‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienne (volume 2)Chapitre 5 sur 80 · NOTICE SUR SAINT CYPRIEN · texte numérisé non relu

NOTICE SUR SAINT CYPRIEN

ret-Tom de ceux qnl •*expoient aui bètet, quoique per^ j •OHM ne les y tit condamnés? Des gens à la fleur de leur 100, bien faits, bien Têtus, s*apprétent de sang-froid I Mre eux-mêmes leurs funérailles, et sont assez misénbles pour se glorifier de leur misère. Les bétes combattent ainsi contre des bétes , non pour expier leurs crimes, mais pour assourir leur fureur. Les pères regardent combattre leurs enfans ; un frère est dans Tampbithéâtre, et sa sœur est présente; une mère assiste au triste objet de sa douleur, et elle-même fournit aux frais et I la dépense. Et ils croient qu'au milieu de ces spectacles impies et ftinestes leurs yeux ne sont pas parricides! De U Jetez la vue sur d'autres spectacles qui ne soqt pas moins dangereux , et tous Terrez sur les théâtres des choses pitoyables et honteuses tout ensemble. La tragédie se fait gloire de représenter les crimes passés, et l'on y renouTelle l'horreur des parricides et des incestes, de peur que la mémoire de ces belles actions ne s'effooe par le temps. Tout le mo:ide est arerti par là qu'on peut faire ce qui s'est déjà fait. On a trouvé celte invention pour ne laisser jamais mourir le souTenir des crimes, et pour les faire passer à la postérité Ces crimes oui cessé , et on en Âiit des exemples. Les bouffonneries honteuses des comédies représentent les infamies qui se font dans les maisons, ou apprennent celles qu'on y peut faire. Car l'on apprend à commettre des adultères , lorsqu'on en Toît ; et l'autorité du magistrat qui approuve ces désordres flattant nos mauvaises inclinations, une femme qui était peut-être allée chaste à la comédie , en revient impudique. D'ailleurs, combien les postures indécentes des farceurs sont-elles capables de corrompre les mceurs et de fomenter les Tices! Quoi! Toir représenter des incestes, et des actions infâmes qui Tiolent tes lois de la nature! Les hommes y dcTiennent efféminés ; tout l'honneur et toute la Tîgueur du sexe y est énerTée par des actions molles ec lascives, et celui qui est plus femme est celui qui plaît davantage. Les crimes y tournent à gloire, et Ton est estimé d'autant plus habile qu'on est plus infâme. Quelles impressions n'est point capable de donner un homme de cette sorte? Il émeut les sens, il flatte les passions, il bannit toute honte des cceurs les plus chastes. Ajoutez à cela qu'ils ne manquent Jamais d'autoriser ces crimes par des exemples illustres , afin que se faisant écouter favorablement, ils les insinuent davantage dans l'esprit de ceux qui les écoutent. Ils! représentent les impudicités de Vénus, l'adultère deMars, leur Jupiter, qui est pfutôi le premier des dieux à cause de ses crimes que de son sceptre » brûlant aTec ses foudres pour des beautés mortelles, tantôt prenant la forme d'un dgne, tantdc se changeant en pluie d'or, et tantôt se serrant du ministère d*on aigle pour enlcTcr des enfons. DemandlB-moi maintenant si une personne qui Toit ces choses peut diemenrer chaste? Ils imitent les dieux qu'ils adorent*, et fis consacrent leurs crimes^

«inilssi dUhautde ce lieu élcTévous pouTîez pénétrer daosles secreisdes maisons /combien Terriez- tous de criinetque commettent les impudiques, qu'un homme qui a un peu de pudeur ne saurait même reQ^u'der sans rougir? Toiqs Terriez des crimes que c'est même un crime de Toir. Tbut Terriez des actions si horribles, que ceox qui sont bien aises de les commettre n'oseraient les sTOuer. Les hommes powsés d'une volupté furieuse et brutale se déshonorent l'Un l'autre. Ils font des choses que ceux mémes qui les fbnt ne sauraient appronrer; ils sont les

premiersâ en blâmer les autres. Un ioftoe crie contre des infâmes, et croit par là être moins coupable, comme ai la conscience ne suffisait pas pour le rendre criminel. Ile oondamnenten public ce qu'ils fbnten particulier; et en censurant les autres, ils se censurent eux-mêmes. Ccst ainri qu'ils joignent l'impudence à llmpudiciié. Et ne tous étonnez pas de cette effironterie, c'est le moindre de leurscrimea. Mais après avoir ainsi considéré les chemins pleins d'embûches , les combats répandus par toute la terre, les spectacles ou sanglans ou honteux , les hnpudidlés qni se commettent dans les lieux consacrés â la débauche, on celles qui se fDnt dans les maisons des particuliers, et dont la licence est d'autant plus grande que les fautes sont plos secrètes, peut-être que vous croirez que le palais de la juslice est un lieu saint et exempt de toute sorte de désordres. Mais jetez les yeux dessus, pour voir ce qui s'y passe, et vous y trouverez encore plus de choses que tous détesterez et qui vous feront horreur. Car quoique les lois soient gravées sur douze tables d'airain , et qu'elles soient exposées en vue à tout le monde , on pèche au milieu des lois mêmes , et l'innocence est violée jusque dans le lieu où elle est défendue. Les plaideurs y font éclater leur fureur et leur rage, et les cris différens dont retentit le barreau forment au milieu de la paix une image de la guerre. L'on y voit des épées et des haches , des ongles de fer , des chevalets, des roues, enfin plus d'instrumens pour gêner le corps d'un seul homme qu'il n'y a de membres dans son corps. Parmi tout cela qui est-ce3qui secourt ceux qui sont opprimés? Les aTOcats ? Ce sont des traîtres et des prévaricateura. Les juges ? Us Tendent leurs jugemens. Celui qui est assis sur le tribunal de la justice pour Tenger les crimes, les commet , et un juge dcTient coupable pour faire périr un innocenL Les Tices y régnent de toutes parts, et s'y font ymc sons toutes sortes de formes. Celui-ci suppose un testament ; cet autre falsifie un acte public ; ici on arrache aux enfana la succession de leurs pères ; là des étrangers sont mis en la place des héritiers légitimes. L'on y Toit partout des ennemis , des calomniateurs , des faux témoins , des bouches Ténales prositiuées au mensonge. Encore , si les coupables étaient enveloppés dans une même mine avec les ianocens ! L'on s'y moque des lois et des magistrats ; car on ne craint point ceux qu'on peut corrompre. C'est même une espèce de crime d'être innocent parmi des coupables; qui nlmiie point les méchants, les offense. Les lois mêmes sont en quelque sorte d'accord avec lea crimes, etœ qui est public commence à être permis. Quclla pudeur, quelle int^iié peut-il y avoir en un lieu où il n'y a persoime pour condamner les coupables , parco qull n'y • que des criminels? Mats de peur qu'il ne semble qpw nons choisissons les plus mauvaises dKiaes pour les décrier toutes, et que nous ne tous fusions arrêter la tuo qno sur des objets funestes qui ofCensent tons osux q|n ont de l'honneur et de la conadence, je Teux tous montrisr les duses q^ l.iyuM'aMe du neode appelle biens, et TOUS Terrez ai elles ne sont pas à fu« aussi Msn qut le reste. Qu'est-ce que tous pensez qnace aoit que cas cbsrges, ces faisceaux , ces commandemens, cca msgisifatnres , cette opulence ? Cest uns misère TérilaUe eonrertn de rapparence d'une félicité trompeuae; c'est m poison qu'on boit dana une coupe d'or. Car , Toyez-fons ttt bomme-là qui marche aTec une rot» tom êdamtod^w et de pourpre? par combien de hTiisemcs est-il arriféon TOUS leroyez? Combien d'indignités lui a-t-il fallu

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