DE LA VAMTÉ DES IDOLES
siir on faux serment de Pktmilus: Picus. nbarinus, Pilamnus. Connus, ce dieu de h fiDmrberiç que Romalus voulut qu on adorât comme le dieu des conseils, après que p^r une perfidie honteuse il eut enlevé les Sabines. Tatius trouva une idole dans un c*oaqup. quil adora sous le nom de la déesse Cloacîne. Hostilius Mtit un temple à la Crainte et à la Pâleur. Un autre consacra la Fièvre, et fît des divinités d*AcGa et de Hore, ces deux Fameuses courtisanes. Et pour montrer que les Romains in- Tentent des noms qu ils déifient , c'est qu il y a parmi eux le dieu f'iduus qui sépare le corps de rame et le rend comme ivii/! Mais comme un Dieu malencontreux, ils le mettent hors de la ville, et par là le condamnent plutôt qu'ils ne Tadorent. Ils ont aussi Scansus, Forculus, Limentinus, Cardea et Orbana. Voilà les dieux de Rome. Pbur les étrangers qu'ils adorent, c^est le Mars de Thrace , le Jupiter de Crète, la Junon d*An;os, ou de Sàmos ou de Carthage, la Diane laurique, la mère des dieux, avec les dieux d'Egypte qui sont plutôt des monstres que des divinités , et qui n'eussent pas manqué d'employer leur puissance, s1l$ en eussent eu, à conserver les peuples qui les adoraient depuis tant de siècles. Les Romains adorent encore les Pénates raincus , qu'Enée , Fugitif de Grèce, apporta en Italie: aussi bien queYétius la chauve, qu'ils déshonorent davantage par là que ne foit Homère , en la réprésentatit blessée. Pour les empires, c'est plutôt TefFét du hasard que la récompense du mérite. Mais de plus, ne savons-nous pas que les Assyriens , les Mèdes , les Perses , les Grecs et les Egyptiens ont possédé l'empire du monde avant les Romains P'Et si I on remonte même à leur origine , n'est-elîé pas honteuse ? C'est une troupe de voleurs et de scélérats qui s'assemblent, et dont le nombre s'augmente par l'impunité. Leur roi Romulus monte sur le trône par un parricide. Ensuite ils pillent , saccagent, trompent. Pour pelipler leur ville, Ils- ravissent des ÂlIes, violent les droits de l'hospitalité, et font la guerre à leurs bcatix-pèrcs. Ccst ainsi qu'ils se servent d'un lien de paix pour ronipre la paix. La première dignité parmi eux, c'est le consnlnt. I/orii^îne en est à peu près semblable à celle de leur empire; car Drulus Tacheta par le meurtre de ses entons, si bien
qura peut dire que cette dignité n'a tiré sa grandeur que de celle de son crime. Ce n'est donc pas la religion « ni Ic^s auspices « ni les augures qui ont i^rlé Tempire romain i>ft il est » mais la révoluticm des choses du monde. C^r Rêgulus a obsené les augures, et n a pas laissé d'être pris. Mancinus les a gardés, et a été contraint de se rendre et de souffrir des conditions infâmes. Les iK>ussins de Paulus mangeaient fort bien à la bataille de Cannes, et cependant il y Fut tué. César méprisa les augures et les auspices qui lui défendaient de passer en AFrique avant l'hiver, et ne laissa pas de naviguer heureusement et de vaincre. L on dirait même que cela hâta sa victoire. Mais voici la raison de tous ces prestiges qui abusent le peuple. Il y a des esprits malins et vagabonds qui ont gâté toute la beauté de leur naissance par les souillures da monde. Ces misérables, après avoir perdu les avantages de leur nature et s'être plongés dans les vices, tâchent pour se consoler d'y précipiter les autres. Les poètes connaissent ces démons, et Socrate se vantait d'eb avoir un qui le gouvernait à sa fantaiMe. Ce sont eux qui opèrent ce que les magiciens font d'admirable, et qui donnent refflcaritéfl leurs enchantemens. Cependant Hoslanès, le premier d'entre eux, dit qu'on ne peut voir la figure du vrai Dieu, et que les anges sont toujours auprès de son trône. Platon est du même sentiment, et dit qu'il n*y a qu'un Dieu, et que les antres esprits sont des anges ou des démons. Trismégiste de même parle d'un seul Dieu, et avoue qu'il est incompréhensible. Ces démons donc se cachent dans les statues et les images consacrées. Ils inspirent leurs prophètes, font mouvoir les entrailles des bêtes , gouvernent le vol des oiseaux , président au sort , rendent des oracles embrouillés de plusieurs men^ songes. En effet ils trompent et sont tn»mpés comme ceux qui ne savent pas bien la vérité, et qui ne la veulent pas publier contre eux-mêmes. D'ailleurs ils troublent la vie et traversent notre sommeil et notre repos. Ils se glissent même dans les corps , forment les maladies , épouvantent Fàrtie, tordent les membres pour nous contraindre à les adorer, afin qn^après qtie, rassasiés de sang et de victime?!, ils awtmt défait leurs charmes, on leur Attribue la gloire de la giH^rison. Ainsi ils ne guérissent ceux qu'ils totir-
SAINT CYPRIEN
mentent que parce qu'ils cessent de les tourmenter. Ils ne s'étudient qu'à détourner les hommes du culte du vrai Dieu et à les porter à la superstition : et comme ils souffrent , ils ne demandent qu'à avoir des compagnons de leurs souffrances en les rendant complices de leurs crimes. Néanmoins, quand nous les conjurons par le Dieu vivant , ils sont obligés de sortir des corps. Vous les voyez, à notre voix et par Topération d'une puissance secrète , témoifrner qu'on les gèoe et qu'on les brûle , pleurer, gémir, prier, et être forcés d'avouer ce qu'on leur demande en présence même de ceux qui les adorent. Et s'ils ne sortent incontinent , ils se retirent pour le moins peu à peu, selon que la foi du patient est grande ou la grâce du médecin. C'est ce qui fait qu'ils préviennent les esprits du peuple, afin qu'on nous haïsse avant que de nous connaître , de peur que si l'on nous connaissait. Ton ne nous imitât, ou du moins Ton ne nous condamnât pas. Il n'y a donc qu'un Seigneur et qu'un Dieu , parce qu'étant (outpuissant, il ne peut avoir de compagnon de sa puissance. Gela se peut même prouver par l'exemple des empires d'ici-bas. Où a-t-on vu deux rois sur un même trône vivre longtemps en bonne intelligence, et sans qu'il y eût bientôt du sang répandu? Cest ainsi que la discorde se mit entre les deux frères de Thèbes , et qu'elle dura jusqu'après leur mort. Cest ainsi que Rémus et Romulus, qui avaient été ensemble dans le ventre de leur mère, ne purent vivre ensemble dans un même royaume. César et Pompée étaient alliés, et néanmoins ils ne se purent accorder pour la puissance. Et il ne se faut pas étonner que cela arrive parmi les hommes, puisqu'il semble que ce soit comme un consentement général de la nature. Les abeilles n'ont qu'un roi , les troupraux n'ont qu*un conducteur; à plus forte raison donc il n'y a qu'un maître de l'univers, qui a fait tout ce que vous voyez par sa parole, le gouverne par sa sagesse, l'entretient par sa vertu. Il ne se voit point, parce qu'il est au delà des sens. Il ne se peut comprendre, parce qu'il est au-dessus de l'entendement, et nous ne le comprenons jamais mieux qu'en l'appelant incompréhensible. Quel temple lui peut-on bâtir, puisque tout le monde nt le saurait comprendre? Nous qui logeons dans de grands palais, enfermerons- nous tant
de m^esté dans un si petit espace? Il lui ftnt dresser un temple dans notre esprit , et lai consacrer un autel dans notre ccrar. Ne toos cdqùérez point de son nom ; son nom est IKea. On cherche des noms pour distinguer h multitude des choses , mais ENeu étant seul n*a pas besoin d'être distingué. Il est donc un et répandu partout. Le peuple le confesse même naturcllement en plusieurs rencontres, lorsque l'âme se porte comme par instinct vers mm principe et son auteur. Ainsi l'on dit souvent: Mon Dieu! Dieu voit tout ! s'il plaît à Dieo! et autres choses semblables. Et c'est ce qui les rend encore plus coupables, de ne vouloir pas reconnaître celui qu'ils ne peuvent ignorer.
Quant à Jé^sus-Oirist , pour montrer qu'il est et que c'est lui qui est l'auteur de notre aalnt, voici comme on y procède. Les Juifs étaient d'abord chéris de Dieu et grands observateort de leur religion. De là vint que leur État ftat florissant et leur peuple nombreux. Mais depuis, enorgueillis de la gloire de leurs ancêtres, ils méprisèrent les commandemens de Dieu, et perdirent la grâce qu'ils avaient reçue : ils portent eux-mêmes un témoignage vivant et pabUe des offenses qu'ils ont commises contre Dien et de leur religion violée; car ils sont ftigitifs et vagabonds, bannis de leur pays et de lem* État, sans habitation et sans retraite. Cest œ que Dieu avait prédit auparavant : Que sur la fin du monde il rassemblerait de tous les endroits de la terre des gens qui le serviraient bien plus fidèlement que les Juifii, et qui feraient un meilleur usage de ses fiiveurs. La parole étemelle, le Fils de Dieu dont tons les prophètes ont parlé comme du maître du genre humain , a donc été envoyé au monde pour être l'arbitre et le dispensateur des grâces de Dieu ; c'est lui qui est sa vertu , sa raison , sa sagesse , et sa gloire. Il descend dans le sein d'une Vierge, et se revêt d'un corps par l'opéralion du Saint-Esprit. Dieu s'unit à l'homme, et par li cet homme devient notre Dieu, notre Christ et notre médiateur, pour nous conduire en lui à son Père. Jésus-Christ a voulu être liommCi afin que l'homme pût être ce qu'est Jésu^ Christ. Les Juifs savaient bien aussi que Jésus- Christ devait venir, car leurs prophètes ne faisaient-autre chose que le leur annoncer. Mais coBâniê ils ont parlé de ses deux avénemeiis«
DE LÀ PESTE
tfm ék 9 àtnii venir comme homme et Faotre Diea « ib n*oDt pas connu le premier, Ctail hamUe; et ne croient que le qaH sera giorieax. Et ce qui les aampcctts de leooonattre, c'est leurs péchés, afm aé icBement aveuglés de Fopinioii de propre sagesse, qu'ils n*oot pas vu la vie était présente devant leurs yeux. Ainsi JésQS-Christ, pour accomplir les prédîcdes prophètes, chassait les démons des pÊt b puissance de sa parole, guérissait purifiait les lépreux , édairait IroaMmics, redressait les boiteux, rcssuscitaft 1m rovts, en un mot obligeait les vents, la
■V et ks cnfiers à lui obéir, les Joift, qui ne le que pour un homme, i cause de b Bs fe voyaiciit revêtu, Groyaicnt que magie qui! bisait toutes ces mer- Les plus considérables donc d'entre eux, qu*il confondait par sa dot- IriÉe et par sa sagesse, transportés de fureur lui, le prirent et le livrèrent i Pibte, de b Syrie, bi rtrmindmt qu*2 fe crucûlâr. Lui-même avait bim que tous ks prophètes précédé, ayant dédaré qu'a devait h mort pour b vaincre, et
dedounerdes preuves de sa LéféKUKu H fut crucné. et prévi
TesprityCt
trois jours après il ressuAciti. Ensuite M appa* rut à ses disciples tel qu il était auparavant , et se fit connaître à tous ceux qui b virent, ayant b même chair visibb et palpable, et il demieura quarante jours suc b terre pour leur apprendra les préceptes de vie qu*ib devaient enseigner aux autres. Après il monta an dd, environné d*une nuée, afin de présenter victorieux A son père rhomme qu'il a aimé, dont Q s*cst revêtu, et quil a délivré de b mort : et maintenant il doit venir du dd pour punir k diaWe, et pour
disdpies d*allcr par toute b terre prêdier sa parok, ramener k b lumière ceux qui sont dans les ténêiires,et leur donner b cooiMb» sance de b vérité. El afin de fairo davantage édater leur foi et b confiesaion qn*Ba font de
les tortures, par ks croix, et par diverses sortes de supplices^ car leurs souffrances snul comme autant de lémoins oui *léffffiTfftf nmr b divinité de JésusChrirt, qui ayant été éomi aux honunes pour leur communiquer b rie^ s voub que k sacrifice de bkurflît caliou ^yf plus farte et plus cdk de leur voix» (7cst doue lui oue fouSycTeit lui qui eut notre guide e de b mméêreet du safut^ qm promet b otlk€t b poawaéM de sou PIro A crus fui eroirout eu iuL Imitoui Ir doue, afin éétn un jour or î fuHesL
DE LA PESTE
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Seigneur a donnée à ses apôtres et qu'ils ont aussi pratiquée très -exactement, de ne point murmurer dans l'adversité, mais de souffrir avec coarage et patience tous les maux de cette vie. C'a toiyours été au contraire une pierre d*achoppement pour les Juifo , qui ont presque sans cesse murmuré contre Dieu, comme Dieu même le témoigne au livre des Nombres, lorsqu'il dit : aQu ils cessent de murmurer contre moi, et ils ne mourront pas '. » Il ne faut point murmurer dans l'adversité, mes très -chers frères; mais souffrir patiemment tout ce qui arrive, puisqu'il est écrit que a le sacrifice agréable à Dieu est un esprit affligé et abattu, et qu il ne méprise point un cœur contrit et humilié^. » Le Saint-Esprit dit aussi, dans le Deutéronome , par la bouche de Moïse : « Le Seigneur votre Dieu vous affligera et vous enverra la famine , et l'on connaîtra ce que vous avez dans le cœur, et si vous avez bien ou mal observé ses commandemens' ; » et encore : «Le Seigneur votre Dieu vous tente, pour voir si vous Taimez de tout votre cœur et de toute votre âme<.» C'est ainsi qu'Abraham plut à Dieu, parce que pour lui plaire il ne craignit point de perdre son fils et de commettre un parricide ^. » Mais vous qiii ne pouvez vous résoudre à perdre votre fils|)ar la loi commune de cette mortalité, que feriez-vous si l'on vous commandait de le faire mourir ? La foi et la crainte de Dieu vous doivent préparer contre toute sorte d'^vénemens. Âvez-vous perdu votre bien, votre Femme , vos enfans , vos proches? Êtes- vous tourmenté de maladies longues et f&cheuses?Toutcela ne vous doit point être un sujet de scandale, mais une matière de triomphe; tout cela ne doit servir qu'à faire éclater davantage le courage d'un véritable chrétien à qui la certitude des biens à venir doit faire mépriser tous les maux présens. Il ne peut y avoir de victoire sans combat , ni de couronne sans victoire. La tempête fait connaître un pilote, et la guerre un soldat. Il est aisé de se vanter quand il n'y a point de péril, mais c'est l'adversité qui met la vertu à Tépreuve. Un arbre profondément enraciné n'est point ébranlé par les secousses des vents : un vaisseau bien fait et bien construit est poussé par les flots , mais n*est point submergé ; et
« Num., 17, 10. - • Psaume 50, 18.
» I>eiit., 8, 2. - * ma, 13, 3. — • Genè«., 22.
quand on bat le blé dans la grange, le bon grain méprise le vent ; il n'y a que la paille qull emporte. Ainsi lapôtre saint Paul, après plusieurs naufrages, après avoir été battu de verges , après avoir souffert une infinité de maux et de misères, n'appelle pas cela despeioei, mais des exercices , et dit que cela n'a servi qu'à l'éprouver davantage : a On m*a donné dit-il , un aiguillon de la chair, un ange de Satan pour me souffleter, de crainte que je ne m'élevasse. C'est pourquoi j'ai prié trois fois le Seigneur de m'en délivrer ; mais il m^a répondu : Ma grâce vous suffit; car la faiUesie perfectionne la vertu ^.» Lors donc qull nous arrive quelque infirmité ou quelque disgrâce, c'est alors que notre vertu se perftctinne, c'est alors que notre foi est courodnée, ponrm que nous la conservions inviolable au miliea de ces épreuves , suivant cette parole de l*Écriture; <x La fournaise éprouve les vases du potier, et les afflictions éprouvent les justes. » Car il y a cette différence entre nous et ceux qoi ne connaissent point Dieu , qu'ils se plaignent et mor^ murent dans Tadversité; au lieu que nous, bien loin de nous plaindre et d'en rien diminoer de notre courage et de notre foi , nous en tirons de nouvelles forces. Ces gi^andes évacuatioos qm nous abattent, ces cruelles inflammations de gorge qui nous altèrent , ces fréquens voniîssemens, ces yeux étincelans et pleins de feu, ces membres pourris qu'il fout couper, ce venin Froid de la maladie qui nous fait perdre l*usage des jambes , de l'oule , ou de la vue , tout cela ne sert qu'à exercer notre foi. Quelle grandeur de courage, de soutenir sans s'ébranler tant de violentes attaques de la maladie et de la mort ! Quelle hauteur d'âme, de demeurer debout an milieu de ces ruines du genre humain, et de n'être point abattu avec ceux qui ne mettent point leur espérance en Dieu! Nous devons donc nous réjouir et embrasser une si belle occasion de faire paraître la fermeté de notre foi et de recevoir des récompenses de la main de Jésus-Christ, après avoir marché vers lui par la voie étroite des peines et des souffrances. Que celui-là appréhende de mourir, qui n'ayant point été régénéré par l'eau et par l'esprit , est destiné à des flammes étemelles. Que celui-là appré-
« 11. Cor., 12, 7.
DE LA PESTE
heode de mourir, qui n*est point marqué du ligne de la croix et de la passion de Jésu»- Clirist; qui passer^ de cette première mort à une seconde , et à qui il est avantageux que ses supplices soient différés. Plusieurs de nous, dîl-on, meurent de la peste; c*est que plusieurs de nous sont délivrés du siècle. Cette mortalité est une peste pour les Juifo et pour les gentils, nais c'est une heureuse sortie de ce monde pour les serviteurs de Dieu. De ce que les gens ëe bien meurent indifféremment avec les méchaos , ce n'est pas à dire que leur mort soit pareille. Les gens de bien meurent pour être ■is dans un lieu de rafratcbissement, et les néduns pour être tourmentés; les premiers pour être plutôt en sûreté , les autres pour être plotM punis. Certes, mes très-cbers frères, sommes des ingrats, et nous ne comprepas assez les grâces que Dieu nous fait. Les vierges sortent de ce monde pendant la pài avec toute la gloire de leur virginité , sans appréhender les menaces et les brutalités des persécuteurs. Les enfans évitent les périls où ks expose la faiblesse de leur âge , et vont reeevoir le prix de leur innocence. Une dame délicate rachète par une prompte mort la cruauté des supplices et l'insolence des bourreaux. L'aïqpréliension de la peste échauffe les tièdes. anime les faibles , excite les lâches, fait revenir les déserteurs, et convertit les païens. Elle appelle an repos les anciens fidèles, et fortifie pour le combat les nouveaux baptisés; car ceux qui se loot enrôlés dans la milice chrétienne dans on temps m f^ieux. n'ont garde de redouter le temp^ de la persécution. D'ailleurs, mes tfès^bcn frèm.qoef bien n'est-ce pas ptmr nous pimqiie cette peite. qui parait m borrîMe . fait coonalcre U verta de rt^jin et découvre les onn. foir rar h l'on eit charitable, si l'on aime SCS procfa» . « t'oD a de la compasMÎoo pour lesi valets. « m flcédedn anmee les mala€ie!i. m Toa pnaôte de la calamité présexite pnmr Htt on BTiôL-i cn(^fe. on rogkoA a-vare. on ibmm superbe, «st « U^ riithesi (\m vf^venf it^nrir fenn hérîclen en «leviennimt pliw libi^:Mi^ mn^^ 1^ pmvpfsk} Mm a <wr-'ft pîm <niiv>rft un ^Md anncaigt ^xc nniut iiu^ -v^îri» |>^^4» nnim ^*^n aif ïnar-77». *T\ inii'î ipp'*^rti«rtr \ rt^ or«ine craimir»» a .tmr" * ^^^ a*^^ 'Uvtu* j)Ji< .mi îl^toi pnnr anuR mii»; it; «<v ui*i», iiu :UViut fer ^*ni.-
porter la gloire de la ronsloncc, et nous dU|KMe à recevoir des couronnes.
Mais quelqu'un dira peut être : Ce qui m*afflige en cette rencontre , cVst quo m'étant préparé à confesser le nom de Jc^itus-Christ et pleinement dévmié â souffrir |M)ur lui , je me voi» privé de mon martyre et prévenu par la mort. Je réponds premièrement que le marlyro ne dépend pas de vous, main que c'est une grâce de Dieu ; et que vous ne pouvez ims dire ovoir perdu une chose, ne sachant pas si vous méritiez de la recevoir. De plus, Dieu sonde les nrurs et les désirs, et découvre hïs choses les plus cachées ; il voit votre dis|>OHition , la loue et Topproqve, et il vous récompensera de votre résolution et de votre courage. IiOrs(|ue V^in faisait son offrande â Dieu, avait-il déjà tué son frèreP Non ; cependant Dieu le rejeta comme un parricide, parcequ'ilconnaissaitsamauvaiseintenlion. Comme donc Dieu prévit et condamna son dessein, quoiqu'il ne FeAt pas encore exécuM , de même îl couronne dans ses serviteurs la volonté qu'ils ont d'endurer le martyre , bien qu'ils ne l'endurent pas en effet. Car autre chi^e est de manquer au martyre, et autre chose que le martyre mjus manque. Dieu vous juge tel qu'il vous trouve quand il vous appelle , i:/imme il le témoigne lui-même lorsqu'il dit : «Tiiuf^'S le* Églises sauront que c'est moi qui sonde le» rrins et le curar 1 ; • car Dieu ne demande pus notre sang, mais m>tre foi. Abraham, kaac et «laeob ne fiorent pmnt tué» , et il» n*ont pa» laissé de mériter par leur foi et par leur vertu d'êlre mi» au rang de» premier» fiafriarrihe» , en i^mtft que tous ceux qui le» imiferont aurr^t plaee wrt eux â leur banquet^. Il faut no^i» um^mw que nom ne de^on» pu» faire nt^tf: volonfé « mail cHIe de f lieu , ainsi que >of re-.Seifjittur noo» a cfmrmandé de le dire Utm Ua^/miK (UmMktt esl-il doAe diéra;»#MmaMe die dem^irwfer qw, U voloRfé de fiien %t facise . et de ne loi patr
tirer d^ ee mffOiôtr V^nit imm tf^mf^eiA. mim hv^ms^ résisttrir^ ^ ef fjfimct^, de tMttt^^x'n «ervîK fenr^ Mfm vMMwe?i ^xm^tkU siu»l^^ AéiM pm U pf4s^^j^P: 4e Mt^^, Mu(r(*e . M, ^frm0. fci i'm fifti' \ t^j^f^r .. 0 ^^p, tfi if k fjm\ pf nff/fH eelu mwi or ^AsudhiM ffim ^^n^ ifm Mum aMMt mimé
JiïW.J.» - 'Hiwtîi., ^, H,
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SAINT CYPRIEN
soldat de Jésus-Christ doit être armé contre
toute sorte d'accidens, surtout Notre-Seigneur nous en ayant'av^ertis auparavant pour nous y préparer, Car il a prédit qu'il y aurait partout des guerres, des famines, des pestes et 'des treiQblemens de terre; et pour empêcher que nous ne Fussions surpris et abattus par tant de malheurs, il a eu soin de nous dire qu'il en ar^ riverait davantage dans les derniers temps. Ce qu*il a {H^it s'accomplit maintenant; et puisque nous voyons l'accomplissement de ses menaces, cela nous doit assurer de celui de ses promes:^es. Car il a dit aussi : « Lorsque vous verrez toutes ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche ^D Le royaume de Dieu approche, mes très- chers frères. Le monde va passer, et voici venir le temps de la joie, du salut, des récompenses, et de la possession du paradis que nous avions perdu. Les choses du ciel succèdent à celles de la terre, les grandes aux petites, les éternelles aux périssables. Qui peut donc s'abattre et s'affliger parmi tant de sujets de joie , si ce n'est celui qui n'a ni ibi ni espérance ? Car il n'y a que celui qui ne veut pas aller à Jésus- Christ qui puisse craindre la mort , et il n'y a que celui qui ne croit point régner avec Jésus- Christ qui ne veuille pas aller à Jésus-Christ. Il est écrit que a le juste vit de la foi 2. » Si donc vous êtes justes, si vous vivez de la fbi , si vous croyez véritablement en Dieu , pourquoi , devant être avec Jésus-Christ et étant assurés de ses promesses, ne vous réjouissez- vous pas de ce qu'il vous appelle à lui et vous délivre des embûches dii diable? Siméon , cet homme juste et si plein de foi , qui observait si exactement les commandemens de Dieu , arapt eu révélation qu'il ne mourrait point qu'il n'eût vu le Christ, et voyant entrer dans le temple l'enfant Jésus avec sa mère , connut que c'était le Christ, et, tout joyeux de ce qu'il allait bientôt mourir, le prit entre ses bras et dit en bénissant Dieu : a Seigneur, laissez maintenant aller en paix votre serviteur selon votre parole, puisque mes yeux ont vu le Sauveur que vous avez envoyée» Parla il fait voir que les serviteurs de Dieu ne jouiront d'une tranquillité parfaite que lorsque étant délivrés des tempêtes et des agitations du monde, ils arriveront au portde
* Luc , 21 ,31. — • Rom., «, 17. - * Luc, 2 , 29.
l'éternité, et passeront de la mort à une immortalité bienheureuse. Mais maintenant qu'y a-t-il autre chose dans ce monde qu'im^ gomt continuelle avec le diable pour repousier m attaques et nous garantir de ses emMUdm? U nous faut tous les jours conibail(reravarice,niBpudicité, la colère, Tambition; et noua «voqs bien de la peine à être présens partout pour réntter â un enneipi qui nous attaque de tous c&tiê. Avons-nous surmonté lavarice? la volupté bobs tente. A la volupté supcède l'ambition « on la colère, ou l'orgueil, ou la boapecbfere, n l'envie , ou la jalousie ; sans parler des violences qu on nous fait pour niips obliger i rtr noncer à notre religion. Nous somipes tons lis jours exposés à tous ces o^alheurs, et nous prendrons plaisir à demeurer ainsi pannî des épées nues , et nous ne souhaiterons pas d'aller bientôt à Jésus-Christ, a En vérité , en véritéi je vous dis, dit le Seigneur, q^e vous plenrerei et vous vous affligerez , tandis qiie le monde se réjouira. Vous serez tristes, mais votre tristcsst se changera en joie, <» Qui ne désire d'être exempt de trjstesse» et ne se bâte d'arriver à la joie ? Or le Sauveur déclans ensuite quand notre tristesse se changera en joie 9 lorar qu'il dit : « Je vous reverrai , et votre oq^ur se réjouira , sans que personne vous puisse 6ler votre ioie^. p Puis donc qujs^ notre joie consiste i voir Jésus-Christ , et qu'elle ne saurait être \& ritable sans cela, quel aveuglemept et queik folie est-ce d'aimer les misères et les afflictions de ce monde, au lieu de npgs biter de posséder une joie qui ne pourra plus nous être ravie? La cause de cela, mes très-chers frères, c'est qu'on manque de foi ^ c'est que personne ne croit véritables les promesses de Dieu, qui est la vérité même et dont toutes les paroles sont fermes et invariables pour ceux qui croient. Si un homme d*honneur vous promettait quelque chose, vous le croiriez, et vous ne vous imagineriez pas qu'il voulût vous tromper; et maintenant que Dieu vous parle, vous êtes si incrédule que d'hésiter sur ce qu'il vous dit. Il vous promet l'immortalité et l'éternité au sortir de ce noonde, et vous en doutez. C'est ne connaître point Dieu du tout ; c'est offenser Jésus-Christ qui est le maître et le Seigneur de ceux qui croient;
* Jean, 16, 20. — > Ihid., 16, 22.
DE LA PESTE
c'est n*aToir pas la foi dans la maison de la foi. Jhbw-Gbriati Tauteur de notre salut, nous apjmd liit-mème combien il nous est avantageux -deaortir du monde , lorsque ses disciples s'af-
de ce qu'il les devait bientôt quitter, il dit : «Si vous m'aimiez , vous vous réjouîlies de ce que je m'en vais à jnon Père; » pour montrer que, lorsque ceux que nous aiiortent du monde , nous avons plus de '«jet de noua réjouir que de nous affliger. Cefrit II pensée du bienheureux apôtre lorsqu'il A : cCeat TÎvPe pour moi que d*étre avec Jéai Christ, et la mort est un gain '; » considérant
un grand avantage d'être dégagé des da siècle, de n*ètre plus sujet aux passions de le chair , et d être échappé des pièges du diable pour jouir avec Jésus-Ghrist d'une fëiidté cIcnMiie.
Meia quelques-uns s*étonnent de ce que la eontagion attaque aussi bien les chrétiens que les païens, comme si un chrétien n'avait emtarasié la fbî que pour s'exempter du mal et mre coatent ici-bas , et qu'il ne Fallût pas au coBlnire qu'il souffrît en ce monde pour être heoreiixen Taulre.Iis s'étonnent de ce que cette morteUté nous est commune avec le reste des hommes. Mais qu'y a-t-il au monde qui ne nous aoit commun avec tous , tandis que nous sommes revêtus d'une chair qui est commune à teiisP Tant qne nous sommes sur la terre nous sommes unis aux autres hommes par le corps , et n*eD sommes séparés que par l'esprit. Cest poorqooi) jusqu'à ce que ce qu'il y a de corruptible et de mortel en nous devienne immortel et incorruptible, et que l'esprit nous conduise à Dieu, nous sommes sujets à toutes les mêmes incommodités que les autres. Ainsi nous avons part comme eux aux famines, aux irruptions des ennemis, aux maladies, et aux autres accidensde cette vie. Bien plus, si un chrétien connaît bien sa condition , il doit savoir qu'il lui faut plus souffrir ici que les autres ; parce qu'il a davantage à combattre contre le diable. C'est ce que nous enseigne rËcriture quand elle dit : a Mon fils, lorsque vous entrez au service de Dieu, demeurez fenne dans la justice et dans sa cratnle, et préparez-vous à la tentation;» et ensuite: «Portez humblement et patiemment les afflci ions; car on éprouve lor et l'argent
dans le feu , et les humiliations éprouvent les hommes, et les rendent agréables à Dieu^i» Cest ainsi que Job, après la perte de ses biens et la mort de ses enfiins , couvert de plaies et de pourriture, ne fût pas vaincu, mais exercé, puisqu'au plus fort de ses souffrances il témoigna une patience religieuse quand il dit : «Je suis sorti tout nu du ventre de ma mère, et je retournerai tout nu en terre. Le Seiçneur me la donné , le Seigneur me Ta ôlé : il afeitce qui lui a plu; que son nom soit béni 2. » Et sa femme qui le voyait tant souffrir, le voulant porter à Faire des plaintes contre Dieu et à le blasphémer : «Vous parlez, lui dit-il, comme une folle. Si nous avons reçu les biens de la main de Dieu, pourquoi n'en souffrirons-nous pas les maux'P » A quoi l'Ëcriture lyoute : a En tout cela. Job ne dit rien qui offensât Dieu. »G-est donc avec grande raison qu'il lui rend ce témoignage : a As-tn considéré noon serviteur Job? car il n'a point son semblable sur la terre , et c'est un homme en qui il n'y a rien à redire et un vrai serviteur de Dieu^. » Tobie de même ayant perdu la vue après tant d'actions éclatantes de vertu bénit Dieu, et cette affliction ne lui servit qu'à relever sa gloire. Et comme sa Femme s'efforçait de Fébranler et lui disait : tOA sont maintenant vos bonnes œuvres ? Vous voyez ce que vous souF- Frez^;> il ne se laissa point aller à la tentation , mais la grandeur de sa piété et de sa foi lui Faisant supporter constamment son affliction, il demeura toujours ferme dans la crainte de Dieu , et mérita par ce moyen d'en recevoir plus de grâces et d'entendre ses louanges de la bouche d'un ange même; car voici comme l'ange Raphaël lui parla: ail est glorieux de publier les ouvrages de Dieu'; car lorsque vous priiez avec Sara votre belle-fille , j'offiraîs vos oraisons à Dieu. Et parce que^vous avez enseveli charitablement les morts , et n'avez point Fait de difficulté de sortir de table et de quitter votre dîner pour en enterrer un , j'ai été envoyé pour vous tenter : et Dieu m'envoie maintenant pour vous guérir avec Sara, votre belle-fillej car je suis Raphaél , l'un des sept bons anges qui sonmies toujours présens devant le trône de Dieu «. » C'est cette patience que les justes ont toujours conservée ; c'est la règle que Notre-
« Ecclé»ia8t.,4ct5.— * Job, J, ?l. •^*Jbid,2 10 * IbM., 1,8- -• Tob., 2 , 22. - « IhUi^ 12, 7 et 12.*
trouver par force , dous doive récompenser ? Pourquoi donc demander que le royaume des cieciz arrive, si la captivité où nous sommes BOUS platt ; si nous aimons mieux servir ici aii diable que régner avec Jésus- Christ? Mais pour ftire voir plus clairement que Dieu qui prévoit l'avenir ne regarde en cette rencontre que le biendesesserviteurs. c'est qu'un évèque de nos collègues étant fort malade et demandant à Dieu qu'il lui plût encore le laisser en ce monde, il se présente à lui un jeune homme, si plein de majesté et de lumière, qu'une personne seule qui allait quitter la vie pouvait avoir une vision aussi belle ; et il lui dit d'un ton qui témoignait assez son indignation : Vous appréhendez la per^cution, et vous ne voulez pas néanmoins sortir de ce monde; que voulez- vous que je fasse? Cest ainsi que Notre-Seigneur voyant que nous craignons plutôt de souffrir, que nous ne nous'sou"cions pas d'aller à lui , ne consent pas à nos désii^ pournotre avantage. C'est donc tout ensemble un reproche qu'il nous fait, et un avertissement qu'il nous a donné par la bouche de notre collègue qui se mourait ; car il ne lui dit pas cela pour lui, qui était sur le point de sortir du monde , mais pour nous qui y devions encore demeurer, afin que voyant un évèque qui demandait sa guérison en être si sévèrement repris, nous apprissions ce qui nous est vraiment utile. Moimême qui suis le moindre de tous, combien de (bis ai-je reçu ordre de la part de Dieu de prêcher publiquement , qu'il ne faut point pleurer nos frères que Dieu délivre du siècle et tire à lui, puisque nous ne les avons pas perdus, mais qu'ils sont seulement allés devant nous, et que nous ne les devons considérer que comme des personnes qui sont allées en voyage ; qu'il ne faut pas nous habiller de noir à cause d'eux ^ puisqu'ils ont déjà reçu des robes blanches , ni donner sujet aux païens de nous reprocher que nous pleurons, comme perdus et anéantis , ceux que nous disons être vivans avec Dieu , et que nous démentons nos paroles et nos sentimens par nos actions? En effet, c'est être des prévaricateurs de notre foi et de notre espérance ; c*est faire témoigner que notre vertu n'est qu'une apparence, puisque nous la détruisons en effet. Aussi l'apôtre saint Paul reprend et condamne ceux qui s'affligent de la mort de leurs proches, quand il dit :a Je suis bien aise de vous
SAINT CYPRÎEN.
avertir ^ , mes frères , touchant c^ox qui dor* ment , de ne vous en pas attrister comme les autres hommes qui n'ont point d'espérance; car si nous croyons que Jésus est mort et reasoscité, nous devons croire aussi que Dieo amè-^ nera avec Jésus ceux qui se sont endormia eii lui » Il dit que ceux qui n'ont point d'espéraneè s'attristent de la mort de leurs amis. Mais noM qui vivons d'espérance, qui croyons en Dien, qui sommes assurés que Jésua-Ghrist a aoii^ fert pour nous et est ressuscité, qui demeurons et ressuscitons en lui et par lui, pourquoi ne vouions-nous pas sortir du mondé , pourquoi pleurons -nous comme perdua amis quand ils en sortent? Jésus-Christ lois même ne nous dit-il pas : «Je suis la résnrree* tion et la vie ; celui qui croit en moi est vivant, tout mort qu'il est. Quiconque croit en moi ne mourra jamais ^. » Si nous croyons en Jéaoa- Ghrist, ^joutons foi à ses promesses; et puisque nous ne devons point mourir , allons gaionent trouver le Seigneur avec qui nous vivrons et régnerons éternellement. S il faut que noua mourions auparavant, ce n'est que pour passer de la mort à l'immortalité, parce que noua ne saurions posséder la vie éternelle que noua ne quittions la temporelle. Ainsi ce n'est pas tart une sortie de ce monde qu'un passage à l'autre, et la fin d'un voyage de peu de durée qui noua mettra dans un repos qui ne finira jamais. Qui ne se hâterait d'arriver à une meilleure vie? Qui ne désirerait d'être bientôt transformé conane Jésus- Christ , et davoir part aux grâces du cid. «Notre conversation^, dit saint Paul, est doii le ciel, d'où nous attendons Notre-Seigneur Jésus-Christ ^ qui transformera notre corps , tolit vil et abjet qu'il est^ pour le rendre conforme à son corps glorieux. » Notre-Seigneur nous promet aussi que nous serons tels, quand^ demandant pour nous à son père que nous vivions et nous nous réjouissions avec lui dans des demeures éternelles , il dit : «Moti père, je désire qufe ceux que vous m'avez donnés soient où je serai, et qu'ils contemplent la gloire que voua m'avez donnée avant la création du monde *. • Celui qui doit aller demeurer avec Jésus-Christ et entrer dans un palais de lumière, ne doit point
« I.ThC88.,4,53. - «Jean, 11, 1».
• PbiUppe, », 20. — ♦ Jran, 17, M.
DE LA PESTÉ
plenrer et s affliger, il doit au contraire se réjouir de son départ, assuré par la foi de la vérité des promesses de Notre-Seigneur. C'est ainsi qu'Enoch fut transporté iiors de ce monde, parce qu'il se rendit agréable à Dieu : t Enoch, dit l'Écriture , Fut agréable à Dieu , et l'on ne le trouva plu-^, parce Dieu le transpo^ta^ » C'est donc une marque que l'on platt à Dieu d'être enlevé de ce siècle corrompu. Le Saint-Esprit nous enseigne aussi par Salomon que ceux que Dieu aime sont plutôt délivrés de ce monde , de crainte que s'ils y demeuraient plus longtemps Ils n'en fussent corrompus : « Il fut ravi , dit-il, de peur que la malice ne le pervertit; car Dieu le chérissait : c'est pourquoi il se hâta de le tirer du milieu de l'iniquité 3. d C'est ainsi que dans les psaumes l'âme fidèle embrasée d'amour pour son Dieu se bâte d'aller à lui, et dit : «Que vos demeures sont aimables, Dieu des vertus! Mon àme brûle d entrer dans la maison du Seigneur 3.» Il n'y a que ceux qui sont enchantés des plaisirs du monde qui veulent y demeurer longtemps. Mais puisque le monde hait les chrétiens, pourquoi vous qui êtes chrétien aimez-vous celui qui vous hait, et ne suivez-vous pas plutôt Jésus-(jhri$t qui vous a rachetés et qui vous aime? L'apôtre saint Jean nous crie dans son épttre de ne point seconder les mouvemens de la chair et de n*aimer point le monde. «N'aimez point le monde, dit-il, ni les choses du monde. Celui qui aime le monde n'aime point Dieu; car tout ce qui est au monde n*est que convoitise de la chair, ou convoitise des yeux, ou ambition, ce qui ne vient point de Dieu, mais du monde. Or le monde passera avec toutes ses convoitises; au lieu que celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement comme Dieu méme^. » C'est pourquoi, mes très-cliers frères , soyons toujours prêts à tout ce qu il plaira à Dieu d'ordonner de nous, et sans craindre la mort ne pensons qu'à l'immortalité qui la suit. Confirmons notre foi par nos actions en ne pleurant point la mort de nos amis, et allant trouver le Seigneur avec allégresse quand il nous appellera à lui. C'est ce que doivent toujours faire des serviteurs de Dieu, mais encore beaucoup plus maintenant que le monde est prêt à se détruire , et que tant
« Genè«.,5,24. - ' Sagesse, 4, 11 et 11 • Psaumes 83, 1. — < Jean, 1, 15.
de mallieurs Taccabient ; car puisque la misère est déjà si grande, et que nous savons qu'il y en aura encore plus à l'avenir, ne devons-nous pas considérer comme un extrême avantage d'en être promptement délivrés? Si les murs de votre maison penchaient de vieillesse, si le comble tremblait au-dessus, et que tout le reste semblât menacer d'une ruine prochaine, ne vous hâteriez-vous pas d*en sortir au plus tôt? Si étant sur mer vous vous trouviez surpris d'une tempête furieuse et en danger de faire naufrage, ne tâcheriez-vous pas de gagner promptement le port? Le monde est ébranlé de toutes parts et s'en va finir , et vous ne remerciez pas Dieu ni ne vous sçavez bon gré de ce qu'une mort un peu plus prompte vous met â couvert des plaies horribles qui le menacent? Nous devons considérer, mes très-chers frères, que nous avons renoncé au monde, et que nous n'y demeurons que comme des étrangers et des voyageurs. Embrassons donc le jour bienheureux qui assigne à chacun une demeure tranquille, qui nous rétablit dans le paradis , qui nous donne entrée dans le royaume des cieux. Quel est l'étranger qui ne se hâte point de retourner en sa patrie? Quel est le passager qui ne désire un bon vent pour revoir plus tôt ses parens et ses amis? Notre patrie c'est le paradis; nos paréos sont les patriarches; pourquoi donc ne couronsnous point voir notre patrie et embrasser nos parens ? Grand nombre de nos amis , de nos frères , de nos enfans nous y attendent assurés de leur salut et encore en peine pour le nôtre. Quelle joie pour eux et pour nous de nous embrasser! Quel plaisir de jouir dune vie éternelle sans être tourmenté de la crainte de la mort ! d'être toujours et souverainement bienheureux! C'est là qu'est le chœur glorieux des apôtres, l'auguste assemblée des patriarches, la multitude innombrable des martyrs , la troupe triomphante des vierges, et la bande sacrée des personnes charitables qui ont soulagé les misères des pauvres et envoyé leurs trésors dans le ciel. Hâtons-nous de les aller trouver, mes très-chers frères, et souhaitons avec passion d'être bientôt avec eux, d'être bientôt avec Jésus-Christ. Que Noire-Seigneur voie dans notre cœur ces pensées et ces désirs, car plus nous désirerons de Je voir , plus notre récomi)en8t sera grande.