ACT
Vient mieux à la faiblesse des hommes qu'à la majesté de Dieu.
Il semblerait qu'Hésiode, qui a composé un livre exprès sur cette matière, pourrait nous èlrc utile dans la recherche que nous faisons; il faut cependant demeurer d'accord que son ouvra{',e ne nous peut fournir que de faibles preuves. Il le commence par la description du chaos, de cette masse informe, de cet amas confus de matière , sans nous apprendre en quel temps et de quelle sorte les parties de celte matière première se sont trouvées unies ensemble. Car, comme toutes choses doivent avoir reçu leur disposition et leur arranj^^ement de la main de quelque excellent ouvrier, il faut nécessairement que la matière ait reçu son existence dequelque èlrc supérieur; et quel autre que Dieu peut lui avoir donné cette existence? Mais Hésiode n'entre point dans cette pensée; il ne saurait f^^oûter une vérité qui lui est inconnue; et il parait bien que lorsqu*il monta sur le Parnasse pour y composer son poëme, il Pavait médité à loisir, et que les Muses (comme il voudrait nous le faire croire) ne le lui inspirèrent jamais.
Vir|;ile, le premier de nos poêles latins, s'est beaucoup moins éloigné de la vérité , lorsqu'il p:.rlcainsidcDieu :
Au comnicnccnient le ciel , la mer, et les (;!obcs rdiostes rurent couimn aoïmés d^io f^Hiflle de vie; fout mnit le niouvcliieiit de TEsprit , qui se répandit et se uiêl«i dans toutes les parties de l'univers
Et , puur ne laisser aucun doute touchant la nature de cet Esprit auquel il attribue une puissance si universelle , il dit ncttcuient en un autre endroit :
Que Dieu remplit la terre, la mer, et Timmensc dleodue de Tair , et (pie tous les animaux qui vivent au milieu de ces flémens, tiennent de lui IVtrc et la vie.
Ovide, dès rentrée de son excellent livre des Métamorphoses , avoue que le monde est louvragc de Dieu , qu'il appelle en plus d'un endroit
Le Créateur du inonde , et Tauteur de toutci dioses.
Mais laissons-là les poètes, et consultons les philosophes , dont l'autorité doit avoir plus de poids , et le témoignage plus de certitude , puisqu'on est persuadé qu'ils ne s'occupent pas, comme les poètes, à embellir le mensonge, mais que leur unique étude est la recherche de h vérité.