DE LTNITÉ DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
((D'âne iteate lumière qui est ainsi répandoe de tontes parts, et funité du corps i*C8t point divisée. Elle étend ses branches par iOBt le monde , et f^it couler ses ruisseaux de loot cAtés ; et néanmoins c'est un seul rronc , me seule origine et une seule mère extrêmement Kconde et abondante. C'est elle qui nous naître , qui nous nourrit de son lait , et qui anime de son esprit. L'épouse de Jésus-
ils dirent entre eux : Ne la coupons point, mais jetons au sort à qui Taura ^» Elle était ia figure de cette unité qui vient d'en haut, c'està-dire du ciel et du Père, c'est pourquoi elle ne pouvait élre divisée, mais s'entretenait dans toutes ses parties par une liaison inséparable. Celui-là ne saurait posséder la robe de Jésus- Christ qui divise TËglise de Jésus-Christ. Nous voyons au contraire que comme Salomon était SirisC ne peut pas être corrompue, car elle est j proche de sa mort , son royaume devant être
juste et incorruptible. Elle ne connaît qu'une tenle maison , et elle n'a qu'une seule couche pi'clle conserve pure et inviolable. Elle noul prde pour Dieu, et destine au royaume les entes oQ^elle a engendrés. Quiconque se sépare ie rÉglise et s'unit à une adultère, n'a point le part aux promesses qui lui ont été faites. Celîâ qui abandonne l'Ëglise de Jésus- Christ se recevra jamais les récompenses de Jésus- Christ. Çest un étranger, c'est un profane, c^est on ennemi. Celui - là ne peut avoir Dieu poor Père, qui n'a point l'Église pour mère. Si ]oek|n*nn s'est pu sauver hors de l'arche de Efoé, on se peut sauver aussi hors de l'Église. Notre-Seigneur dit : «Celui qui n'est point avec moi, est contre moi. et celui qui ne recueille point avec moi, dissipe. ^ » Celui qui rompt la )aix et la concorde de Jésus-Christ , se déclare xmtre Jésus-Christ; celui qui recueille hors le rËglise, dissipe l'Église du Seigneur. Le ieigneur dit encore : a Mon Père et moi ne ommes qu'une même chose ' ; » et il est écrit lu Père, du Fils et du Saint-Esprit: «Ces trois lersonnes ne font qu'une même chose 3. » Et ]uelqa'un s'imaginera que cette unité établie >ar une autorité divine et cimentée p^r des sa- Temens célestes , peut être divisée dans l'Église par la division des esprits! Celui qui ne garde point cette unité, ne garde point la loi de Dieu , ne garde point la foi du Père et du Fils , ne garde point la vie et le salut. Ce sacrement de l'unité, ce lien indissoluble de la concorde, est marqué dans l'Évangile, lorsque la robe de Jésus-Christ n'y est point divisée, mais tirée au sort et possédée tout entière par un seul. Car voici comme l'Écriture sainte en parle : •Pour sa robe, comme elle était sans couture, et d'un seul tissu depuis le haut jusqu'en bas,
• MaUli., 12 , 30. — • Jean , 10, 30. — • Jhid., 5, 7.
divisé, le prophète Achas vint trouver Jéroboam dans un champ , et déchirant sa robe en douze morceaux : a Prenez-en, lui dit -il, dix morceaux ; car voici ce que dit le Seigneur : Je m'en vas diviser le royaume de Salomon , et je vous en donnerai dix tribus, et deux tribus lui demeureront à cause de mon serviteur David et de Jérusalem , qui est la ville que j'ai choisie pour faire adorer ma puissance^. » Parce que les douze tribus d'Israël se devaient diviser, le prophète Achas divisa sa robe; mais parce que le peuple de Jésus -Christ ne peut être divisé, sa robe faite d'un seul tissu ne fut point divisée. Cette union indivisible de toutes les parties de celte robe marquait l'union indissoluble du peuple fidèle qui a été revêtu de Jésus-Christ. Le signe et le sacrement de cette robe déclaraient l'unité de l'Église. Y a-t-il donc quelqu'un qui soit si méchant et si perfide, si furieux et si ennemi de la paix , que de croire que l'unité de Dieu, la robe de Notre-Seigneur, l'Église de Jésus-Christ puisse être déchirée, ou^que de l'oser déchirer? Notre-Seigneur dit dans son Évangile : «Il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur 3; set quelqu'un croira qu'il y peut avoir en un même lieu ou plusieurs pasteurs, ou plusieurs troupeaux? L'apôtre saint Paul de même nous exhorte et nous conjure de conserver cette unité, quand il dit : a Je vous conjure, mes frères, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, d'être tous dans les mêmes sentimens , et de ne point souffrir de schismes parmi vous , mais de n'avoir tous qu'un même esprit et une même volonté^.» Et ailleurs : a Supportez- vous Tun l'autre avec charité, et travaillez à conserver l'unité d'un même esprit, et la paix ^ » Croyezvous que celui - là puisse demeurer debout et
* Jean , 19, 23. — > Roix, 13^ 31.
« Jean., 10, 16. — * l. Cor, 1, lO. — » Éphéf., 4, 2.
SAINT CYPRIEN
vivre qui se retire de TÊglise, et qui se construit une autre demeure, puisqu'il a été dit à Raab qui figurait TÉglise : a Vous rassemblerez en YOtre maison votre père et votre mère, vos frères et toute la maison de votre père, et quiconque sortira de la porte de votre maison ne se doit prendre qu'à lui-même du malheur qui lui arriverais II est commandé aussi dans TEsode de manger dans une même maison Tagneau pascal, qui était tué en figure de Jésus-Christ : ail sera mangé, dit Diea, en une même maison, et vous ne porterez point dehors de sa chair ^.b La chair de Jésus-Ghri:it et le saint du Seigneur ne peut être porté dehors, et les fidèles n'ont point d'autre maison que TÈgiisequiest unique. CTest cette maison et cette demeure de la concorde que le Saint-Esprit désigne dans les psaumes quand il dit : a C'est Dieu qui fait demeurer en une même maison ceux qui sont bien unis ensemble^.» Ceux qui sont bien d'accord et les simples demeurent et persévèrent dans la maison de Dieu, dans l'Eglise de Jésus-Christ. Cest pour cela que le Saint-Esprit a pris la forme de la colombe ; car c'est un oiseau simple et gai, qui n'a point de fiel , qui ne mord point, qui ne déchire point, qui aime à demeurer avec les hommes, qui ne connaît qu'une maison. Ils font ensemble leurs petits, ils sortent ensemble, passent leur vie ensemble, s'entre^ témoignent leur affectation par de tendres baisers, et gardent en loutcs choses la paix et la concorde. Voilà la simplicité qui doit être dans FÉglise et qui la montre; voilà la charité qui s'y doit garder. 11 faut qu'on y voie un amour de colombe et une douceur d'agneau. Que fait dans le cceur d'un chrétien la férocité des loups, la rage des chiens, le venin des serpens, la cruauté des bêtes i^irouches? Ne devons-nous pas nous réjouir quand des gens de cette sorte sont séparés de l'Église, de peur qu'ils ne gâtent les colombes et les brebis de Jésus-Christ? L'amertume ne peut s'accorder avec la douceur, ni les ténèbres avec la lumière, ni la pluie avec le beau temps , ni la guerre avec la paix , ni la fécondité avec la stérilité, ni la sécheresse avec les sources d'eau , ni la tranquillité avec la tempête. Que personne ne slmagine que les bons puissent sortir de l'Église. Le vent n'emporte
^ Jowé, 2, 18. - « Exode, 12, 40. - » Psaume 67,6.
point le froment, et un arbre bien n est point arraché par la tempête. U o*y a qoe la paille légère qui serve de jouet aux vents, cC que les arbrisseaux qui cèdent à la violence im tourbillons. L'apôtre saint Jean reprend et déteste en même temps des gens de cette lorle: «Ils sont sortis d'avec nous, dit-il, maîiik'| n'étaient pas d'avec nous; car s'ils eussent et d'avec nous, ils seraient demeurés avec noiii^i C'est là la cause de tant d'hérésies qui se s«l élevées et s'élèvent tous les jours, de ce qœds esprits mal faits ne sauraient demeurer en paii, de ce que des brouillons et des perfiides nesaa* raient consen'er l'unité; et Notre-Seigneur,<pi nous laisse l'usage de notre libre arbitre,peniiiit et souffre que ces choses arrivent, afinqoii tandis que la vérité sonde nos cœurs et nos esprits, cette épreuve fasse connaître claîreoMOl ceux dont la foi est ferme et sincère. C'est ce que le Saint-Esprit déclare par la boncbe de l'apôtre : ail faut qu'il y ait des hérésies, afll qu'on reconnaisse ceux qui sont véritaMemeat gens de bien 2. » Cest ainsi que les fidèles et toi perfides se reconnaissent. C'est ainsi qu'avaM même le jour du jugement et dès ici-bas bi bons sont séparés d'avec les méchans, cC le froment d'avec la paille. Ce sont ces sortes de personnes qui sans aucune disposition divise s'élèvent eux-mêmes sur une troupe de tioii^ raires , qui s'établissent prélats contre les kb de l'ordination, qui s'attribuent le nom d*ifèq« quoique personne ne les admette à TépiseopaL C'est eux. que le Saint-Esprit désigQe-daiis Us psaumes quand il parle des pestes de la foi qsi s'asseyent dans la chaire de contagion'. Ce sept des serpens qui corrompent artifideowment II vérité, qui lancent avec leurs langues un veM mortel, dont le discours gagne comme on cliaftcre , et dont le commerce est un poison qm pé« nètrejosqu'auceeur. C'est contre ces gens-llqK crie Notre-Seigncnr ; c est pour arrêter le people qui veut suivre leur erreur qu'il dit: c N'taMlCK point ce que duent les faux prophètes : car lenrs visions les trompent. Us parlent , mais ce n^elt pas après le Seigneur. Ils disent à ceux qoi méprisent la parole de Dieu : Vous aurez la pais, et à tous ceux qui accomplissent leurs désirs : Celui qui marche dans l'égarement de son cœur
' L Je», 2, 19. -• LCor., 11, 19. - • Pi