‹ Choix de monumens primitifs de l'église chrétienneChapitre 99 sur 110 · MAT · texte numérisé non relu

MAT

récompense qui lui était due pour avoir fermé une ville de murailles. Apollon y est réduit à mener paître les troupeaux d'uQ autre roi. Le Soleil, qui voit tout , ne voit pas qu'on lui tue sesbœuFs, et ne l'apprend que par le rapport d'autruj. Sparte donne la sépulture â Castor et â Poilus. Le mont Œta porte le bûcher d'Hercule. Escubpc est frappe de la foudre. Vulcain est précipité par son père et se démet le pied par sa chute. Bacehus est mis en fuite par Lycurgue. Vénus est surprise en adultère, et après avoir eu un dieu pour époux, elle oublie assex sa dignité pour se marier à Anchise , qui n'était qu'un homme. Saturne mange ses propres enfans, de peur qu'ils n'usurpent sa puissance. L'un d'eus s'étant enfui de Crète , est reçu et caché en Italie. Junun est dédaignée pour l'amour d^uu bel adolescent. La Lune recherche ËndymioD.JupJLer, qui, contre la volonté de sa femme et de sa fille, voulait aller au secours des Troyens, est trompé et endormi. Que la confession de tant de misJrres est iionteuse, et que le service que l'on rend à des divinités faites de la sorte, est dur et cruel ! Cependant ce culte est commandé, sous peine du dernier supplice , par des édits sacrilèges et tyranniques, à des personnes dont la piété n'adore que le vrai Dieu. Changez vos temples en théâtres pour y publier vos mystères : et afin qu'il ne manque rien à votre impiété, faites que les acteurs eu soient les prêtres. Jamais il n'y (^iiEdelieusi propre aux cérémoniesde votre religion. Qu'une vile populace y chante les amours, les infortunes et la mort de vos dieux. C'est là où des femmes perdues apprendront, bien mieux qu'ailleurs, de la bouche de leurs docteurs impies, à renoncer à toute sorled"hoHnëteté et de pudeur.

IX. Permettez-moi maintenant, très-saints empereurs, de vous montrer l'origine du culte que l'on rend au dieu de la ville d'Alexandrie, et souffrez qu'une voix aussi Faible que la mienne rappelle les hommes de leur égarement et leur découvre la vérité. Joseph, fils du patriarche Jacob , ayant expliqué le songe du roi d'Egypte et prédit la stérilité et la famine dont ce royaume devait être affligé, fiit non-seulement tiré de la prison où il n'avait été mis que |)ar l'effet tl'imc calomnieuse accusiUion et eu liaine de sa vtilii , niais il fut encore associé au gouvernenn.utdcl'LiaI.IIbcrvil comme de uuiuù la Pro- '

videoce pour recueillir U aboadantes, pour les sen subvenir i la stérilité det virent.Aprèssa mort, les des temples à la Façon { faire connaître à leurs di laquelle il avait distribi avaient besoin , ils mir tète. Pour rendre sa mé la postérité , ils l'appelé de Sara sa bisaïeule , qu gulîère , avait eu Isaac l dix ans. Mais ce culte-li contre son inclination e bomme, rempli d'une aussi absolument dévoi Dieu, n'aurait eu garde prit des peuples la su être si rigoureusement < divines. Cependant son i en Egypte , son image f servéeparlesminrstresd que l'antiquité lui a dé( son intégrilé et sa pru( avec un empressement peuples. Les démons soi par les sacrifices que l'oi devant elle, comme ils i Iresj carie sang et l'fti A rien autre chose qu'3 qui sont les enfans du a défendu ta pbilosophi eu plusieurs endroits de claré ennemi de Dieu et découvert le secret de publiant, dans le livre qi soplUe des béftéiUctio puissance de Sérapis, il et sa faiblesse ; car , dès confesse franchement qt évoqué et attû< dans le répondit sur ce que l'on manderais volontiers àce et qui se perdent hors i est le plus grand , ou t appelé , ou celui qui l'api d'obéir, et qui l'enfèrmi pliyrc, nous vous somu que vous uuus avez eiplJi do \Oj dicuï , cl de ce q

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pris la manière par laquelle ils sont assujettis h la voix et à Fempire des hommes. Un homme commande à Sérapis de le venir trouver, Sérapis défère à ce commandement. Quand il est venu, on renferme dans nn corps et on Toblige de déclarer ce qu'il voudrait peut-être bien tenir secret. Cest à peu près ainsi que , dans notre religion , vos dieux sont punis par la force de nos paroles , lorsqu'ils ont commencé à tourmenter les corps qu'ils possèdent. La parole de Dieu , qui sort de la bouche d*un chrétien , est comme un feu qui les brûle; et au temps même que vous leur rendez un souverain culte , nous leur faisons souffrir les derniers supplices.

X. J'expliquerai maintenant ce que c'est que les pénates, de peur que Ton ne m'accuse d'avoir oublié quelque chose. Ceux qui sont persuadés que la vie consiste dans le plaisir du boire et du manger ont choisi des dieux conformes à une passion aussi grossière et aussi basse que celle-là , et ces dieux sont les mets qu'ils préparent et qu'ils prennent chaque jour , et d'où ils s'imaginent que dépend la conservation de leur santé et de leurs forces. Mais en cela ils montrent bien qu'ils ne sont point instruits de la vérité et qu'ils n'ont point entendu parler de l'oracle que le Sauveur prononça contre le démon , au temps du combat qu'il lui donna pour arracher les hommes d'entre ses mains et pour les mettre en liberté. Car cet esprit impur lui ayant dit : <f Si vous êtes le fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains , » le Seigneur lui répondit : « L'homme ne vit pas seulement de pain , mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ^ » C'est donc pour n'avoir pas su quelle est la véritable nourriture de l'homme que les païens ont fait des dieux un nourriture ordinaires. Car on appelle en latin peniis toutes les provisions que Ton serre et que Ton garde pour s'en nourrir dans la saison, et c'est de cette misérable nécessité où nous sommes de chercher des alimens pour soutenir notre santé et nos forces, que l'aveuglement et Timpiété des païens ont pris occasion de faire leurs dieux pénates.

XI. Permettez-moi , s'il vous platt, de vous dire aussi ce que c'est que Vesta, de peur que vous ne croyiez que ce soit quelque chose de fort ancien et de fort terrible. Ce n'est rien autre

1 S. Matthieu, cbap. nr.

chose que le feu de nos maisons et qui nous sert chaque jour àdivers usages. Il ne doit donc avoir que tes cuisiniers pour prêtres , et non de pauvres filles, qui, ou en négligeant de l'entretenir succombent à leur propre faiblesse , on en persévérant dans leur profession , renoncent au plus grand honneur de leur sexe, qui est celui d'être mère.

Voulez-vous apprendre après cela ce que c^est que le Palladium? Cest une image foite des ossemens de Pélops, et fabriqué, à ce que l'on dit, par un Scythe. Considérez , je vous prie , si une nation aussi farouche , aussi cruelle , aussi barbare et aussi inhumaine qne celle-là , a été capable d'inventer quelque chose de raisonnable en matière de religion. Ce Scythe grossier et avare vendit cette image aux Troyens, qui forent assez simples et assez imprudens pour ajouter foi à ses paroles. Us l'achetèrent par intérêt et par l'espérance du profit, et après l'avoir vue exposée en vente et mise à l'enchère , ils lui rendirent un souverain culte et lui adressèrent des prières. Si vous regardez la matière de cette image , ce n'est qu'un os de Pélops. Si l'on voulait que les hommes s'abaissassent jusqu'à adorer ces misérables dépouilles que la mort semble épargner dans les hommes, il en fallait au moins choisir un dont la vie eût été honnête et sainte^ et dont les vertus eussent donné quelque recommandation au dieu que l'on avait fait avec ses reliques. Mais Pélops avait été longtemps prostitué dans sa jeunesse à l'incontinence d'autrui, et dans un âge mùr n'avait pas mené une vie moins infâme ni moins criminelle. Il tua par trahison celui dont il recherchait la fille en mariage , et , pour ne pas donner au traître dont il s'était servi la récompense quMl lui avait promise , il le jeta dans un précipice. Voilà quel fot, durant sa vie, celui dont, après sa mort, on choisit les ossemens pour en faire une divinité, de laquelle dépendît la conservation et le salut des villes et des provinces, des royaumes et des États. Cette divinité n'a de rien servi aux villes qui ont attendu sa protection , et leur désolation et leur ruine sont un préjugé certain de ce qu'elle doit attendre elle-même. Troie a été brûlée par les Grecs et Rome par les Gaulois. L'image de Pallas a été sauvée de ces deux embrasemens , et l'a été non par sa propre puissance, mais par le secours des hommes; sans

MATERNUS

eux elle aurait été réduite en cendres. Mais, si eUe a été {|;arantie du feu , elle ne Ta été que pour un temps ; elle y est condamnée , c'est un supplice qu'elle ne saurait éviter. Ce feu de la colère de Dieu s'allume et menace les pécheurs d'une terrible vengeance. Ce feu n'épargnera pas l'image de Pallas, puisqu'il pénétrera tout ce qu'il y a de plus caché , et qu'il consumera toutes les idoles que les fausses opinions et les vaines erreurs auront élevées. « Le jour du Seigneur, dit un prophète , viendra comme un four ardent ^ » Je viens de dire ce qui sera brûlé par la chaleur de ce jour. H n'y a rien dans vous qui en puisse échapper ni qui puisse être gardé dans les greniers du Seigneur. Vous serez emportés comme une paille sèche et légère que la flamme réduit en flammèches. Voilà quelle sera la fin de votre vie et le châtiment que Dieu vous a préparé, pour avoir, contre ses intentions et contre ses ordres , abusé de la crédulité des peuples.

Je suis bien aise d'examiner avec soin de quelle Pallas était l'image qui avait été faite des ossemens de Pélops. H est certain qu'il y a eu plusieurs Pallas ou plusieurs Minerves , et personne ne le révoque en doute. Parlons donc de la race, de la naissance, de lëducation, de la condition de chacune en particulier, afin de pouvoir discerner celle au nom de laquelle fut consacrée l'image dont il est question. L'antiquité fait mention de cinq Minerves. La première fut fille de Vulcain, et ce fut celle qui fonda Athènes, et qui, ayant assemblé une troupe de paysans, les accoutuma à une manière de vivre plus polie et plus civile. La seconde fut d'Egypte , fille du roi Nilus , et ce fut elle qui inventa l'art de faire des étoffes. La troisième fut fille de Saturne ; mais ce fut une fille qui avait quelque chose de mâle , et qui , au lieu de se contenir dans les bornes que la pudeur a prescrites à son sexe , ne se plaisait qu'au milieu du bruit des armes et des périls des combats. La quatrième fut fille de Jupiter , roi de Crète , et ce fut elle qui lui découvrit de quelle sorte Bao chus avait été tué. La cinquième fut fille de Pallante et deTritonis. On lui donna le nom de son père; mais elle le tua par le transport d'une fureur parricide , et , non contente de l'avoir tué , elle se para de ses dépouilles , comme à

^Malachie^cbap. iv.

dessein de jouir longtemps du firult de son crime , et d'en (aire un sujet de vanité et de triomphe ; cest celle-là qui a donné son nom au Palladium ; c'est celle-là dont Tiinage est consacrée; c'est elle qui, an lieu de recevoir par l'autorité du juge le châtiment dû à Ténormité de ses crimes, reçoit par les loisda souverain pontife un culte divin. Ayez soin d*apporter du bois pour entretenir le feu qui brûle sur son autel, et ne cessez jamais de lui offrir vos sacrifices ; mais que ce feu, au lieu de consacrer sa gloire, fasse son supplice , et qu'il précède celui auquel elle sera un jour condamna par rarrèC Irrévocable de la justice divine.

XII. Ge que je viens de dire fait voir clairement, si je ne me trompe, très-sainta empereurs, que les édifices que les peuples réduita sous la servitude de la superstition ont bâtis, ne sont point des temples consacrés à la gloire du vrai Dieu, mais que ce sont des tombeaux dressés pour honorer la mémoire de certains hommes noircis de crimes. C'est là où Terreur et rioipiété conservent les misérables restes de leurs corps , o& la cruauté de leur mort est renouvelée par l'immolation des victimes , où la douleur que le temps avait assoupie est réveillée par les cérémonies qui s observent tous les ana , et où an culte qui a quelque apparence de religion ctt une leçon publique d^incestc et de parricide.

Je vous supplie très-humbiement, très-saints empereurs , de me permettre de vous repré* sentcr l'obligation indispensable où voua éfcs d'abolir entièrement ces abominations d d*cniployer pour cet effet tonte la rigueur des lois. Ne permettez pas que ces erreurs si pemidcases et si funestes se répandent plus longtOBps dans l'étendue de l'empire, ni qn^dles soient CMse de la perte d'un si grand nombre de voe aqelSé Je sais bien qu'il y en a quelques-nna qui ssnt assez aveuglés et assez endurcis poor vouloir périr et pour ne vouloir aouflHr que Um les sauve. Mais ne laisses pas de les «risto nalBré qu'ils en aient , et soyez persuadéi qnt le meilleur usage que vous puissiez ftire de le pirissance que Dieu vous a mise entre les mains est de tâcher de guérir ces désespérés qui reltecnt les remèdes qu'on leur présente. Gomme nous savons combien leur opiniâtreté knr serait funeste et combien le châtiment quHls en aonffrîraient est sévère , il vaut mieux les en s^aranCir

DES ERRFXRS DE LA RELIGION PAÏENNE

contre leur propre iocUnation que de leur lainer la liberté de se perdre. Il y a des malades qui souhaitent tout ce qui est le plus contraire k la santé et qui font tout ce qui est le plus capable de les empêcher de la recouvrer. CTest pour eux qu'il n'est pas permis d'avoir de la douceur. Il faut les contraindre de prendre les remèdes les plus amers , et si leur mal s'aigrit contre ces remèdes, il faut employer le fer et le feu. Quand ils auront été guéris et qu'ils auront la liberté de leur jligement, ils reconnaîtront combien la rigueur dont on aura usé envers eux leur aura été salutaire.

XUI. Permettez-moi, très-saints empereurs, de vous expliquer les raisons des noms que les païens ont donnés à quelques-uns de leurs dieux. Ils ont appelé soleil l'astre qui , par Tordre de Dieu , ramène le jour sur chaque hémisphère. Ce n'est pas parce qu'il est seul qu'ils l'ont ainsi appelé, car en effet il n'est. pas seul dans le ciel. La lune y est aussi bien que lui , les étoiles fixes et les planètes. Mais c'est à cause que , quand il se lève , il efface la lumière des autres astres et éclaire seul la terre. Ils ont appelé la lune Lu« cinc , à cause de la lumière qu'elle répand durant la nuit. D'autres l'ont aussi appelée Diane , à cause que cette lumière semble faire de la nuit un jour. Le nom de Neptune , qu'ils ont donné au dieu des eaux , est un nom qui marque qu'il nage. Ils ont cru que le mot de Dis , qui signifie les richesses, était un mot fort propre pour exprimer la nature de la terre, parce qu'elle reçoit dans son sein toutes sortes de biens et qu'elle les en fait ensuite sortir , ce qui montre , plus qu'aucune autre chose , ses richesses et son abondance. On a appelé la substance des biens et des fruits de la terre Proser* pine , à cause qu'ils servent aux hommes aussitôt qu'ils ont été serrés. La terre même a été nommée Gérés, parce que l'on y sème les grains. Le dieu de la guerre a été appelé Mavors, à cause qu'il renverse les plus grandes choses. Le nom de Minerve, est un autre nom de guerre, et il signifie ou qu'elle diminue les forces , ou qu'elle menace. Le nom de Vénus marque l'agrément et la beauté des personnes. Le nom d'Apollon vient de ce qu'il perd tout ce qu'il a , car àiroxxiîv en grec signifie /7^rdre. Quelques-uns ont donné le même nom au soleil à cause qu'il perd sa lumière quand il approche de son couchant. j

Vous voyn par là que vosdien ne annt que des ouvrages et des inventions du mensonge et de l'imposture , et que leurs noms et lom figures ne leur viennent que de la superstition et de Tignorance des peuples. La vérîté commence à paraître et à dissiper l'erreur. Ces fictions mal digérées imprimèrent d'abord de la terreur dans les âmes fbibles. Mais , quand elles eurent perdu la grâce qui accompagne presque toujours la nouveauté , elles n'imposèrent plus si fort qu'auparavant , et l'admiration qu'on avait eue pour elles se changea peu à peu en mépris. On eut la hardiesse d'examiner des mystères que l'on avait reçus sans les connaître, et en les eiaminant on en découvrit la finsseté. On s'aperçut d'abord de la vanité de la rdigion païenne, puis on la méprisa, et enfin on la rejeta absolument.

XIV. Je ne crois pas devoir omettre les signes et les marques extérieures qui soQt reçues dans ces misérables sectes pour discerner ceux qui fbnt profession d'une même superstition. Ils ont leurs mots et leurs réponses qui leur sont enseignées par le démon. U y a un temple où ceux qui veulent être admis disent : c J'ai mangé sur un tambour, j'ai bu dans une cymbale, et j'ai appris le secret de la religion. » Miséral^es que vous êtes , quand vous parlez de la sorte , vous confesses que vous avex commis un grand crime , que vous avez pris un poison qui portera la mort dans vos entrailles. Il y a un autre nour« riture qui répare les forces , qui guérit les langueurs , qui détourne de l'égarement , qui met dans le bon chemin , qui relève de la chute , qui donne le salut et la vie , et qui réconcilie avec Dieu. Cherchez le pain et le vin do Sauveur. Cette nourriture céleste vous communiquera l'inunortalité et vous donnera du dégoût pour toutes les nourritures de hi terre. Cest à prendre cette nourriture que la sagesse invite les hommes , quand die leur crie par la bouche de Salomon : « Venez , mangez de mon pain et buvez du vin [que je vous al préparé ^ » Ce ftit la même que Melchisédeeb , roi de Salem et grand prêtre, présenta autrefois à Abraham. Ce fut la même qu'Isaac promit à Jacob lorsqu'il lui donna sa bénédiction. Gomme Ésafi suppliait son père de lui faire la même grâce , il lui répondit en ces termes : «J'ai établi Jacob votre

* Proverbes , ii.

«ATERNCS.

frti-e comme voire seijïneur au-dessus de vous, i la mon, de peur que

pour vous commander , et j'ai assi^etti tous ses frères A son obéissance. Je l'ai afFermi par le pain et par le vin ^ ? » El Ésaû, voyant qu'il avait été privé de la grâce du pain et du vin , codalaenra à déplorer son malheur.

I.'hlsprit-Saint déclare par la bouche d'Isaîe que ce pain céleste sera donné à ceui qui seront consacrés au service de Dieu : «Voici ce que dit le Sei{;neur Dieu : u Mes servileurs mangeront , et vous serez dans la faim. Mes serviteurs se réjouiront , et vous serez couverts de confusion. I,e Seigneur Dieu vous fera périr. «

Les impies et les sacrilèges ne seront pas seulement privés de ce pain céleste , mais ils seront omdarnnés D une mort et i une peine éternelles. \'oici comment l'Es prit- Saint en parle dans les )>.sauines : «Goûtez et voyez comlnen le Seigneur est doux ^ » 1^ pain célestt; est doui , apaise la faim et liasse toutes sortes de poisons. Les paroles qui suivent expliquent encore plus clairement celle vérité. > Vous , d saints du Seigneur, vivez dans Li crainte , car rien ne manque à ceux qui le craiguent. Les riches sont tombés dans la néccs'iilé et dans la faim ; mais ceux qui cherchent lu Seigneur ne manqueront d'aucuu bien. >

Vous qui paraissez superbement vêtus dans vos temples , qui brillez de l'éclat de la pourpre et qui avez la couronne sur la tâle , vous êtes mcuacés d'une pauvreté dont la honte et la misère sera la juste punition de vos ^aremens et (le vos erreurs. Celui au contraire que vous mé- ]»risez sera dans l'abondance et dans le repos ((n'Abraham lui prépare. Vous lui demanderez une goutte d'eau pour lempérer tant soit peu l'ardeur de la flamme dont votre conscience ciiminellc et malheureuse sera tourmentée , et il ne pourra vous accorder ni vous obtenir ce léger soulagement. Alors les récompenses et les châtimens seront dispensés il l'un et à l'autre avec une parfaite équité. La vie éternelle sera donnée â l'un pour couronner la patience avec laquelle il aura supporté les aFflictions qui lui seront survenues , et un supplice éternel sera préparé à l'autre pour punir l'avidité avec laquelle il aura recherché les plaisirs empoisonnés du siècle.

Au reste , le Seigneura eu la bonté de déclarer en termes précis quel est ce |>ain qui délivre de ' CftièM, H, 27. — ■ Psaume 13.

trompée par des intei Voici donc ce qu'il dit t Jean: ijesuis le pain moi n'aura point de f^i moi n'aura jamais de si vérité dans la suite par quelqu'un a soif, qu'il ^ lui qui croit en moi a la montrer après cela qu' corps à ses BdHes , il i la chair du fils de l't sang, vous n'aurez poîi donc aucune part à 1' sur un tambour, ni at dans une cymbale; mi grâce et la coupe de Vi vous invite à un banqu chassent le poison mof tés et corrompus. Faite par cette nouvelle nou ce que vous avez perdi dont vous avez été prii êtes instruits , choisisst de ces deux viandes, oi ou celle qui donne hl ' XV. Vous dites da:

fanes :<[ Je vous salue, salue, nouvelle lumil pernicieuses erreurs, ] ainsi les hommes dan tion irrévocable! I>oi en vain de l'espérance 11 n'y a parmi vous ni que lumière et l'unïq Christ. Vous ne lui sai celle gloire pour vous tombés daus des ténèbi le tremblement et l'fat séjour. Que si vous voi que rayon de la splen yeux, et, renonçant i l'époux profane, toumi a dit qu'il est la lumièn a commandé de faire re sation et dans nos m ctarëliennes et des boDt rions nous acquitter i n'ayons fait en sorte q porc cl notre vie saint

DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE

O^àce se répandra sur nous , Fauteur de la lumière se oommiuiîqoera â nous j et la lumière même élernelle et divine se laissera voir à notre esprit.

Maintenant, pour réprimer Finsdence de ces paroles sacril^s dont les cérémonies profanes ont consacré l'usage parmi les païens, je ferai voir, par Tautorité des livres sacrés, que le véritable époux est Jésus-Gbrist, que l'épouse est TËglise, et que c'est de leur union mystérieuse que naissent incessamment des enfans spirituels. Pour établir solidement cette vérité, nous n*avons qu'à révéler le secret des prophéties et à expliquer les termes des divins oracles. Void les paroles que TEsprit-Saint met dans la bouche de Joél : a dliantez de la trompette sur la montagne de Sion , sanctifiez le jeûne, annoncez la guérison aux malades, assemblez le peuple, purifiez TËglise , révérez honorablement les vieillards, rangez les enfans en bel ordre, et après cela que Tépoux sorte de sa chambre et que l'épouse sorte de son lit ^» Jérémie exprime la même chose par cette menace : « J'ùterai aux villes de Juda et aux villes de Jérusalem les cris de joie, je leur ôterai la voix de l'époux et la voix de réponse 2. a L'Esprit-Saint décrit encore la démarche de l'époux quand il dit dans les psaumes : a 11 sort comme un époux de sa chambre nuptiale. 11 va plein d'ardeur comme un géant commence sa course : il part d'un bout du ciel et contmue son tour jusqu'à l'autre sans qu'il y ait rien qui se cache à sa chaleur ^. » Que si nous voulons approfondir encore davantage ce mystère, nous trouverons dans l'Apocalypse quel est cet époux. «Je vis la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, qui, venant de Dieu, descendait du ciel, étant parée comme une épouse qui se parc pour son époux K » Si nous voulons encore voir ce que les évangélistes ont décrit sur ce sujet, nous apprendrons que saint Jean en a parlé en ces termes : « Vous m'êtes vous-mêmes témoins que je vous ai dit que je ne suis point le Christ, mais que j'ai été envoyé devant lui. L'époux est celui à qui est l'épouse ; mais l'ami de répoux, qui se tient debout et qui Técoute, est ravi de joie, à cause qu'il entend la voix de répoux ^.»

« Joôl , chap. 1 — » Jérémie , chap. 16. « Psaume 18. — * Apocalypse, chap. 21. • S Jean , chap. 3.

Une troupe de sages vierges attendent cet époux et tiennent leurs lampes allumées pour l'éclairer. Les serviteurs qui l'attendent recevront la récompense due à leur fidélité et à leur persévérance. Voici de quelle manière il en est parlé dans l'évangile de saint Luc : « Que vos reins soient ceints, et ayez toujours dans vos mains des lampes ardentes ; et soyez semblables à ceux qui attendent que leur maître retourne des noces, afin que, lorsqu'il sera venu et qu'il aura frappé à la porte, ils lui ouvrent aussitôt. Bienheureux seront les serviteurs que leur maître à son arrivée trouvera veillant ^»

Voilà celui qui est appelé époux par la bouche de la vérité. Pourquoi donc, dans le dangereux état où vous êtes, avez-vous l'insolence d'usurper un si beau nom ? Si vous voulez suivre la lumière que l'on porte devant l'époux, renoncez à vos erreurs et expiez vos péchés par les exercices d'une solide piété. Si l'époux vous trouve veillants, il récompensera libéralement votre fidélité, en vous ouvrant son palais, en vous découvrant la gloire de son royaume, en vous communiquant Timmortalité.

XVI. Ily a uneautrecérémonieoùceux d*entre les païens qui l'observent se distinguent en prononçant ces mots: «Le Dieu issu de la pierre^. » Pourquoi profanez- vous un nom si saint? Il y a une autre pierre dont Dieu a promis d'affermir les fondemens de la céleste Jérusalem , et cette pierre, c'est Jésus-Christ. Votre pierre n'a rien de solide ; tout ce que l'on met dessus tombe en ruines. La nôtre au contraire est placée par la main de Dieu, affermie sur un fondement inébranlable, et elle soutient un édifice dont elle fait la force et la beauté. Isaie, rempli de l'esprit de Dieu, en parle en cette sorte : « C'est pourquoi , dit le Seigneur Dieu : Je m'en vais mettre pour fondement de Sion une pierre éprouvée, une pierre angulaire, précieuse, qui sera un ferme fondement. Celui qui croira en elle ne sera pointconfondu ^. Le roi auteur des psaumes, rempli du même esprit, dit aussi : «La pierre que les architectes avaient rejeiée a éic faite la tête de l'angle. C est là l'ouvrage du Seigneur, et nos yeux le regardent comme un

miracle ^. »

Dieu a voulu que plusieurs autres proplièles

* s. Luc, chap. 12.-* Il s'agit ici de Milbra. = haïr , chan. 28. — « Psaume 117

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des fidèles; c'est le dra{];on qui est pris à Fhameçon , qui est paré des écailles du serpent de Lerne, et qui voit renaître les tètes de Pfaydre. (Test en vain que tu te reproduis de la sorte. Mous savons le moyen d'assurer ta mort et d'arrêter les progrès de ton venin. Nous avons bu le aang de notre Sauveur, et ce sang immortel s'est mêlé avec le nôtre. Cest le remède salutaire par lequel ton poison est eiiassé.

Mais qui a jamais vu avec des cornes ce dieu que les païens pleurent dans leurs fêtes ? Quelles sont ces cornes qu'il se glorifie d'avoir? Il y en a d'autres dont le prophète rempli de l'Esprit- Saint fait mention , et le diable s'efforce de les attacher à son front. Ces cornes sont les parties de la croix ; un des bouts soutient le ciel , et l'autre affermit la terre. Un des bras s'étend vers l'orient et l'autre vers l'occident, et tous ensemble servent comme de base et d'appui à l'univers. Un prophète nous a expliqué ce mystère, quand il a dit : «Sa puissance a couvert les deux , et la terre a retenti du bruit de ses louanges. Son visage est éclatant comme un astre, et I ses'comes sont dans ses mains ; c'est là que réside I sa force et son honneur. G*esl le trône où il fait paraître son amour; c'est le chemin que le Verbe I a voulu tenir *. »

, Voilà la croix immortelle à laquelle le Sel-

. gncur étant attaché soutient tout l'univers,

qull a fait le sif^nc et Tinstrument de notre salut,

. et qu'il porte comme l'étendard de la vie éter-

, nelle, ainsi que le prophète nous en a avertis,

j quand il a dit : a 11 portera sur son épaule sa

j principauté, et il sera appelé le conseiller'.»

l)ai]s le combat qui fut donné à Amalec, Moïse

. étendit SCS bras en forme de croix pour obtenir

\ la victoire. Courez vers cette croix. Que la jus-

\ lice, la chasteté, la miséricorde, la patience et

\ la loi vous y attachent, afin que le signe salu-

Dire que vous avez reçu au baptême vous fasse

participer au mérite de la mort du Sauveur.

XMIl. Proposons encore une autre marque p.'ir où les païens se distinguent , et tâchons (ie découvrir lartifice dont le démon se sert pour corrompre, par une fausse imitation, la vérité de nos mystères. Ils couchent une image dans une chaise , et la pleurent avec mesure et avec nombre, l^orsqu'ils sont las de pleurer, ils allument des flambeaux. Alors le prêtre frotte

' Habacuc , thap 3. — * Isaïe, chap. 9.

d'un baume la gorge de ceux qui ont pleuré, et leur dit ces paroles : « Ayez bon courage , voua qui avez été instruits des mystères, et vous serez soulagés dans vos travaux. » Pourquoi excitezvous ces misérables h prendre courage? Pourquoi les trompez-vous, en les exhortant â se réjouir? Quelle assurance leur donnez-vous, ou même quelle espérance de leur salut? Ne savezvous pas que vos promesses sont vaines? Il est certain que votre dieu est mort. On ne remarque plus en lui aucun signe de vie. Il n'y a point d'oracle qui ait promis qu il ressuscitera. Aussi n'est-il point ressuscité, et n'a point donné de preuve de sa résurrection en se faisant voir à ses disciples. Vous mettez une idole dans le tombeau, vous la pleurez; vous la retirez du tombeau , et vous vous réjouissez. Vous êtes vous-mêmes les défenseurs et les protecteurs de votre dieu. Ce n'est qu'une pierre insensible que vous placez et quevous ajustez de telle manière qu'il vous plaît, et dont vous corrigez les défauts. Ce dieu vous est sans doute fort obligé , et vous témoigne sa reconnaissance, en vous rendant des devoirs semblables & ceux qu'il a reçus de vous , et en vous faisant vivre et mourir de la même sorte qu'il vit et qu*il meurt. Pour ce qui est de la cérémonie de frotter d*un baume la gorge de ceux qui ont pleuré, qui est-ce qui ne voit pas que c'est une cérémonie vaine et inutile, et que Ton doit mépriser. Le diable a donc des personnes qu'il marque de ce l)aume, et qui sont en quelque sorte ses Christs, parce qu'il est TAntectirist. Il communique Tinfamie de son nom à ceux qu'il a rendus complices de ses crimes. Gardez ce parfum-là pour ceux qui sont morts , et pour ceux qui doivent mourir. Gardez ce poison pour ceux que vous avez pris dans vos filets, et que vous destinez h une mort éternelle. Il y a un autre parfom , que le père a donné au fils, et que le fils communique aux fidèles. Cest un parfum composé par un si merveilleux secret , qu'il se conserve sans se corrompre jamais et sans rien perdre de son odeur. Les effets sont encore plus surprenans, puisqu'il chasse toute la corruption que la mort avait jetée dans nos veines, et qu'il lire un homme nouveau du tombeau et des cendres du vieil homme. Ce grand mystère est expliqué d*une excellente manière par ces paroles de David : «Votre beauté surpasse celle de tous les enfans des hommes. La

DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE

demandent : « Qui est le roi de gloire P » G*est pourquoi Jésus-Christ leur répond clairement : c C'est le Dieu fort et puissant, c'est le Dieu invincible dans les combats.»

Ces gardes vigilans des fidèles reconnaissent à Ilieurc même le Fils de Dieu et apprennent ce qu'ils avaient ignoré. Us voient les dépouilles de Fennemi vaincu , et , se souvenant de Tordre que Dieu avait établi au commencement dans le monde , ils joignent leurs voix à celles de la troupe bienheureuse qui entre dans le ciel , et disent avec elles : « Portes grandes et élevées , ouvrez-vous; portes éternelles, ouvrez-vous, afin que le roi de gloire fasse son entrée. » Le père met le sceptre dans la main de son fils et le fait asseoir sur son trône , afin qu'il y règne et qu'il y commande éternellement avec un pouvoir égal au sien. Je vous rapporterai, si vous Tavez pour agréable , les paroles que Dieu même dicta au- IrefDis à Daniel sur ce sujet, a J'eus , dit-il , une vision pendant la nuit, et tout d'un coup le fils de Thomme parut marchant sur les nues. U s'avança jusqu'à TAncien des jours et se tint debout en sa présence. Ceux qui l'avaient accompagné le lui présentèrent. La puissance royale lui fut donnée. Tous les princes de la terre , tout ce qu'il y a de plus relevé et de plus éminent lui obéira. Sa puissance est une puissance qui ne lui sera point ôtée , et sou règne n'aura point de fin > »

La magnificence du même triomphe est décrite dans l'Apocalypse, a Je me tourne pour voir celui de qui j'entendais la voix , et , regardant derrière moi, je vis sept chandeliers d'or ; et au milieu de ces sept chandeliers d'or j'aperçus un homme qui ressemblait au Fils de rbomiue, vêtu d'une longue robe, et ceint au-dessous des mamelles d'une ceinture d'or. Sa tète et ses cheveux étaient blancs comme la laine la plus blanche et comme la neige ; ses yeux ressemblaient à une flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à l'airain le plus pur et le plus luisant , et étaient aussi ardens que s'ils eussent été dans une fournaise , et sa voix retentissait comme le bruit des plus grandes eaux. U avait en sa main droite sept étoiles , et de sa bouche sortait une épée tranchante qui coupait des deux côtés, et son visage était aussi brillant que le soleil dans sa plus vive lumicrc. Au moment

' Dauicl , cbap. 7.

où je l'aperçus , je tombai à ses pieds comme mort ; mais il mit sur moi sa main droite et me dit : Ne craignez point ; je suis le premier et \e dernier ; je suis celui qui vis ; j'ai été mort , et je vis maintenant dans les siècles des siècles , et je tiens dans mes mains les clefs de la mort et de l'enfer ^B

Lorsque après sa résurrection il déclara ses intentions à ses apôtres, et qu'il leur fit les commandemens qu'il voulait qu'ils observassent, il termina son discours par les paroles qui suivent : «Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc et instruisez les peuples , les baptisant au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit , et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées 2. »

La communication que le Père lui a faite de son trône et de sa puissance est contenue précisément dans cette prophétie : a Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que j aie réduit vos ennemis à être foulés sous vos pieds. Le Seigneur fera sortir de Siou le sceptre de votre règne. Vous dominerez au milieu de vos ennemis. On reconnaîtra que vous êtes roi au jour de votre force , lorsque vous serez environné de l'éclat et de la splendeur des saints. Je vous ai engendré de mon sein devant Tétoile du matin. Le Seigneur a juré, et il ne rétractera point son serment ^. »

Quelque ferme que soit le fondement sur lequel ces vérités sont établies, elles ne laissent pas d'être en quelque sorte ébranlées par les ennemis de Dieu, qui, étant agités par le mouvement déréglé de leurs passions , conçoivent des vœux impies , et qui , étant transportés par la fureur de la superstition , adorent continuellement le bois et les pierres.

XIX. Pour ruiner entièrement les fictions qui ont été inventées par les défenseurs de la super^ stition païenne, je crois devoir représenter fidè< lement en cet endroit ce que la parole de Dieu nous a appris , par le ministère des prophètes , touchant l'ordre qu'il a tenu dans la réparation et dans la rédemption du genre humain. Et pour cet effet, je vous supplie , très-saints empereurs, de me permettre une petite digression, et de me prêter cependant une attention favo*

» Apocal. ,cliap. 1.

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