ÉCRIT EN
Les {Places que nous avons reçues de Dieu et de Jésus-Christ sont grandes, mes très-chers frères ; car le Père éternel a envoyé son Fils pour nous racheter et nous redonner la vie; et le Fils de Dieu a bien voulu devenir enfant de riiomme pour nous faire enfans de Dieu. Il s'est humilié afin de nous relever lorsque nous étions couchés par terre. Il a été couvert de plaies afin de {];uérir les nôtres. Il s'est fait esclave pour nous tirer de resclava{;e. 11 a souffert la mort pour nous donner l'immortalité. Ces faveurs sont grandes et signalées. Mais quelle est cette bonté par laquelle ne se contentant pas d'avoir racheté Thomme, il lui donne encore les moyens de se sauver? Car Notre-Seigneur ayant guéri en venapt au monde les blessures d'Adam , et les morsures du serpent notre ancien ennemi , il donna une loi à l'homme ainsi guéri, et lui commanda de ne plus pécher de peur qu'il ne lui arrivât quelque plus grande disgrâce ^ Ce commandement, d'un côté, nous liait et nous obligeait de conserver noire innocence recouvrée; mais notre faiblesse, de Fautre, nous en rendait incapables, si la bonté de Dieu venant encore à noire secours ne nous eût ouvert un moyen pour le faire, eu nous montrant les œuvres de justice et de miséricorde , pour purifier par là toutes les souillures que nous pouvions contracter ensuite. C'est ce que le Saint- Esprit témoigne dans rËcrilure : «Les péchés, dit-il , sont lavés par la foi et par les aumônes 2. » Ce qui ne se doit pas entendre des péchés contractés avant le baptême, car ceux-là ont été effpcés par le sang de Jésus-Christ. L'Écriture dit encore : a Gomme Teau éteint le feu ainsi Paumône efface les péchés^.» Cest-à-dire que comme l'eau du baptême éteint le feu de l'enfer, les aumônes et les bonnes œuvres servent à
remettre les péchés; et que comme nous en avons une fois obtenu le pardon dans le baptême , la pratique continuelle des œuvres de miséricorde renouvelle en quelque sorte la vertu de ce sacrement , et nous fait encore obtenir la même grAce. Cest ce que Notre-Scigneur nous enseigne dans l'Évangile. Car comme on reprenait ses disciples de ce qu'ils manf^ient avant que d'avoir lavé leurs mains, il répondit : «Celui qui a fait dedans a fait aussi dehors; mais donnez l'aumône et toutes choses seront pures pour vous ^d Par où il fait voir que ce n'est pas les mains, mais le cœur qu'il faut nettoyer; et que l'on doit avoir plus de soin de purifier les taches du dedans que du dehors, parce que Tesprit ne saurait être par que le corps ne le soit aussi. Mais il ajoute en même temps que le moyen de nous purifier, c'est de faire l'aumône. Un Dieu misérioordieax enseigne à faire miséricorde; et songeant à conserver ceux qui lui ont coûté si dier à racheter, il leur apprend comment ils peuvent se taver des fautes qu'ils commettent après le baptime. Reconnaissons donc, mes très-chers fttoes, la grandeur de ce bienfait, et puisque nous ne nous saurions empêcher de recevoir id quelques blessures, employons au moins ces ranMcs pour les guérir. Et que persomie ne se repoie tellement sur sonlnnocence,qu*il s^imagine u*ai avoir point besoin. Il est écrit : t Qui oscn se glorifier d'avoir le cœur chaste, ou d*èlre exempt de péché^?» Et saint Jean, dans son épltre: « Si nous disons que nous sommes sans pédiif nous nous trompons nous-mème, et la TftM n'est point en nous ; mais si nous confcssons floi péchés, le Seigneur est fidèle et juste, et 1 nous les pardonnera'.» Si donc personne n^eiC exempt de péché , et que ce soit un orQUcil ou
* Jcao, 6, 14. - « ProY., 15, 27;-* tixiewa^l., 3, s^. • Luc, Il , W. - * Pro?.,»,». - • L Jean, 1,S.