‹ Choix de moralistes françaisChapitre 151 sur 509 · LIVRE II, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. IV

quant conservare non possis , si aliorum imiteris naturam, omittas iuam l. Ce sont contes de penser durer et faire chose qui vaille, et qui aye grâce, si le naturel n'y est.

Tu nihil invita dices faciesve Minerva .

Jd qucmque decet quod est suum maxime. — Sic est faciendum ut contra naturam universam nil contendamus, ea servata propriam sequamur 5.

Que s'il advient que, par malheur, imprudence, ou autrement, l'on se trouve engagé en une vacation et train de vie pénible et incommode, et que l'on ne s'en puisse plus desdire, ce sera office de prudence et sagesse de se résoudre à la supporter, l'addoucir, et l'accommoder à soy tant que l'on peut, faisant comme au jeu du hasard, selon le conseil de Platon 4, auquel si le dé ou la carte a mal dict, l'on prend patience, et tasche-t-on de rhabiller le mauvais sort, et comme les abeilles qui du thym, herbe aspre et seiche, font le miel doux, et, comme dict le proverbe, faire de nécessité vertu.

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