‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienneChapitre 60 sur 110 · DE L'EN VIE · texte numérisé non relu

DE L'EN VIE

passée, et le jour va venir. Quittons donc les œuvres de ténèbres, et rcvètons-nous des armes de lumière, ftfarchons avec bienséance comme durant le jour sans nous laisser aller aux débauches et aux ivrogneries, aux dissolutions et aux impudicités , aux querelles et aux envies ^ » Si les ténèbres se sont retirées de votre cœur , si le jour Ta éclairé , si vous avez commencé à être un homme de lumière, Faites des œuvres de Jésus-Christ, car Jésus-Glirist est le jour et la lumière. Pourquoi vous précipitez-vous dans rabtme de Fenvie? pourquoi vous enveloppez- vous dans cette nuit olx^cure et épaisse, et éteignez-vous le flambeau de la paix et de la charité? pourquoi retournez-vous an diable à qui vous aviez renoncé? pourquoi vous rendez-vous semblables à Gain ? car Tapôtre saint Jean déclare dans son épitre que quiconque est envieux et hait son frère est homicide comme lui. «Celui, dit- il, qui hait son frère est homicide; et vous savez qu'aucun homicide n*a la vie éternelle demeurant en lui ^; » et encore : «Celui qui se vanle d'être dans la lumière, et hait son frère, est encore dans les ténèbres. Il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce que les ténèbres lui ont offusqué la vue '. » Celui, dit-il, quibaitson frère marchedansles ténèbres et ne sait où il va, parce quil se jette sans le savoir dans le feu de Tenfer en se retirant de la lumière de Jésus-Christ qui dit : «Je suis la lumière du monde ; celui qui me suivra ne marchera-point dans les ténèbres,ma is aura la lumière de la vie ^. » Or celui-là suit Jésus-Christ qui observe ses commandemens, qui marche par le chemin qu'il nous a tracé , qui fait ce que luimême a fait et enseigné. «Jésus-Christ, dit Tapôtre saint Pierre , a souffert pour nous, vous laissant l'exemple afin que vous marchiez sur ses pas ^.9 Souvenons-nous du nom que Notre- Seigneur donne à son peuple. Il rappelle des brebis*, pour montrer quelle doit être Pinnocence des chrétiens. Il rappelle des agneaux , pour faire voir qu*il en doit avoir la simplicité. Pourquoi le loupse cache-t-il sous une peau de brebis ? Pourquoi celui qui se dit faussement thrétien déshonore-t-il le troupeau de Jésus- Christ? car prendre le nom de Jésus- Christ et

« Rom., 13,12. -M. Jetn.a, 15.-«yM^., 2,0, 11.

• /bid,, 8, 12. - » I. Pierre, 2, 21.

• Jean , 21 , 17.

ne pas marcher dans sa voie, qu'est-ce autre chose que de diffamer son nom? Ne dit-il pas lui-même que celui-là arrivera à la vie qui garde ses commandemens; que pour être sage il faut accomplir ses paroles ; et qu'on ne peut être grand dans le royaume des cieux si Ton ne fait ce qu'il a fait, et qu'on n'enseigne ce qu'il a enseigné , c'est-à-^ire que pour instruire utilement les autres il faut pratiquer le premier ses instructions? Or parmi tant de préceptes salutaires qu'il a donnés à ses disciples, que leur a-t-il recommandé davantage que de s'entr'aimer de la même sorte qu'il les a aimés ? Et comment celui-là peut-il aimer ses frères qui a une jalousie contmuelle contre eux? Aussi l'apôtre saint Paul faisant voir les avantages de la paix et de la charité, après avoir avancé comme une vérité certame.que la foi, les aumônes et le martyre même lui seraient inutiles s'il ne gardait Inviolablement la charité, ajoute : « La charité est généreuse, elle est bonne, elle n'est point jalouse ' : » pour montrer qu'il n'y a que ceux qui sont généreux, bons, exempts d*envie, qui puissent posséder cette vertu. C'est ce qui fait qu'exhortant ailleurs celui qui est déjà rempli du Saint-Esprit et foit enfant de Dieu par une naissance céleste, à ne s'occuper plus que des choses divines et spirituelles, il dit : a Je ne vous ai pu parler, mes frères, comme à des personnes spirituelles, mais comme à des gens encore charnels, encore enfans en Jésus-Christ. Je ne vous ai nourris que de lait et non de viandes solides , car vous n'en étiez pas alors capables : et vous ne l'êtes pas même à cette heure, parce que vous êtes encore charnels. Car puisqu'il se trouve parmi vous des jaloudes, des querelles et des dissensions, n'est-il pas visible que vous êtes encore charnels, et qu'il y a encore bien de l'homme en vous>?» 11 faut surmonter mes três-chers frères, les vices de la chair et les fouler aux pieds; de crainte que si nous retournons aux pratiques du vieil honune, nous ne tombions dans des pièges mortels. C'est l'avertissement que nous donne l'apôtre lorsqu'il dit : « C'est pourquoi , mes frères, ne vivons point selon la chair ; car si vous vivez selon la chair vous mourrez. Mais

M. Cor., 13, 4.

• I.Cor.,3, 1.

SAINT CYPRIEN

si vous feites mourir par Fesprit les passions de la chair, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par Tesprit de Dieu sont enfons de Dieu ^. » Si nous soromesenfiins de Dieu , si nous avons déjà commencé à être ses temples, si ayant reçu le Saint-Esprit nous vivons saintement et spirituellement, si nous avons retiré nos yeux de la terre pour les lever au ciel, si nous portons aux choses hautes et sublimes un c(rur plein de Dieu et de Jésus-Christ, nefiusons rien qui ne soit dignie de Dieu et de Jésus- Christ. L'apôtre nous y exhorte par ces paroles : a Si vous êtes ressuscites avec Jésus - Christ , cherchez les choses du ciel où Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu; goûtez les choses du ciel et non celles de la terre ; car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Mais lorsque Jésus-Christ qui est votre vie viendra à paraître, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire'. » Puis donc que nous sommes morts et ensevelis dans le baptême quant aux péchés charnels du vieil homme, et ressuscites pour Jésus-Christ par une naissance céleste, ne pensons et ne Faisons que les choses qui sont agréahles h Jésus-Christ , ainsi que le même apôtre nous Tenseifpie en ces termes : «Le premier homme a été tiré du limon de la terre, et le second est descendu du ciel. Tel qu'a été le terrestre, tels sont ceux qui sont venus de lui ; et tel qu*a été le céleste, tels sont ceux qui l'imitent. Comme donc nous avons porté Timage de Thomme terrestre, portons aussi Fimage de l'homme céleste '. » Or nous ne pouvons pas porter Timage de Thomme céleste si nous ressemblons à Jésus-Christ. Car vous commencez proprement à n*être plus ce que vous étiez, et à être ce que vous n*étiez pas, lorsque vous donnez des marques de votre naissance divine , lorsque vous ne démentez point par vos actions la qualité d'enfant de Dieu , lorsque vous Fhonorez par votre bonne conduite et méritez par là qu'il vous honore selon qu'il le dit lui-même : «J'honorerai ceux qui m'honorent, et mépriserai ceux qui me méprisent'.» C'est pour nous apprendre à Faire cet honneur à Dieu et à lui ressembler comme ses enfans que Notre-Seigneur dit dans son Évangile :« Vous savez qu'il est écrit : Vous aimerez votre prochain, et hal-

*Kom.

, 8, 12.— « ColOM., 3, t. - » I. Roii, 2, 3.

rez votre ennemi. Mais moi je vous dis : aima vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent , afin que vous soyez eni^ de votre Père qui est aux cieux, qui fait lever son soiril sur les bons et sur les mécfaans et pleuvoir sor les justes et sur les injustes ^» Si les bommes sont bien aises et font gloûre d*avolr des enfans qui leur ressemblent , et si cette joie est d'autant plus grande que cette ressemblance est plus parfaite , combien Dieu se r^oiût-il davantage lorsqu'il voit ceux qui sont nés spirituellement en lui faire éclater dans leurs actions des traits de leur Père céleste? Quelle gloire et quel avantage d'être tels que Dieu oc puisse pas dire de nous : «J'ai engendré des enfans, je les ai agrandis, et ils m'ont méprisé >;d mais plutôt que Notre-Seigneurnous loue et nous invite à la récompense , en nous disant : a Venez, vous que mon Père a béms , possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde ^ ?»

Voilà les méditations dont nous nous devons servir, mes très-chers firères , pour fbrtifier notre cœur et le rendre invulnérable i tous les traits de l'ennemi. Lisons la sainte Écriture, faisons de bonnes œuvres , pensons souvent à Jésus-Christ, prions sans cesse, et soyons toiyours occupés de bonnes choses, afin que lorsque nof readversaire s'approchera pour nous attaquer, il trouve toutes les entrées de notre cœur fermées et remparées. Un chrétien n*a pas à attendre la seule couronne du martyre; la paix a aussi ses couronnes, qui sont la récompense des diffîérentes victoires que nous remportons sur notre ennemi. Surmonter la volupté, dompter la colère, MNifinr les injures, triompher de ravarice, supporter en patience les afflictions, tout cela mérite me couronne. Celui qui ne s'enorgueillit point dans la bonne fortune , sera récompensé de son humilité. Celui qui est aumônier et diaritaUr, aura un trésor dans le del. Celui qui nest point envieux et qui vit doucement et paisiblement avec ses frères, recevra le prix de sa dos* ceur. Nous courons tous les jours dans ccue carrière des vertus, et nous noua avançov i grands pas pour cueillir ces palmes et ces cooronnes. Afin donc que vous y puissici aossi avoir part, vous qui avec été poaaédé josqald

« Natih., 5,43. - * Itaie, 1, 2. - * Matlb-, 2S, M.

EXHORTATION AU MARTYRE

de Tenvie, <léFai(es-vou8 de cette malignité pour entrer dans le chemin de la vie étemelle. Arrachez de votre coeur ces ronces et ces épines, afin que la semence du Seigneur y fructifie et produise une moisson abondante. Vomisseï le fiel et le poison de la discorde; purifiez votre esprit du venin du serpent, et que Jésus-Christ ôte par sa douceur toute Tamertume de votre âme. Si vous prenez la nourriture et le breuvage eucliaristîque comme le sacrement de la croix, le bois qui adoucit les eaux de Mara , et qui en était la figure, adoucira votre cœur, et il ne faudra point d*auire remède pour vous rendre la santé. Servez-vous des mêmes choses qui vous ont blessé pour guérir vos blessures. Aimez ceux que vous baissiez auparavant et dont vous médisiez. Imitez les gens de bien si vous le pouvez; sinon, réjouissez-vous au moins de ce qu'ils sont meilleurs que vous. Unissez-vous à eux d'affection afin d'avoir part à leurs mérites, et que le lien de la charité fraternelle vous fasse leur cohéritier. Vos dettes vous seront remises quand vous remettrez ce qu'on vous doit. Dieu

recevra vos sacrifices torsque vont vous approcherez de lui avec un esprit de paix. U prendra soin lui-même de vous conduire lorsque vous n'aurez que de bonnes et saintes pensées, sui* vaut cette parole de FÉcriture. cQue ie eonir de rbomme pense ce qui est juste, afin que Dieu conduise ses pas ^ » Qr vous avez bien des choses à penser. Pensez au paradis , où Gain n'est point rentré parce qu'il tua son frère par envie. Pensez au royaume céleste où Dieu n'admet que ceux qui sont bien d'accord ensemble. Pensez que ceux-là seuls peuvent être appelés enfàns de Dieu, qui sout paisibles, et qui se servent de l'avantage de leur renaissance et des instructions divines pour se rendre semblables à Dieu et à Jésus-Christ par l'union qu ils ont avec leurs frères. Pensez que nous sommes toujours en la présence de Dieu , que nous l'avons pour juge et pour témoin de toutes nos actions, et que l'unique moyen de le voir un jour, c'est de lui plaire ici-bas par nos bonnes œuvres, et de nous rendre dignes de sa grâce en ce monde, pour l'être de sa gloire en Tautre.

EXHORTATION AU MARTYRE

k FORTDNAT.

PRÉFACE

Vous avez désiré de moi , mon cher Fortunat , que comme nous sommes menacés d'une grande persécution , et que le temps de l'Antéchrist approche , je tirassse des saintes Écritures quelques exhortations puissantes pour fortifier l'esprit de nos frères et animer au combat les soldats de Jésus>Christ : j'obéis à votre désir , et le fois d'autant plus volontiers que je trouve la chose extrêmement juste et nécessaire. Ainsi je vous envoie des armes pour nos frères qui doivent combattre, prises des livres saints comme d'un arsenal divm. Car c'est peu d'avoir excité le peuple de Dieu par nos discours comme par une trompette spirituelle, si nous n'employons encore les paroles sacrées de l'Écriture pour affermir leur foi et leur courage. En effet •

qu'y a-t-il de plus important pour nous et de plus digne de nos soins que de préparer par de^ continuelles exhortations le peuple que Dieu nous a commis et l'armée qui est dans le camp céleste à soutenir vaillamment les assauts du diable? Car un soldat ne saurait être propre pour la guerre s'il n'a été auparavant exercé et aguerri ; comme un athlète ne peut remporter le prix dans la carrière qu'il n ail fait épreuve^ de ses forces. Celui à qui nous avons à faire est un vieux et expérimenté ennemi. Il y a déjà près de six mille ans qu'il fait la guerre à l'homme. Il a appris dans un si long espace de temps toutes les ruses et les artifices dont il se doit servir pour l'attaquer. S'il trouve quelque soldat de Jésus-Christ qui ne soit pas prêt , ou qui soit

« ProY., 16 , 19.

SAINT CYPRIEIS.

si vous faites mourir par Fesprit les passions de la chair, vous vivrez. Car tous ceux qui sont conduits par Fesprit de Dieu sont enfens de Dieu 1. » Si nous sommes enfkns de Dieu , si nous avons déjà commencé à être ses temples, si ayant reçu le Saint-Esprit nous vivons saintement et spirituellement, si nous avons retiré nos yeux de la terre pour les lever au ciel, si nous portons aux choses hautes et sublimes un cœur plein de Dieu et de Jésus-Christ, ne Fai* sons rien qui ne soit digne de Dieu et de Jésus- Christ. L'apôtre nous y exhorte par ces paroles : « Si vous êtes ressuscites avec Jésus • Christ , cherchez les choses du ciel où Jésus-Christ est assis à la droite de Dieu; goûtez les choses du ciel et non celles de la terre; car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Mais lorsque Jésus-Christ qui est votre vie viendra â paraître, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire^.» Puis donc que nous sommes morts et ensevelis dans le baptême quant aux péchés charnels du vieil homme, et ressuscites pour Jésus-Christ par une naissance céleste, ne pensons et ne faisons que les choses qui sont agréahles à Jésus-Christ , ainsi que le même apôtre nous renseigne en ces termes : «Le premier homme a été tiré du limon de la terre, et le second est descendu du ciel. Tel qu'a été le terrestre, tels sont ceux qui sont venus de lui ; et tel qu'a été le céleste, tels sont ceux qui rimitent. Comme donc nous avons porté Timage de riiomme terrestre, portons aussi Timage de rhomme céleste '. d Or nous ne pouvons pas porter Timage de Thomme céleste si nous ressemblons à Jésus-Christ. Car vous commencez proprement à n*être plus ce que vous étiez, et à être ce que vous n'étiez pas, lorsque vous donnez des marques de votre naissance divine, lorsque vous ne démentez point par vos actions la qualité d'enfant de Dieu, lorsque vous l'honorez par votre bonne conduite et méritez par là qu'il vous honore selon qu'il le dit lui-même : «J'honorerai ceux qui m'honorent, et mépriserai ceux qui me méprisent '.» C'est pour nous apprendre à faire cet honneur à Dieu et à lui ressembler comme ses enfons que Notre-Seigncur dit dans son Évangile :<cVous savez qu'il est écrit : Vous aimerez votre prochain, et haï- '

• Kom. , 8, 12,- « ColoM., 3, 1. - » 1. Rois, 2, 3.

rez votre ennemi. Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent , afin que vous soyez enfans de votre Père qui est aux cieux , qui fiât lever son soleil sur les bons et sur les mécfaans et pleuvoir sur les justes et sur les injustes ^. « Si les bommes sont bien aises et font gloire d'avoir des enfans qui leur ressemblent, et si cette jo/e est d'autant plus grande que cette ressemblance est plus parfaite , combien Dieu se r^omt-il davantage lorsqu'il voit ceux qui sont nés spirituellement en lui foire éclater dans leurs actions des traits de leur Père céleste? Quelle gjoire et quel avantage d'être tek que Dieu ne puisse pas dire de nous : «J'ai engendré des enfans, je les ai agrandis, et ils m'ont méprisé ^ ; D mais plutôt que Notre-Seîgneur nous loue et nous invite à la récompense , en nous disant : «Venez, vous que mou Père a bteîs , possédez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde ^ ?»

Voilà les méditations dont nous nous devons servir, mes très-chers frères , pour fortifier notre cœur et le rendre invulnérable & tous les traits de l'ennemi. Lisons la sainte Écriture, faisons de bonnes ceuvres , pensons souvent & Jésus-Christ, prions sans cesse, et soyons toiyours occupés de bonnes choses, afin que lorsque noire adversaire s'approchera pour nous attaquer, il trouve toutes les entrées de notre cœur fermées et remparées. Un chrétien n'a pas à attendre la seule couronne du martyre; la paixaaussises couronnes, qui sont la récompense des différentes victoires que nous remportons sur notre ennemi. Surmonter la volupté, dompter la colère, soaflrîr les injures, triompher de l'avarice, supporter en patience les afflictions , tout cela mérite imc couronne. Celui qui ne s'enorgueillit point dus la bonne fortune , sera récompensé de son hnmilité. Celui qui est aumônier et charilaUe , aura un trésor dans le dd. Celui qui n'est point envieux et qui vit doucement et paiaibkment avec ses frères, recevra le prix de sa dosceur. Nous courons tous les jours dans celte carrière des vertus, et nous nous avançotf i grands pas pour cueillir ces palmes et ces coqronnes. Afin donc que vous y puissici aossi avoir part, vous qui avez été possédé jnii|ald

« Natth

1,5,43. -*ltai«, 1, 2. - • Mauh., 25^ M

EXHORTATION AU MARTYRE

de IVnvie, <léFai(e$-vou8 de cette malignité pour entrer dans le chemin de la vie étemelle. Arrachez de votre cœur ces ronces et ces épines, afin que la semence du Seigneur y fructifie et produise une moisson abondante. Vomisseï le fiel et le poison de la discorde; purifiez votre esprit du venin du serpent, et que Jésus-Christ ôte par sa douceur toute Tamertume de votre âme. Si vous prenez la nourriture et le breuvage eucharistique comme le sacrement de la croix, le bois qui adoucit les eaux de Mara , et qui en était la figure, adoucira votre cœur, et il ne faudra point d'autre remède pour vous rendre la santé. Servez- vous des mêmes choses qui vous ont blessé pour guérir vos blessures. Aimez ceux que vous baissiez auparavant et dont vous médisiez. Imitez les gens de bien si vous le pouvez; sinon, réjouissez-vous au moins de ce qu'ils sont meilleurs que vous. Unissez-vous à eux d'affection afin d'avoir part à leurs mérites, et que le lien de la charité fraternelle vous fasse leur cohéritier. Vos dettes vous seront remises quand vous remettrez ce qu'on vous doit» Dieu

recevra vos sacrifices torsque vont vous approcherez de lui avec un esprit de paix. U prendra soin lui-même de vous conduire lorsque vous n'aurez que de bonnes et saintes pensées, sui* vaut cette parole de l'Écriture. cQue le eonir de l'homme pense ce qui est juste, afin que Dieu conduise ses pas ^ » Qr vous avez bien des choses à penser. Pensez au paradis , où Gain n'est point rentré parce qu'il tua son frère par envie. Pensez au royaume céleste où Dieu n'admet que ceux qui sont bien d'accord ensemble. Pensez que ceux-là seuls peuvent être appelés enfims de Dieu, qui sout paisibles, et qui se servent de l'avantage de leur renaissance et des instructions divines pour se rendre semblables à Dieu et à Jésus-Christ par l'union qu'ils ont avec leurs frères. Pensez que nous sommes toujours en la présence de Dieu , que nous l'avons pour juge et pour témoin de toutes nos actions, et que l'unique moyen de le voir un jour, c'est de lui plaire ici-bas par nos bonnes œuvres, et de nous rendre dignes de sa grâce en ce monde, pour l'être de sa gloire en l'autre.

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EXHORTATION AU MARTYRE

k FORTDNAT.

PRÉFACE

Vous avez désiré de moi , mon cher Fortunat , que comme nous sommes menacés d'une grande persécution , et que le temps de l'Antéchrist approche , je tlrassse des saintes Écritures quelques exhortations puissantes pour fortifier l'esprit de nos frères et animer au combat les soldats de Jésus>Christ : j'obéis à votre désir , et le fais d'autant plus volontiers que je trouve la chose extrêmement juste et nécessaire. Ainsi je vous envoie des armes pour nos frères qui doivent combattre, prises des livres saints comme d'un arsenal divin. Car c'est peu d'avoir excité le peuple de Dieu par nos discours comme par une trompette spirituelle, si nous n'employons encore les paroles sacrées de l'Écriture pour affermir leur foi et leur courage. En effet .

qu'y a-t-il de plus important pour nous et de plus digne de nos soins que de préparer par de^ continuelles exhortations le peuple que Dieu nous a commis et l'armée qui est dans le camp céleste à soutenir vaillamment les assauts du diable? Car un soldat ne saurait être propre pour la guerre s'il n'a été auparavant exercé et! aguerri; comme un athlète ne peut remporter le prix dans la carrière qu'il n'ait fait épreuve^ de ses forces. Celui à qui nous avons à faire est un vieux et expérimenté ennemi. Il y a déjà près de six mille ans qu'il fait la guerre à l'homme. Il a appris dans un si long espace de temps toutes les ruses et les artifices dont il se doit servir pour l'attaquer. S'il trouve quelque soldat de Jésus-Christ qui ne soit pas prêt , ou qui soit

« ProY., 16 , 19.

SAIM CYPRIEN.

apprenti dans son métier , ou qui ne se tienne pas assez sur ses f];ardes , il ne manque pas de le surprendre et de le faire tomber dans le p'iéQe. Mais lorsqu'il a à faire à quelqu'un qu observe les préceptes de Notre-Seigneur et qui marche invariablement dans la voie qu'il nous a tracée, il faut de nécessité qu'il soit vaincu y parce que Jésus-Christ que nous confessons est invincible. Mais afin d'être plus court et de ne point fatiguer le lecteur par un discours trop étendu , j'ai proposé par titres les sujets dont je voulais parler , et les ai appuyés ensuite par laulorité de l'Écriture ; en sorte que ce que je vous envoie n'est pas tant un traité , que la matière pour en faire un. Ce qui sera plus utile de cette façon qu'autrement ; car si je vous envoyais une robe toute faite , peut-être qu'elle ne serait pas propre à tout le monde ; au lieu (|ue maintenant je vous envoie de la laine et de la pourpre de Tagneau qui nous a rachetés et vivifiés, et vous vous en ferez une à votre volonté, et que vous aimerez d'autant mieux qu'elle sera pour vous. Je vous supplie aussi d'en foire part à nos autres frères , afin qu'ils s'en puissent servir à couvrir leur ancienne nudité, et que nous portions tous les habillemens de Jésus-Christ , c'est-à-dire que nous soyons tous remplis de sa sainte grâce. J'ai encore considéré en cela, mon trè^her fii'pc, que lorsqu'il est question d'exhortations aussi nécessaires que celle-ci, et qui vont à faire des martyrs, il est bon de retrancher tous les loni;s circuits des discours humains, pour ne proposer que les seules paroles dont Jésus- Christ lui-même s'est servi pour encourager ses .s<M viteurs à la mort. Ces préceptes divins sont comme des armes promptes et aisées qu'on ne n\H entre les mains des combattans. Qu'ils les iX)nsicièrent donc comme les trompettes et les clairons de l'armée de Dieu. Qu'ils s'en servent pour s'animer et se préparer le corps et l'esprit aux souffrances. Et pour nous qui par la permission de Dieu avons donné aux fidèles le premier baptême , tâchons de les disposer à en recevoir un second qui est encore bien plus grand, bien plus puissant et bien plus illustre <|ue l'aulrc ; car c'est le baptême que confèrent les anjyes que Dieu et Jésus-Christ voient avec \ joie, après lequel on ne pèche plus, qui con- Konime notre fui , et qui nous unit à Dieu au

sortir de ce monde. Au baptême d*eaii rem reçoit le pardon de ses péchés , et au iMiptème de sang la couronne des Yertu«. Enfin c'est une chose qui mérite bien de faire le sujet de tous nos vœux et de toutes nos prières , puisque par là , de serviteurs de Dieu que nous étkxis , nctp devenons ses amis.

Pour exhorter nos frères à oonfiesser généreusement le nom de Jésus-Qiristi et les armer contre la persécution; il faut moofrer :

I. Que les idoles que se font les hommes ne sont point des dieux. En effet, l'ouvrage n'est pas plus grand que l'ouvrier ; et elles ne peuvent secourir personne , puisqu'elles ODt bewin elles-mêmes du secours des hommes pour les empêcher de périr. Il ne faut point non plm adorer les élémens, puisque selon Tordre établi de Dieu ils doivent servir à Tbomme.

Après avoir détruit le culte des idoles et des élémens , il faut montrer ;

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