‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 31 sur 80 · DU VÊTEMENT DES FEMMES · texte numérisé non relu

DU VÊTEMENT DES FEMMES

AuKemens, et qui prétendirent avoir trouvé àM b disposition des astres la science de l'a- Mr. Mais leur soin principal, ce fut de four- É* aux femmes tons ces instrumens de vanité int dles se parent avec tant d^affectation , (te de leur main qu'elles tiennent l'éclat des ffaoïans dont brillent leurs colliers, tout l'or le leurs bracelets, et cette agréable diversité de CDoleurs dont on teint les étofFès : en un mot toutes les différentes drogues dont elles se wnreal pour se fiutler et se déguiser le visage. L'oD peut déjà juger de la nature de toutes ces fcotes par la qualité et Tétat de ceux qui les Btinraitécs, et il faut être aveugle pour ne il oooclore que des pécheurs ne conduisent à rinnocence, que des amans séducteurs jamais les moyens de se conserver hBS la chasteté, et que des esprits rebelles et KMrteurs du ciel ne sauraient nous inspirer h crainte «Tun Dieu quils ont abandonné. Si ont inventions sont des sciences , de si maîtres ne sauraient les bien enet si ces présens sont le prix de ImpiidiciCé , que peut-il y avoir de plus onten?

Mais enfin à quel dessein croyez- vous que ces ij^rits réprouvés aient eu tant de soin de four- Iran femmes tout cet équipage superbe dont lleiaoni si curieuses ? c'était peut-être de peur pTdtet n'eussent pas assez de charmes naturels pour s'attirer les yeux et le cœur des hom- ■es tout sensuels qu'ils sont; mais ces mêmes diarmesavaient bien pu, sans le secours d'aucuns ornfmens étrangers , les séduire eux-mêmes et ksprécipiter dans le dernier aveuglement. Peutêtre qu'ils avaient peur de passer pour des îagrals et pour des avares s'ils ne faisaient fKlque présent à leurs maîtresses; mais ils le pouvaient pas craindre de reproche de ce cMé-là , elles s'estimaient trop heureuses d'avoir pu plaire à des anges. La véritable cause de ces funestes présens a été le désespoir de m esprits voluptueux et la jalousie qu'ils ont conçue de votre bonheur; car en pensant IQ lien d'où ils étaient déchus , et soupirant loelquefois après un bonheur que celte beauté laturelle des femmes leur avait fait perdre, Miis , s'en prenant à ces charmes innocens omme à la cause de leur chute , ils ne penfrrent plus qu'à les déAgurer et à les rendre

criminels, sous prétexte de les récompenser, afin que les femmes, déchues de cette première simplicité qu'elles avaient reçue de Dieu , participassent avec eux au péché comme elles participaient au plaisir. Us savaient bien que la vaine gloire, que l'ambition , que le désir de plaire par la chair déplaisait à Dieu , que ces passions criminelles sont ces mauvais anges auxquels nous avons renoncé au baptême , que ce sont ces anges que nous devons juger , et que c'est par la superbe et par la vanité que les anges réprouvés ont mérité d'être jugés par les hommes. Mais comment les hommes pourrontils condamner des choses dont ils recherchent la possession < ? Quel commerce peut-il y avoir entre le juge et le coupable? Je ne pense pas qu'il y en ait plus qu'entre JésuS-Ghrist et Bé« liai. De quel front enfin l'homme pourra-t-il juger ceux dont il aura reçu les présens? car dans cette consommation des siècles il n'y aura point de distinction de sexe, mais leshommesseront en cela semblablesaux anges ^, et les saintes femmes participeront avec le reste des élus au privilège de juger les réprouvés ; mais si nous ne condamnons pendant cette vie les choses que nous devons condamner , il est à craindre que nous ne soyons jugés par ceux que nous devions juger.

Je sais que le livre d'Enoch, sur l'autorité duquel est appuyé ce que j'ai dit ci-dessus de ces anges déserteurs , ne passe pas ordinairement pour canonique , parce qu'il ne se trouve pas au nombre de ceux que les Juifs reçoivent pour tels. Il y a de l'apparence qu'ils n'ont pas cm que cet ouvrage fait avant le déluge ait pu se conserver nonobstant cette ruine générale du monde ; mais s'il n'y a que cette raison qui les empêche d'y ajouter foi, ils n'ont qu'à penser que Noé , petit-fils de Mathusalem qui était fils d'Enoch , survécut au déluge , et qu'il était parfaitement instruit et avait appris par tradition les grâces que Dieu avait faites à son bisaïeul, et toutes les choses qu'il avait enseignées , puisqu'il est certain qu'Énonch ne recommanda rien tant à Mathusalem que d'en conserver la mémoire et de la transmettre à la postérité. Noé conservait donc apparemment avec un très

> Héb., 1 ; Cor. 1 ; Luc , 22.

> Matlb., 24.

TERTULLIEN

grand soin ces monùmens illustres de la gluire de sa maison et ces lëmoignages authentiques de la bonté de Diea^ par qdi il a Vait été censerVé; et quand même il aurait par malhetir perdu cél ouvrage dans la violence du déluge; il n'est pas incrof able qu'il ait pu le réparer de la même manière cfu'il est coliëtaht ique toutes les saintes Iietires , ayant péri dans là prisé de Jérusalem par les Babyloniens^ Furent rétablies par Esdras, qui en avait fidèlement conservé la mémoire >. Ajoutez à cela (fue ce livre d'Enoch parlant évidemntèht de Jésus-Christ^ nous ne le devons point rejeter^ puisqu'il éét vrai que toute Écriture qui nbuspedt édifier a été divinement inspirée, et que 1^ Jnift dnt rejeté comme apocryphes (lîusieurs passageè qui parlent ouvertëhient de Jésiis- Christ; et il ne faut pas s'étonner si cedi qUi n'ont paS voulu le ré^ cevoir ont aussi reftisé de recevoir les Ëcritnreè qui parlaient de lui. Enfin le seul tétubignage de l'apdtré saint Jude dcfit foujoufs vous inspirer beaucoup de t*espèct poui* cet tiuvragé h Mais qdoi qu'il en soit dèS inventeut^s ri« ^ •ru et de ces étbffts Mtaestes qui fbmèbteht M vanité, printipaléittent datiS le tcMlr déè fèâimës^ eiainihobs la bAtlii*è et les propres qualités de ces choses, éfifi de déroutrir* quelIKè peuvent être les raisons qui nous lèS font inécHef^ cher am lahtd'emtil<eèsêiiiènt.GéqtieJ*âpplelle habillement dès Pelttin^ dibsIMe priticipAN^ ment en dèui chos^ : la )iremi«*è H>^hié M habits 4 r\)t\ Vntgéûi, m pierftKèë et le r«sté des omemttis dmt bn les éliritHii ; et là nèebUK renarde le Sdin tl*ôp cilHblii qu'elles bnt de tourner différeinttlent \^r^ chèviËUt; d'ébli^ tenir lèub erilbOhpéint, dé tte raFràtthir^ et tnétne d« M degliisM* lé teiht: enfin d*ftjust«i* d'une nianièrt iUondaitt^ les Mim fiarliês db cc»rpSqbl iftodt ék)MHÉIéë i la tbè.Cft* Je pKleUdk ieotivaibere d'ambliidtt la pi^ibièréde ceft choseS, et prouver que lâ sélit>n»é m ubiê véHtttHle pmAitdttôn \ db lalM prfteht^ent I jugek" a ^ «etohiH cHrélllMbës, ft «M servaUl'idi db Dieu, si elM f (MiVèhiHédtrdbv^rquiS'àècdrdé avet l'htonlilltë M aVec M chàstieté dbbt éllle^ fbttt proFeSsiôb.

" Rom., 15; Tit., 3.

' lad. Ep. Carib.

* Ce sert dans le Traité fuWaDt.

Mais après tout, qu'est-ce queVor et Targol qui font la principale matière du bstedesOMM dains ? D'où viedt que cette terre leur ésl fiiiijl précieuse que celle que nousfoulonsattx piidij Est-ce à cause que pour sortir des prohM|| cavernes où elle avait été créée il eo souvent la vie à ces malheoréui qui amiI damnés à l'en tirer P est-ce à eauae qa'i laissé le nom de terre dans le foq 4 elle aussi le nom de métal , pour servir au auxquels laiiibiiion de Thomme l'a dcni Pour moi je ne trouve rien de tout cela se rencontre également dans le Fer et cuivre, et dans tous les autres ou vragea 49 ou de métal : ainsi il y a de la folie à ces matières si précieuses aient reçi de ture aucune préi ogalive par dessus lea métaux; au contraire ^ rien n'est plst nable que de leur préFerer le for et le puisqu'à le bien considérer nous tirons métaux des services bien plus considérai de l'or ou de l'argent ^ qu'ils rempiacent souvent et à juste ihre.

En effet ^ n'a-t-on pas vu des aniMttt parmi les ornemens triomphaux P ne t-on pas encore avec soin des vases d'm l'antiquité a rendus précieux? Et raniieM|.j tial que l'on foit encore de Fer, n'eat*! aussi une marque que ce métal n'est pat: pable de servir d'ornement, cornai il témoignage de la Fruifaliié de nos pfcrea(fj ceux maintenant qui font tant de cas de de raient me montrent des usages «tj nécessaires dans ces métaux, comnwj' voir que le Fer et le cuivre se peuvent pour embellir et pour orner ; do moina ilâ jamais vu labourer la terre avec de l'or m,. struire des navires avec de l'argent; jai épée d'or n'a défendu la vie de penioinH||' jamais des murailles d'argent n'ont mis à * vert les hommes ni contre les injures du ni contre 1rs insultes de leurs cnnemiai l\>r ne sert point à Fabriquer le Fer, eomi fer est nécessaire pour rendre l'or pi quelque chose. Je ne vois donc pas par qi raison on pourrait prétendre que l'or et ff gent aient reçu de la nature quelque gative sur les autres métaux. ^^j

Peut-oil rien dire de plus avantageux ea W veur de ces pierreries qui emportent le prisMÉI

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