‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 30 sur 80 · TRAITÉ DU VÊTEMENT DES FEMMES · texte numérisé non relu

TRAITÉ DU VÊTEMENT DES FEMMES

Si l'on avait autant de foi sur la terre que Ton en attend de récompense dans le ciel , je suis persuadé, mes chères sœurs, qu'il n'y en aurait pas une parmi vous qui, après avoir connu Dieu et fait réflexion sur sa propre misère, voulût Faire paraître de la gaieté, pour ne pas dire de Torgueil, dans les habits; mais qu'au contraire on ne vous verrait rechercher que les plus lirôssiers er les plus simples. Ce serait en cet état que Ton reconnaîtrait eh vous Eve affligée et pénitente, et vous effaceriez par votre modestie la honte du premier crime, que vous tirez de la première femme, et le reproche que Ton fait à votre sexe d'être la cause de la perte du genre humain. Après tout, la femme peutetie méconnaître en sa personne celte première Eve , puisqu'elle enfente comme elle avec douleur, qu'elle souffre la même peine , et qu'elle vit dans la même dépendance. Le châtiment de la première femme demeure toujours sur tout son sexe, il faut donc que tout lé sexe partidpe efticore à sa faute. Quoi donc , femme malheureuse , tu es la porte du démon, tu as reçu de lui pour notre perte du fruit défendu , tu t'es révoltée la première contre ton auteur , tu as séduit celui que le diable n'avait osé attaquer, tu as effiicé dans Thomme les plus beaux traits de la Di vihité, enfin pour réparer ta faute il en a coftté la vie aii Fils de Dieu , et tu prétends encore te parer de ces peaux qui n'ont été faites que pour couvrir ta honte ^ !

Si dès le commencement du monde les laines les plus fines des Milésiens, et le coton que les Scythes recueillirent avec soin sur les arbres avaient été en usage; si le luxe avait déjà donné du prix à Técarlate de Tyr , à l'aiguille des Phrygiens et aux broderies des Babyloniens; si dès ce temps-là Ton se fût avisé de rehausser l'éclat des habits par la blancheur des perles et

* Geoète, 3^

par le brillant des pierres précieuses ; en l'avarice des hommes avait déjà tiré T centre de la terre, et si la curiosité des fc avait inventé l'usage du miroir, pour tn plus facilement les yeux par des agrémei pruntés; si, dis-je, tout cet appareil d'o et de vanité avait eu lieu dans le mon son commencement , pensez- vous que I mière Eve , encore tout accablée du po son péché , chassée d'un paradis de dél d'un séjour de bonheur;.. enfin à demi' et de la force de son repentir et du pre ment de la mort qu'elle venait de m pensez- vous, dis-je, qu'en cet état elle e cherché avec soin tant de vains et de su| ornemens pour couvrir un misérable cor pour éviter une honte dont le péché avaii cause ? Si donc vous voulez faire revivre e cette première Eve mortifiée et pénite faut vous résoudre à ne rechercher et à e naître plus ce qu'elle n'avait ni ne conn pendant qu'elle vivait. Tous ces vains mens ne font qu'embarrasser une femm morte à la grâce et presque condamnée semble qu'ils ne sont destinés que pour si sa pompe funèbre.

En effet, ceux qui les ont inventés , j dire ces enfons de Dieu qui l'abandoni pour posséder les filles des hommes S on été condamnés à la peine de la mort, est encore désavantageux à la femme; furent eux qui , après avoir découvert d* siècle grossier plusieurs choses que la i avait utilement cachées , et enseigné pk arts qu'il aurait été bon que l'on eût ignoi furent eux, dis-je, qui montrèrent aux hc à chercher les métaux jusque dans les ent de la terre , qui publièrent la force et le priétésdes herbes, qui firent iespremii

* Genèse, 9.

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