‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienneChapitre 19 sur 110 · DR L'ORNEMENT DES FEMMES · texte numérisé non relu

DR L'ORNEMENT DES FEMMES

les en qai elle est , ni funeste à ceux qui ivec nous ; qu'elle n expose à aucune n , ou qu'elle ne cause aucun sujet de » et de chute : ne sufHt-il pas qu elle )int nécessaire aux vierc^es de Jésuscar dès qu'on est chrétiennement chaste, |ue Faire de beauté temporelle , puisque, ;ment parler, elle n'a pour usage et pour e l'impudicité. Je ne vois pas qu'on en igcr autrement. laissons donc le soin usser les grùces qui sont en nous , ou rir celles que nous n'avons pas. Liiss-je , un semblable soin à ces fenunes es qui croient travailler pour elles en cultivant leur ))cauté , lorsqu elles ent pour les autres. Quoi ! demandera un , quand même on sérail chaste , seraiminel \)out entretenir sa beauté? N*cstpermis de tirer avantage des ornemens »s, et de goûter le plaisir d*étre bien laisse la chose à examiner à celui qui 'er son mérite des prérogatives de sa ^our nous, nous devons mépriser ce fol ;e qui est le caractère d'une Âme vaine: mité ne convient nullement à ceux (|ni 3Fessionde Thumanilé chrétienne. D'ailtoute gloire est vaine et inutile , cornus le sera celle qu'on tire d'un faible nt du corps ? Fidèles disciples de Jésusc'est à vous seulement que je parle. S'il mis de se glorifier de quelque chose , iqnement des biens spirituels; les belles i du corps doivent nous loucher peu , ue nous ne devons penser qu'i'k embellir ne. Nous ne devons nous réjouir (piedes h quoi notre possession demande (]uc ussissions. Notre gloire est le mérite de mes œuvres.

bonne heure, néanmoins qu'un chrétien [fie de sa chair ; mais d'une chair macé- * la pénitence el endurcie, pour ainsi à de saintes autorités , afm que la chair lortifiée fasse triompher l'esprit, bien ; l'avilir en attirant sur elle les regards oupirs de quelque jeune homme insensé, onvaincues, mes très-chères sœurs, que té vous est entièrement inutile, metlez- 3U en peine de ne la pas avoir, ou né|;lisainlemenl si vous l'avez. Lue femme nnc peut natureilenienl être bien faite ;

mais sa beauté ne doit pas être un sujet de scandale. Si cela arrivait, elle devrait nonseulement ne pas rechercher la vue des hommes , mais même éviter avec soin de se faire connaître à eux.

IV. Voulez -vous que je vous parle moins chrétiennement , et que je vous donne les mômes avis que je me contenterais de donner à des femmes païennes? Soyez persuadées que vous ne devez lâcher de plaire cprâ vos maris. Or vous leur plairez autant (|ue vous aurez soin de déplaire aux autres. Ne craignez rien ^ une femme ne parait point laide à son époux. Mlle lui plut assez, lorsque les qualités du corps ou de Tùme la lui tirent choisir pour é|>ouse. Ne croyez donc pas qu'en méprisant les parures et les ornemens vous attiriez la haine ou Tindifférence de vos maris : un mari, (juel qu*ii soit, exige de sa femme une chasteté inviolable plus que toute autre chose. Tn chrétien ne doit pas faire attention à la beauté , parée ((ue les avantages qui Nattent les gentils doivent nous toucher fort peu. l'n infidèle regarde même celle beauté connue une chose sus|)ecte et dangereuse. Pour qui voulez-vous donc embellir \<ure visage? Le ehrétien ne demande pas cela de vous , et l'infidèle s'en défie. Pourquoi tant d'applicat'um à rechercher des ornemens qui excitent el le nu'^pris de celui-IA et les souprons de celui-ci •' N'est-ce pas perdre votre travail ?

V. Ce que je viens de dire n'est pas pour vous inspirer des manières rustiques et dégoûtantes, ou pour vous conseiller de la malpropreté dans votre pei*sonne. Mon dessein est seulement de vous remcmtrer jus(|u*à quel point el suivant quelles lois vous pouvez prendre soin de votre corps, en sorte que la pudeur n'y soit pas intéressée. 11 ne faut point aller au-delà de ce qu'exige une modeste bienséance el une honnête propreté. 11 faut eonuueneer par plaire au Seigneur. Ce cpii l'offense grièvement, c'est l'exlravaganle attention qu'ont plusieurs femmes à user de cent sortes d'ingrédiens pour rendre leur peau blanche et unie, pour farder leur visage, pour colorer leurs joues avec du vermillon, pour noircir leurs yeux avec delà suie. Sans doule que l'ouvrage de Hieu leur déplaît ; elles y trouvent à redire ; elles condamnent la sîij;cssc du souverain Créateur de

TERTULLIEN

toutes choses ; car c'est véritablement le condamner que de corriger, que de reloucher ce qu'il a Fait. Mais qui leur apprend à en user de la sorte P Hélas ! c'est l'ennemi de Dieu , c'est le démon qui les instruit l En effet , quel autre pourrait montrer à défigurer le corps, sinon celui dont la malice a su transformer Tesprit de rhomme ? C'est lui , n'en doutons point , c'est lui-même qui est Tinventeur de tous ces coupables artifices, afin que dans nous il puisse en quelque sorte déclarer la guerre à Dieu même. Ce que nous recevons en naissant est l'oeuvre de Dieu : par conséquent ce que Ton y ajoute est l'œuvre du démon. Or, employer le secours de Satan pour réformer l'ouvrage de Dieu, quelle audace, quelle témérité! Nos esclaves n'osent rien emprunter de nos ennemis ; nos soldats ne demandent rien aux généraux du parti contraire : ils se font un crime de recourir à Tadversaire de celui de qui ils dépendent. Et les chrétiens auront recours à leur plus dangereux ennemi, c'est-à-dire à l'esprit malin! Que dis-je les chrétiens ? peuvent-ils être appelés de ce glorieux nt)m après une telle infidélité ? Ils doivent plutôt être nommés les disciples de celui dont ils aiment à suivre la doctrine.

A ces traits , mes chères sœurs , reconnaissez combien il est indigne du nom de chrétien et contraire à la religion que vous professez de prendre un agrément artificiel , pendant qu'on vous ordonne une sainte simplicité en toute votre conduite ; de déguiser votre visage, pendant qu'on vous défend de déguiser aucun de vos sentimens ; de désirer ce que la Providence n'a pas voulu vous accorder, pendant qu'on vous commande de ne rien souhaiter du bien d'autrui ; de travailler à relever vos attraits , pendant qu'on exige de vous une chasteté parfaite. Dites-moi, je vous prie, comment observerez vous ce qu'il y a de plus difficile dans la loi si vous ne gardez pas même ce qu'il y a de plus doux et de plus léger ?

VI. J'en vois quelques-unes de vous tout occupées à enduire incessamment leurs cheveux pour leur donner une couleur blonde. Elles rougissent presque de leur patrie; elles sont fâchées de n'avoir pas pris naissance dans lés Gaules ou dans la Germanie. Elles tâchent de se dédommager en transportant à leur cheve-

lure ce que la nature a donné i ces natiom Triste présage que cette brillante chevelure ! vaine et triste beauté qui se termine enfin en laideur ! En effet, sans parler des autres inconvéniens , n'est-il pas vrai que par l'usage de ces parfums on perd insensiblement le^ cheveux? N'est-il pas vrai que le cerveau même est ordinairement affaibli par ces humeurs étrangères qui le gâtent à la fin , et par l'excessive ardeur du soleil , auquel vous prenez plaisir d'enflammer et de sécher votre tète? Peut-on auner des ornemens qui produisent de si funestes effets? Faut-il appeler beau ce qui n'est qu'on composé de choses si peu convenables P

Une femme chrétienne fait de sa tète une espèce d'autel où elle répand avec proFasion des parfums. Car n'est-ce pas une sorte de sacrifice que ce qu'on fait brûler en l'honneur de Tesprit immonde ? Au lieu d'employer ces matières aux usages pieux, utiles et nécessaires, à quoi Dieu a destiné chaque créature. D'un antre côté que dit Jésus-Christ? Qui de vous peut fiûre d'un cheveu blanc un cheveu noir, ou d^nn noir en faire un blanc ^ ? Ce sont les femmes qi osent démentirDieu. Voyez, disent-elles, comment, d'une chevelure blanche ou noire, nous en faisons une blonde pour avcrir mdllene grâce. Il vient néanmoins un temps où dies n'omettent rien pour changer leurs dieran blancs en noirs, lorsque, parvenues à une hùk vieillesse, elles sont désolées d'avoir trop vécu. Quelle incongruité! On rougit d'un âge où Fos a ardemment désiré de parvenir. On se plaint d'une perte â quoi l'on devait s'attendre I0D9temps auparavant. On soupire apris une jeunesse qui s'est passée dans le crimei Oo voudrait rappeler les occasions des plaisin illégitimes. Â Dieu ne plaise qu'une telle Mie entre jamais dans l'esprit d'une personne dirétienne! Plus on s'efforce de cacher sa vidlictte, plus elle se découvre. Voulez-vous ne Tieillir jamais, conservez votre innocence baptismale? C'est cette beauté incorruptible que nous devons avoir soin d'entretenir jusqu'à ce que noos arrivions au ciel, où nous trouverons le prix de notre innocence. Vous travaillez sans doute i vous approcher, et à sortir au plus tôl de ce monde malheureux , vous qui regardez

< Maub., 5.

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