ÉCRIT TERS
I. Personoene doute que les quatre élémens, savcnr, le feu, Teau, l'air et la terre, ue soient les principes de toutes choses. Mais ces quatre élémens ont des qualités contraires. C'est pourquoi les païens, qui les reconnaissent pour les principes des autres êtres, ont tort de prendre le feu pour une souveraine divinité, comme si tout ce qu'il y a dans le monde n'avait point d'autre cause que la dialeur. Leur erreur est venue de ce qu'ils n'ont point sa que c'était Dieu qui avait créé ces élémens, qui leur avait donné ces qualités par lesquelles ils se combattent, et assigné la place qu'ils occupent. Cependant, cela se peut découvrir, ou par la seule lumière des sens, ou par l'attention de l'esprit, ou par la force du raisonnement.
Les Égyptiens, qui tirent de grands avantages du Nil, adorent ses eaux, leur adressent des prières, leur ofirent des sacrifices et leur rendent toules sortes d'honneurs et de respects. Mais ils mêlent parmi leurs mystères de tristes disgrâces, de cruels combats et de tragiques funérailles. Us disent qu'un mari tira autrefois une horrible vengeance d'un adultère et d'un inceste que sa femme avait commis avec son frère. Isis était la sœur, Osiris était le frère, et Typlion était le mari. Quand Typhon eut découvert que sa femme s'était corrompue dans les infâmes embrassemens de son frère, il le tua , hacha son corps en pièces et le jeca sur les bords du Nil. Isis quitta Typhon pour aller
* Ici se ti ouTe dans rou^rage de Maternus une pré- Face qui ne 8*est pas retrouTée dans le manuscrit et dont il ne reste que deux phrases iroparMtes.
rendre à Osiris, son frère et son mari , le devoir de la sépulture, et se servit pour cet effet de Nephté, sa sœur, et d'Anubis, chasseur renommé, auquel on a donné depuis une tête de chien , parce qu'il s'était servi de ses chiens pour trouver les membres épars d'Osiris. Quand ils eurent été ramassés, Isis leur donna la sépulture. Ce Typhon et cet Osiris étaient deux rois d'Egypte; mais ce dernier était un bon prince , et auquel on ne pouvait rien reprocher si ce n'est le crime qu'il avait commis avec sa sœur, au lieu que l'autre était un superbe, un emporté et un furieux. Aussi Typhon est-il en horreur et Osiris en vénération. Voilà le fondement de la solennité que les Egyptiens célèbrent en rhonneur d'Isis. Ils ont dans la partie la plus secrète de leur temple une représentation du tombeau d'Oshris; ils renouvellent tous les ans leurs lamentations sur sa perte, et, pour retracer eux-mêmes la douleur du genre funeste de sa mort, se coupent les cheveux, se frappent l'estomac et s déchirent les bras. Après avoir observé cette cérémonie pendant un certain nombre de jours, ils feignent qu'ils ont trouvé les membres épars d'Osiris, finissent leur deuQ et se consolent. Déplorable aveuglement des hommes, qui, pour offrir chaque année de fdnestes sacrifices à un roi mort, renoncent au culte du souverain qui , par an sage tempérament de sa bonté , a tiré tout l'univers du néant, et perdent l'espérance, qu'ils ne peuvent mettre qu'en lui, de la vie éternelle, qu ils ne peuvent recevoir que de sa grâce! Hommes aveugles, vous ne tâchez point de revenir de votre égarement à la faveur de la lumière que l'on vousprésente. Yousne faites aucun effort
pour recouvrer votre liberté. Vous ne concevez aucune espérance d'éviter le malheur qui vous menace , et ne vous mettez point en devoir de mériter par un sérieux repentir le pardon de vos péchés. C'est en vain que vous attendez du secours de l'eau du Nil que vous adorez. Il y a une autre eau qui renouvelle les hommes et qui leur donne une vie divine. L'eau que vous adorez tous les ans est épuisée par une ardeur mortelle qui brûle au dedans de vos veines, et profanée par le sang de votre roi Osiris. Mais celle que vous méprisez, étant échauFKe par le feu de l'esprit saint , est portée par la foi jusqu'au fond de la conscience, où elle établit une parfaite santé et ferme les cicatrices des plaies que le péché y avait ouvertes.
Bien que ces cérémonies n'aient été instituées que pour renouveler la mémoire de la mort de ce prince et des funérailles qui ont été autrefois célébrées, ce qui ne paraît que trop, par son tombeau que l'on montre encoreenËgypte, et parune partie de son corps qui y reste , néanmoins ceux qui les défendent apportent pour leur histitution une autre raison, fondée sur la nature physique. Ils disent que par Osiris ils entendent les g^rains que Ton sème, parlsisla terre, et par Typhon la chaleur. Et parce que la chaleur mûrit les moissons, et que, quand elles sont mûres, on les serre pour s'en nourrir, et que l'on sème d'autres grains quand l'hiver approche, ils assurent que la mort d'Osiris ne signifie que l'ensemencement des terres, et quela découverte de ses membres jetés au bord du Nil ne signifie que la levée des grains nouveaux qui commencent à paraître. Supposant que ce soit là le véritable fondement de ces sacrifices, et qu'ils n'aient été institués que pour remercier les dieux des biens dont ils couvrent la terre, pourquoi y a-t-on mêlé l'inceste, l'adultère et la cruelle vengeance dont il fut suivi? Pourquoi a-t-on fait d'un mystère un exemple pernicieux qui porte la corruption dans les moeurs des hommes, qui s'égaraient auparavant et péchaient avec moins de connaissance et plus de simplicité? S'il fallait cacher les effets de la nature, pourquoi les cachait-on sous le voile de ces mystères? Mais quelle raison y avait-il de cacher des effets qui sont exposés à la vue de tout le monde. Pourquoi pleurer des grains qui sont jetés dans la terre et qui produisent de nouvelles moissons? Ce sont des présens do la
MATERNUS
main de Dieu , dont , an lieu de ooncemr de li douleur, il lui faut rendre des acUons de grim. Pleurez plutôt vos égaremens el les cérémonies qui semblent n'être inventées que pour les rendre éternels. Ne consacrez poini des fêtes ï la mort d*autrui, et cherchez plutôt des moycBs de vous consoler des ravages que foit b mort dans vos familles. Misérables que vous êtes, \w vous réjouissez d'avoir trouvé je ne sais qooL dans le temps même que vous perdez votre im par vos sacrilèges ! Vous ne trouvez qu'un £»tome que vous avez placé où vous le cbendiei et dont vous regrettez la perte. Cherchez plutôt le chemin du salut, la lumière de la vérité, le moyen de vous réconcilier avec Dieu. Quand vous Taurez trouvé , et que par une siaeère pê* nitence vous vous serez délivrés de vos maui. vous pourrez vous écrier et prononoer cette formule solennelle de vos mystères : «Noosravons trouvé , réjouissons-nous ! »
11. Les Phrygiens, qui habitent la TlUedePrisinonte le long du fleuve Gallus , attribuent I la terre une espèce de domination sur les antres élémens, et la regardent comme la mire de toutes choses. Pour instituer, aussi bienqwki autres, des fêtes et des cérémonies perpétÎMilei, ils consacrèrent les amomv de leur reine, et II vengeance tyranniqne qu'elle avait tirée Ai pris d'un jeune homme qu'elle aimalL apaiser la colère ou pour consoler la de cette reine, ils ont publié que ce homme, qu'ils avaient mis dans le était revenu à la vie; et enfin, l'impatience et la fureur de cette feamw, Dssat élevé des temples à la mémoire de son urnuL Ils ont voulu que les prêtres de ce nowcau dka reçussent on traitement pareil à cdnl qw celte reine irritée avait fait sooffHr i ramant qà avait méprisé sa beauté et rqelé Ainsi, dans les sacrifices que ron chaque année en Thonneur de la tcm, on ■ fait que célébrer la mémoire d*iBie pompe hnèbre; et en abusant de rignorance des pwipta, on leur fait croire qn^ils honorent la tcrrei dm le temps qu'ils nlionorent qnïin tonriman. Les très-saints empereurs ontvoiila en-anéaM esavrir cette erreur des peuples sooa leToHe d>me raison naturelle que l'on rend de la eélAralin de ces mystères; car on dit : que la terreaime ki grains; que les grains représentent Alys