‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienneChapitre 83 sur 110 · LAC · texte numérisé non relu

LAC

raie de comuiltre le tnen si Ton n'a la vertn de le pratiquer. La pinpart de cenx qui pèchent ont une connùssance , quoique impar&ite, du bien et du mal; ils reconoaissent leurs fiutea, et c'est pour cela qu'ils tâchent de les cadier. Os ne se trompent pas en prenant le mal potir le bien ; mais ik sont emportés par le mouYemoit déréglé de leurs désira, auxquels ils n'ont pas la vertu de résister. Ainsi il est clair que la science du lûen et du mal est difFâ-eute de la vertu. L'une peut souvent être sans Fautre, comme la science a été sans la vertu dans la plupart des philosophes. Puisque c'est une foute de ne pas faire le bien que Ton connaît , le dérèglement de la volonté qui s'est opposé aux lumières de l'esprit sera puni avec très-grande justice. La verlB ne consiste donc pas à savoir le bien et le mal , maii à Mre le bim et à ne pas foire le mal. Ou ne doit pas séparer poor cela la science de la vertu ; il fout que la science précède , et que la vertu suive. La connaissance ne sert de rien si elle n'est suivie de l'action. Horace a mieux défini la vertu quand il dit:

La foute qu'il a foite est de ne l'mir expliquée queparoppoeitioo i son contraire, comme si , pour foire entendre ce que c'eti que le bien , il avait dit : le bien est ce qui n'est pas mal. H j'ignore ce que e'est que la vertu , j'ignore anti ce que c'est que le vice. J'ai besoin que Toa m'explique l'un et l'antre. Faisons done ce que ce poète n'a pu folt, et disons que: •être vertueux,c'est réprimer sa colére,modérer ses dédn, dompter ses passions; et cela même c'est éviter le vice , n'y ayant presque aucune action vicieaae qui ne procède de quelques-unes de ces causes.* En effist , si on arait arrtié tous les monvemna de cette passion Impétueuse que Vod appelle la colère, on aurait prévenu m même temps les querelles et lesdlFHrends, pane qoe nul n'amll la pensée de nuire ni de tendre des pièges ft on autre ; si les désira Injustes étalent léprimét, (»■ n'exercerait plus de brigandages sur nwr ni sqr terre , on ne lèverait plus de troupes poor piller et pour enlever le t»ea d'autruij si le feu de la volupté était assoupi, tout sexe et tout âge guiderait la chasteté, et personne ne fcrùt ni ne souffrirait d'infomie : ainsi la vie humaine terait exempte de crimes, ai ta Tert« aratt régU |

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ce .icas'ainiciurtiBKGMTrIHmrt'çaabMe.

nir, U est nécessaire dfi oi;n(^lm Pfe^, pana que, foute de ctwpaltTéla^pfi^lC^^fVMnrta, on tombe inwnaiWrwejtf Anm le vioB et an s'en apercevoir. Foqr fmimt B*» **»«mept Us caractlres pirtMifsrf de 1» iKffHe cl delavertu,aoiispoaTai^^;qi|p)f|PB(ndt la se »iceestdeGoiiiialtrepiaRâC(,i^i)rifndc

gi et la justice dép^nfeaf;, ,. ,

VL raifoitvQir.sijeffmJwWff.Vlili vertu necoDsiste pw ImmUtnlK Wm; jV montré ensuite ce qm c'eut qm ^jnfHp , cl M quoi elle consiste. D M^swlQ^llHIV^PMver en pe» de ptrolP ,t8»e to vIMpplM t point su ce que Cent qw) It MR >t lu Ml, ( ue jel'aied^â |)rp>^«||«alï«||Ht»

oa le troisième bTTç,kfaqwjMfflH* eratn bien. Il est certain que ceux qui n'ool connu le souverain bien , n'ont pu cooiullre autres biens ni les maux. Ckmmcal aunt-jls vu de Faibles ruisseaux, puisqu'ils n'ont 11 la source ? Dieu est la source des biens, U D que l'ennenii de son nom est la «urce 1 lux.VoilàlesdeuxprincipBS(l'o&leHtHeDs et maux procèdeol. Lf^s biens, qui prucMcni eti, ont cela de propre, qu'ils paivoil p I rer l'immortalité , qui est le souverain Les maux, qui procèdent de l'autre priut, ont cela de propre, qu'ils ddlourneot i'iœ ou 1, qu'ils l'attachent à la terre, et lui fou I )r un supplice éternel , qui est le Bouvenia 1. Il est donc clair que ces philosophes , qm n^ ce nnaissaicnt ni Dieu ni son ennemi, ont i| 'é oe que c'est que le bien et le mal ; ils vt rtÉ louH les biens au liervice du corps qui £t â h mort , et è l'usage de celte vie qui I ai courte, et n'ont jamais été |>lus avant, la p lies qu'ils donnent 6c terminent A la lent et I OGrps qui est tiré de la terre et qui sert pi ïa iUa curniption ; ils ne ooatiaaimit q«r ftns d'auquérir des riebessea ou de les I Ure,de parvenir aux iHNnienra, ans dignitea, de le mettre en crédit , et d'usurper l'aator et le puuvoir, ce qui ne regarde que le I .Voilii pourquoi le poëic a dît :qBc la ve^ n wstcà savoirdequellc IBani^reuodoHa^ quÉrir d» hipn ,ct mmment on en doit Oser qaad

onentac «criveutdesi^BlM

par où Ton peut aufpnenter son bien, parce qu'ils voient que plusieurs manquent en ce point, et font fort mal leurs afRsiires; mais ce n'est pas là la vertu dont la pratique est proposée au sa{];c. La vertu ne consiste point à amasser des richesses, puisque ni leur acquisition, ni leur possession ne dépendent de notre liberté, et que les méchans y réussissent mieux que les gens de bien. La vertu n'a garde de s'abaisser jusqu'à poursuivre des choses qu'elle méprise ; elle ne quittera pas les trésors incomparables du ciel , auxquels elle est attachée par ses pensées et par ses affections, pour courir après Tombre du siècle. Elle s'occupe principalement à rechercher des richesses que l'injustice des hommes ni la rigueur de la mort ne nous peuvent ravir. C'est pourquoi ce qui suit dans le discours de Lucilius est véritable : que la vertu consiste à connaître quel est le juste prix des richesses. Le sens de ces vers est presque le même que celui des précédens; mais ni Lucilius, ni aucun philosophe n a pu savoir quel est ce prix. Ce poète et tous ceux qu'il a imités ont cru que, pour feire un bon usage des richesses que l'on possède, il n'y a qu'à avoir delà modération , ne point faire de festins trop magnifiques, et ne point dissiper son bien en dépenses superflues ou honteuses. Quelqu'un me demandera peut-être si je nie que ce soit une vertu que d'en user de la sorte. Je ne le nie pas, car si je le niais, il semblerait que j'approuve le désordre; mais je nie que ce soit là la véritable vertu. C'est une vertu qui n'a rien de céleste, qui rampe toujours sur la terre, et qui ne s'élève jamais au-dessus. Lorsque j'expliquerai les devoirs de la piété, je ferai voir quel est l'usage légitime des richesses. Ce que Lucilius ajoute n'est nullement con- ; forme à la vérité ; car se déclarer l'ennemi des I méchans ou le protecteur des gens de bien , est quelque chose de commun aux gens de bien et aux méchans. H y en a plusieurs qui , par le désir de parvenir aux grandes charges , affectent de se mettre en réputation d'une rare probité ; ils font pour cela quantité d'actions que font aussi les personnes de vertu , et les font avec d'autant plus d'ardeur et d'autant plus d'éclat, qu'ils ne les font qu'à dessein de tromper. Plût à Dieu qu'il fût aussi aisé d'être homme de bien qu'il est aisé de faire semblant de l'être. Lorsque ces personnes-là sont arrivées au comble

des honneurs où elles aspiraient , elles cessent de se contraindre et de se déguiser, et laissent paraître toute la corruption de leur cœur ; elles violent les plus saintes lois avec la dernière impudence ; elles enlèvent le bien d'autrui et persécutent les gens de bien , dont elles se vantaient auparavant d'entreprendre la protection ; el!r» rompent les degrés par où elles sont montées aux dignités, afin que les autres ne puissent les suivre. Supposons néanmoins ici qu'il n'appartient qu'à un homme de bien d'entreprendre de protéger les gens de bien. Il est moins facile à exécuter qu'à entreprendre ; car quand on est engagé une fois dans le combat , on n'a pas entre les mains la victoire, qui n'est qu'en celles de Dieu. Les méchans sont quelquefois en plus grand nombre et en meilleure intelligence que les gens de bien , de sorte qu'il ne faut pas moins de bonheur et de force pour les vaincre. Qui ne sait que la victoire ne s'est pas toujours déclarée pour la justice? Le mauvais parti a souvent été le plus fort, et c'est de là qu'est venue l'oppression de la liberté publique et l'établissement de la tyrannie. L'histoire est toute remplie d'exemples de ce que je dis. Je me contenterai d'en rapporter un : Pompée voulut défendre les gens de bien et prit les armes pour la république, pour le sénat et pour la liberté; mais ayant été vaincu avec la liberté qu'il défendait , il eut la tête tranchée par la perfidie des eunuques de la cour d'Egypte , et fut jeté sans sépulture. La vertu ne consiste donc ni à se déclarer l'ennemi des méchans ou le protecteur des gens de bien, puisqu'elle ne peut être exposée à l'incertitude des événemens. La vertu consiste à regarder les avantages de notre patrie comme nos propres avantages. En effet , si l'on avait ôté la bonne intelligence d'entre les hommes , il n'y aurait plus de vertu. Les avantages de notre pays ne tendent -ils pas au dommaf^e de nos voisins ? Pouvons-nous étendre nos fi'ontières sans les chasser de leurs terres ou sans les assujettir à notre domination ? Ce n'est pas là une vertu, c'est le renversement de toute vertu ; c'est briser la société humaine , bannir l'innocence et la justice qui ne peut demeurer au milieu des armes et qui se retire au bruit de la guerre. C'est avec grande raison que Cicéron a dit: que ceux qui avouent qu'il faut avoir égard à ses concitoyens et ne point se soucier des

étrangers, rompent h société du genre hnmain et anéaatissent en même temps la bonté , la libéralité et la justice. Garde-t-on la justice dans le temps que l'on nuit à quelqu'un, qu'cm le liait, qu'on le dépouille,qu'onle tueP Cest cependantce que font ceux quis'effercentdeprocorerlesaTantages de leur pays. Ils ne savent pas seoleraent ce que c'est qu'un avantage; ils s'imaginent qu'il n'y a rien d'avantageux, d'utile ni de coiomodeque ce que Ton peut tenir entre le* mains, si toulefÏHs on y pent tenir ce que l'on en peut arracher. On élËve jusqu'au ciel, pardeslouanges eicessives, ceux qui procurent ces avantages à leur patrie , c'est-à-dire ceux qui remplissait le trésor public des richesses des villes mises ï fea et i sang et des dépouilles des nations vaincues, et on se persuade qu'ils sont montés an comble de la vertu. Cette artar n'est pu seulement soutenue parla multitude, elle est autorisée par les philosophes. Lorsqu'ils traitent des devoirs des personnesqui sont engagées dans la pnrftesion des armes, ils ne règlent pas Imrs sentimens sur la justice on sur la vertu ; ils les rapportent à l'usage de la vie présente, qoi est fort différent de la vertu, comme tout le nMmdepôit le recoanattre et comme Gicénm le déclare en termes exprès, i Nous ne concevons , dit-il , aocune image fidèle et sincère du droit et de la justice; nous n'en avons que l'ombre, on pas même l'ombre : il serait & souhaiter que dods eussions du moins cette ombrequiwHisrepréseaterait quelque trait de la vérité. > Ce n'est donc que l'image de l'ombre que les philosophes ont prise pour la justice. S'ils n'ont pas la justice , oni-ils la sagesse? Qcéron avoue «ncèranent qu'ils ue l'ont point, o Lorsque, dit-il, onappelle Fabricius généreux, ou Aristide juste, on cherche des exemples, et on propose l'on de ces anciens comme un modèle de courage et l'aulre comme un modèle d'équité; car ancnniTefixn'i possédé en effet la sagesse dans la perfECtioa dont nous tâchons de former ici l'exemple. Galon et Lœlius n'ont pas été sages, bien qu'oo leur en ait donné le nom. Les sept , tant vantéi par la Grèce, ne l'ont pas été non plus. Ile n'ont eu qu'une vaine apparence de sagesse, fondée seulement sur l'habitude qu'ils avaient de s'acquitter plus exactemoit qne le peuple des devoirs ordinaires de la vie civile.* Voili donc des philosophes sanasi^ceie, et ceux qui

LÀCTANCB.

paraissent j > ^ ; Btli kl dcKri^

lions que l'on hit de oei ratau nOBi imposât, «qoe, poarcoaniltre la TCTtBjîl hât avgir la j ice et la sagene. Or md ne let ■ s'il ne les a reçus de Dieu même.

VII. Ceux qui n'ont été mia an nombre des sages qne par une eireur et nne Mcpriae qoi ett

ont été trompés par des fcni n'o 3iibras>éqaedeionlmsetd Lb' e trompeuse qu'Os ont nivieadinn détours qni sont fonnéi eaoBM fm k* apritm linioDs et des aedea dm kaqndki isae i jtrfn flnr, rnrnmr If rtwihi lïr h mjium a nqne apparence de fliBe,ntarive je rai 1 )ir dans le livre pfMdcat, la cbCMta de la : a tnari quâque i^ianoee dB;HBeM, qui it conservée par ceas qai «Bt BMi de 1 t» pont découvrir la (blîe du peuple. Si ce

0 a des vices manifestes , il a aussi quelf il uge de la vertu ; s'il a des injaMices que l'on ne saurait déf^uiser, il a aussi une onûire de j : qne l'on ne saurait s'empêcher d'aprt^ cevi .Goounentle(;uide infidèle qui eslïla l«e

litnl y engaffer une si prmliglwise mul-

, s'il n'y semait des attraits capables de li tn erP Dieu ne dé-sirant pas découvrir Im

ret, ■ placé à l'enlrée de son cbemin dn dx> qne let hommes ont mé|)ri.i^cs,à cause il« qi neaortedebassesseoudinfemjedonlcll»

■ waisaaient mêlées, afin qut-a'élotgnant Je la sase et de la vérité qu'ils chrrcliaienl nnt I guide, ils tombaxscnt dans les nuu

qu'Us auraient bien voulu éviter. 1^ guldt ti eur qui est â l'entrée du cbemîa de li 1 montre plusieurs détours à ceux qu'il rnn podre, aoit à dessein de leur persuader qu'il

ire la différence du bien et du nui, àe U vérité et du mensonge , ou en effet par la seule raiMnque les mêmes vertus ne sont pas propm indiffSreounttit à toutes soriei de perMonn. et qne comme il y a plusieurs dieux , it f a am pli trs moyens de se pn-dre rn les honorant. Ce guide ne mène pas le^ débaucltés par le méi diendnpar où il mène ceux qui scmblnl en Ter qodque sorte de retenue et dliuaiH lité. mine ks i{;norans par un autre chouiD

1 saram, les ISches par un autre qne lo —1, If •>»■■"''• "— •■" antre que les phi-

I • Le iintoe mt

sophes est encore divisé par des routes particulières ; car il détourne un peu du grand chemin ceux qui n'ont pas d'aversion des voluptés et des richesses, et il tratne à travers les précipices ceux qui ibnt profesûon de mépriser les biens de la terre et de ne chercher que la vertu. Ces sentiers-là semblent un peu plus écartés que le grand chemin; mais il n'y en a aucun qui n'y ramène. Le guide qui avait séparé les philosophes d'avec le peuple et les savans d'avec les ignorans, les rassemble tous à la fois et les réunit dans le culte des Faux dieux pour les égoi^er du même fer, et pour les faire périr du même genre de mort.

Le chemin de la vérité, de la sagesse, de la vertu et de la justice est unique. Nous y marchons du même pas, et dans la même disposition de cœur, parce que nous n'y servons que Dieu , le seul objet de notre culte. Ce chemin est étroit parce que la vertu est une faveur qui n'est pas accordée à tout le monde. 11 est droit et rude, parce que la vertu est assise sur une hauteur où Ton ne saurait monter sans peine.

VIII. Les philosophes cherchent ce chemin sans le trouver, parce qu'il n'y a sur le terre aucun vestige par lequel on le puisse reconnaître. Ils s'égarent comme sur une vaste mer où ils n'ont point de pilote. Il faut chercher ce chemin sur la terre de la même sorte que les pilotes cherchent le leur sur la mer, en regardant le ciel et en observant les astres ; c'està-dire, pour parler plus clairement , que ceux qui désirent marcher dans le chemin de la vie doivent suivre Dieu et non les hommes , l'adorer lui seul et non les idoles, rapporter toutes leurs actions à leur àme et non à leur corps, tendre à la vie éternelle et non à cette vie passagère. Si vous levez les yeux au ciel et que vous preniez le soleil pour le guide de votre navigation, cette lumière spirituelle qui remplit l'esprit d une plus vive splendeur que celle dont le soleil visible éclaire l'univers, vous conduira sûrement au port de la vertu et de la sagesse, il feut pour cela recevoir la loi de Dieu que Gicéron a dàrite dans le troisième livre Des Lois, dans des termes si excellens que j'aime mieux les lui emprunter que d*en chercher d'autres qui seraient peut-être trop diffus et n'auraient pas la même force. « La véritable loi c*est la raison droite et conforme à la naturel qui est .

répandue dans le cœur de tous les hommes, qui est uniforme, stable et étemelle, qui commande le bien et qui défend le mal. On ne peut ni s'y opposer, ni y déroger, ni Pabolir. Ni le sénat ni le peuple n'en peuvent accorder aucune dispense. Il n'en fout point chercher d*explication ni de commentaires. Il n'y en a point une pour Rome et une autre pour Athènes, une pour le temps présent et une autre pour le temps avenir. Elle sera toujours la même, et dans tous les tempselle gouvernera tous les peuples. Celui qui Fa inventée et publiée est un législateur, un seigneur et un Dieu éternel, duquel on ne peut s'éloigner sans se perdre et auquel on ne saurait désobéir sans renoncer à sa propre nature, ce qui serait on châtiment fort terrible quand même on pourrait éviter les autres. » Y a-t-il quelqu'un, quelque bien informé qu'il soit des mystères de notre religion , qui pût trouver des termes plus propres à parler de la loi de Dieu que ceux que cet auteur a employés, bien qu'il îti fort éloigné de la vérité ? Pour moi , je me persuade que ceux qui la publient de cette sorte sans la connaître sont inspirés de Dieu. Si Gicéron avait aussi bien expliqué les préceptes de cette loi qu'il en a découvert l'origine et le pouvoir, il aurait rempli le devoir non d'un philosophe, mais d'un prophète. Puisqu'il ne l'a pas fait, c'est à nous, qui avons reçu cette loi de la main du Seigneur souverain, de la puissance duquel relèvent tous les peuples de l'univers; c'est à nous, dis-je, à tâcher de le faire. IX. Le premier commandement de cette loi est de connaître Dieu et de n'adorer que lui. En effet, quiconque ne connaît pas son créateur et l'auteur de son àme, ne mérite pas le nom d'homme. Ne connaissant pas Dieu, il s'abaisse jusqu'au service des idoles,qui est le plus grand de tous les crimes. Get éloignement de la source de la vérité et de la justice ne peut porter qu'au mensonge et au péché ; car quand ceux qui ne savent pas la loi de Dieu auraient de bonnes intentions, ils prendraient les lois de leur pays pour des lois véritables, bien qu'elles ne soient point établies sur le fondement de la justice. Gar d'où vient la diversité si prodigieuse des lois qui se rencontrent partout le monde, si ce n'est de ce que chaque nation a établi celles qu'elle a jugé être les plus avantageuses à ses intérêts. Or (m sait combien Tintérèt est contraire à la

«53 LACl

étrangers, rompent la aodété du genre faumaia et anéantissent en même temps la bonté , la libéralité et la justice. Garde-t-on la justice dans le temps que l'on nuit à quelqu'un, qu'on le bait, qu'on ledépouille,qa'oiiteiu^Cestœpendantce que font ceus qui s'efpDrcent de procurer lesavantagesile leur pays. Ils ne savent pas seulement ce que c'est qu'un avanti^; ils s'imaginent qu'il n j> a rien d'avantageux, d'ntile ni de coatmode que ce que fon pent tenir entre les mains, si touleBois on y peut tenir ce que l'on en peut arracher. Ou élève jusqu'au ciel, par des louanges excessives, ceux qui procurent ces avantages à leur patrie , c'est-à-dire ceux qui remplissait le trésor public des richesses des villes mise* ï fiea et à sang et des dépouilles des nations vaincoes, et on se persuade qu'ils sont nxnités an comble de la vertu. Cette erreur n'est pas seulement soutenue par la multitude, elle est autorisée par les philosophes. Lorsqu'ils traitent des devoirs des personnes qui sont engagées dans la profession des armes, ils ne règlent pas leurs sentimens sur la justice ou sur la vertu ; ils les rapportent à l'usage de la vie présente, qui est ftirt différent de la vertu, comme toutle monde pe'nt le reconnaître et comoK Gicértm le déclare en termes exprès. ■ Nchis ne coneeviHU , dit-il , ancune image fidèle et «ncère du droit et de la justice; nous n'en avons que l'iHnbre, on pat même l'ombre : il serait k souhaiter qne nom eussionsduuioinscetteombrequinous représenterait quelque trait de la vérité. > Ce n'est donc que l'image de l'ombre que les philosophes ont prise pour la justice. S'ils n'ont pas la justice , ont-ils la sagesse? QcéroQ avoue sincèrement qu'ils ne rontpoint.iLorsqne, dit-il, onappelle Fabricius généreux, ou Aristide jnste, on cherche des exemples, et on propose l'un de ces ancieus comme un modèle de ooorage et Tautre comme un modèle d'équité; car aocnii d'eux n'a possédé en effet la sagesse dans la perfection dont nous tachons de fbrmer ici l'exemide. Caton et UeliuR n'ont pas été sages, bien qu'on leur en ait donné le nom. Les sept , tant vantés par la Grèce, ne l'ont pas été non plus. Us n'ont eu qu'une vaine apparence de sagesse, fbndée seulement sur l'habitude qu'ils avaient de s'acquitter pins exactement que le peuple des devoirs ordinaires de la vie civile.» Vi^ donc des philosophes sans sagesse , et ceux qui

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lions que l'on fiùt de ces vertus dou imposent, «que, ponrc(MinaltrehvertB,UfiNBta«w laj ice etla sagesse. Or nul ne les is^ilne I iriiçusdeOkniBème.

VIL Ceux qui o'cnt été mis an nomln des sages que par une CRcnr et mie nrpriie qui et

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iMI y engager une si prodigieuse multi , s'il &Y semait des attraits capables de li tmmper? Dieu ne désirant pas découvrir Its m; ta, a placé à l'entrée de son chemin da di es qne les hommes ont méprisées.^ cawc àt qi ] lesortedebassesseoud'infainietfontdls

naissaient mêlées, atin que s'élojgnani de la ss^ »e et de la vérité qu'ils dierctiaient miu

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sophes est encore divisé par des routes particulières ; car il détourne un peu du grand chemin ceux qui n'ont pas d'aversion des voluptés et des richesses, et il traîne à travers les précipices ceux qui ibnt profiession de mépriser les biens de la terre et de ne chercher que la vertu. Ces sentiers-là semblent un peu plus écartés que le grand chemin; mais il n'y en a aucun qui n'y ramène. Le guide qui avait séparé les philosophes d'avec le peuple et les savans d'avec les ignorans, les rassemble tous à la fois et les réunit dans le culte des Eaux dieux pour les égoi^er du même fer, et pour les feire périr du même genre de mort.

Le chemin de la vérité, de la sagesse, de la vertu et de la justice est unique. Nous y marchons du même pas, et dans la même disposition de cœur, parce que nous n'y servons que Dieu, le seul objet de ncHre culte. Ce chemin est étroit parce que la vertu est une faveur qui n'est pas accordée à tout le monde. U est droit et rude, parce que la vertu est assise sur une hauteur où Ton ne saurait monter sans peine.

VllI. Les philosophes cherchent ce chemin sans le trouver, parce qu'il n*y a sur le terre aucun vestige par lequel on le puisse reconnaître. Us s'égarent comme sur une vaste mer où ils n'ont point de pilote. II faut chercher ce chemin sur la terre de la même sorte que les pilotes cherchent le leur sur la mer, en regardant le ciel et en observant les astres ; c'està-dire , pour parler plus clairement , que ceux qui désirent marcher dans le chemin de la vie doivent suivre Dieu et non les hommes , l'adorer lui seul et non les idoles , rapporter toutes leurs actions à leur àme et non à leur corps, tendre à la vie étemelle et non à cette vie passagère. Si vous levez les yeux au ciel et que vous preniez le soleil pour le guide de votre navigation, cette lumière spirituelle qui remplit l'esprit d une plus vive splendeur que celle dont le soleil visible éclaire l'univers , vous conduira sûrement au port de la vertu et de la sagesse. 11 feut pour cela recevoir la loi de Dieu que Gicéron a dàrite dans le troisième livre Des Lois, dans des termes si excellens que j'aime mieux les lui emprunter que d'en chercher d'autres qui seraient peut-être trop diffus et n'auraient pas la même force. « La véritable loi c'est la raison droite et conforme à la naturel qui est .

répandue dans le cœur de tous les hommes, qui est uniforme, stable et étemelle, qui commande le bien et qui défend le mal. On ne peut ni s'y opposer, ni y déroger, ni l'abolir. Ni le sénat ni le peuple n'en peuvent accorder aucune dispense, il n'en faut point chercher d'explication ni de commentaires. U n'y en a point une pour Rome et une autre pour Athènes, une pour le temps présent et une autre pour le temps avenir. Elle sera toujours la même, et dans tous les tempselle gouvernera tous les peuples. Celui qui l'a inventée et publiée est un législateur, un seigneur et un Dieu étemel, duquel on ne peut s'éloigner sans se perdre et auquel on ne saurait désobéir sans renoncer à sa propre nature, ce qui serait un châtiment fort terrible quand même on pourrait éviter les autres. » Y a-t-il quelqu'un, quelque bien informé qu'il soit des mystères de notre religion , qui pût trouver des termes plus propres à parler de la loi de Dieu que ceux que cet auteur a employés, bien qu'il fût fort éloigné de la vérité? Pour moi, je me persuade que ceux qui la publient de cette sorte sans la connaître sont inspirés de Dieu. Si Gicéron avait aussi bien expliqué les préceptes de cette loi qu'il en a découvert l'origine et le pouvoir, il aurait rempli le devoir non d'un philosophe, mais d'un prophète. Puisqu'il ne Ta pas fait, c'est à nous, qui avons reçu cette loi de la main du Seigneur souverain, de la puissance duquel relèvent tous les peuples de l'univers ; c'est à nous , dis^je , à tâcher de le faire. IX. Le premier commandement de cette loi est de connaître Dieu et de n'adorer que lui. En effet, quiconque ne connaît pas son créateur et l'auteur de son àme, ne mérite pas le nom d'homme. Ne connaissant pas Dieu, il s'abaisse jusqu'au service des idoles,qui est le plus grand de tous les crimes. Get éloignement de la source de la vérité et de la justice ne peut porter qu'au mensonge et au péché ; car quand ceux qui ne savent pas la loi de Dieu auraient de bonnes intentions, ils prendraient les lois de leur pays pour des lois véritables, bien qu'elles ne soient point établies sur le fondement de la justice. Gar d'où vient la diversité si prodigieuse des lois qui se rencontrent partout le monde, si ce n'est de ce que chaque nation a établi celles qu'elle a jugé être les plus avantageuses à ses intérêts. Or (m sait combien l'intérêt est contraire à la

LAGTANCE.

justice, et on ne le reconnaît que trop par li pratique desHomains qui,eD déclarant la guerre h leurs voisins, et en leur faisant les dernifirea violences avec quelque formalilé de justice, mit enlevéleurs biens et uaurpé l'empire de l'iuiiven. Tous ces peuples s'imasineat observer la justice quand ils ne font rien qui soit ««traire à ta disposition de leurs lois , bien que pour l'cKiii' iiaire ih ne se tiennoit dans les bornes du devwr que par rapptéhensioa du cbfttiment. Supposons néanmoins qu'ils obéissent aux lois par leur inclinatiiHi et par un pur mouveinent de leur liberté , montrent-ils le titre d'eucta observateurs de la justice, pour avoir à&txé i des lois inventées par des honimoa qui ont pa se tromper, et qni oatpcnt<61re âé fort injustes? On doit mettre en ce rang-li les auteurs des lois des Douze Tables, qui se sont aaxHnmodés an temps, et qui ont travaillé pour le bien public Il y a donc une grande différence entre le droit civil , qui change selon le génie des pei»ples , et la justice , qui est simple , unique et uniforme , et qui ne peut plus être ignorée que par ceux qui ignorent Dieu d*où elle procMe comme de son principe. Demeunms d'accord que quelqu'un peut acquérir de véritables vertus par les forces de sa nature , tel que Ton dit que fiit autrefois Cimon rAtbémen , qui distribuait de l'argent a ceux qui en avaient besoin , qui invitait les pauvres i manger avec lui , et qni donnait des habits à ceux qui étaient nus. Il faut pourtant avouer que si la connaissance de Dieu, qui est le premier et le plus nécessaire de loua les biens , lui manque , ses vertus seront ioutiles , et la peine qu'il aura prise pour les acquérir ne lui servira de rien. Sa justice ressemblera à un corps qui , Inen qu'il ait tous ses membres dans la disposition où ils doivent être, n'a point de vie ni de sentiment, parce qu'il n'a point de tète. Ces membreft-là n'ont que la flgure extérieure et n'ont aucun usage, comme la tête n'a aussi aucun usage quand elle est séparée des membres. Celui qui ayant la connaissance de Dieu vit dans le crime, ressemble a one tête qui n'a point de corps : il a le principal et le plus Décessaire , mais il n'en tire aucun fhiit , parce qu'il n'a pas les vertus qni sont comme les membres et les organes sans lesquels il ne peut f^ire de fonction. Pour donner an corps spirituel dont nous parlons fai We «t li seMl-

ment,etponrmettr( sMwirhonBc

intérieur, il faut que lea vertus, qui mit Goauc

autant de membres, soient joiatM ft U conoiis-

sanoe de Dieu , qui est owww U Ute ifâ te

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eentîmens et du mouvcnett. ^iCB qn'Wle m

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le commettre quelque péi:^é. Dieu (lardoiUK

ctié;j-là ; mais il ne pardonne point l'inâ-

dc ceux qui ne connaistienl pu» sou nom.

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tête. Ainsi, quelque vertu que &eiubleot avoir

I [ritilusopiies , il est cerlaiii qu'ils ne saveal

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