‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienneChapitre 82 sur 110 · I. J'ai achevé, avec t'aide de l*Esprit-SÉl · texte numérisé non relu

I. J'ai achevé, avec t'aide de l*Esprit-SÉl

l'ouvrafre que j'avais entrepris poorfétfaiiÂ-

enl et pour la défense de \a vérité. hti»\

ir, sans le secours duquel nous tieiaai*!

connaître, ni trouver des paroles pnçK^ i

l'exprimer, m'ayant inspiré ce dessein, m^*>

fait la (ffàce de me permettre de rexécuKr-J^

vi smaintensntau principal point dttaum I

e, qui consiste à montrer par quellct àti- 1

ies cl par quelle sorte de sacrifice Dira M

ttrc lionoré. C important devii'<^l

l'homme, et

Il il été créé non pour regarder le ciel et le soleil, comme Anasagore se l'éuit hussement persuadé , mais pour adorer, avec une anucieuce pure , celui qui a fait le del et le soleil. Ce que je dirai id du culte que nous derona rendre S notre maître, servira & la coafirmatîoa des vérités que j'ai déjà établies aussi solidement que mon peu de suffisance me l'a pu permettre. Cette majesté unique et sainte ne nous demande que l'innocence de nos mœurs.G'est le plus agréable sacrifice que nous puissions jamais lui offrir. Il y a des bommes qui s'imaginent avoir beaucoup de piélé quand, aprts s'être souillés de tontes sortes de crimes, ils rougissent les temples du sang des victimes , ils allument du feu sur un autel , ils répandent du vin vieux eu la présence de leurs dieux. Ils leur préparent aussi des festins, comme s'ils pouvaient manger. Ils jugent, non par l'idée qu'ils ont de la nature divine , car ils n'en ont aucune qui soit raisonnable, mais par ta corruption de leurs passions, que tout ce qui est excellent et rare est agréable à leurs dieux, et ne font pas réflexion que ces dieux n'ont pas besoin de biens périssables. Ils n'ont de go6t que pour les choses de la terre, et ne jugent du bien et du mal que par les sens extérieurs. Us font dépendre leur religion, aussi bien que toute la suite de leur vie , du plaisir qu'ils y prennent. Depnis qu'ils ont détourné leur esprit du ciel, et qu'ils l'ont assujetti à leur corps, ils ne recherchent plus que la volupté, et la goûtent à tout moment, comme s'ils en pouvaient toujours jouir, et qu'ils ne dussent pas même en être privés quand ils seront privés de la vie. Us considËrent les richesses comme un très-grand avantage; et, quand ils ne les peuvent acquérir par de bonnes voies, ils les acquièrent par de mauvaises, par les fraudes, par les rapines , par les violences. Enfin, ils dressent des pièges pour tromper; ils se parjurent, et ils violent tout ce qu'il y a déplus inviolable, pourvu que l'or, l'argent et les pierreries reluisent sur leurs vétemens, que leur luxe entretienne abondamment leur intempérance, qu'une fbnle de {gardes et de fiattenrsles environnent sans cesse, et Fendent la presse pour leur donner le moyen de passer comme en triomphe au milieu du peuple. Voilà comment la lâcbeté avec laquelle ils ce rendent esclaves du plaisir abat toute la vigueur de leur esprit , et les précipite à la mort dans le temps qu'ils croient jouir des douceurs

de la vie avec une grande sécurité. L'ème se doit élever au del, comme je l'ai bit voirdans le second livre, au lieu que le corps est attaché & la terre. La lumière et la vie viennent du ciel.Geux qui négligent les biens de l'esprit, et qui ne retouchent que ceox du corps, sont dans les ténèbres et dans la mort Us sont couverts d'un nuage obscur qui les empècbe de voir le vrai Dieu, et de savoir quel culte il Faut lui rendre. II. Ils immolent à Dieu de grasses victimes , comme s'il était pressé de la faim. Ils lui versent du vin, comme s'il était tourmenté de la soif. Ils allument des flambeaux devant lui, comme s'il était dans les ténèbres. S'ils avaient la moindre vue des biens célestes, dont la masse grossière et terrestre qui nous environne nous empëcbe de découvrir la grandeur, ils reconnaîtraient combien leur extravagance est extrême , quand ils s'imaginent pouvoir se rendre les dieux Favorables par ces sortes de devoirs. S'ils regardaient le soleil avec quelque attention, ils jugeraient aisément que Dieu, qui a Fait une si éclatante lumière pour l'nssgfe de l'homme , n'a pas besoin de celle d'un cierge. Que si ce cercle qui, h cause de son grand éloignement , ne parait pas beaucoup plus grand que la tète d'un homme, renferme un si viF éclat que nos yeux ne le sauraient supporter , quelle est la splendeur du jour qui environne ce Dieu qui n'a point de nnitP 11 a tempéré la lumière et la chaleur du soleil, et les a mis au degré nécessaire pour mArir les fipuits et pour ne rien gâter des corps inférieurs. Peut-on croire qu'un homme, qui Fait présent de cierges et de bougies à l'auteuretau dispensateur de la lumière, ait l'usage de la raisou? Il nous demande une lumière qui n'ait point de Fumée , qui soit pure et claire , comme dit le pofite : c'est la lumière de l'esprit , qui ne se trouve qu'en ceux qui connaissent Dieu. Les dieux des païens étant des dieux de la terre, ils ont besoin qu'on leur allume des cierges , afin qu'ils ne soient pas dans les ténèbres. Ceux qui les révèrent , n'ayant aucun goût pour les choses du del, leur rendent des devoirs qui ne s'élèvent jamais au-dessus de la terre. Sur la terre on a besoin de lumière, parceque, de sa nature, elle est sombre et ténébreuse. Les païens attribuent à leurs dieux un goût humain, au lieu de leur en attribuer un divin. Ils s'ima;;incnt qu'ils aiment tout ce que nous aimons, et qu'ils ont les

IDtaies désira que nooi, qui itdiic besoin de ! témoigaé mai^r quand nous avons fium, de boire quand pbilosopli nous avons soif, de noua vêtir ponr nous garantir du iiroid , et d'allumer des flambeaux pour nous éclairer quand le MieU nous t retiré sa iu< œière. Cette naDière toute terretfre d'honorer les dieux est up des plus fiorts argnmens par lesquels (m prouve qu'ils (ut «ulrefbis vécu , et qu'ils «ont mort» ; car qw pent^m a'iniagîtter de céleste dans le sang des victimes dont les païens infectent les «atelsî Se persuadent-ilt que les dieux se repaissent de ce sang auquel les kommes auraient bonté de toutdierP Quiconque les en aura repus deviendra à l'heure même heureux , bien que ce soit un volenr , un adultère, un empoiaraneur, un homicide. Ilsera chéri et protégé des dieux, et il recevra de leurs mains libérales tout ce qu'il pourra soubaitw. Pêne a eu grande raison de se railler de l'extravagance de ces superstitions, en demandant i, ceux qui y étaient attachés :

A que) [*ii prtftcodci-Ti leun lagiirn tkrontitït? et (tpém-ioiu l'cUenir en iMir pMMatiBt let oilnUlM tFniw TMkM »M du W( M dennOe,

n voyait fort bien que, pour se rendre Isa dieux propices, il n'est point nécessaire de Irar offrir la chair des animaux, mais une Ame sainte et pure , un esprit juste et équitable , un cœur diaste et généreux. Cest là une religion toute céleste, qui consiste dans des vertus spirituelles, et qui n'a rien de la corruption de la terre. Cest là le culte sincère par lequel l'âme s'immole ellemême comme une victime. J'expliquerai , dans la suite de ce livre, de quelle sorte cette immolation doit être faite ; car il n'y a rien de si excellent pi de si confarme au devoir d'un bomme que d'apprendre aux «utree le moyen d'uqu^ rir la vertu.

Gatubis préfère, dans un dialogue de GicéroD, intitulé Bortensiiu, la philosophie 1 iqu* tel cboses, et ténuugne qu'il aimerait mieux avoir oompoié le petit livre sur les denûra de b vie ànle, qu'une loagne waistm pour nn sér ditieux comme Gunélios. Je me peraoade que c'était Ift le ientiment deCicériHi philM que de Catulus, qui n'a peut-être jamais rien dit d'ap- |vocbant,etqu'ilavttt dessein dedonner,cranme par avance, une haute idée des livres des CI/^ScMf qu'il méditeit de compner, et dam leqnd il a

tonte l't^lenduedfli il n'y a rien de si utile f|oe la n». raie et les préceptes qui rè[;lent la vir. .sjda | h(Hnme&, à <|ui lu vcrité était cachée, oni otR- | prisd'inKlruircIesaulreG, n'avoDs-nouspaipta I droit de renirci)rcndre, dous qurawMfl^ ( i oits et éclairés par Dieu cDénie. Nom a c neuccrans pas néanmoîDs par les immàr eçons que l'on donne à ceux qui n'iiol |^

entendu p»rler de la vertu; ce seriil n . tra< lit infini. Nous supposenins les DolJ0iMip;f I alCDs donnent i ceux qu'ils rf^îventdui ' tenr école, et sur les tondcmens qu'ils oui potè éltverons TédiBce de In jiisiice (hn^tioM a nelle ils n'ont aucune part. Je passf rai Km ce les refiles qui leur peuveni Otir tm es avec nous, de peur d'être accut^ (remprunter des preuves à ctrux dont je réftilf In

Hl. D y a deux chemins, irès-graud mpe*

! ', pir l'un ou par l'aiilrc dm^orJs il hsl

ipensaNpmeiit que les liommes penniL

l'un on monte au ciel ; par i'auire un do-

dans l'enfer. Les pottes et le» phîloso-

p onL tort rflÉbri l'un et r»iilre par Iwn

s et par leurs dispute». Lfs pÛlomphfi

prétendu que l'uu était le cbemio drh

vertn et l'autre te cliemiu du vice; qoe rmu^

du preniin- est difficile cl embarraBSiée; ni

que, dés que l'on a .turmnntiî cctlc diflkiillé,fl

trouve tout le reste ahù et nn entre dam a*

agréable plaine où l'on trouve de quoi ic H-

compenser tie son travail. Ceux qui épounot^ |

de cette première diftlcullé t)uillent ce thmt,

en prennent un antre dont l'entrée parah k» j

coup plus ai;réable et qui ctt tray€ par on ft I

grand nombre de personnes ; mai» dés qocTa I

est un peu avancé, toute la benuté de VrS^K I

disparaît et on n'y rencunlrc plus que il» rt-

ches , des précipices , dr s Imi&Hons , des nuB

etdestarreiils,ct l'oan'y peut allà'tantaov

la peine, sans éclioucr souvent, satttglifff

et D8 tomber. Gctlc description tw tend qi'l

trer qu'il est difficile d'acquérir U rots.

que quand on la pu»&de , on en tire dn

pL irsiolidesetdurablcs.au lieuqucruoie

t t dans le vice que de ranwriuine tf te

p linr, bien qu'il n'ait que trop d'

no r nous sui

i aille «1

qui la donnent savaioit en quoi cpnsiate It vertu, et où elle se termine. Mais ils n^ont jamais appris ni ce que c'est que la vertu, ni quelle récompense Dieu lui a promise, et c'est ce que j'ai dessein de montrer dans ce livre-ci. Comme ils ne savaient pas que les Ames sont immortelles, ou qu'au moins ils en doutaient, ils n'ont attribué ni au vice ni à la vertu que des peines et des récompenses temporelles. Tout le discours qu'ils font sur les deui chemins se réduit ou à la frugalité ou à la débauche. Ils disent que le cours de la vie humaine est semblable à un Y; que quand les jeunes gens sont arrivés à l'endroit où le chemin se divise en deux, ils échouent et doutent dans le quel ils doivent s'engager. S'ils trouvent un guide sage et fidèle qui les délivre de leur doute, et qui leur montre le bon chemin, c'est-à-dire que s'ils ont étudié ou la philosophie, ou l'éloquence, ou les belles-letres. ils s'adonneront à l'honnêteté et à la vertu; ce qui ne se peut faire sans une peine incroyable. Que s'ils ne trouvent point de guides, ils s'engagent dans le chemin qui esta main gauche et qui paraît le plus beau, c'est-à-dire qu'ils s'abandonnent à l'oisiveté et à la débauche qui leur semblent d'abord fort agréables; et quand ils ont perdu leurs biens et leur réputation, ils vivent dans l'infamie et dans la misère. Voilà comment les deux chemins dont nous parlons n'aboutissent qu'au corps et à la vie présente selon les descriptions que les philosophes nous en ont laissées.

Peut-être que les poètes en auront parlé plus raisonnablement. Au lieu de tracer ces routes-là sur la terre, comme ont iait les philosophes, ils ont feint qu'elles étaient en enfer et se sont trompés en ce qu'ils ont proposé des chemins aux morts qui ne marchent plus. Les uns et les autres ont dit quelque chose de bien et de mal, et ont sans doute manqué, en ce qu'ils n'ont pas tous mis ces deux chemins dans la vie et ne les ont pas terminés à la mort. Nous les expliquons mieux quand nous assurons que l'un de ces chemins mène au ciel et l'autre en enfer; c'est-àdire qu'il y a une vie éternelle promise aux justes et une peine éternelle réservée aux méchans. Je dirai comment ces deux chemins mènent l'un au ciel et l'autre à l'enfer. Je montrerai ces vertus que les philosophes n'ont point connues, et jp proposerai leurs récompenses. Je parlerai

aussi des vices et des diitimens qnlb mMtent Quelqu'un souhaiterait pent-ètre que je traitasse séparément des vertus et des vices ; mais ce sont des contraires qui ne se mmaisseat jamais mieux que par leur oppositioQ mstuelle. lisse suivent et paraissent tour à tour: quand la vertu entre, le vice se retire ; quand le vice revient la vertu s'évanouit. Les biens et les maux sont comme dans un combat perpétuel et se chassent réciproquement. On ne saurait éloigner le vice sans introduire la vertu , ni bannie la vertu sans rappeler le vice. La description que nous bisons de ces deux cheinins est doue fbrt diffiérente de celle qu'en font les philosophes. Nous mettons en tête de chaque chemin un guide immortel , avec cette différence que l'un préside aux vertus et est dans la gloire, au lien que l'autre préside aux vices et est condamné aux supplices. Les philosophes ne mettent un guide qu'au chemin qui est à main droite; encore n'est-ce pas toi^ours le même ! G^est le premier qui se présente pour enseigner quelqu'art louable, pour détourner de l'oisiveté et pour exciter à la vertu. Ce guide ne montre le chemin qu'à des jeunes gens, parce que l'on n'apprend les arts que dans la jeunesse. Nous ouvrons au contraire le chemin du ciel à des personnes de tout âge, de tout sexe et de toute condition ; parce que Dieu qui est à la tète de ce chemin ne refuse l'immortalité à personne. Les chemins ne sont pas disposés de la manière que les philosophes les ont décrits; car étant directement opposés ils ne sont point fidèlement représentés par la figure de l'Y. Le bon chemin regarde l'orient et le mauvais l'occident. Quiconque aura suivi la vérité et la justice jouira de la lumière de l'immortalité, au lieu que ceux qui, trompés par le guide infidèle, auront préféré le vice à la vertu et le mensonge à la vérité, tomberont dans l'obscurité et dans les ténèbres. Je décrirai ici les propriétés de ces deux chemins.

IV. 11 n'y a qu'un chemin que les gens de bien puissent tenir ; ce chemin mène non aux GhampsËlysées, comme l'ont dit les poètes; mais à la région la plus élevée de l'univers. Il y a un autre chemin, à main gauche, qui mène au lieu destiné pour le châtiment des crimes et aux enfers. C'est le chemin du calomniateur qui par les superstitions qu'il a inventées détourne les

pleines désirs que noua, qui avMH besoin de manger quand nous avons faim, de bure quand DDQS avona soiF, de noua vêtir pour noua garantir du froid , et d'allumer des âambeaui pour nous éclairer quand le aolcil nous a teûré aa tumière. Cette manibre toute torertre d'honorer les dieux est up dea plua fnta irgaroena par lesquels on prouve qulla oat «ulrefbia vécu , et qu'ils sont morts; car que peut-on a'imaginor de céleste dans le tang des vidiinei dont les païens infectent les auldsî Se perauadent-ils que lea dieux se repaissent de ce sang auquel les houimea auraient honte de towdierP Quiconque les en aura repus deviendra k l'heure mfime heureux , bien que ce soit un voleur , un adnltére, un empoisonneur, un homicide. II sera chéri et protégé des dieux, et il recevra de leurs mains libérales tout ce qu'il pourra souhaiter. Perae 8 eu grande raison de se railler de l'extravagance de cei superstitions, ai demandant ftcmn qui y étaient attadiét :

Q voyait fwt bien que, pour se rendre las dieux propices, il n'est pwat nécessaire de leur offt'ir la chair des animaux, mais une Ame sainte et pure, un esprit juste et équitable, on cœur chaste et généreux. C'est U une religion tonte céleste, qui consiste dans des vertus qiirituelles, et qui n'a rien de la corruption de la t«Te.Cest U le culte sincère par lequel l'âme s'immole ell»mème comme une victime. J'expliquerai, dans la suite de ce livre, de quelle sorte cette immolation doit être faite ; car il n'y a rien de si excellent pi de si conforme au devoir d'un homme que d'apprendre aux autres le moyei) d'acqnf^ rir la vertu.

Gatulua préfère , dana un dialc^pie de GjcéroD, intitulé Hortensias, la philosophie i toutes choses, et témoi^ie qu'il aimerait mieu avMT composé le petit livre sur lea devoirs de la Tie cÏTile, qn'ime longae oraiscm pour tm séditieux comme Cûmélioa. Je me persuade que c'était I& le sentiment de Gicéroo plutôt que de Citulos, qni n'a penttoe jamaia rien dit d'appnidiant,et qu'il avait dessein de donner,oaanie par avance, une banta idée des livres des Q/J&wi qu'il méditait de compoier, et dmsieqiwlUa

LACTANCE

témo iS depuis i totitp retmflm deli

phil SOpliie, il n'y a rion (le»i ulile queliD»-

et les prfcepies qtti rèjjleni la vie. Sida

Don ncs, à ({ui la vérité élail cwliée, «ni coffe-

d'itistniire les autres, n'avons -nous pas pin

de vit Âe. l'enlreprendrr, anus qui avomAé

nits et éclairés par Dieu même. Noiu or

cou BCticeruQii pas néanmoins par les preal^

res leçoQs que l'on donne û ceux qui n'nalji-

mais entendu parler de la verln; ce «erait o

travail infini. Nous supposernn.4 les notionqnr

les aïens donnent à ceux qu'ils rrçnivefit riim

r école, el sur les lûiidrmens qu'ils ont pn*^

élèverons l'édifice de \st justice rhrédrner

a I: oellc ils n'ont aucune pari . Je passerai «nu

ce les rèfîles qui leur peuvent etrf o«i-

les avec nous, de peur d'Wre accusé d'rni-

inter des preuves à tpxtx dont je réfute lu

ert ira.

, Il ya detiï chemins, (i-^s-grand tmpe- P , par l'un ou par l'autre destpiel» H hui pensablement que les hommes paneni l'un on monte au ciel ; par l'autre on dodan-i l>nfi:r. Les polîtes et les pbHo»ont fbrt célébré l'on et t'atilre par tfun et par leurs disputées, (.rs pMIusDphn i' prétendu que l'un était le rhemht dr N vertu et l'autre \f. chemin du vioe ; que Tmtrfr du preniirr nt diFRdlc el embarrassée; mili 1 que, dès <iue l'on a sunnonK^ cette dlfficailé, es j trouve tout le reste aisC et on entre daiu voc j agr iblc plaine ah l'on Irunvc de quoi se Hcom])eB!^er de son Iravajl. Ceux gui <îpourBDt6 | de cette première dirficullé qnillenl ce cbania enprenneiii un autre dont l'enln^e paraît bmcoup plus ai;ré.ib1e fX qui fAl Frayd^ par no plni | grand nombre de personnes ; maia dès que Tia | est un peu avancé, toute b henulé de l'enfréf | disparaît et on n'y rencontre plus que des roches, des précipices, des buissons, dis nm et des torrculs , et l'on n'y peut aller tant «toir la peine, sans échouer souvent, stugftuer et la lombcr. Cette description ne tend qal numtrer qu'il est difficile d'acquérir la nfti, n que quand ou Is po«ièdc, oa m linda p ira solides et durables, au lieu que I'uoik ti e daas le vice que de ramcniune a da isir, bien qu'il n'ait que trap d*a(tfa)U

qui la donnent savaient en quoi cpnaiate la vertu, et où elle se termine. Mais ils n^ont jamais appris ni ce que c'est que la vertu, ni quelle récompense Dieu lui a promise, et c'est ce que j'ai dessein de montrer dans ce livred. Oirome ils ne savaient pas que les Ames sont immortelles, ou qu'au moins ils en doutaient, ils n'ont attribué ni au vice ni à la vertu que des peines et des récompenses temporelles. Tout le discours qu'ils font sur les deux chemins se réduit ou à la frugalité ou à la débauche. Ils disent que le cours de la vie humaine est semblable à un Y; que quand les jeunes gens sont arrivés à l'endroit où le chemin se divise en deux, ils échouent et doutent dans le quel ils doivent s'engager. S'ils trouvent un guide sage et fidèle qui les délivre de leur doute, et qui leur montre le bon chemin , c'est-à-dire que s'ils ont étudié ou la philosophie, ou l'éloquence, ou les belles-letres. ils s'adonneront à l'honnêteté et à la vertu; ce qui ne se peut faire sans une peine incroyable. Que s'ils ne trouvent point de guides, ils s'engagent dans le chemin qui esta main gauche et qui parait le plus beau, c'est-à-dire qu'ils s abandonnent à l'oisiveté et à la débauche qui leur semblent d'abord fort agréables; et quand ils ont perdu leurs biens et leur réputation, ils vivent dans Tinfamie et dans la misère. Voilà comment les deux chemins dont nous parlons n'aboutissent qu'au corps et à la vie présente selon les descriptions que les philosophes nous en ont laissées.

Peut-être que les poètes en auront parlé plus raisonnablement. Au lieu de tracer ces routes-là sur la terre, comme ont iait les philosophes, ils ont feint qu'elles étaient en enfer et se sont trompés en ce qu'ils ont proposé des chemins aux morts qui ne marchent plus. Les uns et les autres ont dit quelque chose de bien et de mal, et ont sans doute manqué, en ce qu'ils n'ont pas tous mis ces deux chemins dans la vie et ne les ont pas terminés à la mort. Nous les expliquons mieux quand nous assurons que l'un de ces chemins mène au ciel et l'autre en enfer; c'est-àdire qu'il y a une vie éternelle promise aux justes et une peine éternelle réservée aux méchans. Je dirai comment ces deux chemins mènent l'un au ciel et l'autre à l'enfer. Je montrerai ces vertus que les philosophes n'ont point connues, et '|s proposerai leurs récompenses. Je parlerai

aussi des vices et des chàtiniens qn'ib mMtent Quelqu'un souhaiterait pent-ètre que je traitasse séparément des vertus et des vices { mais ce sont des contraires qui ne se eoniiaisaeat jamais mieux que par leur oppositioQ meteelle. Ils se suivent et paraissent tour I tour : quand la vertu entre, le vice se retire; quand le vice revient la vertu s'évanouit. Les biens et les naui sont comme dans un combat perpétod et se chassent réciproquement. On ne saurait éloigner le vice sans introduire la vertu , ni bannit la vertu sans rappeler le vice. La descriptioD que nous foisons de ces deux chepins est dooe fort diffiérente de celle qu'en font les philosophes. Nous mettons en tête de chaque chemin un guide immortel, avec cette différence que l'un préside aux vertus et est dans la gloire, au lien que l'autre préside aux vices et est condamné aux supplices. Les philosophes ne mettent un guide qu'au chemin qui est à main droite; encore n'est-ce pas toqjours le même ! Cest le premier qui se présente pour enseigner quelqu'art louable, pour détourner de l'oisiveté et pour exciter à la vertu. Ce guide ne montre le chemin qu'à des jeunes gens, parce que Ton n'apprend les arts que dans la jeunesse. Nous ouvrons au contraire le chemin du ciel à des personnes de tout âge, de tout sexe et de toute condition; parce que Dieu qui est à la tète de ce chemin ne refuse l'immortalité à personne. Les chemins ne sont pas disposés de la manière que les philosophes les ont décrits; car étant directement opposés ils ne sont point fidèlement représentés par la figure de l'Y. Le bon chemin regarde l'orient et le mauvais l'occident. Quiconque aura suivi la vérité et la justice jouira de la lumière de l'immortalité, au lieu que ceux qui, trompés par le guide infidèle, auront préféré le vice à la vertu et le mensonge à la vérité, tomberont dans l'obscurité et dans les ténèbres. Je décrirai ici les propriétés de ces deux chemins.

IV. 11 n'y a qu*un chemin que les gens de bien puissent tenir; ce chemin mène non aux Champs filysées, comme l'ont dit les poètes; mais à la région la plus élevée de Tunivers. Il y a un autre chemin, à main gauche, qui mène au lieu destiné pour le châtiment des crimes et aux enfers. C'est le chemin du calomniateur qui par les superstitions qu'il a inventées détourne les

LACTANC

• da talat et les engage dms la damnatk». Ce i^emin paratt d'abord lif|^ , uni , pné de fleurs et de frnits. Dieu a mû i l'entrée tout ce qoe le monde prend poor des biens : les ridiesaes, les bomeors, le repos, les plaisin; mais il y a mis aus« riqjiutice , la crnanté, Vofgueil, la perfidie, ta débaadie, la discorde, l'ignorance , le mensonge , la Iblie et les autres vices. L'issue est disposée de telle sorte que, quand on approdie de la fin, aa ne peut plus retourner sur ses pas , oh perd de vue lès béantes dont OQ avait été dunnée d'abord, et on ne recoonatt que l'on a été trompé qu'au moment o& l'on tomlw an faaà d'nn précipice. GHa vent dire que quiconque, s'étant laissé endianterpar b beauté des créatures , s'arrête h en jouir et se détourne du créateur, sans préroir ce qui doit arrÎTer après la mort , tombera dans Fenfer o& ii souffrira un cbAtiment étemel.

Dieu a fait au contraire le chemin du dd iaégsA et raboteux. 11 )'a bordé d'épines qui jiquent et qui déchirent. Il l'a embarrassé de cailloux et de rochers sur lesquels on ne saurait marcher sans se blesser les pieds et sans être en dangn* de tomber. 11 y a placé la justioe , la tempérance, la patience, la foi, la diasteté, l'abstinence , la concorde , la sdeoce , la vérité , la sagesse, et les autres jertas ; mais il y a aoisi placé avec elles la pauvreté , l'inhmie , le travail , la douleur et toutes aortes d'amertumes. Gela vent dire que quiconque porte ses etpénnces au delà des choses présentes , et prétend à la possession des biens étemels , sera {vivé des bien» tempords, et fera pins A son aise le voyage de cette iie. En efFet , ceux qui sont chargés de richesses et suivis d'un train nombreux et d'un superbe équipage , ne sauraient jamais entrer dans le chemin étroit que nous décrivons. Les mécbans n'mt point cette incommodité. Tout leur réussit , parce que le dienun où ils. marchent est large et a beaucoup de pente. Les gens de bien ont plus de peine pan« qoe leur chemin est étroit et difficile. Ils sont exposés an mépris, i, la raillerie et i la haine. Tous ceux qui sont entraînés pv les voluptés et par Iran passions ont de la jdoosie contre ceux qui ont été assez heureux pour acquérir la vertu et ponr se mettre en possession d'un si grand avantage dont les autres sont privés. Les gens de bien SCI sut dans la pauvreté et dans l'infïmie ; ils

aérant nxfn

soufiiriront unitcec|«u }■ de'jptefkbentt i de plus rude; mais ails anaerTCHt U patiaee I jusqiesàhfin,an ndBep de tant de ttûgm, ils recevront la conmane.

Vi ili les denxdKDlnt'qoeDieo a tneisaR faon ne», n a mis dans Ton et du» raotredci

et des maux; m^ 11 né ka f a paa ait

lemémeordre. naMtToirdaurandei c temporels et oHdte dea Uena Aandi, Me ordreedsansdoateleMidncv. DaM v< lans l'autre des bieottHlfMrda et taiBlc des I taux éterads, etotortfn ekkftai Mile et leidnsfluKitBqifMiae pakKlBF gmer. Qotcoaqoe choUIra daa mhk piéM» I avec ta justice possédera des Mon pin alaUci | et is solides que eenxqn^antMèplMi, ai iqnc celui qui aura (irôféré le-s birm prf.irRt a la justice tombera dans des mai» piu-t danger IX et plus terribles qite crux qu'il aura

d'éviter. Une vie aus-si courfe que rdle i ( nùus menons ici-bas ne naunlt avoir de

ni de maui qui soient de loDSue durée.

l'autre vie ne finissant point , les biens ( imaux qu'elle renferme ne peuvent finir n ilos qu'elle. Les biens de courte durée soot ■■ ùe. maux qui n'ont point de fin , et ta •

éecourle durée de bicosqui n'ont point | ttn non plus. C'est pourquoi cbacon , aywi la If] !né de choisir ou len biens ou les man qoi sont proposés , doit considérer mAremenl «H ne lui est pas beaucoup plus avantageux de aouffirir des maux de peu de durée pour acqufrir des bieniqui n'ont point de fin, que deValtiiw des mau^i; qui n'ont point de Hn , ponrinHr voulu jrjuir de biens de peu de durée. Liw«qiw l'on iW etigafié dans nue guerre, il en hut snppoTterlesfatigues,dansrFspéranGedegi)Ot(T un joor les ffuiis de la paix. Il faut souffrir tJ faim t la mf, le froid et le chaud. Il but niUer, ooucber sur la terre , &«suyer toutes sortes de dangers pour défendre sa famille, «a ranseoel 1 ses fxnchcs, et pour pouvoir jouir cnsoile it qu ue repos. Ceux qui préftrent en o centres l'oisiveté au travail s'expownt hdem

UTs. L'ennemi survient « les J tiorsd'^iatdesedëfendre;il porte le ran lents terres ; il pille leurs maisons ; i leurs iiemme^ et leurs enfans, rt il le« tue du Ik iw Wï crcesmalbeuTï, tf

Q CCI mr^

il enflir

Faut se priver de conmioditts passagères. Il en faut user à peu près de h menue sorte durant cette vie. Dieu a voulu qu'elle fût pleine de combats, et nous a suscité des ennemis pour exercer notre valeur. Il faut renoncer au repos et au plaisir de peur d*ètre surpris ; H faut être perpétuellement sur ses gardes, répandre soa sang, et supporter les plus grandes fetigues avec d'autant plus de joie que notre général nous en promet une récompense étemelle. Puisque les soldats qui combattent sous les enseignes des princes qui ne sont que des bommes entreprenent d extrêmes travaux pour gagner des biens qu'il est plus aisé de perdre que de gagner, nous ne devons refuser aucun travail pour gagner un bien que nous ne pouvons plus perdre dès que nous l'avons obtenu. Dieu qui nous a destinés à la guerre, veut que nous soyons toujours sous les armes, et que nous veillions sans cesse , et pour éviter les pièges de notre ennemi et pour repousser ses efforts. Il nous attaque comme un expérimenté capitaine par divers moyens, selon la connaissance qu'il a de nos inclinations et de nos mœurs. Il excite dans le cœur des uns un désir insatiable des richesses, qui sont comme des liens qui les embarrassent ; il allume en d'autres le feu de la colère, pour les détourner du service de Dieu et pour les porter à la vengeance. Il en plonge d'autres dans les voluptés , afin qu'ils ne songent plus à la vertu. Il inspire l'envie à d'autres, afin qu'étant rongés par cette malheureuse passion , ils fassent leur tourment du bonheur de ceux qu'ils haïssent. Il en remplit d'autres d'ambition, afin qu'étant élevés aux dignités ils donnent toutes leurs pensées aux fonctions publiques , et ambitionnent de voir les années marquées de leur nom ^? Il y en a quelques-uns qui forment de plus vastes projets, qui méditent de rendre leur autorité perpétuelle et d'opprimer la liberté de leurs concitoyens. Quand Dieu trouve des personnes qui se jettent dans la piété, il les jette dans la superstition. Il éblouit par le vain éclat d'une fausse philosophie ceux qui recherchent la sagesse , et les aveugle de telle sorte qu'ils ne peuvent jamais voir la vérité. Voilà comment il ferme tous les passages par où l'homme pourrait arriver au salut; voilà comment il se réjouit

^ Les consuls donnaient leur nom à Tannée de leur consulat.

de nos erreurs et de nos égaremens. Cependant comme Dieu souhaite que nous le puissions vaincre , il nous éclaire d'un rayon de sa lumière et nous fortifie d'une vertu céleste dont je me trouve obligé de parler en cet endroit.

V. Avant que de faire le dénombrement des vertus , il en faut donner une définition plus exacte que celle des philosophes , et marquer précisément quelle est la fonction et l'emploi de la vertu. Les hommes n'en ont gardé que le nom et en ont perdu toute la force. Lucilius a renfermé en peu de vers tout ce qu'ils ont coutume d'en dire. J'aime mieux les donner ici, que d*ètre aussi long et aussi verbeux que je le serais, si je voulais rapporter les opinions diverses et les réfuter. Voici donc comment il parle:

Li Tertu, mon cher Albin , contitte i ooniiallre le juste prix de chaque cboie , i saTOir ce qui est propre à l'homme ou ce qui lui est contraire , ce qui lui est utile et hoonéte, ou ce qui hii est pernicieux et honteux. La vertu consiste i se régler soi-mtaie et à mettre des bornes à ses désirs et à ses richesses. Elle consiste à rendre des honneurs et des respects à ceux qui les méritent. Elle consiste à se déclarer ennemi des méchans et ami des gens de bien. Elle consiste â senrir sa patrie et ses proches , et ensuite â prendre soin de soi-même.

Gicéron , suivant Panétius , sto!cien , a tiré de ces définitions de Lucilius tous les devoirs de la vie civile, et les a renfermés en trois livres. Nous en découvrirons incontinent toute la fausseté , et ferons voir en même temps combien nous sommes obligés à Dieu de la bonté qu'il a eue de nous révéler la vérité. Il dit que la vertu consiste à savoir ce qui est bien ou mal , honnête ou honteux, utile ou inutile. Il pouvait épargner quelques paroles, et se contenter de dire: que la vertu consiste à savoir le bien et le mal , puisque rien ne peut être utile ni honnête qu'il ne soit bon , comme rien ne peut être inutile au bonheur qu'il ne soit mauvais , ainsi que les philosophes en conviennent, et que Gicéron le prouve dans le troisième livre du même ouvrage. La science ne peut être une vertu, puisque ce que nous savons nous vient de deliors , au lieu que la vertu est au dedans de celui qui la possède. La science est une faveur que nous fait celui qui nous enseigne, et que nous recevons en l'écoutant. La vertu nous est propre , et consiste dans la volonté que nous avons de faire le bien. Gomme il ne servirait de rien dans un voyage de savoir le chemin si Ton n'avait la force de marcher , il ne sert de rien dans la mo-

Page 1