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donné qu'un petit corps ? II ne connaît pas «ans doute le prii des faveurs qu'il a reçues de Dieu ; ce qui est une ingratilude , ou plutût une folie. Platon agissait beaucoup plus safrcment quand, pour cun Fondre , comme je me le persuade, ces esprits méconnaissans , il rendait f^rAees ) la nature de ce qu'elle l'avait fait naître homme. Gen'est pas ici le lieu d'examiner sa pensée ni dedécider quel jugement on en doit porter. Quiconque tient sa condition plus heureuse que celle des bêtes est dans un sentiment plus juste et plus raisonnable que ceux qui semblent avoir regret de n'avoir pas été crét!s de quelqu'une de leurs esptces. QuesiDienlcschangraît en ces animaux dont ils envient la condition , ils se plaindraient aussitôt de ce changement , et demanderaient avec de grands cris de retourner à leur premier état, parce qu'en effet toute la force des animaux ne vaut pas l'u-sage de la parole. La liberté que les oiseaux ont de fendre l'air ne vaut pas l'adresse de la main. La langue et la main sont des choses plu.s admirables que celles que peuvent faire ou les forces des bétes ou les ailes des oiseaux. C'est donc une folie inconcevable de souhaiter ce que l'on n'a pas et de le refuser quand il est offert.
IV. Ces inCmes philosophes se plaignent de ce que l'homme est sujet aux maladies et i une mort avancée. Est-ce qu'ils sont fâchés de n'être pas d'une nature divine? Je sais bien qu'ils disent que ce n'est pas ce qu'ils prétendent , et qu'ils veulent seulement montrer que l'homme n'est point l'ouvrage d'une sage providence , et qu'il devrait être fait d'une manière différente de celle dont 11 l'a été. Je ferai voir au contraire qu'il y a eu de bonnes raisons pour l'assujettir aux maladies et à la mort , qui termine souvent sa vie au milieu de sa course. Dieu , voyant que l'ouvrage qu'il avait fait tendait à la mort , lui a donné en partage la faiblcve , pour le préparer à celte di.<isolution de son être. S'il avait été d'une constitution assez ferme pour être exempt de maladies , il aurait éié aussi exempt de la mort , qui n'est qu'une suite de ces mêmes maladies. Mais comment aurait-il été exempt d'une mort qui arrive avant la saison , puisqu'il est sujet à nne mort qui arrive dans la saison 7 Ces philosophes voudraient-ils que personne ne mourôi avant VàQc de cent ans P Mais comment peu-
vcnt-ilsaccorderdesco que celles où ils lot qu'une personne ne pi cent ans , il fendrait i Fût en quelque sorte ii tait, elle ne serait plus peut -00 s'imaginer qu ter l'homme et de le m dre ni les maladies , i Étant composé d'os i d'humeurs, que peutH être inacessible A la mi drait-ilque le corps n^ et indissoluble avant l leur plaît de prescrire a rien de ce que l'on { terre qui ne soit fragi chercher une matière l'homme de telle sorK il était ft propos qu'il matière aussi fragile c puisse mourir de tou corps , et que tout coi dissoudre. Cest donc d'une mort arrivée s cette mort-IA même et nous sommes assujetti sance. Nous sommes a la même loi , parce qi permet pas qu'an coi détruit ne puisse être supposons que l'bomn qu'il ne pût être ma avmr passé une longni extrême vieillesse, et séquences qui se peui car il s'ensuit qu'avant me ne pourrait mouri qu'il mourrait s'il ne pour l'eiempler de 11 faut l'exempter de U i était exempt de cetlea server sa vie , il n'eût ne serait plus un hon donc clair , comme je ces philosophes se pfai mes ont un corps in plaignent . à proprem sont pas immortels. Ili ne wn( pat des dieux.
DE L'OUVRAGE DE DIEU
semble et mortel et imm^tel. Si Thomme est mortel dans la vieillesse , il n est pas immortel dans la jeunesse. Quiconque doit mourir un jour est chaque jour sujet à la mort , et quiconque voit un terme prescrit à la vie ne se peut attribuer rimmortalité. Un moment auquel on ne soit point immortel , et un moment auquel on soit mortel , rend mortel en tout temps. On est donc nécessairement obligé de conclure que l'homme ne pouvait ni ne devait être fait d'une autre sorte. Mais les philosophes dont je parle n*ont garde de voir la suite de ce raisonnement, parce qu'ils se sont trompés dans le principe. Car après avoir une fois ôté la Providence, il follait qp*ils avouassent que toutes choses étaient nées d*elles-mèmes , et c'est ce qui les a portés à inventer ce concours fortuit d'atomes. Depuis qu'ils se sont engagés dans cet embarras, ils ont été contraints de croire que lésâmes naissent et meurent avec les corps. Ils avaient reçu comme une maxime certaine que la sagesse divine ne produit rien, ce qu'ils ne pouvaient établir qu'en trouvant quelque chose à redire à Tordre de la Providence. Ils ont donc repris les choses où cette Providence parait avec le plus grand éclat , telles que sont les maladies et la mort précipitée. Que s*ils les avaient considérées avec toute l'attention qu'ils devaient , ils auraient mieux prévu les suites de leur doctrine. Car , si riiomme avait été exempt de maladies , il n'aurait eu besoin ni d'habits , ni de nuisons , puisqu'il n'aurait appréhendé ni le vent, ni la pluie, ni le Froid , dont le plus dangereux effet est de causer les maladies. C'est pourquoi toute la prudence de l'homme consiste h défendre sa faiblesse contre les accidens qui la peuvent incommoder. Que s'il est sujet aux maladies , comme à des accidens qui servent à éprouver sa sagesse , il ne peut être moins sujet à la mort. Pour n'être sujet à aucune maladie , il faudrait avoir une constitution tout à fait forte et inébranlable , qui ne donnerait lieu ni à la vieillesse , ni à la mort , qui en est comme la suite. De plus, si la mort avait été remis à un certain temps , rhomme n'aurait eu aucune douceur et se serait rendu tout à fait insupportable. Presque tous les liens de la société civile dépendent de la connaissance que nous avons de notre faiblesse et deTappréhensionqucnous avons de tout ce qui nous peut nuire. Cest pour cela que
les plus faibles et les plus timides des animaux s'assemblent pour se conserver par leur union et par leur nombre , au lieu que ceux qui ont la force en partage demeurent dans les déserts. Si l'homme pouvait se fier de la même sorte en ses forces , il n'aurait aucune raison de rechercher la compagnie ni d'entretenir la société. Il n'aurait ni respect , ni estime pour les autres, enfin il n'y aurait rien de si farouche ni de si intraitable, ni de si cruel que lui. Mais parce qu'il est faible et qu'il ne peut subsister sans le secours d'autrui , il recherclie la compagnie , où il trouve sa sûreté. On voit par là combien la faiblesse de l'homme et les accidens qui le rendent siyet aux maladies , et à une mort qui semble lui arriver avant la saison , contribuent à rendre sa manière de vivre plus polie, plus civile et plus honnête. Si on le délivrait des périls et des infirmités qui l'environnent, on le dépouillerait de la raison et de la sagesse. Mais je m'arrête trop longtemps à raisonnersur une question si claire, étant certain que rien n'a jamais été fait ni pu être fait que par un ordre particulier de la providence divine. Que si je voulais parcourir en détail tous ses ouvrages , ce serait une entreprise qui n'aurait aucunes bornes. C'est pourquoi je m'attacherai uniquement à examiner le corps de l'homme et à remarquer les traces de la Providence qui y sont visibles , sans parler de celles qui ne tombent point sous les sens.
V. Lorsque Dieu forma les corps des animaux, il ne voulut pas les faire en rond, de sorte qu'ils pussent se tourner et se rouler de tous côtés; mais il tira en quelque sorte la tête et la fit comme avancer au haut du reste du corps. Il étendit aussi les jambes et les pieds, afin que, se remuant tour à tour, ils portassent le corps au lieu où l'attirerait son désir et la nécessité de chercher des vivres. Outre ces deux membres qui s'étendent par derrière, il y en a deuxautrei^ qui s'avancent par devant et qui tiennent à la tête et au cou, et ont différcns usages. Car dans les animaux, soit sauvages ou domestiques, ce sont des pieds qui leur servent à marcher de la même sorte que ceux de derrière, et dans l'homme ce sont des mains destinées non à marcher, mais à faire toutes sortes d'ouvrages. Outre ces deux sortes de parties, il y en a une troisième où, au lieu de pieds ou de mains, il y a des ailes garnies de plusieurs rangs de plumes