Joan., 13. — «Mallb., 27— '» Mal

DU BAPTÊME

poiivotis décider, selon les règles de noire

|Éi,qiie le baptèinè de Jean était divin, en ce

l|ÉétSéd i^ataif coifiiAàndé ; mais sans y avoir

Éla^ âiictme vénâ surtiâturelle. Car FÉcri-

Étfif iidas apprend 4^^ Dieu avait à là vérité

dSafi Jéân pour baptiser ; niais quant à la

■itiirè de ce Mplèiiié, il nV avait rien que

dilumain. iPâr lui-même il ne produisait point

U gr&cè ; il disposait seulement rhômtne à là

recevoir par le moyen de la pénitence , qui est

au poilf oir dé lliomroè. Lés pharisiens , et les

dodèdrt dé k loi , fi'ayant pas Voulu croire , ne

firébt peine aussi pénitence. S'il est donc vrai

^ifc tètté péniléticé était klulement quelque

âMt d%udiâiii, il but nécesSalremefit que le

M|ttêiM nt dé même condition. Autrement sll

dit été céleste, U aurait donné le Saint-Esprit

et la rémission dés péchés ; mais il n'y a que

Diéd qui remette tés péchés , et qui donne le

Sikii-Esprii. D'ailleurs le Seigneur déclarait

hd-même qu^àvant qu'il fùt retourné à son

Pire le âaint- Esprit né descendrait pointa Oi*

ce que le maître ne donnait poiiit encore, pen-

sei-vous que le serviteur pût le donner ?

Nous trouvons en effet dans les Actes des apôtres que ceux qui avaient reçu le baptême it Jean n'avaient pas reçu le Saint-Esprit , éoot ils n'avaient pas même énlendu parler ^. hrcfmséquent ce qui ne produisait pasdes effets célestes n était point céleste. Puisque d ailleurs ce que Jean avait reçu de céleste , c'est-à-dire Fesprit de prophétie, vint tellement à lui manquer, après que toute ta plénitude du Saint- &prit fut passée dahs le Seigneur, que ne connaissant presque plus celui dont il avait annoncé ravénement prochain, il lui envoya demander s'il était véritablement le Messie qui devait venir'. Ce baptême de la pénitence ne faisait donc que disposer à la rémission et à la sancliflcalioa qu'on devait obtenir ensuite par Jésus- Christ; car quoique Jean prêchât le baptême de la pénitence pour la rémission des péchés , cela ne doit néanmoins s'entendre que d'une rémissiob future^. La pénitence précède, la rémission ne vient qu'après , et c'est ce qui s'appelle préparer la voie. Or celui qui prépare n'est pas le même que celui qui achève; il disposé seulement, afin qu'un autre mette la

» Joan., 16. — * Acl., 19. — » Mallh-, 11. - * Luc, 3,

dernière main. Jean avoue lui-même que ce qu'il faisait n'était point célciste; cela n'appartenait qu'à Jésus-Christ. « Geliii qui vient de terre, disâit-il, parle un langage terrestre; mais celui qiii vient d^en haut est au-dessus dé toUs^ » Enfin il déclare que pour lui il ne donné qii'un baptême de pénitence ; mais quil viendrait bientôt un autre plus grand que lui, qtii baptiserait dans le Saint-Esprit et dans le Feu^ ; c'est-à-dire que comme les vrais fidèles sont purifiés par le baptême d'eau pour leur sanctification , de même les hypocrites et les infidèles recevront un baptême de feu pour leur condamnation.

Quelqu'un dira peut-être : le Seigneur est venu sans qu'il ait néanmoins baptisé; car nous lisons, <f ce n'était pas cependant Jésus qui baptisait, c'étaient seulement ses disciples^.» il semble pourtant qu'il avait été prédit par Jean que Jésus baptiserait lui-même de ses proprés mains. Je réponds que les paroles de Jean doivent être entendues selon une manière de parler assez commune. On dit, par exemple y l'empereur a publié Unédit; le gouverneur a fait souffrir la flagellation à un tel. Est-ce que l'empereur publie lui-même? est-ce que le gouverneur donne lui-même les coups ? Le maître est toujours censé agir , lorsque ses gens exécutent ses ordres. Cent de la même sorte qu'il faut expliquer ces paroles : il vous baptisera, c'est-à-dire vous serez baptisés ou par lui ou en lui ^. Quelques autres seront encore surpris que Jésus-Christ ne baptisât pas luimême; mais quel aurait pu être son baptême ? Eût-ce été celui de la pénitence? Qu'aurait-il eu affaire de précurseur? Eût-ce été un baptême pour la rémission des péchés ? Mais il ne lui en coûterait qu'un mot pour les remettre. Eût-ce été un baptême administré en son propre nom? U prenait trop de soin de se cacher sous le voile de ^humilité. Enfin, aurait-il baptisé dans le Saifit- Esprit, lorsque cet Esprit n'était pas encore descendu du Père; ou au nom de l'Église, quand les apÂtres n'avaient pas encore commencé de la former? C'étaient donc les apôtres qui baptisaient en qualité de ministres de Jésus , ainsi que son précurseur lavait fait auparavant ; et ils ne conféraient que

« Joan., 3. — ■ Luc, 3. — ' Joan., 4. — • * Luc, 3.

le baptême de Jean ; on ne doil pas s'imaginer qu'ils en donnassent un autre; car il n'y en a point d'autre que celui que Jésus-Christ institua ensuite, et qui ne pouvait encore alors être administré par les disciples, puisque le Seigneur n'était point parvenu au plus haut degré de sa gloire, et qu'il n'avait pas encore établi l'efficacité du baptême sur sa passion et sur sa résurrection. Or notre mort ne devait être détruite que par sa passion , et notre vie rétablie que par sa résurrection.

Nous ne pouvons ignorer d'ailleurs que nul ne saurait être sauvé sans le baptême; c'est le Seigneur qui nous le déclare lui-même par ces paroles: «Nul ne peut obtenir la vie, s'il ne renatt de l'eau ^» Là-dessus, certains esprits pointilleux ou téméraires proposent cette question : S'il est certain que sans le baptême il n'y a point de salut , comment est-ce que les apôtres ont pu être sauvés ? car nous ne trouvons point qu'ils aient été baptisés dans le Seigneur, excepté saint Paul. Déplus, si le seul Paul entre les apôtres a reçu le baptême de Jésus-Christ, il faut ou que ceux qui n'ont pas reçu ce baptême soient condamnés pour vérifiei* l'oracle du Sauveur , ou que cet oracle soit f^ux s'ils ont été sauvés sans le baptême. Dieu m'est témoin que j'ai entendu des gens raisonner de la sorte et je l'affirme , afin qu'on ne me croie pas assez bizarre pour imaginer ou supposer de gaieté de cœur des difficultés, pour satisfaire une démangeaison d'écrire, et pour avoir le stérile plaisir d'exciter des scrupules dans les autres.

Je m'en vais donc répondre le mieux qu'il me sera possible à ceux qui nient que les apôtres aient été baptisés. Je dis d'abord : s'il est vrai, comme il paraît incontestable, que les apôtres avaient reçu le baptême humain de Jean , ils souhaitaient sans doute de recevoir le céleste baptême de Jésus-Christ , puisque ce divin Sauveur avait déclaré qu'il n'y a qu'un baptême , lorsqu'il dit à Pierre, qui se refusait de se laisser laver les pieds : «Celui qui est une fois sorti du bain^» n'a pas besoin d'y rentrer une seconde. Certainement il n'aurait point parlé de la sorte à un homme qui n'aurait pas été baptisé; et c'est une nouvelle preuve contre

* Joao., 3. — • Joan., 13.

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ceux qui prétendent que les apôtres reçi le baptême de Jean , afin de pouvoir rejel baptême de Jésus-Christ. Est-il croyabh la voie du Seigneur, c'est-à-dire le baptên Jean , n'ait pas été préparée à ceux qui et eux-mêmes destinés à montrer la voie du gneur à tout Tunivers? Jésus-Christ , tout peccable qu'il était, a voulu néanmoins baptisé, et des pécheurs n'auront pas b de l'être !

Cependant , répliqiiera-t-on , n'est -il pa: que plusieurs n'ont pas été baptisés ? J'en viens, mais ce ne sont pas assurément les ciples de Jésus-Christ : ce sont tout au pli ennemis de la foi, entre autres les scribes i pharisiens; d'où je tire cette conséquence, si les adversairesdeJésus-Christ n*ont pasi recevoir le baptême, ses amis l'ont vérit ment reçu, pour ne pas imiter la folle sa de ses ennemis. Depuis surtoutque Jésus-C leur maître eût rendu un si glorieux t( gnage de Jean par ces paroles : «Entre le fans des femmes, il n'en a pas paru de grand que Jean-Baptiste ^n

Quelques autres disent que les apôtres fi suffisamment baptisés, lorsque étant da barque ils furent couverts des Ilots de la n que Pierre lui-même fut assez plongé lor marcha sur les eaux du lac de Génézareth^. moi, je pense au contraire qu'il y a bien différence entre être couvert d'eau par la lence d'une tempête, et être -lavé par ur de religion. Cettebarque au reste n'était q figure de l'Église , qui est agitée dans la n: ce monde par des tourmentes continui c'est-à-dire par les tentations et les per tions : tandis que le Seigneur semble di tranquillement, jusqu'à ce que, éveillé enfi les prières des saints, il apaise les flots di cle et calme la crainte des siens.

Enfin , que lesapôtres aient été baptisés manière ou d'une autre, ou qu'ils aient jusqu'à la fin sans baptême, il suffit des que c'est nous en particulier que regarc oracle de Jésus-Christ qui nous fait ent( dans la personne de Pierre qu'il n^ a i baptême. Du reste , c'est témérité que de

loir nous ériger en juges du salut des ap<

« Blatth., 11. — * Blatlh., 8. — " Matth., 14.

DU BAPTÊME

ODBnie si la grâce de leur vocation et le privi- Ugt d'avoir été ensuite les amis inséparables de Jésos-CbrisC n^aurait pas pu leur tenir lieu de baptême; d'autant plus qu'ils étaient les dnriples chéris de celui qui promettait le salut Itoos ceux qui croyaient en lui : «Votre foi, dinit-U, vous a guérie» Et ailleurs :« Vos péchés vous sont remise, » disait-il à un autre fui avait la foi, mais qui sans doute n'avait pas reçu encore le baptême. Si celte grâce de réflÛMàon a manqué aux apôtres , je ne cornprends pas comment la foi des autres aura été plus efficace que la leur. Uun abandonne son karean des fermes au premier mot que lui dit leSaaveor'; Tantre renonce à sou père, à sa bvqoe et au métier qui le faisait vivre^ ; enfin cet autre ^, qui ne retourna pas même ensevelir M père, obéit à la voix de Jésus-Christ avant ■fane qu'il lui eût entendu dire: «Celui qui ■e préfère son père ou sa mère n'est pas ignedemoi^»

JStt. Quelques-uns, également audacieux et impies, proposent encore plusieurs questions. Si h foi, disent-ils, suffit, le baptême n'est donc i pas nécessaire. Or Abraham devint agréable à Dieu sans autre sacrement que celui de la foi. Je réponds : les lois postérieures prévalent à celles qui ont précédé. Supposons qu'on ait pu être sauvé par la foi seule, avant la passion et h résurrection de Jésus-Christ ; mais quand on nous a imposé une nouvelle obligation de croire en sa nativité, en sa passion et en sa | résurrection , il a été ajouté en même temps on nouveau sacrement. C'est le baptême , qui est comme le sceau de noire foi et comme un ornement dont est revêtue cette vertu, laquelle était autrefois une foi nue, et ne pouvait rien sans l'observation de la loi. Or la nécessité du baptême a été imposée , et la forme en a été prescrite. «Allez, dit le Seigneur aux apôtres, enseignez toutes les nations; baptisez -les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit 7. » Cette loi est clairement confirmée par cet autre arrêt définitif : «Nul ne peut entrer dans le royaume des cieux s*il ne renaît de Feau et du , Saint-Esprit^.» Paroles qui nous marquent indubitablement la nécessité du baptême. Depuis

' Luc , 18. - » Mallh.. 9. — » Ib., 9. — * Ib., 4. » Maub., 8. — • Ib., 10. — ' Ib., 28. - • Joan., 3.

cet oracle , tous ceux qui commencèrent d'entrer au nombre des fidèles forent baptisés. Dès que Paul eut cru, il reçut le baptême. Le Seineur le lui avait recommandé dans le temps qu'il le rendit aveugle, o Levez-vous, lui ditil, entrez dans Damas, et là on vous apprendra ce que vous devez faire ^ » c'est-â dire que vous devez recevoir le baptême. C'était la seule chose qui manquait à Paul ; car du reste il avait assez appris et suffisamment cru que Jésus de Nazareth était le fils de Dieu.

XIV. A propos de l'apôtre saint Paul, on propose de nouvelles difficultés sur ce qu'il dit : « Le Seigneur ne m'a pasen voyé pour baptisera b Peut-on s'imaginer que l'apôtre parlant de la sorte prétendit détruire le baptême , et ne baptisa-t-il pas lui-même Caîus, Crispus et toute la famille d'Etienne^? D'ailleurs, quand Jésus- Christ n'aurait pas envoyé Paul pour baptiser, ne savons-nous pas qu'il avait commandé aux autres apôtres de le faire? Enfin saint Paul n'écrivait de la sorte aux Corinthiens que par rapport à ce qui se passait alors parmi eux. On lui avait appris qu'ils en étaient venus à des schismes et à des divisions : a Je suis à Paul , » disait l'im; «je suis à Apollo^,D disait l'autre. C'est pour cela que cet apôtre, amateur de la paix , pour ne point paraître partisan des uns plutôt que des autres, dit qu'il n'a point été envoyé pour baptiser, mais pour prêcher; car il laut commencer par prêcher et ensuite baptiser. Or, celui qui a eu le pouvoir de prêcher a pu aussi baptiser.

XV. Je ne sais si l'on attaque le baptême par d'aut res sophismeségalement f ri voles.Quoi qu'il en soit, je vais reprendre ce que j'avais omis ci-devant, pour ne pas laisser les principales questions indécises. Il n'y a qu'un seul baptême, comine nous l'apprenons par l'Évangile de Jésus-Christ et par les éptlres de l'apôtre : «Un seul Dieu , un seul baptême, une seule Église^ » Cet unique et véritable baptême se trouve seulement parmi nous; mais pour ce qui regarde les hérétiques, il faut examiner ce qu'on doit observer avec eux : la chose est de notre compétence. Or les hérétiques n'ont point de part à notre discipline; dès qu'ils .sont séparés de notre communion , nous devons les regarder

» Act., 9. — M. Cor., 1. — «/fr. — * /6.~ » Ephet., 4.

TERTULUEN-

comme des étrangers. Je ne dois point reconnaître en eux ce qui n'appartient qu'à moi , parce qu'ils n'ont pas le même Dieu et le même Christ que nous. Par conséquent l'unité du baptême n'est point chez eux, puisque leur baptême n'est pas le même que le nôtre '. Ne l'ayant donc pas tel qu'il faut , c'est comme s'ils n'en avaient aucun ; ainsi ils ne peuvent le donner , puisqu'ils ne l'ont point. Mais nous avons déjà traité cette matière fort au long dans le livre que nous avons écrit en grec là-dessus. Nous ne recevons donc qu'une fois le baptême; nos péchés n'y sont lavés qu'une fois , pour nous faire comprendre que nous ne devons point les com« mettre de nouveau. Le peuple juif se lave tous les jours, parce que tous les jours il contracte quelque souillure. Pour prévenir le besoin d'une semblable purification , il nous a été déclaré qu'il n'y a qu'un seul baptême. Heureuse eau, qui lave une fois, qui est si salutaire aux pécheurs et qui met ceux qu'elle a une fois lavés en état de ne plus contracter de nouvelles taches!

XVI. Il est vrai que nous avons on second baptême, qui est le baptême de sang, mais qui est aussi unique. C'est de ce baptême que par* lait Jésus-Christ lorsqu'il disait : «J'ai à être baptisé d'un baptême^,» quoiqu'il eût été déjà baptisé; dir il était venu par l'eau et le sang s, comme écrit saint Jean , afin qu'il fût lavé par l'eau et glorifié par le sang. C'est pour cela aussi que voulant nous appeler par l'eau et faire des élus par le sang, il fit rejaillir de la plaie de son côté ces deux baptêmes; parce que ceux qui devaient croire en son sang devaient être purifiés par Teau , et ceux qui seraient purifiés par l'eau devaient aussi boire son sang. C'est enfin ce baptême qui supplée au déftuit du baptême d'eau , et qui répare le déiaut quand on a eu le malheur de perdre l'effot du baptême.

XVII. Pour finit* ce petit traité , il reste à parler de la discipline qu'il faut observer dans l'administration du baptême. Le droit d'admi* nistrer ce sacrement appartient d'abord au grand prêtre, qui est l'évêque. Les prêtres et les diacres le peuvent aussi conférer ; mais non sans permission de Tévêque, pour respecter

^ TertuUien ne parle que de certains hérétiques. •liuc, 12.--M.J<M0.,6.

l'Église dans son chef et pour y maintenir la paix par celte subordination. Du reste les laïques ont aussi quelquefois le pouvoir d*administrer le baptême. Ainsi , lorsqu'il ne se trouve ni évêque, ni prêtre, ni diacre, nul ne doit receler le don du Seigneur. Par conséquent le baptême étant un des biens que Dieu distribue aux hommes sans exception , tous peuvent aosaî le communiquer. Cependant les laïques doivent toujours se souvenir de la modestie et dn res« pect qu'ils doivent exactement garder envers leurs supérieurs, en qui réside principeiement ce pouvoir. Qu'ils prennent donc garde de ne pas s'attribuer un office qui n'appartient qu'à l'évêque. L'émulation est la mère des scbîiaies. Le très-saint apôtre a dit que s tout était permis ; mais que tout n^éiait pas expédient K Qu'il suffise donc à un laïque d'user de ce pouvoir dans les cas seulement de nécessité , c*eat-lHiire lorsqu'il y sera obligé, eu égard aux cifcon* stances du lieu, du temps et delà personne; car alors la conjoncture du péril où se trouve Tun excuse suffisamment Toifice secourable de rentre. On se rendrait autrement coupable de la perte d'une Ame si on refusait de lui aecorder ce qu'on a pu lui donner»

Au reste , l'insolence de certaines fomiMi qm ont usurpé le droit d'enseigner lea porterai* elle à s'arroger encore celui de baptiser? J'ai de la peine à le croire , k moins qu'il ne parame quelque nouveau monstre aussi bardi que le premier. Que si quelques^nes de ces femofa téméraires , qui lisent sans aucun discerqeoieat les écriia de saint Paul , osent justifier leor pn^^' (ention par l'exemple de Thtele , à laquelle • dit-on » cet apôtre donna le pouvoir d^eoieî" goer et de baptiser^ qu'elles sachent que le livre duquel elles s'autorisent n'est point de saint Paul , mais d'un prêtre d'Asie , qui le oomh posa sous le nom de saint Paul , quoique Uaaa de ses propres rêveries. Ce prêtre , ayant M ensuite convaincu par sa confession même qu'il avait composé cet ouvrage, fut chassé et d<« posé. En effet, y a*t-il la moindre appartoee que saint Paul accorde aux femmes le pouvoir d'enseigner et de baptiser, lui qui leur donne i peine la permission de se faire instruire publiquement? «Que les femmes se taisent, dit-il;

' I. Cor., e.

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