NOTICE SUR SAINT CYPRIEN
jdort le même. Comment, ditai»je , ud si ffnnd change-
BCBC ett-n potttMe? Comment m défaire tout d*un coup
de ce qoe la natore on l'habitude ont tellement fortifié ?
Ge toDt fk des choses profondément enracinées dans l'âme.
Cornaient wi homme aocomnmé à faire bonne cbëre
apfireadn-l-il en im moment la sobriété? Peut -on croire
qa^ane penoone qni s'est toujours superbement vêtue,
et qoi a porté jnsqn'id des habits d'or et de soie, se
poisK résoudre i s'habiller simplement et modestement^
Oo antre qni aura passé sa vie dans des charges et des
cm^Mi considérables, se réduica-t-il à une condition
priTêe?Ec cdni qni s*est toujours tu accompatjpié d'une
foale de personnes qui dépendaient de lui, ne regardera-
t-il pas la aolitnde comme un supplice? Il fiut que ceux
qm ont vécn depuis si longtemps sous Tempire de leurs
I, en soient encore dominés ; que la débauche les
!, que l'orgueil les enfle, que la colère lesen-
qne rararice les tourmente, que la vengeance
Im amoe , qne l'ambition les charme, que la volupté les
préapite. YoiU ce que je repassais souvent en moi-même.
Cvcomaeje me trouvais engagé dans une infinité de
■anvaiaee babitudet dont je ne croyais pas pouvoir
wtir, je «oondais mes inclinations vicieuses ; et déses-
pimc de devenir meilleur que je n'étais , je m'accoutu-
manx,qui m'étaient déjà comme passés en
lis lorsque les souillures de ma vie passée étant nettsfées par l'eau salutaire de la régénéralioii , la lumière te rJpflDdit d'en haut dans mon cœur; lorsque, ayant ifçi le Saint-Esprit, une seconde naiMance m'eut fait de^ voir mi nouvel homme : aussitôt mes doutes s'éclaircimt, mon esprit s'ouvrit, mes ténèbres fiirent dissipées; ce (pie je trouvais difficile me sembla facile, et je cns qu'on pouvait faire ce que j'avais estimé jusque alors iapossible; en sorte qu'il était aisé de reconnaître que ce qiîl y avait auparavant en moi de charnel et de déréglé vcaait de la terre, et que ce que le SaintrEsprit animait éljjk venait de Dieu. Vous savez vous-même aussi bien qneiDoi, et vous le reconnaissez, ce que cette mort de nos rriBMset la vie des vertus a ôté en nous et y a mis. Vous k savez, et je n'ai que faire de le publier ; car la louauge de soi-même est odieuse; qtioi qu'on puisse dire que ce l'est pas une vanité, mais une reconnaissance d'attribuer k gloire d'une chose à Dieu et non pas 5 l'homme , et Timputer à la grâce de la foi de ce qu'on ne pèche plus, ronune à l'erreur humaine de ce qu'on a péché autrefois. Oui c'est de Dieujque nous tenons tout ce qu'il y a de forte en nous. C'est lui qui nous fait vivre; c'est lui qui BOUS annne, et qui, nous donnant une nouvelle vigueur, fait que dès ce monde nous avons déjà des pressentimens de ravenir. Ayons seulement soin de vivre toujours dans la crainte, comme étant la gardienne de notre innoemoe, afin que Notre-Seigneur qui a fait reluire les rayons de sa grâce en notre âme, soit convié à y demeurer par le plaish' que nous prendrons à bien faire, et qu'il n'arrive pas que l'assurance du pardon de nos fautes nous rende négligens, et laisse une porte ouverte à l'ancia ennemi pour rentrer en nous. Mais si vous ne sortez point de la voie de la justice et de rinnooence; si vous y marchez d'un pas ferme et égal ; si, vous tenant attaché à de toat votre pouvoir et de tout votre ccnir, vous toujours le même que vous avez commencé d'être , la grâce spirituelle s'augmentera en vous et vous donnera de nouvelles forces. Car les dcms célestes ne res-
semblent pas aux bienfeits des hommes ; ils ne reçoivent ni bornes ni mesure. Le Saint-Esprit qui se répand abondamment, n'est resserré par aucunes limites, et ne se renferme] point dans un espace fixé. Ses eaux coulent tocûours, et se débordent de toutes parts. Que notre coeur seulement soit altéré et ouvert, et elles l'inonderont à proportion que la grandeur de sa foi le rendra capable de les recevoir. Lorsque nous serons chastes et pm^, modestes dans nos actions, retenus dans nos paroles, nous pourrons même guérir les malades, et éteindre la malignité du poison qui les infecte ; nous pourrons rendre la santé spirituelle à ceux qui l'ont perdue, la tranquillité aux outrageux , la paix aux colères, la douceur aux emportés; nous pourrons obliger par nos menaces les esprits immondes et vagabonds qui tourmentent les corps des hommes à confesser ce que nous leur demanderons, les presser de se retirer par des fouets invisibles, et lorsqu'ils résisteront, qu'ils pleureront, qu'ils gémiront, redoubler leurs cbâtimens, les battre de nouveau de verges sphituelles, et les brûler par le fen de nos prières. Car les exorcismes que nous faisons sur les possédés se voient; mais les tourmens qu'en souffrent les démons qui les possèdent ne se voient point Ainsi le Saint-Esprit agit avec liberté et autorité à cause de la grâce qne nous avons déjà reçue par le baptême; mais parce qne nous n'avons pas encore changé de corps , nos yeux sont couverts de nuages et ne sauraient apercevoir ce qui se passe. Combien un esprit ainsi renouvelé par les eaux du baptême est-il fort ! combien est- il puissant ! puisqull n'est pas seulement délivré des attachemens qu'il avait au monde et â couvert des effSorts de l'ennemi par la pureté et l'innocence qu'il a reçue; mais que sa vigueur et ses forces étant encore augmentées, il commande avec empire â toute l'armée des démons.
Mais afin que vous compreniez encore mieux l'éminenoe de cette grâce, je veux éclaircir cela davantage, et mettre cette vérité dans un plus grand jour. Imaginez-vous donc que vous êtes transporté sur le sommet d'une haute montagne, d'où vous voyez tout ce qui se passe au-dessous de vous; et que jetant les yeux de tous côtés, vous contemplez dans un calme d'esprit tout entier toutes les tempêtes et les agitations du monde. N'est-il pas vrai que vous commencerez â en avoir pitié, et que cela vous faisant 'faire réflexion sur vous-même, et sur la grâce que Dieu vous a faite, vous serez encore plus aise d'être échappé d'un si grand péril ? Considérez lescbemins remplis de voleurs, les mers couvertes de corsaires, les guerres qui répandent partout l'effroi et l'horreur. Toute la terre est teinte du sang des batnille». L'homicide est un crime quand un particulier le fait , mais on l'appelle vertu et courage lorsqu'on le commet plusieurs emi»emble ; et ce n'est pas la raison de l'innocence , mais la grandeur de la cruauté qui le rend impuni. Que si vous tournez la vue du côté des villes, vous y trouverez une compagnie plus à craindre que la plus affireuse solitude. On y prépare des spectacles de gladiateurs pour repaître les yeux des assistans de sang et de carnage. On nourrit ces victimes publiques de viandes solides, et on huile leurs membres charnus, afin qu'ils soient plus foru et plus souples, et qu'ils vendent plus chèrement leur vie. Un homme est tué pour donner du plaisir â un homme. Ainsi Ton ne commet pas seulement les crimes, mais on enseigne â les commettre. Se peut-il rien imaginer de plu» barbare et déplus inhumain que cela? Mais que di-