DE L'ORAISON
Jeu mm apprau) ansM dam aoo épUre, oa U A't e «Si MUS diioaa que nous aooMBes sans pd- (Ma, BOtts noua trompoat uous-nièaiea, et la Mb'Ué Veat paa ep nous : mais si nous confesloua nos péchés , le Seigneur est fidèle et juste pour iKMis les remettre ^ . » Paroles qui comprennent ces deux vérités : que nous devons prier pour nos péchés, et que c'est le moyen d'en obtenir le pardon. C'est pourquoi il dit que If Seigneur est fidèle pour nous les remettre, OHnnie s'il voulait dire qu'il ne manque pas de ttnir ses promesses , parce que comme c'est lui qui noua a appris à prier pour nos péchés , c'est liri-mème aussi qui nous promet que son père MUS les remettra. Il est vrai que Notre-Seigneor qoote une condition , qui est , au cas que nous pardonnions à ceux qui nous ont offensés ; ce qui est enfermé dans ces paroles : « comme nous les icnettons à ceux qui nous doivent. » C'est ce qai lui fait dire autre part : « Vous serez nesnris à k même mesure que vous aurez mesuré les aatrea ^. » Et le serviteur qui ne voulut pas renettreà son compagnon ce qu'il lui devait, apris que son maître lui eût remis toute sa ikttc , fut envoyé en prison , et perdit la grâce qu'il Yenaitde recevoir, parce qu'il ne voulut paa faire à un autre la même grâce ^. C'est ce que JésnaOïrist déclare encore ailleurs plus fortement : c Lorsque vous vous présenterez, ditnl, pour prior, si vous avez quelque chose centre quelqu'un, pardonnez-lui, afin que votre père qui est dans les cieux vous pankmne vos offenses; car si vous ne pardonnez, votre père qui est au cid ne vous pardonnera pointa.» Vous n'aurez aucune excuse au dernier jour, puisque vaus serez jugé par vatre propre juge^ment , et traité comme vous aurez traité les autres. Car Dieu veut que nous vivions en paix dans sa maison , et que nous ne déshonorions point la seconde naissance que nous avons reçue de lui ; mais que comme nous avons oommencé k être ses enipns, nous consenriona sa paix, et que eeux qui ne sont animés que d'un inènK esprit n'aient aussi qu'une même Yolonlé, Cest pour cela qu'il ne reçut point le sacriice d'un Irère qui était mal aviee aon Arère^; et que dans 1%vangile ii eompaiide à cciqi qui est d^è devant l'autel de s'aller auparavant réoondiier ayeçfon
DOMINICALIL
* Mare., 11, 2$. - > Gcuta» 4^4 it ^ .\^t\
frère, afin que aaa prièrea éUnt Faitca dana un esprit de paix ^ Dieu les puisse écouter Cavonh blement K La paix , la oonoorde, l'union fraternelle, qui tire son origme de l'unité du Père, du Fils et du Saint-Ksprit, est le plus giand aacpifice quon puiase feireà Dieu. Aussi voyonsnous que dans les sacrifices d'Abel et de Gain , qui fiirent les premiers que les hommes lui offirirent , il n'eut pas tant égard à leurs présena qu'à leur cœur, et quil n'eut agréable que le présent de eekii dont le cœur lui plaiaait. Le juste et paisible Abel offrant son sacrifice à Dieu dans l'innocence , nous a appris à n'approcber des autels qu'avee la crainte de Dieu, avec un oteur simple , avec un esprit de justice et de paix. C'est avec grande raison qu'offrant à Dieu son sacrifice dans une disposition si sainte , il mérita lui-même ensuite de lui être offert en sacrifice, et de tracer le premier k voie du martyre; et il était juste que celui qui avait toujours si bien conservé la justice et la paix de Notre-Seigneur, donnât commencement A sa passion par l'effusion glorieuse de son aang. Ce sont des hommes de la aorte que Dieu couronne et qu'il vengera avec son Fils au jour du jugement. Ifaia ceux qui aont désunis d'avec leurs frères ne sauraient, selon le témo^nage de l'apôtre et de l'Écriture, effiscer le crime de cette division quand même ils souffriraient la mort pour le nom de Jésus-Christ ; car comme dit saint Jean: «Celui qui hait son frère est homicide 3.» Or un homicide ne peut jamais aller eu ciel ni vivre avec Dieu. Un homme qpi aime mieux imiter Judas que JéauaChriat ne peut être avee Jésua^Ohrist. Quel est donc ce crime que le baptême desang neaauraitaffiKer? Quel eat ce crime que le martyre même neaaurait expier P
Notre-Seigneur veut que nous ajoulioiis encore eonune une chose tari néceaaaire : «Et ne permettez paa que noua tembiona en tentation. » Ce qui noua montre que notre enneoii ne peut rien contre noua si Diisu ne le lui peraaet , et œ qui nous doit porter par conséquent à ne erpiadre que Dieu seul , puisque le malin esprit n^ aucun pouvoir de noua tenter si Dieu ne le lui donne. L'écriture sainte le prouve quand eUa dit: «Nabuchodaooaor, rai de IMylanf, vint devint
SAINT CYPRIEN
Jérusalem et Tassiégea , et Dieu la livra entre ses mains ^» Or Dieu ne donne ce pouvoir au démon que lorsque nous péchons, suivant cette parole de TÉcrilure: «Qui a donné Jacob et Israël au pillage à ceux qui le ravagent? N*estce pas Dieu qu'ils ont offensé? Car ils ne voulaient point marcher dans ses voies ni obéir à sa loi ; et c'est pour cela qu'il leur a fait sentir les effets de sa colère^.» Et ailleurs, sur le sujet de Salomon qui avait violé les commandemens de Dieu: «Le Seigneur, dit IIËcriture, suscita Satan contre Salomon 3.» Mais quand Dieu donne ce pouvoir sur nous au démon , c'est ou pour nous punir , ou pour nous éprouver. C'est de cette dernière sorte qu'il en usa à l'égard de Job quand il dit à Satan : «Je te donne pouvoir sur tous ses biens , mais prends garde de toucher à sa personne^. » Et c'est encore suivant cela que Notre-Seigneur au temps de sa passion dit à Pilate : «Vous n'auriez aucun pouvoir sur moi , s'il ne vous avait été donné d'en haut^.» Or quand nous demandons à Dieu qu il ne permette pas que nous tombions en tentation , cela nous Ait souvenir de notre faiblesse, et nous avertit de ne nous point enorgueillir, de ne nous rien attribuer, et de ne pas croire que lorsque nous confes-sons Jésus-Christ, ou endurons la mort pour lui, la gloire nous en soit due. Car Notre- Seigneur lui-même nous enseignant l'humilité nous a dit: a Veillez et priez, de crainte que vous n'entriez en tentation. L'esprit est prompt, mais la chair est faible^;» pour nous apprendre que lorsque nous reconnaissons humblement notre impuissance et attribuons tout à la grâce de Dieu, sa bonté noas accorde tout ce que nous lui demandons ainsi avec crainte et respect
Enfin cette prière finit par une demande qui comprend en abrège toutes les autres: «Mais délivrez-nous du mal.» Car ces paroles renferment tout le mal que Tennemi tâche de nous faire en ce monde; et nous devons croire assurément qu'il ne nous en pourra faire aucun , si Dieu nous en délivre, et qu'il lui plaise exaucer nos prières, et nous assister de son secours. Lors donc que nous lui demandons quil nous délivre du mal , il ne reste plus rien à lui demander ; car ayant une fois obtenu sa protection , nous demeurons â couvert contre tout oe
» iV. Rois, 24, 11. — « Isaîe, 41 , 24. - ^ ui. Rois, 11, 14. — « Job, 1, 12.-> JeiD, 19, 11.- •Matlb., 14,38.
que le monde et le diable nous pourraient faire. En effet, conunent celui-là peut-il rien craindre du monde qui a Dieu pour son protecteur ? Quelle merveille, au reste, mes très -chers frères, que cette prière contienne en abrégé toutes nos autres prières , puisque c'est Dieu même qui l'a composée? et que cela avait été prédit auparavant par le prophète Isaie , lorsque plein du Saint-Esprit parlant de la puissance et de la bonté de Dieu : «C'est une parole, dit-il, qui consomme et abrège avec justice, parce que le Seigneur fera une parole abrégée par toute la terre ^ »Car Notre-Seigneur Jésus- Christ , qui est la parole de Dieu , étant venu ici-bas pour tous les hommes, et pour instruire les savans et les ignorans de tout âge et de tout sexe, il a abrégé extrêmement ses préceptes afin de soulager la mémoire , et qu'on pût apprendre en peu de temps ce qui est absolument nécessaire pour la foi. Ainsi lorsqu'il a voulu enseigner ce que c'est que la vie éternelle, il l'a divinement comprise en ce peu de mots : c La .vie éternelle consiste â vous reconnaître pour seul et vrai Dieu, et à connaître Jésus-Christ que vous avez envoyé^. » De même quand il voulut tirer de la loi et des prophètes les premiers et les plus grands préceptes de rËvangile:« Écoutez, dit-il , Israël : Le Seigneur votre Dieu est un seul Dieu ; et : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre coeur, de toute votre âme et de toutes vos forces. Voilà le premier commandement ^» Et voici le second qui lui est semblable : « Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Toute la loi et les propliètes sont compris en ces deux commandemens <. » Et ailleurs :c Faites aux hommes tout le bien que vous voudriez qu'ils vous fissent; car c'est là toute la loi et les prophètes ^. » Or Notre-Seigneur ne nous a pas seulement enseigné à prier par ses paroles, mais aussi par ses actions, priant souvent lui-même, et nous montrant par là l'exemple: «Il se retirait, dit l'Évangile, dans le désert et y priait^. » Et encore : «11 s'en alla sur une montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu 7.» Que si celui qui était sans péché priait ainsi , combien sommes-nous obligés de prier , nous qui sommes pêcheurs ? et s'il
Msaie, 102, 21.
«lbuh.,ll,4a 7 iM^ % 12.
• Jean, 17, 3. — • Marc, 12, 19.
>>y»iU, 7, 11. — «1^,6, 16.
DE UORÂISON DOMINICALE.
trie
imfeit la mût en prières , combien ne devons-
MOtTiMiiit veiller? Or Jésus-Christ ne priait
|M pair soi (carquVùt-il demandé pour lui,
fluit imumnt } , mais pour nos pécbés, comme
I le déclare lui-même quand il dit à saint Pierre :
«Satan v€as a demandé pour vous cribler comme
M crible le blé; mais j*ai prié pour vous afin
qmwùtrt foi ne défaille point ^ » Et quelque
laapft«|irto priant son père pour tous : «Je ne
yriepts seulement pour eux,, dit-il, mais en-
poor ceux que leur prédication fera croire
• , afin qu'ils soient tous ensemble une
ctose , ainsi, mon père , que vous êtes en
et moi en vous , afin , dis-je, qu'ils soient
même chose en nous. » Il faut avouer
Notr^Seigneur a une grande bonté de ne se
CQDteoter de nous racheter par son .sang,
de vouloir encore prier pour nous. Mais
, je vous prie, ce qu'il demande:
Qw comoie son père et lui ne sont qu'une
chose, nous demeurions aussi unis entre
Ce qui fait voir quel crime c'est que de
liqmrnnité, puisque Notre-Seigneur a prié
micriifer^aMnt pour cela. 11 a voulu sauver son
ffMfk par la paix, parce qu'il savait que la dis-
^Brde n*a point d'entrée dans le royaume de
I%p. Or.quaod nous prions , mes très-chers
^tvci, nisut bannir toutes lea pensées cbar-
^^lesct séculières, et ne songer uniquement
^1 ce que nous faisons. C'est pour cela que le
l^ittre avant de commencer Foraison y prépare
fidèlei par cette préface : «Élevez vos
^ ^ura^» afin que le peuple répondant : « Nous
^^s avons élevés au Seigneur,» cela le fasse sou-
^nir qu'il ne doit penser à rien qu'à Dieu. Fer-
i l'ennemi toutes les avenues de no!re
\ et qu'il ne soit ouvert que pour Dieu seul;
aoovent il s'y glisse subtilement et nous
^^étimme de l'atteniion que nous devons avoir
Dieu, si bien que nos paroles ne répondent
A nos pensées, au lieu que ce n'est pas de
, mais d'esprit qu'il le faut prier. Mais
uelle négligence est-ce là de se laisser empor-
.cr pendant la prière à des pens(!es profanes
imitiles, comme si nous avions alors autre
à penser qu'à ce que nous disons à Dieu ?
^^uumment voulez- vous que Dieu vous entende,
t vous ne vous entendez pas vous-même ? Ou
*Liic,23p3l.
comment pouvez-vous prétendre qu'il se souvienne de vous , tandis que vous vous oubliez ainsi ? Vous faites bien voir par là que vous n'avez pas grand soin de vous garder des surprises de l'ennemi. Vous priez Dieu , mais vousoffiensez sa majesté en le priant si négligemment. Vos yeux veillent, mais votre cœur dort, an lieu que le coeur d'un chrétien doit veiller lors même que ses yeux sont endormis, suivant cette parole que l'épouse dit au nom de TÉglise dans le cantique des cantiques : «Je dors, mais mon cœur veille ^.» Cest pourquoi l'apôtre nous avertit de persévérer dans la prière et d'y être vigilant , pour nous apprendre qu'il n'y a que ceux qui prient de la sorte qui obtiennent de Dieu ce qu'ils lui demandent 3. Or nos prières ne doivent pas être stériles et infructueuses, autrement elles demeurent sans eff«t ; car comme , selon l'Évangile , tout arbre qui ne porte point de fruit doit être coupé et jeté au feu, de même Dieu n'écoute point nos paroles si elles ne sont accompagnées de bonnes œuvres. C'est ce qui fait dire à l'Ëcriture : «La prière est bonne avec le jeune et l'aumône ^ ; » car celui qui nous doit récompenser au dernier jour de nos bonnes œuvres et de nos aumônes , écoute maintenant favorablement ceux qui accompagnent leurs prières de leurs bonnes œuvres. C'est ainsi que le centurion Corneille mérita d'être exaucé. «Il faisait beaucoup d'aumônes au peuple, dit l'Écriture, et priait toiyours Dieu. Un jour donc qu'il était en oraison vers les trois heures après midi , un ange lui apparut pour lui rendre témoignage du mérite de ses bonnes œuvres, et lui dit: Corneille, vos prières et vos aumônes sont montées en la présence de Dieu , et il s'en est souvenu ^ » ;car les prières accompagnées du mérite des bonnes œuvres montent bientôt à Dieu. C'est ainsi que l'ange Raphaël rendit un pareil témoignage à Tobie qui s'appliquait continuellement à la prière et à des bonnes ceuvres de charité. « Il est glorieux , dit-il , de publier les œuvres de Dieu ; car lorsque vous priez avec Sara, j'ai présenté vos oraisons à Dieu. Et parce que vous ensevelissiez charitablement les morts et n'avez point fait de difficulté de sortir de table et de quitter votre dîner pour en enterrer un , j'ai été envoyé pour vous tenter ; et Dieu
» Carit, 5, 2. - « Colw»., 4, 1. - » Tob., 12 , S. ♦ Act., 10 p 2.
SAINT CYPRIEN
m'envoie maîateiiaBt pour vous guérir avec SiPt votre belle-fille; car je suis Raphaël Tun défi sepC bons anges qui sommes continuellement préseos devant Dieu ^ » Le Seigneur noas enseigne encore ia même chose par la bouche dlsaîe : « Rompez y dit-il , tous les nœuds de ri^justice ; abandonnez vos commerces criminels , laissez en repos les misérables et ne les opprimez plus , faites part du pain que vous mangei à ceux qui ont faim , et retirez lés pauvres dans votre maison; vêtez ceux qui sont nns, et ne méprisejB point oeux de votre nation ; et alors votre lumière brillera comme Taurore; vous serez bientôt superbement paré; votre jttstiœ marchera devant vous, et la splendeur de Dieu vous environnera. Alois le Seigneur vous exaucera quand vous Tinvoquerei, et à peme aurez -vous ouvert la bouche qa^l dira : Me voici K » Voili comme Dieu promet d'écouter et de secourir ceux qui dégagent leur cœur et toute injustice , et qui itont Taumône à ses serviteurs comme il Ta commandé. Et véritablement ceux qui font ce que Dieu leur ordonne , méritent bien que Dieu fosse ce qu'ils lui demandent. Le bienlienreux apôtre saint Paul, ayant été assisté par les fidèles dans une néc^té pressante, appelle ces actions de charité des saerifioas : « Je suis comblé , dit-il , de vos biens, et j'ai reçu ceque vous m'avez envoyé parÉpaphro* dite comme on excellent parfum et comme un sacrifice très-agréable à Dieu ^. » Otr avoir pitié des pauvres, c'est prêter à Dieu k intérêt, et donner anx plus petits, c'est donner à Dieu même et l«i oRVimn sacrifice spirituel d'encens et de par^ foms. Quant an temps de la prière, nous voyons qne ces trois enfans de Babylooe,que la fermeté de leur fM rendit victorieux dans lenr captivité même, observaient avec Daniel l'heure de tierce, de sexte et de none , comme pour figurer le mystère de la Trinité qui devait être révélé dans les derniers temps. Car il y a trois heures depuis la première jusqu*à tierce , trois depuis tierce Jusqu'à sexte , et trois depuis sexte jusqu'à none, si bien que chaque intervalle d'une de ces heures à Tautre marque la Trinité, et toutes les trois prises ensemble Taccoroplissent. G*est ainsi que ks adorateurs du vrai Dieu distinguaîebt autrefois le temps de leurs prières ,
' Tobic, 12. 7 et 12. - • Uaie, 58, 6.— » rhUip., 4, IS.
et l'on a vu dairement depuis que cela était une figure de ce qui devait arriver. Car ee Ait A l'heure de tierce que le Saint-Esprit descendit sur les disciples et les remplit de grAce comme Notre -Seigneur leur axait promise Ce Ait à rheure de sexte que saint Pierre étant monté au haut de la maison oùil était^ Dieu loi apprit de bouche et par une vision à admettre Indiiffiiremment tout lemondeaubaptême,paroeqn'aaparavant il jfaisait difficulté de le donner aux gentils . Et enfin Notre-Seigneur ayant été enicifié à l'heure de sexte 3, ce fut à l'heure de none qu'il lava nos péchés dans son sang , et qa'il consomma sa victoire par sa mort pour naos racheter et nous vivifier. Mais maintesant, mes très-chers firères , les temps pour prier ae aont multipliés avec les mystères; car il font prier aussi ie matin afin de eéiébrer la mémoire de la résurrection deNotre-Seigneur. Aussi voyonsnous que ce temps a été marqué par le Saint- Esprit dans les psaumes, a Voua êtes mon roi et mon Dieu , dit David ; car c'est A vous , Seigneur, que j'adresserai ma prière, et je voos ferai entendre ma voix dés le matin. Dès le matin Je me présenterai devant vous et vous contemplerai ^. » tiC Seigneur dit encore par un autre prophète : a Ils viendront vers moi de grand matin, disant : Allons, retournons au Seigneur notre Dieu ^ » Nous sommes encore obligés de prier sur la fin du jour quand le soleil se ee«che. Car comme Jésos-Gfariat est le vrai Jour et le vrai soleil , c^est alors que nona devons demander qu'il nous éclairei c^est<A-dlre qutl hltè son avènement pour nous donner ta grôee de la lumière étemelle. Or que Jésus-Gtariat sait le jour , le 8aint*Esprit le déclare dans les paanmes quand il dit : c La pierre que les arehitecles ont rejetée a été faite la prindpale pierre de Tangle. Elle a été ainsi placée par le Seigneur, et nous le voyons avec étonoement. Cest lui qui est le jour qu'a dit le Seigneur; marchons, et nous réjouissons en lui ^. » Et qn*il aoit on soleil , le prophète Malachie le lémofgne par ces paroles : «Le soleil de justice se lèvera pour vous qui craignez la majesté dn Seigneur, et ^'oas trouverez votre goérison aous ses ailes '. » Puis donc que, selon fCcrMore, Jésus-Christ est
> Act., 1.15. — «/W/f., 10,9.
« Psaume 5, 2. — » Asée, 6,1.- '«Ialacb.,4,2.
— •Luc, 75, 44.
-•Psaume 117, 21.
DE LA PATIENCE
Il vriî jour et le frai soleil, et que les dirétiens agol dans Jésus-Christ, il D*y a point d'heure au ifmr où nous ne devions prier Dieu. Et quand |É Buit Tient elle ne nous en doit point empèdxr, parce que la nuit même est lumineuse pour lis fnfiuv de lumière. Car quand pourrait être laps Inmière celui qui porte la lumière dans son onr? ou quand est-ce qu'il ne fait pas jour et aqlcfl pour celui de qui Jésus-Christ est le soleil «t le jour ? Ainsi puisque nous sommes toiyours ea Jésoi-Ghrist y c'est-à-dire dans la lumière, nou» m dcf OQS pas même durant la nuit cesser de frier« Çest ainsi qu'Anne , cette sainte veuve , tvilait et priait sans relâche pour attirer sur cUc les grâces de Dieu , comme l'Évangile le t^BMNgne : «Elle ne sortait point du temple, 4it r<fiiiigélis(e , servant Dieu nuit et jour par ses jeAnet et par ses prières ^ » C'est aux gentils, IpdnVMit pas encore été éclairés de cette himière, at §n Joift qui l'ont perdue et qui marchent
dans les ténèbres, à voir ce qu'ils ont i fm^. Mais pour nous , mes très ^cbers frères , qui sommes toujours dans la lumière du Seigneur, et qui savons ce que nous avons commencé d'être par la grâce que nous avons reçue , ne mettons point de différence entre la nuit et le jour. Croyons toiyours marcher dans la lumière ; que les ténèbres d'où nous sommes sortie ne nous fassent plus d'obstacle ; que la nuit ne fasse point de tort à nos prières et ne serve point de prétexte à notre paresse. Ayant été spiritudlement renouvelés et régénérés par la miséricorde de Dieu, anticipons dès ici-bas l'état où nous serons un jour. Et comme dans le paradis il n'y aura plus qu'un jour qui ne sera suivi d'aucune nuit, veillons dès à présent durant la nuit comme durant le jour. Là nous prierons Dieu et le remercierons sans cesse ; ne cessons donc point ici de le prier et de le remercier.
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DE LA PATIENCE
Ayant dessein de parler de la patience et dVn montrer les avantages, par où puis-je eonkaiencer plus à propos , mes très-chers frères, que parce que je vois que vous avez besoin de patience pour m'écouter , si bien que vous n'en sauriez même ou!r parier sans en avoir? Car nous ne pouvons profiter de ce qu'on nous dit, ai nous ne l'éeoatons patiemment. Aussi de tous les moyens que notre ««ligion nous fbumit pour acquérir les biens qui nous sont promis , je n*en vois point de meilleur ni de plus utile que la patience. Les philosophes font profesaioo de cette ?ertn aussi bien que nous; mais leur patience est aussi fiiusse que leur sagesse. Car comment ceux-là pourraient-ils être sâges ou patiens qui ne connaissent ni la sagesse ni la patience de Dieu ? C'est ce qui lui fait dire de ceux qui se croient sages dans le monde : a Je détruirai la sagesse des sages , et anéantî-
* Luc, 2, 37.
rai la prudence des prudens^a Le bienheureux apôtre saint Paul, rempli du Saint- EspHt et envoyé pour appeler les gentils, témoigne la même chose, quand il dit : c Prenez garde que personne ne vous trompe par la philosophie et par de vaines sufotilitéi qui ne sont appuyées que sur les traditions des hommes, et sur les principes d'une science mondaine, et non sur la doctrine de Jésus-Christ; car en lui habite toute la plénitude de la Divinité K » Et en un autre endroit : «Que personne ne s*y trompe. Si quelqu'un parmi voua peme être sage, qQ*il devienne fou selon le monde, afin d'être sage. Car la sagesse du monde est une folie devant Dieu , puisqu'il est écrit : Je surprendrai les sages par leurs propres finesses^.» Et ailleurs : « Le Seigneur sait que les pensées des sages sont folles <. » 8*ils n'ont donc point
' Isaïc, 29, 14. — » ColoM., 8. - » Job , 5, 13. <Pmme03,ll.
de véritable sagesse , ils n'ont point non plus de véritable patience. Car si pour être patient il fout être humble et doux , et que tant s'en fout que les philosophes soient doux et humbles, que nous voyons au contraire qu'ils se complaisent en eux-mêmes, ce qui foit qu'ils déplaisent à Dieu , il est manifeste que la vraie patience ne se trouve point où règne une liberté effrénée et une vanité sans mesure et sans retenue. Mais pour nous , mes très-chers frères , qui sommes philosophes non de paroles, mais d'actions, qui ne mettons pas la sagesse dans l'habit , mais dans les effets, qui aimons mieux être vertueux que de le paraître, qui ne disons pas de grandes choses , mais qui tâchons de les faire, pratiquons comme de véritables serviteurs de Dieu la patience que lui-même nous enseigne par son exemple. Car cette vertu nous est commune avec Dieu. C'est du ciel qu'elle vient, qu'elle tire son éclat et sa gloire. Les hommes doivent aimer une vertu qui est aimée de Dieu. Ce qu'une si haute majesté chérit ne peut être que grand et recommandable. Si Dieu est notre maître et notre père , imitons sa patience ; puisque des serviteurs doivent obéir à leur maître , et qu*il ne faut pas que des enfans dégénèrent de la vertu de leur père. Or quelle patience n'a-t-il point, de souffrir que les hommes pour lui faire injure bâtissent des temples, dressent des statues, offrent des sacrifices impies , et de ne pas laisser de faire lever son soieU sur les bons et sur les méchans,et d'arroser également de ses plaies la terre des uns et des autres ? C'est par un effet de cette même patience que nous voyons les saisons et les élémens servir indifféremment par son ordre aux coupables et aux innocens, aux religieux et aux impies, aux reconnaissans et aux ingrats. Cest pour les uns et pour les autres que soufflent les vents, que coulent les fontaines, que croissent les blés, que mûrissent les raisins, que les arbres se couvrent de fruits, les forêts de feuilles , les prés de fleurs. On l'irrite tous les jours par de continuelles offenses, et il arrête sa colère , et attend en patience que le temps qu'il a prescrit pour se venger arrive. Il a la vengeance en main , mais il est si bon qu'il la diffère pour donner lieu aux hommes de se reconnaître et de se retirer de leurs crimes. Car il dit lui-même : a J'aime mieux
que le pédicur se oonrertisse «t yîy^ , qu^ non
pas^qu'il meure'/. »^Et par la bouche d'un autre prophète : «Retouniez au Seigneur votre Dieu, car il est bon et miséricordieux, plein de patience et de douceur , et il révoque quelquefois les arrêts de sa justice et suspend ses fléaux ^.> Et le bienheureux apôtre saint Paul de même, rappelant le pécheur à la pénitence: c Est-ce, dit-il , que vous méprisez sa bonté, sa douceur et sa patience infinie ? Ne savez-vous pas qa*il n'use de cette patience et de cette bonté qae pour vous convier à foire pénitence? Et vous, par votre endurcissement et votre impénitenoe, vous vous amassez des vengeances pour le jour de la vengeance et du juste jugement de Dtea qui rendra à chacun selon ses œuvres ^. > Il appelle juste le jugement de Dieu , parce qu'il k diffère longtemps afin de donner moyen à rhomme de rentrer dans le chemin de la vie^ Car il ne punit les pécheurs que lorsque leur pénitence ne leur peut plus être utile. Mais pour vous faire encore mieux comprendre, mes trèschers frères, que la patience est une vertu divine, et que quiconque la pratique imite Dieu , Notre- Seigneur nous donnant dans l'Évangile des préceptes pour notre salut et des conseils de perfection : «Vous savez, dit-il , quMl est écrit : Vous aimerez votre prochain et haïrez votre ennemi. Mais moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent , afin que vous soyiez enfans. de votre père qui est aux cieux , qui foit lever son soleil sur les bons et sur les méchans, et pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Car si vous n'aimez que ceux qui vous aiment , quelle récompense méritez-vous? Les publicaios ne le font-ib pas aussi ? Et si vous ne saluez que vos frères , que ferez-vous au delà des autres? Les païens ne le font-ils pas aussi ? Soyez donc parfoits comme l'est votre père céleste^.» Par là il nous apprend que les enfans de Dieu qui ont reçu une naissance céleste au baptême, sont parfoits lorsqu'il ont la patience de leur père, et lorsqulb font reluire dans leurs actions cette ressemblance divine qu'Adam avait perdue par son péché. Quelle gloire est-ce de devenir semblable à Dieu ! Quel bonheur de posséder une vertu qu'il possède ! Et Notre-Seigneur Jésus-Christ
« Ézécb., 28, 32. — * JoSI , 2, 13.
«Roa.,2,i~«ltattli^6^43.
DE LA PATIENCE
très<bers frères , n'a pas seulement enseU P|é. la patience par ses paroles , mais par ses Car comme il élait descendu du ciel h volonté de son père ainsi qu'il le IttÎHBème, parmi les autres vertus par lesquelles il a donné des marques dsii divinité, il n'y en a point où il Tait fait PPfiire davantage qu'en celle-là. Aussi toutes Vi MtNNM, à commencer dès son avènement au WpdjfB^portent l'empreinte du caractère aufpiste 4k1| patience. Premièrement il se dépouille de Ijiglfke qu'il possédait dans le ciel et descend , et lui qui est le fils de Dieu ne Fait dedifBculté de se revêtir de la chair de I, et de porter les péchés d'aulrui quoiqppl'.ftkt. eiepipt de tout péché. Il quitte Timiw^rtililé pour devenir mortel et mourir innooiBl poar sauver les coupables. Après , il veut Hm être baptisé par un serviteur , et lui qui imk reanettre les péchés par Teau ne dédai-. tm^ftm d'y entrer comme s'il eût eu des péchés i rêMUrc. Il jeune quarante jours'; et celui qui ad>fkat.âk faim des autres souffre la iàim, afin qae eeax qui étaient affamés de la parole et de la Igrice de Dieu fussent rassasiés de ce pain efleMi. Il entre en lice avec le diable, et se aWaale de le vaincre par ses paroles sans lui Cdra dTantre mal. Il n'a pas commandée ses discjplea comme à ses serviteurs, mais il les a aiméacomme ses irères. Il a même daigné laver kl pieds à ses apôtres, afin qu'en en usant ainsi envers ses inférieurs, nous apprissions comment BOUS en devons user envers nos égaux. Et nous ae noua étonnerons pas qu'il ait été si bon à r^^rd de ses disciples obéissans, si nous contidéroDS avec quelle patience il a souffert Judas juaqa^à la fin, comme quoi il a bien voulu manger avec cet ennemi domestique , ne le pas fiéooiivrir quoiqu'il le connût fort bien , et endurer même que ce traître le baisât. Mais de ^pidle patience n'a-t-il point eu besoin pour «apporter les Juifs ? Il n'a rien oublié pour vainfore leur incrédulité et leur ingratitude. Il leur a répondu doucement lorsqu'ils le contredisaient , souffert leur orgueil , cédé à leurs persécutions, et employé jusqu'aux dernières heures de sa vie pour tâcher de ramener ces meurtriers des prophètes, ces opiniâtres et ces rebelles. Avant même que d'en venir â l'acte sanglant de sa passion , combien a-t-il enduré
d'opprobres et d'ignominies? combien de crachats, lui qui un peu auparavant avait rendu la vue à un aveugle avec sa salive sacrée ? Celui au nom de qui ses serviteurs fouettent maintenant le diable et ses anges , a été fouetté par ses serviteurs. 11 a été couronné d'épines , lui qui couronne les martyrs de fleurs immortelles. On l'a frappé au visage de branches de palme , lui qui donne des palmes véritables aux victorieux. Il a été dépouillé de ses habits, lui qui revêt les autres d'immortalité. On lui a présenté du fiel à manger, lui qui nous a donné une viande céleste. On l'a abreuvé de vinaigre, lui qui nous a procuré un breuvage salutaire. Le juste et l'innocent , ou plutôt la justice et Tinnocence même est mise au nombre des criminels. La vérité est opprimée par de faux témoignages. On juge celui qui doit juger le noonde, et la parole éternelle de Dieu est menée au supplice sans proKrer une seule . parole. Les astres s'éclipsent à sa mort , les élémens se confondent, la terre tremble, la nuit ravit le jour, le soleil se cache pour n'être point obligé de voir le crime des Juifo, et lui ne dit mot ; il ne s'émeut point , il ne découvre point sa msgesté, au moins au temps de sa passion. Il souffre constamment jusqu'à la fin, afin que sa patience soit parfaite et consommée. Et après tout cela, il reçoit encore ses meurtriers lorsqulls retournent à lui et se convertissent, et ne ferme l'entrée de son Église à personne. Et non-seulement il pardonne à ces adversaires, à ces blasphémateurs, à ces ennemis implacables de son nom , quand ils reconnaissent leur crime et en font pénitence ; mais il les récompense même et les admet au royaume du ciel. La patience peut-elle aller plus loin?Celui quiarépandu son sang^est vivifié parson sang. Et certes, il était bien besoin qu'il en eût beaucoup, puisque sans cela TËglise de Dieu n'aurait point saint Paul pour apôtre. Si donc, mes très-chers frères, nous sommes membresde Jésus-Christ, si nous en avons été revêtus au baptême , s'il est lui-même la voie qui nous mène au salut , marchons sur ses pas et suivons son exemple. «Celui, dit l'apôtre saint Jean, qui dit qu'il demeure en Jésus-Christ, doit marcher comme il a marché lui-même '. » Saint
« Le Juif.
* I. Jean ,2,6.
Pierre aussi sur qui Notre-Seigneur a eu la bonté de fonder FÉglise, dit dans son Épitre : c Jésus^Ghrist a soufFert pour nous , vous laissant reietfiple afin que vous marchiez sur ses pas ; car il n'a point commis de pécbé , et jamais aucun mensonge [n'est sorti de sa bouche. Lorsqu'on lui disait des injures, il ne les a point reponssées par d'autres injures , et quand on ie maltraitait, il n'a point usé de menaces; mais il s^est lirfé lui-même entre les mains d'un méchant juge^*. n Aussi nous voyons que les patriarches et les prophètes , et généralement tons les justes de rancienne loi , qui étaient la figure de Jésus-Christ , n'ont point eu de vertu plus en recommandatioti que la patience. C'est ainsi qu'Abel , le premier des martyrs , ne résista point à son frère parricide, mais se laissa égorger comme un doux agneau. C'est ainsi qu'Abraham, le père des fidèles, tenté sur le sujet de soti fils , ne délibéra point , mais obéit à Dieu avec une soumission entière. Isaac de même, qui était la figure de Jésus-Christ victime, souflirit patiemment que son père l'immolât. Jacob, chassé par son frère, quitta doucement le pajrs, et témoigna encore davantage sa douleur lorsqu'étant de retour il l'apaisa par^ ses présens» Joseph, rendu par ses frères, non-seulement leur pardonna cette injure, mais leur donna même libéi^ement le blé dont ils avaient besoin. Moïse , méprisé et presque lapidé par un peuple ingrat et infidèle , ne laissa pas de prier Dieu pour eux. Mais quelle a été la patience de Dayid de qui Jésus-Christ a pris naissance selon la chair ! combien grande, admirable et chrétienne, d'avoir eu si souvent en son pouvoir SaQI qui le persécutait et le voulait foire mourir, et néanmoins de l'avoir épargné; et non-seulement de ne s*ètre point yengé de son ennemi , mais d'avoir même vengé sa mort ! Enfin , tant de prophètes tués et tant de martyrs massacrés ont-ils acquis des couronnes autrement que par la patience? Car les douleurs et la mort ne sont couronnées que parce qu'on a eu la patience de les endurer. Mais, pour connaître encore mieux , mes très-chers frères, Tutilité et la nécessité de cette vertu, considérons l'arrêt prononcé contre Adam dès le commencement du monde pour avoir désobéi à Dieu et violé
* Pierre, 2. 21.
son commandement ; car cela nous apprendra combien nous devons avoir de patience ici-bas , puisque nous ne naissons que pour y être affligés et tourmentés : «Parce , dit-il , que rmm avez écouté votre femme et mangé du flrnit qœ je TOUS avais défendu ^ la terre sera nattdlCe pottr vous ; vous voua nourrirez avec travail pe&dant tout le cours de votre vie de ee qê^^Sk voBS domien; elle vovs produira dis mmM et des épines, et vous mangera l'herbe êcè champs. Vous mangera votre pain ft la aoeoÉ de voira visage , jusqu'à ce que voës ratoundet en la terre d'oft vous avez été pris; car voua êtes terre ^ et vous retournerez en terre *.» Gel arrêt est pour tous les hommes et bous lie toaa , tant que nous sommes ici-bas. 11 faut de ilécea* site que nous passions tous les jours de notre vie en douleur et en tristesse. Il faut que ndas mangions notre pain avec peine et avee travafl. De là vient que chacun de nous Ait son enirta en ce monde par les larmes ; et quoique dans un âge si tendra noua soyions enobra igoorans de toutes choses , nous savons bien pourfaH qu'il faut pleurer. Notra Ame, par une pré^ voyance naturelle, déplora les misères ip'elle doit souffrir eu cette vie mortelle , et témeigae déjà par ses cris et ses géraissemens à q«dle tempête elle sera exposée; car tant que nooa sommes id-bas, nous suons et pénooa coup, et le plus grand soulagement de travaux c'est la patience. Mais si elle est néceasaire en ce monde à toua les homoMS, elle nom Test bien davantage à nous qui avons à aovte^ nir les plus violens assauts du diable , qui avona à combattre tous les jours un vieux et expérimaité ennemi , qui, outre les différentes tenletions dont il nous attaque , sommes enoore obligés pendant la persécution d'abandomicr nos biens, de souffrir les rigueurede la priaon et la pesanteur des chaînes, d^endorer lai épées, les bêtes, les feux, les croix, et enfin toute sorte de lourmens ; c'est aussi de qoei Notre- Seigneur nous avertit par ces paroles : a Je vous ai dit ceci afin que vous trouviez votra paix en moi. Vous aurez desafflictions au monde; mais prenez courage , j ai vaincu le monde K9 Si donc ayant renoncé au diable et au monde nous en sonmies davantage persécutés,
« Genèse., 8, 17. — * Jean., le, M.
DE L\ PATIENCE
bien nous deroDê-noas armer de palience, priiqae avec elle il n'y a point de maux qui ne Mliaoienl sopportables ? Cesi an avis saliif aire éi Neire-Stiffneur et de notre mattre : «Celoi- II iRi sasfé qsi peraévérera jnsqu^à la fin^;» : «Si votts gardei mes paroles , vous viritaMement mes disdples; vous oonh Térilé , et la vérité voos délivrera K t R Itol sMfFrîr et persévérer, mes trè^-chers MfM 9 aSu de pouvoir parvenir à la vérité et I bi liberté : car nous ne sommes chrétiens que ^ la foi et par Tespérance ; or 11 est besoin de pilitoce pour recnelUir les fruits de notre espérance et de notre foi , parce que c'est à la gloire du ciel et non à celle d'iei-bas que nous «Nous sommes sauvés par Vespéranee, rapètre saint Paul ; mais quand on voit ce qtfbn avait espéré, œ n*est plus espérance , pnisque peisoone n'espère voir ce qu'il voit déjà. Qnc ai nous espérons ce que nous ne voyons pas eiMore , c'est par la patience que nous Tatfendons f s Ia patience est donc nécessaire pon^ arriver à la perfection de notre état , et recevoir de la bonté de Dieu les biens que nous avons crus et espérés. Aussi le même apAtre avertit eu un antre endroit les gens de bien qui font de bonnes oeuvres et s'amassent des trésors dans le ciel, d'être psîtiens , lorsqu'il dit : «Pendant que nous en avons le temps, faisons du bien à tous, mais surtout à ceux qui sont dans la maison de la foi ^ ; et ne nous lassons point d'en faire , car nous en recueillerons le iî*uit en son temps ^i> Il nous avertit de ne nous point lasser de bien faire par impatience , de peur que, détournés ou vaincus par les tentations, nous ne nous arrêtions au milieu de la carrière, et que ce que nous avons commencé ne soit perdu faute de Tachever, suivant cette parole de TEcriture : « La justice du juste ne lui servira de rien du jour qu'il s'égarera ® : )• et ailleurs; «Gardez bien ce que vous avez, de peur qu'un autre ne prenne votre couronne 7; » qui est une exhortation pour nous à persévérer constamment et généreusement , afin de ne pas perdre la couronne que nous sommes tout près de remporter. Mais, mes très-chers frères, la patience ne conserve pas seulement les biens
^ Mallh., 10, 22. — • Jean, 8, 31. - » Rom., 8, 24.
* Galatc», 6, 10. — ^ Ibid., 2, 9.
• Ézérh., 55, 12. ' Apoc., 3, 11.
que nous avons acquis , mais nous défend encore contre les maux ; car celui qui suit les moovemens du Saint-Esprit et qui soupire après les choses célestes , résiste par sa vertu aux oeuvres de la chair qui font la guerre à l'âme. Parcourons quelques-uns de ces vices , cela suffira pour nous faire comprendre les autres. L'adultère , la fraude , l'homicide sont des crimes mortels. Que la patience soit enracinée fortement en notre cceur, un corps qui est le temple de Dieu ne se souillera point par l'adultère; une âme innocente et dévouée à la justice ne sera point capable de fraude ; et une main qui a eu l'honneur de porter l'eucharistie ne sera point trempée dans le sang. La charité est le lien qui unit les fidèles ensemble ^ le fondement de la paix, le ciment de l'unité , qui est plus grande que l'espérance et que la foi , qui surpasse toutes les bonnes œuvres et le martyre même, et qui demeurera toujours avee noua dans le ciel. Cependant ôtez-lui la patience , et vous la verrez tomber par terre. Otei-lui ce fondement sur lequel elle s'appuie , et elle demeurera sans force et sans vigiienr. Aussi lors* que Fapétre parle de la charité, il y joint la patience. cLa charité 9 dit-il, est généreuse, la charité est douce , point jalouse , point orgueilleuse, point colère ni méfiante; elle aime tout, elle croit tout , elle espère tout , elle soufRre tout 1. » Par là il montre que la charité ne subsiste que parce qu'elle supporte toutes choses; et .en un autre endroit : «Supportezvous, dit-il, l'un l'autre avec charité, et travaillez à conserver l'union de res)Mrit par le lien de la paix ^. » Ce qui fiiit voir que l'union et la paix ne peut être conservée parmi les chrétiens , sllsnesesupporlent réciprocfuement l'un l'autre, et si la palience n'intervient comme le lien de la concorde. D'ailleurs, comment pourrez-vous ne point jurer, ne point dire dlnjures, ne point redemander ce qu'on vous emporte, tendre l'autre joue à celui qui vous a donné un soufflet, ne pas seulement pardonner septante fois sept fois à votre frère lorsqu'il vous a offensé , mais toutes les fois qu'il vous offense , aimer vos ennemis, et prier pour vos persécuteurs, si vous n'avez une patience à l'épreuve? Saint Etienne en avait une semblable , lorsque, lapidé eruélW^
« I. Osr., 13. 4. — * fipbèse ,4,3.
ment par les Juifs, il ne demanda pas vengeance pour soi , mais pardon pour ses ennemis , et dit : a Seigneur, ne leur imputez point ce péché ^ » Tel devait être le premier martyr de Jésus- Christ, qui devançant par une mort glorieuse les autres martyrs , ne leur a pas seulement appris à imiter ,les souffrances de leur mattre , mais aussi sa patience et sa douceur. Quediraije de la colère, de la discorde , des inimitiés , de quoi un chrétien doit être exempt? Que la patience soit dans son cœur, toutes ces passions n'y auront point place ; ou si elles font effort pour y entrer, elles en sortiront bientôt comme d*une demeure où le Dieu de la paix prend plaisir à habiter. C'est pourquoi Tapôtre nous donne cette instruction : «Prenez garde de ne point contrister l'Esprit-Saint de Dieu par lequel vous avez été marqué pour le jour de la rédemption. Que toute aigreur, tout emportement, toute colère, toute crierie, tout murmure soit banni de parmi vous; car si un chrétien a commencé de sortir de ces passions furieuses et turbulentes comme d'une mer orageuse, et est arrivé au port tranquille de Jésus-Christ, il doit absolument exclure de son coeur la colère et la discorde, puisqu'il ne lui est pas permis de rendre le mal pour le ma|3.»La patience est encore extrêmement nécessaire pour supporter les diverses et ncheuses maladies qui nous affligent tous les jours; car le péché du premier homme nous ayant fait perdre la vigueur avec l'immortalité, nous avons sans cesse à combattre contre la faiblesse de notre corps, et nous ne saurions soutenir ce combat que par la patience. De plus. Dieu pour nous éprouver permet que plusieurs disgrâces nous arrivent , comme des pertes de biens ou d'amis, des fièvres , des plaies douloureuses. Or en tous ces accidens, ce qui met de la différence entre les méchans et les gens de bien, c'est que ceux-là se plaignent , blasphèment , et s'impatientent , au lieu que les autres les regardent comme une épreuve , suivant cette parole de l'Ecriture : « Soyez constant dans la douleur, et souffrez patiemment d'être humilié ; car l'or et l'argent sont éprouvés dans le feu \ » C'est ainsi que Job fut éprouvé , et que sa patience l'éleva au comble de la gloire. Combien le diable lança-t-il de flèches contre lui ! Combien
« Act.,7/».-'»Eplièie, 4, ao. ^^Ecdéiiait., 3, 4.
I employa-t-il de machines pour le renverser ! Il lui ùle ses biens et ses enfans , et le frappe d'une plaie infecte et maligne qui lui oouvre tout le corps; et pour ne rien oublier qui lui pût faire de la peine, il arme sa femme contre lui , se servant en cela de ses anciennes roses et de fartiflce dont il usa dès le oommenoemeiit du monde. Mais Job ne se laissa point abattre par tant de malheurs , et au milieu de toutes ees afflictions sa patience victorieuse ne laissa pas de bénir Dieu. Tobie de même, après tant d'oeuvres éclatantes de miséricorde , ayant perdu k vue , souffrit cette perte si patiemment qu'il mérita que Dieu lui fit des grâces extraordinaires.
Mais pour voir encore mieux , mes três-chers frères, les avantages de la patience, oonsidérons-la , s'il vous platt, par opposition avec son contraire : car comme la patience est une grâce de Jésus-Christ, l'impatience est un vice du diable ; et comme celui en qui Jésus-Christ demeure est patient, celui au contraire, dont l'esprit est possédé de la malice du diable, est toujours impatient. Reprenons les choses dès le commencement. Le diable portant impatiemment de voir l'homme créé à l'image de Dieu , se perdit par là le premier, et perdit l'homnie ensuite. Adam, impatient de manger du fruit de vie contre la défense de Dieu , tomba dans la mort , et fut privé de la grâce qu'il avait reçue. Caïn ne tua son frère que parce qu^il ne put souffrir que Dieu regardât fsivorablement ses sacrifices. Ësaû perdit son droit d'aînesse pour n'avoir pu endurer la f^im. N'est-ce pas l'impatience qui a été cause que le peuple juif ingrat des faveurs du ciel se retira premi^ement de Dieu , lorsque, ne pouvant souffrir que Moïse qui parlait avec lui tardât tant à revenu*, il osa demander des dieux profanes et appeler un veau d'or son guide et son conducteur ? Et ce fut encore cette même impatience et rébellion contre Dieu qui le porta à tuer ses prophètes , et à attacher son Seigneur à une croix. Cest l'impatience qui fait aussi les hérétiques dans l'Ëglise, et qui les pousse, à l'exemple des Juifii, à violer la paix et la charité de Jésus-Christ , et à commettre des actes de fureur et d'hostilité. Et parce qu'il serait trop long de parcourir toutes choses en particulier, il suffira de dire que généralement tout ce que la patience édifie, Timpatience le détruit. C'est pourquoi, mes
DE LA PATIENCE
(rèS'Chers frères , conservons avec grand soin la patience qui nous fait demeurer en Jésus- Cbrbt, afin que nous puissions arriver avec lui à Dieu. Cette divine vertu n'est pas resserrée dans des bornes étroites, elle s'étend bien loin, et est comme un grand fleuve qui arrose beaucoup de pays et se répand en plusieurs canaux. Aussi peut-on dire très-véritablement que toutes DOS bonnes (ouvres sont comme défectueuses sans elle, et que c'est elle qui les adiève et les coasomme. C'est la ptaience qui nous rend dignes de jouir de Dieu , qui calme la colère, qui arrête la langue , qui gouverne l'esprit, qui conserve la paix, qui entretient la discipline, qui rompt l'impétuosité des passions désbonnéles, réprime les emportemens de Torgneil, éteint le feu des divisions, retient la puissance des riches dans les bornes légitimes , et console l'indigence des pauvres. Elle conserve la bienheureuse intégrité des vierges , la chasteté laborieuse des veuves, l'union sainte et indissoluble des personnes mariées. Elle iait qu'on est humble dans la prospérité , constant dans radversité , peu sensible aux injures et aux aflronts. Elle nous apprend à pardonnei bientôt il ceux qui nous offensent , et à demander longtemps pardon à ceux que nous offensons. Elle surmonte les tentations, souffre les persécutions, consomme les souffrances. C'est elle qui établit solidement les fondemens de notre foi , qui élève bien haut Tédifice de notre espérance, qui nous fait marcher sur les traces de Jésus-Christ et garder inviolablement la qualité des enfans de Dieu. Mais parce que je sais, mes très-chers frères, qu'il y en a plusieurs qui , irrités de l'atrocité des injures qu'ils ont reçues, seraient bien aises d'en être promptement vengés sans attendre jusqu'au jour du jugement ; nous les exhortons à embrasser avec nous la patience, et parmi les tempêtes de ce monde où nous sommes exposés aux insultes des Juifs, des païen} et des hérétiques, d'attendre en repos le jouf de la vengeance et de ne se point hâter mal; i propos de la prendre eux-mêmes. Car il é>t écrit : «Attendez-moi, dit le Seigneur, jusqu/m jour de ma résurrection glorieuse; car j'ai ,; ésolu d'assembler les peuples et les rois, et' de décharger ma colère sur eux t. » Et dans TApo-
1 Sophon., 3 , 8.
calypse: «Ne scellez point les paroles de prophétie que contient ce livre; car le temps approche que ceux qui font du mal aux autres leur en feront encore davantage, que ceux qui sont souillés d'impureté le seront encore plus, que celui qui est juste deviendra plus juste, et que le saint acquerra une plus grande sainteté. Je m'en vais venir bientôt, et j'ai ma récompense avec moi pour rendre à chacun selon ses œuvres ^ » C'est pour cela qu'on commande aux mart]nrs, qui crient et demandent qu'on les venge bientôt d'attendre encore, et d'avoir patience jusqu'à ce que le temps soit venu et le nombre des martyrs accompli, o Comme l'ange, dit l'apôtre, eutouvert le cinquième sceau, je vis sous l'autel de Dieu lésâmes de ceux qui avaient été tués pour sa parole et pour la confession de son nom. Et ils se mirent à crier à haute voix : Seigneur, qui êtes saint et véritable, jusqu'à quand différerez- vous à nous faire justice, et à venger notre sang sur ceux qui habitent sur la terre? Alors on leur donna à chacun une robe blanche, et on leur dit de se tenir en repos eni> core un peu de temps, jusqu'à ce que le nombre des serviteurs de Dieu leurs frères qui devaient souffrir la mort comme eux fût accompli 2. a Or quand Dieu fera la vengeance du sang innocent, le Saint-Esprit le déclare par le prophète Malachie, lorsqu'il dit : «Voici le jour du Seigneur qui vient allumé comme une fournaise ardente , et tous les étrangers et les méchans seront comme de la paille qu'il consumera, dit le Seigneur 3.» Nous lisons la même chose dans les psaumes, où Dieu nous est réprésenté venant juger le monde avec éclat et majesté : « Dieu , dit le prophète, viendra visiblement; notre Dieu ne demeurera plus dans le silence : le feu brûlera tout devant sa face, et Ton entendra autour de lui une effroyable tempête : il appellera devant lui le ciel et la terre pour faire la séparation de son peuple. Assemblpz-|ui tous ses saints, tous ceux qui gardent son alli;ince et ses sacrifices: et les cieux publieront s .justice, et que c'est lui qui est le véritable juge ^.» Et le prophète Isaîe : « Le Seigneur viendra comme un feu , et son char sera comme un tourbillon de vent , afin d'exercer ses vengea hces : car ils seront jugés par le feu et frappés de Tépée ^.n
» Apoc, 22, 10. — • Ibid,, 6, 9. - » Malacb., 4, 3. ■ * Psaume 49, a. - > Isaîe, 60, 15.
SAINT CYPRIEN
Et encore : « Le Seigneur et le Dîeii des batailles i 5*avanëctà M (ermîncfra la guerre. Il commentera lé éHoé, et èrleft ftâe tdit paissante I seê mimK : H thé É^H (li jriéi^ù'id ; mais mô t4Mî-jé tMjotmi?» (}iii ^t éâùi tiui ait 4ti*2l réel M t et ^a'il né §ë Mti paé (dfijôdi^ f G'e^t éMl 4fii « Af riSMé »mnfié litîè bt^i^ à ti Mwellêrté*, et (ftii tfa {Mîint ètivérf la bmictié mu piM ^Ari agnéàtf i\vA Aénletire tntiet dé^ Tant «tfift qdl le toiid; c*é^ eelof? qui û'û p(M ctié^i él Sont M t(Hi n'it point été entendue dana tes placeilf pûblIqtM; qui n^k pcHtit résisté lôrsqr<m lé ffaj^laft et lé sonMetàlt, n\ (bttrné la lèté lo^squ'én Ini èràéhatf ad Visage <. Ënflfl e^est 0éloi qM fié Kpoffdit Hèft ibx éctû9ia\(m des préirèa é( déa M^en^, jtiéqti'à étontiel* PHaté par aon ëlléfieé. Cèêt M qtn s'éfant tu àd temps dé ëa p«sétotf , tié se tairtf pa^ ati tempe de la Ten{^iiee. CTest Irii qtuf est notre Diéd , c'eat-à-dire lé Ùien de cêdi qui éfolédt , él dod le DIed de tons,- qui lorsqu'il paraîtra |)ubtiquèweat ne ^rdera pidë te silence, mai^ se fen antant connaître pdr $a pdissance (|u*n était aopa^arant démedré iiieonna par son humilité. Attêndonâhle^ ttieé très-dléfs frèreë, lui qdl éxÂt être notre juj$é ^ et qni tedgerà avec lui ^titi peuple et tdus lëè jdétea depuis lé tbddnencé-
ment du monde. Que celui qui court à ta vengeance considère que celui qui vengera les autres n'est pas encore verigé ful-méflie. Dteo té Père a commandé qn*oà adodit son Pits; et l^'apAtré dit datfs là vtie de tt éônnnàndérbédt : «Dîèd Ta élevé et Idf à ddmé un dôm <)uf est atf- dessus de iùoi feé noms, Ma qd'ad îioifa de Jésd^ tous itéchissedt le géooa au déf , ^r fa terre et dattt les enfers*. » Et dada l'Apoeàlypto range empèclié saint Jean qui le voulait adorer, et lui dit : ft GsJrdet-voas-en bieft : car je iuis serviteur aussi bien 4dé voâ$, et Tdn dé vos frères ; adorée le Seigneur Jésdi *. » Quelle est donc la patience dd Seigneur Jésuâ, que tdi 4d'dn adore dsma te ciel ne Èàti pas encore Vengé sur la (erre^ Pensons à sa patience^ ttféS très-cbers frères, lorsque iiotfs SOftimes daàs les persécutions et dans les soulfraûces. Aendons nd hommage entier à son avédement, et que des serviteurs ne aOiént pas si harpis q[dé de se vouloir Vçdger avant leur mattré. Trâvaitlods plutôt k conserver due pdtience invincible, afin que lorsque le jour de la colère et dé la vengea Ace viendra, d6us de So}'ons pas pdûis avec les pécheurs, mais glorifiés aveé èèux qui craignent Dieu.
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DE L'ENVIE
n jreft M 4dl n«è(^Mdt, fACs ti^éhefS flpiril^ que ëTèst ud ieg# péefié d'eàVi'ër té biéd d'auttài t èC pircé 4tt'Ha értfiéAt ce péché fégér, m M êmiffaëM et né Se inetteht pas éd peine du llVftèr. tiépéttd^dt Nt^fé-Seignédr nodS etmffliâfMIé d*ètK pNdëUé et Vi^Tâiis, de craldté 411e mm 4dvèl««f«, 4(li fKliè tddjôbrS et dods âtêtàê 6ôdtiliidèllédiM(t déS eMBût^tieS, âe iê glissé «dl^itèifîfeàt fflitii nôtre dMf , et d'udé élideéllé h'àlldmë nd grand éd36râsériiedt;dë eraittte (feîé,]é te rëî^èlè, iàttdisitdé nôdS rèpdsMt trop sdV ts Mnitcé H6ds lié bbé^ tédMS
* li«e,42, iS. -« /Wrf., 6S, ^. - • TfcW., C, T « /Wrf, 50, 5.
pas sur ti6s gardes, H n^éxcité tout d*un coup dde tétiipêté qiii tidué mette en danger de foire dàd^ge. tl faut donc veiller sur nous, mes trèschers frères, et èqaployer tous nos efforts pour répouSser lès âèchés que rennemi lancé contre ii6Us de tcitis o6lés, selon cet aviS salutaire que t^apOtrè saint Pierre nous donne dans son épitre : « âo'yêz sobres et veillez , car le démod vôtre ettnemi tourne autour de vous comme un lion rugissant , èl cherche qui il pourra dévorer'. » Il téumè aiitoiii^ de chacun, de nous côdimè un ennemi qui assiège une plàôe pour
Pbillp, 2. '* \iy\. i
» i.rt«!rfé,5.
DE L'ENVIE
tre les endroits les plus faibles et ta- | cher d'entrer par là. Il présente à nos yeui des objets afipréables pour détraire la chasteté par la Toe. Il tente nos oreilles par des musiques dâirieasea , afin de relâcher notre courage et notre vigoenr. Il porte notre lan(;ue à des injnrei, et nos mains à commettre des meurtres. B soos présente des gains injustes et des voies oourtea de nous enrichir pour nous perdre par rimoiir de l'argent. Il nous promet les honneurs de li terre pour nous ravir ceux du ciel. Il nous ViDtedefaux biens pour nous arracher les véritrirtfs; et lorsqull voit qu'il ne saurait surprendre par ses artifices, il a recours aux menaces, et il tâche de nous effrayer par la crainte des persécutions; toujours actif et inquiet pour perdre les serviteurs de Dieu , rusé dans la paix, vMeBt dans la persécution. C'est pourquoi, mea très-chers frères , nous devons être également armés contre ses artifices et contre ses meniiees , et toujours aussi prêts â lui résister 9i*il est prêt à nous attaquer. Mais parce qu'il JMMis eombat plus souvent par ses ruses qu'à force onverte, et que les blessures qu'il noua Alt sont d'autant plus dangereuses qu'elles sont cachées, c'est principalement à celles-là qu'il fiant prendre garde. Or de ce nombre est Tenvie et la jalousie ; car si Ton considère bien ce vice, on reconnaîtra qu'il n'y en a point qn'un chrétien doive plus soigneusement éviter, parce qu'il n'y en a guère de plus imperceptible ni qui nous fasse plutôt périr sans que nous l'apercevions. Et afin que cela paraisse plus évidemment, remontons à Torigine de I envie et voyons quand et comment elle a commencé ; car il nous sera plus aisé de nous garantir d'un mal si pernicieux lorsque nous en connaîtrons la naissance et la grandeur. C'est cette malheureuse passion qui dès le commencement du monde fut cause que le diable se perdit et qu'il perdit l'homme; car cet esprit angélique auparavant si glorieux et si chéri de Dieu , voyant l'homme créé à son image, en conçut une maligne jalousie, et par là il tomba lui-même avant que de le faire tomber , il devint captif avant que de le réduire en captivité , et il ne le fit déchoir de son immortalité qu'après être déchu lui-même de sa gloire. Combien grand est ce crime , mes très-chers frères , qui a pu précipiter l'ange du haut du ciel , qui a renversé une
créature si noble et si excellente , qui a trompé celui qui trompe les autres ! C'est de là que l'envie est venue sur la terre, qu'elle tue tous ceux qui se rendent en cela les Imitateurs du diable, suivant cette parole de rÉcritore : c Ia mort est entrée dans le monde par l'enyie du diable , et ceux qui sont de son parti Plmitent^ sCest là la source de la haine que conçut autrefois on frère contre son frère , qui fut suivie d'un exécrable parricide, tandis que Cain est animé de jalousie contre le juste Abel, tandis qu'un méchant homme possédé de cette passion forme un dessein criminel contre un homme de bien. lA fureur de l'envie le transporta de telle sorte qu'il ne put être arrêté ni par l'amour fraternel, ni par la crainte de Dieu , ni par l'énormité da crime, ni par la punition qu'il en devait attendre. Celui qui le premier avait montré le chemin de la justice est injustement meurtri; celui qni ne savait ce que c'était que la haine en ressent la cruauté; et Ton massacre barbarement celui qui se laisse égorger comme un agnean.Cest l'envie aussi qni fut cause de llnimitié d'ÉsaQ contre Jacob, et ÉsaQ ne persécuta son frère que parce qu'il était envieux de la bénédiction qu'il avait reçue de son père. Les frères de Joseph de même ne le vendirent que par une envie qu'ils conça* rent contre lui, à cause qu'il leur avait rapporté simplement quelques visions qui lui présageaient du bonheur. Qu'est-ce qui porta Safil â haïr sf cruellement David, le plus doux et le meilleur de tous les hommes , à le persécuter, à le chercher tant de fois pour le faire mourir ^ sinon une violente jalousie de ce qu'ayant tué Goliath le peuple lui donnait mille louanges? Et poo^ n'être pas obligé de rapporter en détail des exemples de tous ceux que l'envie a perdus, voyons seulement les maux qu'elle a causés à un peuple entier. M'est-ce pas elle qui a été cause de la perte des Juifs, pendant que remplis de jalousie contre Jésus-Christ, ils ne voulurent point ajouter foi à ce qu'il leur disait? car étant aveuglés de cette passion , ils tâchaient de décrier ses plus grands miracles, et n'àvmeiit point d'yeux pour voir les choses divines qu'jl opérait. Considérant donc toutes ces choses, mes très-chers frères , travaillons de tout notre pouvoir à défendre de cette peste des coeurs
'Sagesie, 2, 24.
SAINT CYPRIEN
dévoués à Dieu. Profilons du malheur des autres, et devenons ^ges A leurs dépens. Et que personne ne s'imagine que ce vice se renferme en des limites Fort étroites, il s'étend extrêmement loin, et il n'est pas moins Fécond que pernicieux. C'est la racine de tous les maux, la source de toute sorte de calamités, la pépinière des crimes, et la matière de tous les péchés. De là naissent la haine et Tanimosité. De là vient Tavarice, lorsqu'on ne saurait soufFrîr qu'un autre soit plus riche que nous. De là Tambition, tandis que pour s'élever plus haut que les autres on méprise la crainte de Dieu, on néglige les enseignemensde Jésus-Christ, on ne prévoit point le jour du jugement , on est orgueilleux, cruel, perfide, impatient, colère, querelleur, sans qu^on se puisse jamais retenir depuis qu'on a une Fois lâché la bride à cette passion. C'est l'envie qui est cause qu'on rompt le lien de la paix, qu'on viole la charité Fraternelle, qu'on corrompt la vérité , qu'on déchire l'unité pour Former des schismes et des hérésies, pendant qu'on se plaint de n'avoir pas été ordonné évèque , ou qu'on ne veut pas obéir à celui qui nous a été préFéré ; c'est ce qui Fait révolter un orgueilleux et le rend plutôt ennemi de la dignité que de la personne. D'ailleurs, quelle pitié est-ce d'envier la vertu d'autrui ou sa Félicité , c'est-à-dire de haïr en lui ou ses propres mérites ou les grâces de Dieu, de Faire son malheur du bonheur des autres, d'être tourmenté de leur prospérité, de s'affliger de leur gloire, et de nourrir sans cesse dans son cœur ces chagrins jqui sont comme autant de bourreaux qui le déchirent? Quelle joie un homme de la sorte peut-il avoir au monde? 11 soupire et se plaint contmuellement , et la jalousie ne le laisse reposer ni nuit ni jour. Tous les autres crimes ont une fin et se terminent par l'accomplissement. Un adultère est content quand il a joui de la personne qu'il aime. Un voleur se tient en repos quand il a Fait son vol. Un Faussaire est satisFait lorsqu'il a commis une Fausseté: mais l'envie ne s'arrête jamais, c'est un péché toujours subsistant , et plusceluià qui l'envie s'attache est heureus,plus elle s'irrite et s'enflamme. Elle met les menaces dans la bouche , la colère dans les yeux, la pâleur sur le visage, Fait grincer les dents et dire des paroles outrageuses, pousse les mains aux meurtres et à la violence , et les armes par ses
propres Forces; c'est pourquoi le Saint-Esprit dit dans les psaumes : «Ne portez point envie à celui à qui tout succède heureusement i;» et encore : « Le méchant observera le juste, et grincera les dents de rage contre lui. Mais le Seigneur se moquera de ses desseins , parce qu'il voit que le jour de sa ruine approche 2. » Le bienheureux apôtre saint Paul désigne aussi les envieux quand il dit : «Ils ont sur leurs lèvres un venin d'aspic , leur bouche est pleine d'injures et d'aigreur, leurs pieds sont prompts pour répandre le sang ; ils ne songent qu'à rendre les autres misérables, ne prennent jamais les voies de douceur , et n'ont point la crainte de Dieu devant les yeux ^.» Les blessures qu'on reçoit dans le corps sont bien moins dangereuses que celles de l'envie ; car comme on les voit , on en cherche aussitôt la guérison , au lieu que les autres étant secrètes l'on ne se met pas même en peine d'y apporter remède. Qui que vous soyez qui êtes malin et envieux , vous avez beau chercher les moyens de nuire à celui que vous haïssez , vous ne lui Ferez jamais tant de mal que vous vous en Faites. Celui que vous persécutez peut échapper de vous , mais vous ne vous sauriez Fuir vous-même. Partout où vous êtes, votre adversaire est avec vous. Vous portez toujours votre ennemi; le mal est enFermé au dedans; vos liens sont indissolubles; vous êtes esclave de la jalousie, et rien n'est capable de vous tirer de celte servitude; c'est un mal opiniâtre que de persécuter un homme que Dieu prend en sa protection ; c'est un malheur sans remède de haïr un homme heureux. C'est pourquoi Notre-Seigneur voulant prévenir un si grand mal et empêcher qu'il ne Fit tomber personne dans les filets de la mort , répondit à ses disciples qui lui demandaient qui était le plus grand d'entre eux: a Celui qui sera le moindre parmi vous tous sera grand ^. » Par cette réponse il a coupé pied à toute jalousie et en a retranché tous les sujets. Il n'est plus permis à un disciple de Jésus-Christ d'être envieux. Nous ue pouvons plus disputer de gloire et d'élévation entre nous, puisqu'on n'y arrive que parPhumililé. Aussi l'apôtre saint Paul nous exhortant à Faire des œuvres de lumière après être sortis de la nuit où nous étions : a La nuit, dit-il. est
» P«. 36. 7.— « Ibid, 12. - « Rom. , 3, 13. * Luc, 22, S6.
DE L'ENVIE
I, et le jour va venir. Quittons donc les CBOVRS de ténèbres, et revêtons-nous des arde hunière. Mardions avec bienséance durant le jour sans nous laisser aller an débauches et aux ivrogneries , aux dissolutions et aux impudicités , aux querelles et aux envies *.» Si les ténèbres se sont retirées de vuCre oonv , si le jour la éclairé , si vous avez commencé à être un homme de lumière, faites des oeuvres de Jésus-Christ , car Jésus-GhrisI est le jour et la lumière. Pourquoi vous précipitd-vous dans TaMme de Fenvie? pourquoi vous enveloppez -vous dans cette nuit obscure et épaisse, et éteignez-vous le fkimbeau de la paix et de la charité? pourquoi retournez-vous au diable à qui vous aviez renoncé? pourquoi vous rendez-vous semblables à Gain ? car Tapôtre saini Jean déclare dans sonépUre que quiconque est envieux et hait son frère est homicide comme lui. «Celui, dit- il, qui hait son frère est homicide; et vous savez qu*aucun homicide n a la vie éternelle demeurant en lui ^; » et encore : tCelui qui se vante d'être dans la lumière, et hait son frère, est encore dans les ténèbres. Il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce que les ténèbres lui ont offusqué la vue ^. » Celui, dit-il, qui hait son frère marchedans les ténèbres et ne sait où il va , parce quil se jette sans le savoir dans le feu de Tenfer en se retirant de la lumière de Jésus-Christ qui dit : «Je suis la lumière du monde ; celui qui me suivra ne marchera point dans les ténèbres^mais aura la lumière de la vie ^.» Or celui-là suit Jésus-Christ qui observe ses commandemens, qui marche par le chemin qu'il nous a tracé , qui fait ce que luimême a fait et enseigné. «Jésus-Christ, dit Tapôtre saint Pierre , a souffert pour nous, vous laissant l'exemple afin que vous marchiez sur ses pas^.» Souvenons-nous du nom que Notre- Seigneur donne à son peuple. Il rappelle des brebis*, pour montrer quelle doit être Tinribcence des chrétiens. Il rappelle des agneaux , pour faire voir qu'il en doit avoir la simplicité. Pourquoi le loup se cache-t-il sous une peau de brebis ? Pourquoi celui qui se dit faussement chrétien déshonore-t- il le troupeau de Jésus- Christ ? car prendre le nomde Jésus* Clu*ist et
» Rom., 13, 12. - « 1. Jean, 3, 15. - » Ibid,, 2, 9, 11.
* ma,, 8, 12. - » I. Pierre . 2, 21.
• Jean, 2 1,17.
ne pas mardier dans sa voie, qu*e$t-ce autre chose que de diffamer son nom? Ne dit-il pas lui-même que celui-là arrivera à la vie qui garde ses commandemens; que pour être sage il faut accomplir ses paroles ; et qu'on ne peut être grand dans le royaume des cieux si Ton ne lait ce qu'il a fait , et qu'on n>nseignc ce quil a enseigné , c'est-à-dire que pour instruire utilement les autres il faut pratiquer le premier ses instructions? Or parmi tant de préceptes salutaires qu'il a donnés à ses disciples, que leur a-t-il recommandé davantage que de s'entr'aimer de la même sorte qu'il les a aimés? Et comment celui-là peut-il aimer ses frères qui a une jalousie continuelle contre eux? Aussi l'apôtre saint Paul faisant voir les avantages de la paix et de la charité, après avoir avancé comme une vérité certaine que la foi, les aumônes et le martyre même lui seraient inu- % tiles s'il ne gardait inviolablement la charité, ajoute : « La charité est généreuse, elle est bonne, elle n'est point jalouse ' : «pour montrer qu'il n'y a que ceux qui sont généreux, bons, exempts d'envie, qui puissent posséder cette vertu. C'est ce qui fait qu'exhoi^tant ailleurs celui qui est d^à rempli du Saint-Esprit et fait enfant de Dieu par une naissance céleste, à ne s'occuper plus que des choses divines et spirituelles, il dit : «Je ne vous ai pu parler, mes frères, comme à des personnes spirituelles, mais comme à des gens encore charnels, encore enfans en Jésus-Christ. Je ne vous ai nourris que de lait et non de viandes solides, car vous n'en étiez pas alors capables : et vous ne l'êtes pas même à cette heure, parce que vous êtes encore charnels. Car puisqu'il se trouve parmi vous des jalousies, des querelles et des dissensions, n'est-il pas visible que vous êtes encore charnels, et qu'il y a encore bien de l'homme en vous 2?» U faut surmonter mes três-chers frères, les vices de la chair et les fouler aux pieds; de crainte que si nous retournons aux pratiques du vieil boiùme, nous ne tombions dans des pièges mortels. C'est l'avertissement que nous donne l'apôtre lorsqu'il dit :« C'est pourquoi, mes frères, ne vivons point selon la chair; car si vous vivez selon la chair vous mourrez. Mais
' I. Cor., 13, 4.
* |.tor,3, 1,
SAINT CYPRlEiN.
si vous faiUs mourir par Tesprit les passions de la cbair, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par Tesprit de Dieu sont enfaos de Dieu K 9 Si nous sommes enians de Dieu , si nous avons déjà commencé à être ses temples, si ayant reçu le Saint-Esprit nous vivons saintement et spiritudlement, si nous avons retiré nos yeux de la terre pour les lever au ciel, si nous portons aux choses hautes et sublimes un cœur plein de DieuetdeJésus-Gbrist, nefaiaons rien qui ne soit digne de Dieu et de Jésus- Cbrist. L'apôtre nous y exhorte par ces paroles : «Si vous êtes ressuscites avec Jésus - Christ , dierchez les choses du ciel où Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu ; goûtez les choses du eiei et non celles de la terre; car vous êtes HKMTts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Mais lorsque Jésus-Christ qui est votre vie viendra à paraître, vous parattrezaussi avec lui dans la gloire^. » Puis donc que nous sommes ■lorts et ensevelis dans le baptême quant aux péchés diamels du vkiltxMnme, et ressuscites pour Jésus-Christ par une naissance céleste, ne pensons et ne faisons que les choses qui sont agréables à Jésus-Christ, amsi que le même apôtre nous Taiseigne en ces termes : «Le premier homme a été tiré du limon de la terre, et le second est descendu du ciel. Td qu'a été le terrestre , tels sont ceux qui sont venus de Ivi ; et tel qu'a été le céleste, tels sont ceux qui limitent. Comme donc nous avons porté Tim^e et riiomme terrestre, portons aussi Timage de rhomme céleste ^. » Or nous ne pouvons pas porter Timage de Thomme céleste si nous resmnbloas à Jésus-Christ. Car vous commencez proprement à n'être plus ce que vous étiez, et è tee te que voos n'étiez pas, lorsque vous donnez des iMnioes de votre naissance divine , lorsque vous ne démeniez point par vos actions la «qualité dVttfont de Dien, loraqae vensl'ho- Mrtt par 1M% bonne conduite et méritez par là qn'il voos tionore scton qu'il le dit Inh-mêmC': "•l'honorerai «eux qui mlionoreiit, et iftéprîaerai entx qui «ne méprisent ^.d Cest pour mm apprendre à faire cet homeor à Dieu et à loi ^ressembler conm» «es «nfims que Notre-Seiflftteurdit dans son ÉtMgile : « Vous savez quMl est écrit : Vous aimerez votre prochain , et haï-
» Rom. , 8, 12.- » Colow., 3, 1. - M. Rois, 2, 3.
rez votre ennemi. Mats moi je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pomr ceui qui vous persécutent, a6n que vous soyez eidiuis de votre Père qui est aux cieux, qui feit lever son soleil sur les bons et sur les méchans et pleuvoir sur les justes et sur les injustes K » Si les hommes sont bien aises et font gloire d'avoir des cninos qui leur ressemblent , et si cette joie est d'autant plus grande que cette ressembianœ est plus parfaite , combien Dieu se r^ooit-il davantage lorsqu'il voit ceux qui sont nés spirituellement en lui faire éclater dans leurs actions des traits de leur Père céleste? Qaelle gloire et qud avantage d'être tels qae Dieu ne poisse pas dire de nous : cj'ai engendré des enfans, je les ai agrandis, et ils m'ont méprisé ^ ; D mais plutôt que Notre-Seigneur nous loue et nous invite à la récompense, en nous disant : «Venez, vous que mon Père a bénis , possédez le ropumc qui vous a été préparé dès le commencement du monde ^ ?»
Voilà les méditations dont nous noas devons 8ervir,'mes très-chers frères , pour fortifier notre cœar et le rendre invulnérable à tous les traitsde Fennemi. Lisons la sainte Écriture, frisons de bonnes oeuvres, pensons souvent à Jésus-Christ, prions sans cesse , et soyons toujours occupés de bonnes choses, afin que lorsque notre adversaire s'approchera pour nous attaquer, il trouve toutes les entrées de notre cœur fermées et renparées. Un chrétien n'a pas à attendre la seule oouronnedo martyre; la paix a aussi ses conronnes, qui sont la récompense des différentes victoires que nous remportons sur notre ennemi. Surmonter la volupté, dompter la colère , aooffrir les injures, triompher de l'avarice, supporter en patience les afflictions , tout cela mérite nne couronne. Celui qui ne s'enorgueillit point dans la bonne fortune, sera récompensé de son humMité. Celui qui eift aumôdfier et charitable, aâra un trésor dans le ciel. Celui qui n'est poîttt envieux et qui vit doœemenl et paisiblement avec ses frères, recevra le prix de sa douceor. Nous courons tous les jours dans cette arrière des vert as, et noas nous avançons à grands pas ^pour <»eillir ces palmes et ces coutonnes. Afin donc ^e vous y puissiez aassi avoir part^ vous qui avez été possédé jusqu'ici
> Matlb., 5, 43. ~ Msaïe , 1, 2. - ^ MaUh., 25, 34.
E3fj[JO»T4TIOW AU MARTYRE.
pw mirer <)aa^ lefibfiwia de M vie Aerqeiis.
4ll94çs de votre oeur ces ronces 0£ 43^8 ^^
{jto qnr lu femeoce du Seigneur y fructifie fsi
Ifodam une moBsoii aboadaate. Vomi^se^ le
ff^ ist k jfmsfm de U discorde; purifiez votre
ttprit do venin du serpent , et que Jésus^^^farist
iû par sa douceur loutc l'ajnert«inie de woire
jMe.Sj WMis presez la nourritures et le iMreuv^ge
eucbaristique comme le sacreiaeiït de la croii,
1^ MA giM adoucit les eaux de Mara, etquijen
Ht^t laâgure, adoucira votre coeur, etii pe
^idni point d «tutre remède pour vous reodjre
dfWté. S^vez-vQusdes iBèa»e§ cboêfn qui vou#
M Jikssé pour gMérjr vos J}lessures. Aime^
ffias que vous haïssiez auparavant et dout vous
|iftii[»ify Imitez Les geus de bien si vous j^
pouvez; siooi^, r^iouissez-vous aii njpus de ce
fg^a$ «ont meilleurs que vous. Unisise^-vous à
eux d'affieciion afin d'avoir part è leurs m^r^,
et que le lien df la charité fr^lisraifl^ vous ffsse
leur cobi^itier. Vos 4^U^ y^ms ^erpn^t renp^es
€|uand vous remettrez ce qfi'pu v^ui doit, piau
wmr^ voi ^miBu» lorsque tom voua iwm* ckerfijc d(e M »yec un esprit de paix. Il piwdrf spio lui-ipème de rous coudulre ioraqui^ wm u>ui^ que iifi t)QQueset saisies psoafes, /^oi* vant cetcis parole de TÉcritune. §iQm It cœur d# rhoipipe p^uae cp qui eitf jusle, afin que Dieu conduise ses pas f. » Or vous avez hieu dea cbose^i peos^. Pem^ au paradis, oùCain u'est poipt fmVtt parce qu'il im «on fttre par envie. P<i»sei au rc^auuie oéi^rste où pieu n'aéuiei que ceuj^qui Aonit bien d'eetqofd exi^evMe. P^se^c que CÊW^ «eul# peMveuC être appelés ctfBfaua de Pieu, qui «puC paifiiMes, ^tma^ servent 4e Tavaetage i^ leur f epaiasaice et des iostnicf ioiis di^M^^ pofu* se vendre ififfwMiWe^ à Dieu et à Jésus-Cbriat par Tuaion quHs ouç avec l(^urs iicèrea. PeuseiE que noua soo^eiei lou* jours en la pr^éseuce de Dieu, que mui ¥9¥fm
ppuf jugeetpour i^pooiode toptea isoi «ctîooay
et qi|e Tupique mqfm de k voir un jofv, c'est de lui plaii^ ici-bas im noi tionues <9liV]nqs, et de mm rvÈi4f$ difïoeide aa grAc.effl^ «oiÉidft pour rêii» de ae ivoire i^ TaM^.
^>^«»^^^»»%%%%%%%i»%»»%%%»%%iv»%%<»%%%%i< %^»>%«»%%» »^%»»»^^^i<^^(^^^^|fcp>%<^>%%%%%%»^%%'%<»%%)if^y^%%^»'%^»%^%%»yy»%%^p^»y^<ty>fl>^y^w^i(y^%^
EXHORTATION AU MARTYRE
A FORTDNAT.